• Discours de métaphysique - G.W. LeibnizL'Histoire de la philosophie a connu un certain nombre de génies touche-à-tout à commencer par Aristote puis à la Renaissance Pic de la Mirandole - auquel une de mes profs de Lettres me comparait non sans malice ! - et enfin Leibniz qui fut le dernier génie encyclopédique de l'Humanité !

    Enfant, Leibniz maîtrisait déjà le grec et le latin et lisait toute la tradition philosophique ! Adulte, il brilla par son éclectisme ! On lui doit le calcul infinitésimal - avec Newton - la dynamique, une machine à calculer, une horloge portative, des éoliennes et tout un tas d'innovations ! Il était au sommet dans le domaine philosophique mais aussi en mathématiques, en physique, en médecine, en biologie, en psychologie, en géologie, en paléontologie, en droit, en Histoire,etc... Graphomane n'arrivant pas à mener un ouvrage ou un projet à terme, on n'a pas à ce jour encore fini d'éditer les 250000 pages qu'il a laissé de son vivant ! Husserl, autre graphomane célèbre, est battu !

    Dans le domaine philosophique, il est connu pour ses Essais de théodicée bien qu'il n'existe pas vraiment d'ouvrage qui résume sa philosophie ou qui serait l'équivalent de l’Éthique pour Spinoza ou le Discours de la méthode pour Descartes !

    Pour Leibniz, le fonctionnement de l'esprit humain repose sur deux principes - le principe de non-contradiction et le principe de raison suffisante ! ces deux principes s'appliquent sur deux règnes, le règne de la nature et le règne de la grâce ! Ces deux règnes sont unis par la métaphysique.

    Un des problèmes qui se pose aux philosophes chrétiens est de savoir pourquoi le mal existe si Dieu est bonté et est omniscient et omnipotent ! Il y a contradiction apparente ! En réalité, un mal existe pour un bien et l'homme a une vision limité du monde, ce monde que Dieu a créer comme le meilleur des mondes possibles !

    Leibniz veut expliquer la foi par la raison. Rationaliste, Leibniz pose Dieu comme ordonnateur du cosmos et de ses lois mais aussi comme gouvernant du monde. Dieu existe car il a toutes les perfections donc possède aussi l'existence (preuve a-apriorique) et Dieu existe comme cause motrice initiale (preuve à-posteriori).

    Penchons nous maintenant sur le Discours de métaphysique, court mais dense texte de 1686 !

    Leibniz y repose que le monde est bon car il est l’œuvre de Dieu qui est Bonté ! Il va plus loin en affirmant que c'est le meilleur des mondes possible - que Dieu a conçut librement par son entendement. Dieu agit toujours de la meilleure façon possible, optimale !

    L"homme est libre de ses choix et il n'y a pas de fatalisme - comme chez Spinoza ! Toutefois, chaque essence - ou "monade" - contient en elle toutes ses possibilités, le conatus qui se réalise la meilleure façon possible ! Chaque monade possède un point de vue unique sur l'univers! Et si l'homme est libre, il est toutefois prédestiné dès le départ. Dieu connaît par avance toutes les actions de l'homme qui n'en reste pas moins maître de ses choix ! Les hommes inclinent sans nécessité.

    Leibniz qui connaissait toute la tradition philosophique fait le lien entre la philosophie antique, médiévale et moderne ! Il jette des ponts entre scolastique et les philosophies modernes comme le cartésianisme, le rationalisme et l'empirisme anglais.

    Les substances interagissent les unes sur les autres et Dieu les accommode ensemble. La question se pose aussi de savoir si Dieu répare le règne de la nature au fur et à mesure des imperfections de celui-ci ! Une sorte de Dieu horloger ? A -priori, si j'ai bien compris la philosophie de Leibniz, Dieu ne "bricole" pas ! Car toutes les possibilités sont là dès le départ ainsi que le devenir de chaque substance et Dieu a choisit le meilleur !

    Dieu s'est incarné en Christ dans le Christianisme afin de réparer le Péché originel qui a rapport à la connaissance et est un péché d’orgueil davantage que lié au sexe (explication simpliste !).

    C'est Dieu qui a fixé les lois du règne de la nature ! Le règne de la grâce à trait à la théologie, à la théologie "révélée" (Bible, Nouveau Testament...) et à la théologie rationnelle qui veulent expliquer pourquoi et comment Dieu s'est incarné !

    Dans le Discours de métaphysique, Leibniz revient sur les mouvements des corps - et "corrige" Descartes ! Les corps sont mis en mouvement par le moteur premier ! Il s'oppose aussi à la version de Newton ! Il s(interroge sur les causes finales et les concilie avec les causes efficiente du modèle cartésien. Les règles mécaniques ne dépendent pas que de la seule géométrie - res extensa - mais ont aussi rapport avec la métaphysique et Dieu qui a fixé les lois de la nature.

    Enfin, dans ce texte, le philosophe s'interroge sur la connaissance, sur les idées chères à Platon, sur la réminiscence du même Platon. Pour les empiristes, nos âmes sont au contraires des "tablettes vides" et tout vient de nos sens. Mais nos idées sont-elle en nous ou viennent -elles de Dieu (l'occasionnalisme de Malebranche ?) ?

    Nous sommes libres de nos actions mais celles-ci interviennent en fonction des lois de Dieu dans la nature. Leibniz interroge aussi comme Descartes l'union du corps et de l'âme.

    En conclusion, il revient sur Dieu comme monarque du meilleur royaume possible. Dieu accorde la grâce à qui il veut suivant ses propres raisons inconnaissables !

    Leibniz est un penseur d'une richesse affolante ! J'aurais l'occasion d'y revenir car, pensée subtile et difficile à saisir, j'ai certainement du faire quelques erreurs et raccourcis dans ce présent billet ! Peut-être un sujet de mémoire de Master pour moi ?

    A bientôt !


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  • Nous allons maintenant parler d'un dialogue de Platon - dont j'ai pour la première fois entendu parler en Licence L1 Cratyle - Platonde Lettres modernes, dans un cours sur les Surréalistes en 2008  - ce texte, c'est le Cratyle.

    Socrate s'engage dans ce dialogue dans une discussion avec Hermogène et Cratyle portant sur le langage et plus précisément sur la question de la rectitude des mots.

    Le mot qui désigne la chose est-il la chose ? Hermogène pose d'abord que le langage dérive d'une convention et d'un arbitraire - ce qu'on ne peut nier ! Toutefois, si on va au bout des conséquences de cette proposition, il pourrait alors exister un langage "public" où chacun désigne les mêmes choses des mêmes noms - et un langage "privé" où chacun désigne les choses pour lui-même avec les termes que lui seul à choisi ! Une idée qui intéresserait Ludwig Wittgenstein qui a montré que le langage était un collectif et qu'un langage privé ne pouvait exister faute de références communes !

    La question du langage est sous-tendue par la problématique du vrai et du faux. En effet, le langage permet d'établir la vérité ou du moins de tenter de la cerner. Si le langage est relatif, propre à chaque individu - chacun son langage - cette vérité inaccessible. La connaissance naît du partage et de la confrontation !

    Or les activités humaines ne se font-elles que par rapport à leur propre valeur ou à l'opinion qu'on en a ? Par rapport à leur valeur ! Aussi pour "tisser", il faut un instrument propre à cette activité, déterminé par sa valeur, une navette et pour "nommer" un instrument qui est le mot. Il apparaît alors qu'il faut un spécialiste des mots, un législateur. Par ailleurs, l'instrument doit s'adapter à l'usage, à chaque cas ! On signalera au passage la parenté étymologique entre "tissage", "tisser" et "texte" fait de mots !

    Le législateur institue le langage qui se forme ensuite et se constitue par l'usage, aussi bien chez les Grecs que chez les Barbares.

    Socrate pose ensuite qu'il y a une recherche naturelle de dénomination. Homère intervient ainsi que  la tradition.

    Les Dieux font un usage correcte des noms, avec les dénominations correctes des choses. Car de fait, les Dieux sont plus raisonnables que les hommes. Les noms donnés par les Dieux reposent en outre sur une étymologie plus appropriée ! Les noms manifestent une réalité ! La nature des choses.

    Socrate multiplie alors les exemples de noms de héros dans Homère et  décompose leur étymologie pour montrer qu'ils correspondent bien à leurs caractères ! Exemples tirés d'Hésiode aussi ! Socrate décompose ensuite les noms de "Dieux" (theon - celui qui  court à l'image des dieux primitifs, le soleil et la lune), "Démons" et "héros" (qui provient de eros, l'amour entre un Dieu et une mortelle - ou encore d'eroteticos, l'orateur).

    Socrate affirme ensuite que de nouveaux mots sont formés en ajoutant/ retranchant des lettres ou des syllabes. Le langage s'altère,  évolue au cours du temps, par l'usage, fixé par le législateur.

    Viennent ensuite des explications de Socrate sur les noms : "homme" - anthropos (celui qui fait l'étude de ce qu'il voit), "âme" - psyche et "corps" -  soma (le "sépulcre" - sema - de l'âme). Puis des explications sur les noms des divers Dieux ! Ce Cratyle est donc un texte de référence pour un certain nombre d'étymologies de termes et de concepts ! Après les Dieux, les éléments, la division du temps, les astres, des concepts et des qualités ayant trait à l'âme et à la pensée ! Il semble toutefois utile que le lecteur ait des rudiments de grec ancien, matière de moins en moins enseignée dans nos écoles !

    Socrate montre aussi par ailleurs les emprunts de mots d'un peuple à l'autre, entre les Grecs et les Barbares - ce qui en rends plus difficile l'analyse étymologique.

    Quantités de termes sont analysés dans ce texte qui  se révèle en fait très technique ! Hélas, ne m'y connaissant pas en grec ancien, je ne suis pas à même de dire si les "interprétations " de Socrate sont hétérodoxes - voire farfelues ! - ou pas ?

    Reste la question des noms primitifs dont dérivent toutes les étymologies précédentes. Socrate pose que ceux-ci procèdent par imitation - et dans un rapport au corps ! On dénomme en imitant par la voix. Les choses ont en effet une sonorité ! Et une couleur ! Mais, en matière d'imitation, il ne s'agit pas ici de musique ou de peinture ! Il s'agit d'imiter les "essences" ! Les sons et les lettres imitent les choses ! Par la suite, Socrate recours aussi  à des exemples.

    On retrouve ainsi dans le Cratyle, sous- jacent, l'idée d'une langue Adamique ou Edenique qui donne aux choses leurs véritables noms.

    Le dialogue se clôt enfin par un échange entre Socrate et Cratyle - resté muet jusque là, sur les critères de vérité (le langage énonce toujours le vrai car le faux ne se dit pas !), sur l'imitation,  qui reprennent, synthétisent et approfondissent ce qui a précédé dans le texte. Le critère de vérité résulte de l'adéquation entre la chose et son imitation. Socrate questionne enfin sur le statut de l'image née de l'imitation, propos récurrents dans l'oeuvre de Platon. L'image est inférieure à la réalité (qui sera elle inférieure à l'Idée !).

    Un dialogue qui a ainsi trait à l'Epistémologie chez Platon et avec lequel nous complétons et terminons notre analyse de tous les textes de l'Edition Pléiade de Platon établie par Léon Robin !

    A bientôt !


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  • Attardons nous maintenant sur le dialogue de Platon - mettant comme toujours en scène son maître Socrate, Euthydème - Platonle "Père de la Philosophie" - dialogue intitulé Euthydème, nouvelle attaque en règle contre les sophistes ! On connaît les arguments de Platon qui les accuse de travestir la vérité - voire de ne pas la rechercher, de se faire payer pour leur enseignement et surtout pour plaider aussi bien "blanc" que "noir" sans distinction !

    Ce dialogue a pour sous-titre De l'Eristique ou encore Le Disputeur dans l’Édition de la Pléiade établie par Léon Robin (Tome I). Il traite du genre réfutatif qui est un genre de discours. Socrate y rencontre deux sophistes "au savoir prodigieux", Euthydème et Dionysodore. Si Socrate/Platon semble faire leur éloge au début du texte, il porte un jugement sévère contre eux dans l’Épilogue du dialogue !

    Le texte est construit comme un récit enchâssé où Socrate raconte à son ami Criton, philosophe athénien du Vème siècle avant J.-C. sa conversation avec les deux sophistes alors en présence de Clinias et Ctésippe, échange duquel Criton n'a pu entendre un traître mot, étant trop loin dans la foule !

    Je vous avouerais que ce dialogue me pose problèmes n'ayant rien compris aux échange sur le "savoir absolu" possédé "de tout temps" par les deux sophistes (est-ce une allusion à la réminiscence et au Ménon ?) et à la partie sur les pères de tous les hommes ! Platon effectue-t'il là une démonstration de l'absurde du discours des sophistes ? Je n'en suis pas sûr ?

    Conformément à un dialogue précédent - encore le Ménon ! - on s'interroge quant à savoir si la vertu s'enseigne, ce que prétendent professer les deux sophistes du texte et même bien plus ! Socrate réfute alors que ceci n'est qu'une question de définition et de justesse des mots ! On sait que Platon a soucis de faire œuvre d'épistémologie - là encore par apport à la vérité ! - et ce problème du langage s'inscrit dans une problématique de bannir l'herméneutique (ce dont il sera question dans d'autres textes - en particulier La République) - pour la remplacer par la calculabilité ! Mais bon cela dépasse le cadre du dialogue présent ! Et cela prouve en tout cas que l'on peut jeter des passerelles entre les textes du corpus platonicien et la cohérence de l’œuvre (malgré trois périodes et des revirements dans la pensée qu'il ne faut pas négliger !). Platon est continuités et ruptures !

    Le dialogue repose encore une fois sur la dialectique et par moment le discussion s'envenime ! Les deux sophistes s'amusent avec leurs interlocuteurs - en particulier avec Clinias - ce qui les rends antipathique et Socrate doit intervenir pour calmer le jeu ! Il y a toutefois par ce procédé du "clash" une touche humoristique pas toujours présente dans les dialogues de Platon même si il y a souvent l'ironie socratique !

    Socrate pose que la recherche du bonheur passe par la possession de bien qui s'acquiert soit par la fabrication, soit par la chasse ! Or fabrication et chasse sont des techniques qui relèvent d'un savoir ! De plus, il n"y a pas que la fabrication qui relève d'une connaissance mais aussi l'utilisation ou comment bien utiliser l'objet produit ! De plus, il y a recours à autrui car la production du pêcheur, de l'agriculteur, du chasseur, passera entre les mains du maître de cuisine !

    Les sophistes, eux, prétendent enseigner la vertu et pour cela, ils changent les hommes, transforment les gens mauvais en bonnes personnes - de fait, ils font "périr" les gens - pas au sens physique évidemment mais au niveau de leur personnalité,, ils les changent !

    Suivent ensuite dans le dialogue des "prises de bec" particulièrement avec Ctésippe et des digressions dont je n'ai pas saisi toute la teneur - comme évoquées plus haut ! Enfin, le texte est volontiers moqueur à l'égard de sophistes que Platon/Socrate discrédite une fois de plus au profit de la philosophie, l'amour de la sagesse et la seule "méthode" de recherche du Vrai avec la dialectique ! Dans ce teste, Platon se mets en quelque sorte à la place des sophistes !

    Je vous dis à bientôt ! Nous parlerons du langage avec le Cratyle - texte dont j'ai entendu parlé la première fois lors de mes études de Lettres modernes !

    A bientôt donc !


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  • Ménon est un dialogue de Platon qui est un questionnement sur la vertu, comme l'indique le sous-titre, De la Vertu. Ménon - PlatonEn effet, Ménon et Socrate essaient de trouver une définition de la vertu et de savoir si elle s'enseigne ou si elle relève du don, de la capacité innée. Et donc, si elle ne s'enseigne pas comment s'obtient-elle ? On verra qu'une fois de plus avec Platon/Socrate les arguments sont d'une grande finesse !

    Dans un premier temps nos interlocuteurs posent que la vertu a rapport avec l'excellence. Quelle est alors l'essence de l'excellence ? Ménon cite des exemples de vertu, chez l'homme, chez la femme, chez l'enfant ou chez le vieillard, mais Socrate insiste sur la nécessite de trouver une unité dans tout cela pour parvenir à une définition de ce qu'est la Vertu !

    L"excellence est-elle la capacité de commander aux hommes ? Cela ne saurait donc être la vertu de l'esclave ! "Avec justice et sans injustice" qui plus est ! Un commandement vertueux est un commandement juste.

    La justice est -elle une qualité supplémentaire, participe-t'elle de la vertu ou est-elle vertu ? La vertu ne saurait donc être défini là encore par un cas particulier

    Socrate propose à Ménon, pour parvenir à des modèles de définition, de raisonner à partir du système d'Empédocle. Ceci aurait donc trait au système des perceptions, les sons, les couleurs, etc,..

    Puis, Ménon pose que la vertu serait le désir de posséder les belles choses - qui sont aussi les bonnes choses et les choses utiles ! Mais les biens dont il parle sont des biens extérieurs. Mais là encore, il faut se les procurer "avec justice et piété".

    Nous sommes dans une impasse et Ménon compare alors Socrate à une torpille, ce poisson électrique dont le toucher vous pousse dans la torpeur. En effet, Ménon ne trouve plus ses mots, ne sait plus rien. Il y a alors impossibilité de la recherche et le "paradoxe de Ménon" se fait jour !

    Ce paradoxe dit qu'on ne peut rechercher une chose si on ne sait pas déjà ce qu'elle est ou comment l'identifier dans ce même cas si on la trouve par hasard ? C'est alors un moment célèbre du dialogue où Socrate fait une démonstration à base de figures géométriques tracées dans le sable à l'esclave de Ménon. Ce recours à la géométrie rappelle la phrase censée avoir été gravée au fronton de l'Académie de Platon : "Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre !".

    Le problème géométrique consiste à doubler la surface d'un carré, non pas en doublant chaque côté - ce qui ferait quatre fois la surface et non pas deux ! En fait, il faut passer par les diagonales !

    Il s'agit de montrer que l'on n'apprends jamais rien, on ne fait que se "ressouvenir" ! C'est le principe de la réminiscence ! Mais d'où connaît-on ces choses ? De par nos vies antérieures et plus encore de quand nous n'étions pas humains mais des âmes désincarnées contemplant librement les idées (voir aussi la dialogue Phèdre à ce sujet et son char ailé !). De fil en aiguille, ceci nous conduit à poser l'immortalité de l'âme.

    Pour Socrate, l'opinion vraie et la science sont une même chose qui se rejoignent par le raisonnement de causalité. Une opinion raisonnée repose sur une affirmation qui résulte d'un argument qu'elle cherche à prouver. Le discours peut ébranler l'opinion mais ne peut ébranler la science ! Doxa contre science !

    Arrive alors Anytos et Socrate propose alors de laisser tomber l'essence et de revenir à l'interrogation initiale sur la vertu, à savoir si elle s'enseigne ou pas En procédant par hypothèses !

    Première hypothèse : la vertu est une science. Le savoir guide l'action correcte. C'est l'intelligence qui nous oriente vers le vice ou la vertu. Donc si cette hypothèse est juste, la vertu - parce que liée au savoir - s'enseigne !

    Mais y a-t'il alors des "maîtres de vertu" ? Dans les faits, non, pose Socrate, en prenant en exemple des hommes vertueux comme Thémistocle, qui n'ont pu enseigner la vertu à leurs fils ! De même pour Aristide, Périclès et Thucydide ! Anytos est alors fortement irrité par cette argumentation et prends dès lors ses distances. La vertu ne s'enseigne pas ? Impensable !

    On en revient alors aux Sophistes qui prétendent enseigner la vertu, que Anytos a auparavant, avant de s'irriter, dénigrés et opposés aux grands hommes tels Périclès ! Mais pour Socrate, au final, ni les sophistes, ni les grands hommes ne peuvent enseigner la vertu !

    Pour Socrate, il y a alors une deuxième hypothèse ! Il n'y a pas que le savoir qui puisse guider la bonne action mais aussi l'opinion droite. L'opinion vraie n'est donc pas moins utile que la science. L'homme vertueux ne SAIT pas ce qu'il doit faire mais il a une opinion correcte, droite par faveur divine.

    Ménon se satisfait de cette réponse mais par Socrate qui souligne le caractère hypothétique de la démarche. Le dialogue - qui se termine encore par quelques précisions sur la science et l'opinion vraie - n'est donc pas pleinement satisfaisant dans ses conclusions !

    A bientôt !


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  • Tout comme dans le Gorgias, dans le Ménexène, un texte qui lui est contemporain, Platon s'attaque à la rhétorique.Ménexène - Platon Ce texte a été écrit vers -387 avant J.-C. car il fait référence à la Paix d'Antalcidas.

    Ce dialogue est sous-titré L'Oraison funèbre et nous retrace les événements des Guerres Médiques et de la Guerre du Péloponnèse pour consacrer la grandeur de la Grèce et en particulier d'Athènes et des grands hommes qui sont morts à la guerre pour la cité !

    En outre, comme dans La République et le Critias, Platon critique une certaine vision anthropomorphiques de dieux querelleurs qui ne leur fait pas honneur !

    Court texte - une vingtaine de page, Ménexène est un dialogue qui tourne surtout autour de l'oraison funèbre proclamé par la maîtresse en rhétorique et en musique de Socrate, une certaine Aspasie, une hétaire, c'est à dire une femme éduquée et de haut rang social et amante de Périclès. Ce texte dans le texte forme l'essentiel du dialogue. Cette œuvre complète les points concernant les aspects politiques et judiciaires de la rhétorique évoqués dans le Gorgias !

    Par ailleurs, les épitaphioi, centraux dans ce texte, éloquence d'apparat selon Socrate, sont des discours en l'honneur des soldats morts à la guerre ! Le philosophe dénonce la vacuité de ce genre en se livrant à un pastiche de celui-ci ! Aspasie, femme et étrangère, n'aurait en théorie pas du prononcer d'épitaphioi ! Pastiche enfin car le discours de Socrate est volontairement truffé d'erreurs et d'approximations !

    Ce que Platon dénonce ici, c'est un usage futile de l'éloquence qui ne sert pas à établir la vérité !

    Je vous dis à bientôt pour la présentation d'un autre dialogue de Platon !


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  • Le Gorgias est un dialogue de Platon fort riche, sous-titré De la Rhétorique qui s'interroge précisément sur la valeur de cet art - la Rhétorique ou encore "art oratoire" comme le nomme Gorgias, du point de vue politique et moral ! En d'autres termes, quel est l'objet de la rhétorique et peut-elle améliorer les hommes ?

    Dans ce dialogue, Socrate fait face à trois interlocuteurs ! Il y a Gorgias, un Sophiste qui vit de la rhétorique, Polos, un rhéteur sicilien, sectateur de Gorgias et enfin Calliclès, hôte de Gorgias et récemment engagé en politique !

    Comme de bien entendu, la dialectique a cours entre deux points de vue ! D'un côté, Gorgias considère que "l'art de bien parler" - très utile pour convaincre en politique ! - est le meilleur de tous les arts ! A contrario, Socrate, pas convaincu par cette opinion et très critique, considère la rhétorique comme un art du mensonge là où le philosophe, avec la dialectique, cherche la vérité !

    Dans un premier temps, Socrate échange avec Gorgias lui-même qui se présente comme "orateur et maître de Gorgias - Platonrhétorique". Le père de la philosophie, pour accéder comme toujours à l'essence des choses, demande à Gorgias une définition précise de son art - ce qui mets celui-ci dans l'embarras.

    Selon Gorgias, l'orateur apporte une conviction sur ce qui est juste et injuste porté par les discours de ce rhéteur ! La rhétorique est donc l'art du discours sur le juste et l'injuste ! Socrate pointe alors que l'orateur "fait croire" qu'une chose est juste ou injuste mais ne le démontre pas véritablement ! Cela reste très superficiel ! C'est un art de la persuasion et non de la conviction rationnelle étayée par des preuves logiques et cohérentes. Cette conviction rationnelle - cette démarche ! - est à contrario le coeur de la philosophie - comme la pratique Socrate !

    Puis Socrate veut savoir si la rhétorique porte sur un "savoir précis". Est-ce alors un art ou un savoir-faire technique, différence qu'on retrouve entre la médecine (art) et la cuisine (savoir-faire) qui porte toutes les deux sur le soin du corps. La rhétorique est alors, pour Socrate, inutile car elle n'apporte pas un savoir précis : les arts sont supérieurs aux savoirs-faire !

    Enfin, la rhétorique peut être dangereuse car elle permets de manipuler les individus, voire les foules ! c'est un semblant de vérité qui peut fausser la vertu de l'homme !

    La rhétorique est-elle limitée au juste à à l'injuste ou peut-elle tout traiter ? En termes de bien ou de mal, de beau ou de laid...? Le dialogue est toujours axé sur le polémos - autrement dit c'est une lutte et dans notre texte, Gorgias finit par prendre les propos et questions de Socrate pour des attaques personnelles et se vexe ! La rhétorique serait donc aussi "abattre l'adversaire par un beau discours" ! Au final, Gorgias perds du terrain et ne parvient pas à donner une définition précise de la rhétorique !

    C'est alors que Polos prends le relais pour défendre Gorgias ! Ce second intervenant insiste lui aussi sur la toute-puissance de la rhétorique si divine. Pour Polos, l'orateur est libre de faire ce qu'il lui chante ! Il peut décider du sort des hommes, à droit de vie ou de mort - d'où la  dangerosité ! A quoi Socrate réplique que l'orateur n'est pas libre car il ne fait pas ce qu'il veut mais ce qu'il lui plaît. Et comme "nul ne fait le mal volontairement", si l'orateur est mauvais, ce n'est pas sa volonté qui résulte d'un choix libre, rationnel et réfléchi, mais c'est l'effet de l'envie qui le guide. C'est la passion qui est la source de l’irrationalité de l'homme !

    Pour finir, Socrate échange avec Calliclès à propos de la vie bonne, des grands orateurs et de l'action politique possiblement mise en œuvre à travers l'art oratoire. Calliclès est dès lors un adversaire d'une autre trempe et celui qui donne le plus de "fil à retordre" à Socrate ! Le troisième intervenant possède en effet pour lui fierté ainsi que l'assurance - acquise par la vie politique ! - qui a manqué à Gorgias et Polos ! Calliclès mets en pratique la rhétorique en politique !

    Les deux hommes ont des visions radicalement différentes du monde et s'opposent sur la justice, le pouvoir et le bonheur. Le bon est-il lié à l'utile ? Périclès et Thémistocle, de célèbres orateurs athéniens ont -ils rendus les hommes de leur cité meilleurs ? Ou pire selon Socrate !? C'est à ce moment du dialogue que l'on rencontre la maxime devenue célèbre qu'"il vaut mieux subir l'injustice que de la commettre" selon que l'on se place du point de vue de la morale ou de la peine ! Et aussi, qu'"il vaut mieux être puni de sa peine que d'avoir l'impunité" et Socrate se référant au cas du tyran macédonien Archélaos !

    A ce stade du dialogue, on a une réflexion politique sur l'attitude à adopter dans une cité par rapport au tyran - ou comment se prémunir de l'injustice - un préambule aux réflexions plus poussées de La République, dialogue de maturité !

    Enfin, le texte se termine véritablement par un mythe - eschatologique - comme en raffole Platon, prologue là au Phédon, à savoir le jugement des morts par les trois juges des enfers, Rhadamanthe, Eaque et Minos qui pour délivrer leur sentence, évaluent les âmes nues ! Socrate constate que les rois, en possibilité d'exercer l'injustice avec plus de conséquences, sont les plus grands fautifs pour ne pas utiliser le terme chrétien anachronique ici de pêcheur !

    Avec le Gorgias, on entre dans "les choses sérieuses" et le "plat de résistance" ! La philosophie de Platon est décidément très riche et d'une difficulté abyssale ! Je n'ai pas la prétention de maîtriser cette œuvre si pléthorique au terme de ces lectures estivales se voulant pourtant exhaustives !

    C'est pourquoi, dans l'avenir, j'analyserais aussi des essais de commentateurs de Platon dont certains célèbres !

    Et comme disait si justement Whitehead, "la plus sûre description d'ensemble de la tradition philosophique européenne est qu'elle consiste en une série d'annotations à Platon."

    A bientôt !


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  • Euthyphron - PlatonEuthyphron  est un des "Premiers Dialogues" de Platon ou texte de jeunesse qui a pour objet la Piété !

    Au début du texte, Socrate croise Euthyphron, un devin, alors qu'il se rendent tous les deux, au Portique royal, à leurs procès et actions en justice respectives.

    En effet, un certain Mélétos, un jeune opportuniste accuse Socrate de corrompre la jeunesse et en par delà de prêcher de faux dieux, allusion au Daimon de Socrate qui l'empêche de commettre certaines actions !

    Euthyphron, de son côté, attente un procès à son propre père car celui-ci a tué - par négligence - un esclave qui avait lui même égorgé un domestique. Socrate profite du savoir d'Euthyphron, non sans une certaine moquerie, pour savoir précisément ce qu'est la Piété / et l'Impiété dont on l'accuse - et si dénoncer son père est un acte pieux comme l'annonce le devin ?

    On est donc là en présence d'une nouvelle tentative de définition qui procédera en plusieurs temps !

    Pour Euthyphron, commettre un acte pieux, c'est d'abord dénoncer toute personne ayant commis une faute ! Mais les dieux eux-même ne commettent -il pas des fautes comme Zeus envers son père Cronos ?

    La Piété serait alors "ce qui est cher au dieux" ! Là encore, les dieux ne sont pas d'accord entre eux, certains aiment certaines choses qui déplaît à d'autres. Les mêmes choses seraient alors pieuses et impies !

    Le devin corrige en avançant que ce qui est pieux, c'est ce qui plaît à tous les dieux ! Se pose alors un autre problème, est-ce parce qu'une chose est pieuse qu'elle est aimée des dieux ou parce qu'elle est aimée des dieux qu'elle est pieuse ? C'est en effet parce qu'il est pieux que les dieux aiment le pieux et non parce que les dieux l'aiment que le pieux est pieux !

    La piété n'est donc pas ce qui est cher aux dieux, ce n'est pas son essence mais seulement  un accident !

    La piété est une partie de la justice en réalité, toutes les choses justes ne sont pas pieuses mais toutes les choses pieuses sont justes ! La piété est cette partie de la justice qui concerne les soins aux dieux, les sacrifices et les prières/demandes mais pas pour améliorer les dieux comme le soin aux chevaux améliore les chevaux ! Les dieux produisent quelque chose mais quoi ?

    Euthyphron est bien embarrassé et le dialogue tourne en rond puisque le devin revient à sa première définition, la piété consiste à dire et faire ce qui est agréable aux dieux ! Socrate estime alors qu'il faut tout reprendre au début mais son interlocuteur, ne voulant pas se ridiculiser à nouveau prends la tangente et congés de Socrate ce qui laisse le dialogue inabouti ! Ce n'est pas la première fois qu'un dialogue de Socrate/Platon se termine ainsi en "queue de poisson" !

    Ce dialogue est en quelque sorte un préambule à l'Apologie de Socrate, le procès en lui-même et défend le mode de vie philosophique par rapport au mode de vie non-philosophique qui prétends défendre la Piété sans savoir même ce que c'est !

    Ce dialogue doit être vu comme un début de réflexion sur la Piété !

    A bientôt !


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  • Lysis - ou De l'Amitié - est un dialogue du jeune Platon dont on dit qu'il aurait été écrit du vivant de Socrate. En Lysis - Platonréalité, il a plus vraisemblablement été écrit plus tardivement car des éléments du système platonicien sont déjà en place ! C'est essentiellement un monologue de Socrate qui sait captiver son auditoire !

    Le texte porte sur les relations d'amitié  - alors teintées en Grèce de pédérastie, ces relations passionnelles et charnelles entre un homme mur et un homme plus jeune qu'il "initiait" et prenait sous son aile. Il est aussi question de la philia, concept pris dans son acception grecque.

    Hippothalès éprouve un fort désir amoureux pour son camarade Lysis et va même jusqu'à lui composer des poèmes. Socrate lui dit alors que mettre l'amoureux sur un piédestal n'est pas forcément la meilleur façon de procéder car ainsi l'objet du désir peut vous prendre de haut !

    Socrate tente ensuite de définir, dans une relation de philia, qui est l'ami, "celui qui aime, celui qui est aimé ou les deux" ? Il avoue ensuite son espérance de rencontrer un jour un véritable ami, ce qu'il n'a jamais connu. Concernant le problème évoqué à l'instant, Socrate, évinçant le cas de l'amour réciproque, avoue son embarras en énonçant que le terme "aml" ne s'applique à aucun des trois cas envisagés ! Ce qui est très problématique en réalité !

    De même, on peut s'interroger de savoir si l'amitié s'établit entre personnes "semblables" ou "opposées" (complémentaire). Un être accompli ne saurait rechercher l'amitié car rien ne lui manque et il se suffit à lui-même !

    Ensuite, Socrate pose que l'amitié est le rapport d'un être imparfait - ni bon, ni mauvais - à un être bon - et que le mal ne saurait aimer le bien. Ce qui découle du cheminement de Socrate est que la recherche de l'amitié et du bien comme objet d'amitié provient d'une fuite par rapport au mal.

    Au bout du compte, l'objet d'amitié n'est pas aimé pour lui même mais pour autre chose et ainsi de suite dans une récession à l'infini ! A l'infini ? Presque ! Car le moteur premier est l'aversion pour le mal. Toutefois l'amitié subsisterait malgré la disparition du mal car les désirs qui ne s'appuient pas sur la crainte du mal perdureraient et donc l'amitié !

    Ce dialogue est très important car il propose en effet une première ébauche de la théorie des Idées - derrière l'amitié, se cache l'Idée de Bien.

    A bientôt !


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  • Lachès - PlatonLors de son procès, Socrate fut notamment accusé de "corrompre la jeunesse" ! Si on peut douter du bien-fondé de ce grief, il n'en est pas moins vrai que les dialogues de Platon mettant en scène Socrate ont souvent la question de l'éducation - de la jeunesse donc ! - en point de mire ! C'est le cas avec l'Alcibiade, le Charmide - que nous avons vus précédemment - ou encore du "programme de formation" de La République !

    Dans le Lachès, il est au centre du dialogue de trouver un précepteur pour des jeunes gens et Socrate semble tout indique par sa sagesse mais celui-ci se dérobe, montrant sa modestie habituelle  - " Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien !".

    Le Lachès est en réalité un dialogue de Platon sur le courage, une nouvelle tentative de définition d'une idée ou plutôt d'une vertu morale, qui une fois de plus mènera à une impasse ! Mais c'est la cheminement, la maïeutique, qui importe !

    Lachès est un célèbre général athénien, donc bien placé pour savoir a-priori ce qu'est le courage ! Il propose plusieurs définitions comme autant de tentatives qui sont toutes détruites par les questions de Socrate !

    Lysimaque et Mélésias viennent d'assister, au gymnase, à une leçon d'entraînement donné par un maître d'armes, en compagnie de Nicias et Lachès, deux généraux très réputés. Socrate souligne alors qu'un métier demande l'expérience de professionnels. Lysimaque et Mélésias, soucieux d'instruire leur progéniture respective s'interroge sur l'utilité d'un tel entraînement pour la jeunesse. Socrate va alors guider la conversation en poussant les deux militaires à s'en mêler et le propos va tourner autour du courage !

    Pour Nicias, s'entraîner aux armes est d'un grand profit ! Lachès est plus réservé car les Spartiates, guerriers dans l'âme, ne se sont jamais intéressés aux maîtres d'armes de profession - les Lacédémoniens ont l'a vu, n'aiment pas confier leur système éducatif à des étrangers ! il arrive aussi que les maîtres d'armes se ridiculisent sur le champ de bataille comme dans l'anecdote que cite Lachès !

    Le soucis de l'éducation n'est-il pas d'inculquer l'excellence ! La finalité de l'instruction n'est-elle pas la vertu et notamment du courage !? Mais qu'est-ce que le courage ? Tentatives de définition !

    La première définition de Lachès est qu'il s'agit de "faire face à l'ennemi dans la bataille" ! Mais ceci est vite réfuté car on a déjà vu des ennemis fuir, rompre la phalange et néanmoins continuer à combattre en harcelant leurs opposants à la manière de la cavalerie ! Bref, en menant des contre-offensives !

    Le courage, ce serait alors une certaine fermeté d'âme !Mais là encore, la fermeté d'âme peut naître aussi bien de l'intelligence que de l'ignorance ou de la folie ! Argument réfuté à son tour !

    C'est alors au tour de Nicias d'"avancer ses pions" : le courage serait lié au savoir ! En effet, le courage, c'est la crainte ou la confiance dans les choses à venir ! Et cette crainte et cette confiance sont bien en effet liées à un savoir de nature divinatoire !

    Pour finir le dialogue, Socrate ajoute que ce savoir concerne aussi les choses du présent ou du passé donc la définition de Nicias est elle aussi fautive. On n'a pas réussi au terme à définir ce qu'était le courage car on est demeuré incomplet. Les deux généraux ont montré leur ignorance  - et c'est aussi pour cela que Socrate sera condamné à mort plus tard, il remettait en cause les autorités et leur savoir d'une certaine façon !

    Pas de réponse à la question de "qu'est-ce que le courage ?" même si Nicias semble être celui qui s'en est le plus approché ! Mais Socrate/Platon ne confirme pas cette définition ce qui a interrogé les commentateurs.

    Encore un dialogue ou Socrate applique sa méthode de connaissance inscrivant l'oeuvre de Platon dans une démarche épistémologique ! La philosophie recherche la connaissance, tandis que le sophiste trompe et l'artiste imite !

    A bientôt !


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  • Le Charmide est un autre des "dialogues de jeunesse" de Platon, écrit probablement entre la période des Trente Charmide - PlatonTyrans sur Athènes ou après la mort de Socrate soit entre 405 et 388 avant J.-C.  Il est censé se dérouler - comme l'Alcibiade - au début de la Guerre du Péloponnèse !

    Ce dialogue va avoir trait à la question de la sagesse ! Il s'agira dans ce texte sous-titré " De la Sagesse morale" de donner une définition précise de ce qu'est la sagesse ! Mais comme pour le Beau dans l'Hippias majeur; Socrate et ses interlocuteurs n'arriveront pas à une définition satisfaisante à la fin de leurs échanges !

    Au début du dialogue, Socrate revient de la Bataille de Potidée ! En effet, le Père de la Philosophie a pris part aux combats de la Guerre du Péloponnèse contre Sparte ! Il pratiquait donc le courage et la vertu en même temps qu'il conversait dessus ! Le mode de vie correspondait à ses principes ! La philosophie en action, en pratique quelque part ! Mais bon, ce n'est pas la guerre l'objet du dialogue !

    Socrate rencontre Charmide, un beau jeune homme plein de qualités morales ! Là encore on a des allusions aux pratiques homosexuelles des Grecs de l'époque. Critias est aussi dans les parages et sera ici le second interlocuteur de Socrate après Charmide !

    La question est de savoir si Charmide possède la sagesse comme le dit entre autre Critias ! A cette question, Charmide ne sait quoi répondre ! Il dit aussi à Socrate qu'il souffre de maux de tête et le Taon lui propose alors un remède thrace et une incantation ! Le soin s'adresse en effet autant au corps qu'à l'âme et il est bon de savoir avant si Charmide est sage !?

    Mais il faudra au préalable définir ce qu'est la sagesse !?

    Charmide propose alors une première tentative de définition de ce qu'est la sagesse ! Ce serait selon lui agir lentement et avec modération et calme, sans précipitation ! Socrate réfute cette argument assez aisément ! En effet, pour le corps, agir avec rapidité - dans la lutte, dans le jeu d'un instrument de musique - est au contraire une qualité. Plus problématique, la rapidité est aussi un avantage dans les choses de l'esprit comme lire vite, apprendre vite ou délibérer vite ! Ce ne serait donc pas agir avec lenteur que d'être sage !

    Ce serait alors "agir avec pudeur" selon une deuxième tentative de Charmide ! Or la sagesse est toujours bonne mais pas la pudeur. Ce ne saurait donc être cela non plus ! Une référence est fait ici à Homère.

    Être sage ce serait alors "faire ses propres affaires" !? En réalité, Socrate devine que Charmide tient cette troisième définition de son tuteur Critias, qui assiste à l'entretien ! Mais, dit Socrate, une cité ou chacun ferait ses propres chaussures ou laverait son propre linge, ne serait pas une cité sage ! On peut tout à fait, ajoute Critias - qui se substitut alors à Charmide comme interlocuteur de Socrate, fabriquer des choses pour autrui tout en étant sage.

    Critias pose alors une idée répandue chez les Grecs comme quoi la sagesse serait "se connaître soi-même" - comme il est là encore écrit au frontispice de Delphes ! La sagesse, dit Critias, serait science d'elle-même, science des autres sciences et science de l'ignorance.

    Pour Socrate, il est impossible qu'une telle science existe et il procède au moyen d'analogies complexes et c'est un moment très ardu du texte ! Une vue qui serait vue d'elle-même et nos des autres choses ne serait pas une vue. Seul l'étude des sciences particulières, comme la médecine, peut nous aider à connaître  ce que nous ne savons pas !

    Enfin seule une science du Bien et du Mal est susceptible de nous faire atteindre le Bonheur et, contre toute attente, Socrate nous fait savoir que la sagesse n'est pas cette science !

    Au terme du dialogue, on ne sait toujours pas ce qu'est la sagesse !? A la fin du texte aussi, toutefois, Charmide demande à devenir le disciple de Socrate, censé le rendre plus sage.

    Un dialogue très bien construit et agencé - comme souvent chez Platon ! - mais assez décevant intellectuellement car n'apportant pas de réponse au bout du chemin. Peut-être est-ce du au fait qu'il s'agit d'un des "Premiers Dialogues" de Platon où il est encore occupé à réfuter les thèses des autres, celles qui ont cours, plutôt que d'établir son propre système de pensée  - c'est la thèse des érudits.

    Je vous donne rendez-vous très bientôt pour le prochain dialogue/texte qui sera le Lachès !

    A bientôt !


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  • Alcibiade - PlatonL'Alcibiade - Sur la Nature de l'Homme - ou Alcibiade majeur ou encore Premier Alcibiade est un dialogue de Platon, mettant comme toujours en scène la parole de Socrate qui donc ici converse avec un jeune homme dont il est amoureux - la pédérastie faisant partie de la culture grecque comme on sait ! Ce jeune homme, c'est Alcibiade qui a été éduqué par Périclès, le grand homme d’État et qui veut se destiner à la carrière politique !

    Ce dialogue pose des problèmes ! Faisant partie des "Premiers Dialogues", certains philologues le considèrent comme potentiellement apocryphe, pas de la main de Platon mais d'un contemporain ! C'est en tout cas un texte d'initiation de l'Académie pendant des siècles !

    La conversation - si on tient compte de l'âge d'Alcibiade - est censée se dérouler vers 431 avant J.-C. au début de la Guerre du Péloponnèse ! En effet, Alcibiade est un célèbre homme politique et général athénien et il est ici très jeune et s'apprête à faire ses débuts en politique.

    Au début du dialogue, Alcibiade fait montre de trop de confiance et Socrate va lui démontrer qu'il n'est pas encore assez mûr pour la carrière politique ! Le jeune homme croit savoir mais ne sait pas ! Il faut en effet se connaître soi-même pour commander aux autres - voir la célèbre phrase au fronton de l'Oracle de Delphes !

    Il faut produire l'amitié dans la Cité et faire en sorte que la vertu l'emporte ! Justice, amitié et concorde sont les mots clés !

    En fait, Socrate démontre qu'Alcibiade ignore ce qu'est le juste. Le garçon a acquis ses connaissances en les apprenant d'autrui ou en les trouvant lui-même et cela se résumé à lire et à écrire et à jouer de la cithare et à lutter ! il ne possède pas les savoirs techniques comme celui de l'architecte ou du devin, et n'est pas non plus apte à donner des conseils à la Cité concernant les affaires de politiques générales et touchant notamment à la paix et à la guerre !

    Or la politique générale nécessite une connaissance précise du juste - ce qu'Alcibiade n'a pas ! La science à laquelle Socrate fait référence est la justice ! Alcibiade prétends savoir distinguer juste et injuste parce qu'il l'a appris dans son enfance ! Par la vie en société et par la population ! Pour Socrate, la foule est un maître bien volatil ! De même, Alcibiade ignore ce qu'est l'utile !

    Alcibiade soutient alors être bien moins ignorant que les hommes politiques athéniens ! Socrate lui dit alors que ce n'est pas à eux qu'il doit se comparer mais à ces adversaires réels, les autres cités, les Lacédémoniens et le Grand Roi - le Roi de Perse. Pour Socrate, les Spartiates et les Perses sont en réalités bien mieux éduqués qu'Alcibiade !

    La solution consiste à se connaître soi-même. Mais qu'est-ce que "prendre soin de soi" ? - ce n'est pas prendre soin de son corps car nous avons un corps mais il ne nous résume pas car nous le dirigeons ! C'est en réalité prendre soin de son âme.

    Alcibiade doit donc renoncer pour le moment à gouverner tant qu'il manque de science et de vertu. il demande l'aide de Socrate qui n'est pas dupe et sait que le tourbillon de la politique va bientôt perdre le jeune homme !

    Le concept de Cité idéale gouvernée par un Roi-philosophe que l'on verra dans La République est déjà en gestation avec toutes les références à la vertu et à la justice.

    A bientôt !


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  • Criton - ou Du Devoir -est un dialogue très court de Platon - moins d'une vingtaine de pages ! Il s'inscrit dans un Criton - Platontriptyque avec l'Apologie de Socrate et le Phédon qui relatent le procès et les dernières heures et pensées de Socrate en 399 avant J.-C.

    Devant sa condamnation à mort, Socrate va faire face et rester fidèle à sa ligne de conduite jusqu'au bout ! Dans Criton, le maître de Platon et de tant d'autres, va recevoir la visite - durant son "assignation à résidence" - en attendant l'exécution de la sentence - du personnage éponyme, Criton donc ! Celui-ci vient proposer à Socrate de fuir, l'exil plutôt que la mort !

    Mais pour le maître de la maïeutique, fuir serait se dédire et Socrate va argumenter pour expliquer sa décision, son choix ! Tout d'abord, en un certain domaine, il vaut mieux tenir compte de l'avis du spécialiste en ce domaine que de l'opinion de la foule ! Et ici, Socrate oppose encore la doxa à la philosophie !

    Il est évident que les Athéniens ont commis une injustice en condamnant Socrate -  accusé de corrompre la jeunesse et d'impiété envers les dieux ! Ce libre-penseur dérangeait l'ordre établi en montrant à ses interlocuteurs les failles dans leurs opinions ! il est donc condamné à boire la cigüe !

    Dès lors, à une injustice, faut-il répondre par une autre injustice ! "Nullement", réponds Criton ! Or fuir serait commettre une injustice et il "vaut mieux subir l'injustice que de la commettre" !

    Pourquoi une injustice ? En désobéissant aux lois ! On a alors une "prise de parole" des Lois dans ce texte ! D'une part, cela créerait un précédent et d'autre part, s'exiler reviendrait à donner raison aux juges de Socrate ! Celui-ci a toujours vécu sous le régime des lois d'Athènes et ne saurait leur contrevenir aujourd'hui !

    La décision de Socrate est donc irrévocable et on assistera à ses derniers instants dans Phédon ! A charge de ses amis de veiller sur les enfants de Socrate ! Par la suite, Platon transmettra sa pensée (avant de parler en son nom propre !). Ce même Platon tiendra toujours rigueur de la mort de son mentor à la démocratie athénienne et envisagera un mode de gouvernement alternatif - le Roi-Philosophe ! - dans La République et Les Lois !

    Voilà pour ce petit texte mon analyse succincte qui vient compléter mes autres articles sur l’œuvre de Platon !

    A bientôt !

    PS : C'est avec plaisir que je vous informe que je viens d'obtenir en mai-juin 2017 ma Licence L2 - ou anciennement le DEUG ! - de Philosophie ! Ne suis-je donc pas un peu légitime pour aborder ces sujets ! Ma moyenne générale est de 12,979/20 - cinquième de la promo dans un mouchoir de poche !


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  • Protagoras - PlatonAbordons désormais le texte de Platon nommé Protagoras ! Hippocrate, un homonyme du célèbre médecin, vient trouver Socrate pour lui demander conseil et pour l'accompagner chez Protagoras, un célèbre sophiste très réputé, qui est de passage à Athènes ! Hippocrate désire en effet recevoir l'enseignement de ce savant ! Socrate demande alors "mais qu'enseigne Protagoras ?"

    De fait, Protagoras enseigne l'art de discourir sur un certain savoir, ce savoir à trait à la vertu ! Comment bien conduire sa vie et ses affaires ! Socrate et le sophiste vont alors s'engager dans un dialogue devant une docte assemblée où l'on retrouve Hippias des précédents dialogues mais aussi Prodicos et Callias - entre autre !

    Protagoras est en vérité un redoutable rhéteur et Socrate trouve ici un interlocuteur redoutable ! Le sophiste soutient contre Socrate que la vertu s'enseigne ! Le dialogue commence et va se poursuivre - pour Ô surprise ! - s'achever par une inversion des points de vues ! Voyons comment se fait ce "cheminement" !

    On a très tôt dans le texte un mythe qui nous est raconté par Protagoras, celui de Prométhée et Epiméthée. Epiméthée - celui qui réfléchit après coup  ! - doit distribuer des dons et des aptitudes aux animaux de la création : griffes, poils, vitesse, force etc... Mais il oublie l'homme qui se trouve démuni (néotène !). C'est ce qui fera la grande force de l'homme en réalité, car Prométhée - celui qui réfléchit avant ! - va dérober le feu et apporter la technique à l'homme qui permettra à celui-ci de se fabriquer tous les outils pour pallier à l'absence de griffes (couteaux), poils (vêtements) etc ! Dans un troisième temps, comme les hommes se font la guerre avec la technologie, Zeus envois Hermès qui apporte la loi. Conclusion provisoire de Protagoras en forme de paradoxe, la vertu est distribué à tous - par Hermès  ! - mais néanmoins s'enseigne !

    Il est posé ensuite que la vertu est une chose composée : courage, modération, piété en sont certains des éléments ! Dès lors, la somme est-elle égale ou différente des parties ? On verra que pour Protagoras, le courage - qui compose la vertu - est différent de toutes ses autres composantes !

    Socrate effectue alors un détour par la poésie. Il s'appuie sur un poème de Simonide qui contient une contradiction sur la difficulté de devenir et d'être vertueux ! La subtilité repose dans cette différence des termes entre "être" et "devenir" ! On peut devenir vertueux, il est difficile de le rester perpétuellement - de l'être - à moins d'être aussi des dieux ! Il est aussi considéré que l'on ne peut devenir mauvais que si on a été bon au préalable ! D'une certaines façon, l'interprétation de poèmes, l'achoppement sur des termes précis pose ici problème à Socrate/Platon et Platon, dans la suite de son oeuvre, particulièrement dans La République cherchera à substituer l'herméneutique par le calcul et l'art de la mesure - comme l'a montré Bernard Stiegler, s'inspirant de Derrida (La pharmacologie de Platon), dans ses cours de Pharmakon.fr.

    Arrive alors dans le dialogue la célèbre maxime de Socrate : "Nul ne fait le mal volontairement" ! C'est notamment le plaisir qui nous détourne du bien ! Un exemple qui n'est pas dans le texte, on va voler car l'objet volé nous apportera une satisfaction ! Socrate pointe alors un autre paradoxe : le plaisir est associé au bien donc on fait le mal parce qu'on est victime du plaisir, ou pour le dire autrement, on fait le mal parcequ'on est victime du bien ! Il y a là une contradiction !

    Socrate dégage alors que la vertu est liée au savoir ! Pour faire le bien, pour être vertueux, il faut disposer d'un savoir, d'un art de la mesure, évaluer la hiérarchie des plaisirs et des peines, les avantages et les inconvénients ! Donc en réalité, si on fait le mal, c'est par ignorance ! " Construisons des écoles et fermons des prisons !" dira Victor Hugo !

    A la fin du dialogue, les positions respectives de Socrate et Protagoras se sont inversées ! Protagoras est bien confus car il s'est contredit lui-même alors que Socrate admets que la vertu s'enseigne, précisément parce qu'elle relève d'un savoir !

    Voilà pour mon analyse ! J'ai passé certains aspects sous silence parce que je ne les ai pas complétement assimilés ou même compris - ou simplement par oubli sur des points de détails ! Il est aussi possible que j'ai fait des contresens plus ou moins légers ! Tout ceci mérite d'être affiné ! Donc si vous êtes étudiant et avez à bûcher sur ce Protagoras, je ne saurais trop vous conseiller de lire à fond ce dialogue éventuellement en gardant mon analyse  sous le coude comme grille de lecture afin possiblement de l'amender ! On n'est jamais mieux servi que par soi-même !

    A bientôt !


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  • Ion - PlatonOn attaque tout de suite le dialogue suivant de Platon dans notre long "marathon" estival de lectures platoniciennes ! Il s'agit de Ion, un texte très court - moins d'une vingtaine de pages en Pléiade et qui porte cette fois sur l'art à travers l'oeuvre d'Homère.

    Il faut savoir que Homère, avec Hésiode, constituait le socle commun de la culture des petits Grecs à l'école durant l'antiquité ! Par la suite, dans La République, Platon portera des accusations contre Homère qui d'après lui nourrirait les enfants d'affabulations qui donnerait une image indigne des dieux !

    De même, Ion, le titre du dialogue provient comme souvent chez Platon du nom du protagoniste principal, Ion , qui est un rhapsode réputé, "spécialiste" d'Homère - et uniquement d'Homère ! Là encore, dans La République, les poètes n'auront pas la meilleure place dans la Cité idéale, s'il n'en sont pas chassés !

    La première partie du texte porte sur l'universalité de l'art ! D'où vient que Ion ne connaissent rien en dehors de l'oeuvre d'Homère ! En réalité, cela ne vient pas d'un savoir sur l'art mais d'une inspiration divine ! Ion est "possédé" par Homère, tout comme les poètes - dont Homère ! - sont possédés par les dieux ! De là vient l'origine du vieux motif de l'inspiration divine du poète - qui sera remplacé au moyen-âge par la grâce que procure l'être aimé !

    Il y a une chaîne qui va du dieu, au public, en passant par le poète et le rhapsode ! Platon utilise la métaphore de la pierre magnétique qui transmet son pouvoir attracteur à travers une chaine d'anneaux ! Elégante image en vérité !

    Puis, par la suite, Socrate - car là encore, dialogue de jeunesse oblige, Platon s'exprime à travers la marionnette Socrate ! - s'interroge pour savoir en vertu de quoi le poète et le rhapsode sont appelés à s'exprimer sur des objets qui relèvent d'arts spécifiques, art du cocher, art du capitaine, art du médecin, art du général ! Avec Ion, il découvre qu'au bout du compte, le rhapsode est un Protée qui relève de tous ces arts et les surplombent ! Il y a bien une excellence de l'art !

    Voilà un petit texte, court certes mais très efficace !

    Je vous quitte et vous donne rendez-vous avec Protagoras !

    A bientôt !


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  • Après l'Hippias mineur, parlons du Grand Hippias ou Hippias majeur, ce texte philosophique précoce de l'oeuvre deLe Grand Hippias - Platon Platon !

    Comme à l'habitude, Socrate est mis en scène dans un dialogue et a pour interlocuteur, Hippias que j'avais présenté comme un savant mais qui est plus précisément un sophiste ! Les sophistes sont ces professeurs qui donnaient des cours de rhétorique contre rémunération et qui ont été largement discrédité par Platon qui leur reproche notamment de ne pas se soucier de la vérité ! Parmi les sophistes connus, on a aussi Gorgias et Protagoras qui feront aussi l'objet de dialogues un peu plus tardifs.

    Dans le prologue, Hippias se "vante" d'être un savant ! Il gagne ainsi, par ce moyen, beaucoup d'argent ! Puis il parle des Lacédémoniens, chez qui il n'a pas fait beaucoup de profits ! En effet, les Spartiates, certes intéressés par son enseignement, possède un système éducatif bien à eux et ne saurait le confier à des étrangers ! Ce dialogue s'inscrit donc dans la longue rivalité en Athènes et Sparte qui a culminé dans la Guerre du Péloponnèse auparavant !

    Très vite, le dialogue en arrive à la formulation de la question du beau ! Qu'est-ce que le beau ? Socrate interroge Hippias sur ce point ! Mais Hippias se fourvoie et ne dit pas ce qu'est le beau mais cite des choses belles ! Qu'est-ce qui fait leur beauté ? Qu'est- ce qui est commun à toutes ces choses ? Le principe du Beau ?

    En réalité, Hippias va donner trois tentatives de définition du Beau - en trois temps - tous réfutés par Socrate ! Le Beau, c'est "une belle jeune fille" ! Cette première définition se fonde sur un constat d'ordre empirique ! Il ne s'agit donc là que d'une opinion, or l'opinion est le contraire de la philosophie ! Ce ne serait être une définition valide ! De plus, l'opinion diffère selon les latitudes ! La philosophie se veut universelle !

    Hippias déclare ensuite que ce qui est beau, c'est l'or ! Donnée empirique là aussi ! Socrate pointe alors l'argument que ce qui convient est ce qui est adéquate ! La bonne matière pour la bonne fonction ! En rapport avec l'utilité ! Ainsi, la cuillère en bois est plus belle - car plus "conforme" ! - que la cuillère en or pour tourner la soupe ! Donc, le beau, ce n'est pas l'or !

    Par la suite, Hippias comprends l'exigence d'universalité d'une définition convenable du Beau ! Il pose alors que le Beau, c'est une existence humaine heureuse ! Mais en réalité, il n'est pas dans l'universalité car il se focalise sur un point de vue grec dont soupçonné d'ethnocentrisme !

    C'est au tour de Socrate de procéder à son argumentation, Hippias s'étant montré défaillant ! Là encore, il procède en trois temps !

    Tout d'abord, Socrate insiste sur le fait que ce qui est beau serait ce qui est convenable ! Mais ceci pose la question de l'apparence et de la réalité ! Le Beau est-il seulement ce qui parait beau ? Ou quelque chose de plus profond ?

    Le Beau n'est-il pas ce qui procure le Bien ? N'est-ce pas ce qui est utile ? Ceci pose la question de l'avantageux, et de la valeur esthétique et de la valeur morale. Ce rapport entre Beau et Bien sera constant chez Platon. Dans Le Banquet, primauté est donnée au Beau et dans La République, au Bien ! Mais l'objection est que ce qui est efficace peut servir à faire le mal !

    Après le convenable et l'utilité, le Beau n'est-il pas plutôt ce qui procure du plaisir ? La définition du Beau doit par ailleurs dépasser le cadre esthétique pour empiéter sur le cadre moral ! Le Beau vaut pour les belles activités, les belles lois, pas seulement pour les belles sculptures ou les beaux palais.

    La plaisir esthétique se limite-t-il à la vue ? Ou l’ouïe, l'odorat, et les autres sens doivent-ils être pris aussi en compte ! Il y a des plaisirs esthétiques qui sont la composante de plusieurs sensation ! Quelle est alors la part de la vue et de l’ouïe ? ll y a ainsi des plaisirs purs et des plaisirs liés au désir !

    Le Beau a de bons effet mais n'est pas le Bien ! Au terme de ce dialogue, Socrate fait le constat que lui et Hippias ont échoué dans une tentative de définition du Beau ! Il y reviendra par la suite dans son œuvre !

    Bien entendu, ce dialogue de Platon mériterait une analyse plus serrée et pointue que dans cet article  - tout comme pour ses autres textes ! Je ne saurais que vous conseiller de vous référer à l’œuvre et à son appareil critique - quand il y a un dans les éditions - si cela vous intéresse !

    Je continue ma lecture estivale des œuvres de Platon ! Nous aborderons dans très très peu de temps le très court dialogue Ion  !

    A bientôt sur l'agora !


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  • Le Petit Hippias - PlatonLe premier tome de la Pléiade des oeuvres de Platon - après un avant-propos de Léon Robin - s'ouvre avec le dialogue Le Petit Hippias ou Hippias mineur. C'est donc supposément le premier des "textes de jeunesse", ce corpus qui s'étend jusqu'à la fondation de l'Académie en 387 avant J.C.  Dans ce groupe d'écrits, Platon reste très attaché à la pensée de Socrate qu'il s'approprie !

    Socrate avait pour habitude de questionner les "savants" à la fois pour "élever son âme" mais peut-être aussi pour leur faire pointer leurs contradictions. Cette attitude de Socrate qui consiste à se faire passer lui-même pour moins savant qu'il n'est, à feindre l'ignorance, s'appelle l'ironie socratique et est une forme de la maieutique : amener l'autre,  l'interlocuteur, à "accoucher" ses idées !

    De quoi est -il question dans Le Petit Hippias ? Hippias, un savant, vient de faire un cours sur l'oeuvre d'Homère, L'Iliade - consacrée à Achille ! - et L'Odyssée - consacrée à Ulysse ! Pour Hippias, L'Iliade est supérieure à L'Odyssée et Achille a Ulysse car le fils de Thétis est un homme vrai alors que Ulysse est faux et trompe son monde !

    Socrate va alors demander à Hippias des éclaircissements ! Ce texte porte donc sur le rapport à la vérité ! Vaut-il mieux prêcher le faux volontairement ou involontairement ? Liens entre capacité et connaissance ! Pour Hippias, il vaut mieux le faire volontairement !

    Ce qui amène Socrate à démontrer qu'il y a là une contradiction ! Si certes, pour prêcher le faux, il vaut mieux connaître le vrai (car celui qui ignore le vrai peut "tomber dessus" par hasard), il est aberrant de dire que le meilleur homme est celui qui dit le faux -et donc fait d'une certaine façon le mal volontairement !

    Dans ce texte, on part d'un classique incontournable de la pensée grecque, l'oeuvre d'Homère, pour déjà, dans celle de Platon - ses écrits ! - interroger ce qu'est la vérité ! Socrate affirme par ailleurs dans le Gorgias que "Nul ne fait le mal volontairement".

    Ce qui frappe dans ce premier texte, c'est déjà la rigueur de la pensée de Platon ! Une oeuvre exigeante et de haut niveau, souvent d'une difficulté abyssale ! Pour ma part, j'adore cette grande richesse de pensée et me lance dans la lecture, cet été 2017, de l'intégralité des textes de Platon - ceux que je n'ai pas déjà lu du moins ! Pour ceux que j'ai lu, vous pouvez déjà retrouver de très courtes - et passables ! - analyses sur ce blog (L'Apologie de Socrate, Le Banquet, Phédon, Phèdre, La République).

    Philosophiquement votre !

    A bientôt !


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  • Nous allons maintenant nous pencher sur ce penseur de l'antiquité tardive qu'est Plotin et dont le disciple Porphyre aTraité 51 - Sur l'origine des maux - Plotin rassemblé les textes - pour la postérité - dans six Ennéades !

    Dans son Traité 51, Plotin s'interroge sur la nature du mal et l'origine des maux ! Le mal est-il consubstantielle à l'être ou est-il au contraire une absence, un manque, une privation ?

    Si le mal s'oppose au Bien, comment nos âmes, en vertu que l'on ne connaît que ce qui nous ressemble, aspirant à la vertu, pourraient-elles connaître le mal ?

    Le mal serait l'absence de forme, l'absence de mesure.

    Le Bien est le premier principe dont découle l'Intellect - la première des trois hypostases qui sont l'Un, l'Intellect et l'Âme du monde où tout prend origine ! L'âme doit se détourner de la matière et se tourner vers les dieux !

    Si le Bien est l'origine, le mal est la fin ! Là ou tout fini ! Le mal, c'est la matière !

    Les corps participent à la matière ! Plotin, tenant du néo-platonisme, reprends l'idée de Platon, dans le Phèdre, comme quoi le corps est la "prison" de l'âme !

    Les corps participent donc à la matière et ne sont pas le mal premier. La matière jette une ombre sur l'âme et le vice apparaît lorsque l'âme se tourne vers les biens matériels - idée que l'on retrouvera chez Saint Augustin ! Cette ombre c'est le mal second et la matière, c'est le mal premier !

    Le mal dans l'âme est un défaut de Bien où cette âme voit l'obscurité.La déficience absolue est le mal premier. Le mal (les vices) agit comme un accident de l'âme.

    La matière est ce qui n'a pas de forme. Le mal découle ainsi de la nécessité d'informer le monde  avant ce modelage par les dieux selon les trois hypostases.

    Pour se tourner vers le Bien, il faut acquérir la vertu en se séparant du corps - idée qu'on retrouve déjà dans le Phédon ! Le vice est une faiblesse de l'âme. Enfin, le mal est aussi un non-être.

    Voilà, maladroitement résumés certains aspects de la complexe pensée/philosophie de Plotin !

    A bientôt !


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  • "Philosopher, c'est apprendre à mourir", écrivait Montaigne dans ses Essais qui puisait aux sources de l'antiquité !Phédon - Platon Dès les débuts de la philosophie, on s'est interrogé sur la mort et il existe, chez les philosophes antiques, une dialectique entre préoccupation de la mort - que l'on prépare - et soucis de soi !

    Dans le dialogue socratique du Phédon, composé par Platon, la mort est au cœur du propos ! Il est question du procès de Socrate et de la sentence - l'empoisonnement à la ciguë - qui s'ensuivit ! Socrate accepta le jugement des Athéniens et s'éteignit au milieu de ses amis. Echécrate demande à Phédon de lui raconter les derniers instants de Socrate avant son trépas et, dans ce dialogue éponyme, ceci est prétexte à une réflexion sur la mort !

    Quelle est l'attitude du philosophe face à la mort ? Le philosophe, pose Socrate, est celui qui pense à la mort constamment - a lors il serait ridicule pour lui de "faire marche arrière" lors des derniers instants ! Socrate ne prône toutefois pas le suicide car ceci aurait été un motif de condamnation de plus, accusé de corrompre la jeunesse. Il va donner une définition de la mort et procède comme à son habitude par la maïeutique.

    La mort est ce qui délie l'âme du corps ! Cette âme rejoint ensuite la demeure des dieux et contemple la vérité ! Car on le sait, "le corps est la prison de l'âme" et parce que l'homme est attaché aux biens matériels, luxe, plaisir et donc empêché par son corps, son âme ne peut accéder aux vérités ! La mort nous rendrait donc plus libre !

    On retrouve ici la théorie des idées ! L'âme non liée au corps contemplerait les idées pures. Il y  a aussi un jeu de contraire. Socrate avance que la mort étant le contraire de la vie et la mort survenant au terme de la vie, alors la vie pourrait survenir à partir de la mort ! Sorte de réincarnation ou métempsycose ? Influences orientales ?

    Le thème de la réminiscence est à nouveau exposé ! A nouveau ou pour le première fois ? Car le Phédon vient avant le Phèdre mais après le Menon - et je ne connais pas toute l’œuvre de Platon - deux tomes en Pléiades - loin de là !

    Le dualisme est au cœur du discours : âme/corps, Bien/Mal, immortelle (divin)/mortel, invisible/visible. C'est une constante dans l’œuvre !

    Le Phédon est en fait un récit enchâssé ! Phédon nous raconte les dernières heures de Socrate et sa discussion avec ses amis, notamment Simmias et Cébès.

    Simmias utilise une métaphore avec la lyre où lorsque la lyre (le corps) est cassé, l'harmonie (l'âme) disparaît. Ce à quoi Socrate réplique que l'harmonie ne peut avoir aucun effet en retour, ni agir sur les cordes tandis que l'âme peut agir sur le corps - contre un certain déterminisme biologique (très en vogue au XXIème siècle !) ! Bref, l'âme ne peut être comparée à une harmonie et l'analogie est fausse !

    Cébès utilise l'argument que si l'âme survit au corps - et donc vient "animer" un autre corps, on ne sait pas combien il y a de "cycles" et si la vrai mort n'est pas celle de l'âme ! Socrate utilise à nouveau la théorie des contraires pour le réfuter. Et il évoque au passage les Idées comme explication du monde, on explique ainsi les nombres paires par l'Idée de Dualité.

    Socrate établit qu'il convient de se purifier par la philosophie avant de mourir puis fournit une eschatologie, sur le devenir des âmes, guidées par leur Démon - pas au sens du Christianisme ! - ou qui sans guide, errent dans les cimetières, encore attachées aux réalités matérielles  (on se croirait dans Ghost Whisperer !) Socrate mentionne aussi la géographie de l'au-delà, la Terre Supérieure et le Tartare où coulent divers fleuves qui font circuler les âmes suivant leur passif !

    Puis, c'est le moment poignant, le récit de Socrate buvant le bol de ciguë et demandant qu'on "sacrifie un coq à Asclépios" !

    Un dialogue très riche - comme toujours avec Platon - et d'une grande complexité voire difficile ! Je n'ai d'ailleurs pas saisi toutes les subtilités à vrai dire !

    A bientôt !


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  • Dans sa correspondance avec Élisabeth de Bohème - qui fera l'objet d'un prochain billet ici même, Descartes s'entretient avec la princesse en exil des écrits de Sénèque? En effet, la jeune femme est accablée de maux - sa santé, sa famille - et le philosophe du Cogito s'emploie à la soulager ! Mais de quel texte du précepteur de Néron s'agit-il ?

    De vita beata  - traduit par De la vie heureuse, La vie heureuse ou encore Du bonheur est De la vie heureuse - Sénèqueun texte de Sénèque écrit vers 58 après J.-C. C'est un texte incomplet en 28 courts chapitres ou paragraphes dédié à Gallion, frère aîné de l'auteur. C'est aussi un dialogue avec un interlocuteur  imaginaire où Sénèque s'entretient du bonheur, de la vertu, de la volupté, de richesses, d’Épicure, de la Sagesse et du Bien Souverain !

    Une certaine interprétation pose ce texte non comme un traité de sagesse mais comme une tentative de justification par son auteur de son mode de vie à qui il avait été reproché précisément de ne pas vivre selon ses principes philosophiques !

    Dans une première partie, Sénèque pose que le chemin de la sagesse n'est pas forcément celui que suit la foule et le plus grand nombre ! La foule est en effet "le pire interprète de la vérité" ! Ensuite, l'auteur cherche une définition du Souverain Bien qui est en accord avec la Nature ! Les Stoïciens, "école" de pensée et tradition philosophique dont fait partie Sénèque posent en effet que certaines choses dépendent de nous et d'autres non ! Ce que l'on peut modifier, c'est la représentation que l'on se fait des choses et non les choses en elles-mêmes ! Il faut, donc, de plus, vivre selon la Nature sur laquelle on ne peut agir mais à laquelle il faut s'adapter comme le navigateur qui règle ses voiles sur le vent en pleine mer !

    La Vertu doit dicter notre conduite - et en cela Sénèque rejoint la tradition et la pensée de Platon. Il faut "mépriser les événements extérieurs" de la Fortune et entrer en nous même, ne fait qu'un avec nous même ! De plus, il faut se fier à la Raison !

    Puis, Sénèque s’attaque à Épicure et condamne la vision comme quoi le Bonheur se résumerait au Plaisir ! Le Plaisir est vice et l'"École d’Épicure est maîtresse d'ignominie" ! Le Plaisir, enfin amollie l'homme et n'est pas source de Vertu !

    On aura compris que le Bonheur se fonde sur la Vertu à ce stade !

    S'ensuit une seconde partie où Sénèque se justifie à proprement parler sur son mode de vie jugé dispendieux par ses détracteurs ! Quel comportement doit adopter le philosophe par rapport aux biens de ce monde !

    En fait, Sénèque établit que le philosophe n'est pas esclave de ses biens et est parfaitement conscience de la Fortune peut les lui arracher ! Si cela lui arrivait, il n'en demeurerait pas moins un philosophe ! Donc, en résumé, ce n'est pas la richesse matérielle qui fait l'homme ! Toutefois, rien n'oblige le sage à vivre dans la pauvreté !

    De plus, la richesse permet la générosité, la libéralité et la prodigalité ! Sénèque termine an ajoutant qu'il n'est pas parfait mais aspire à la sagesse tandis que ses ennemis sombrent dans la faute et le mal !

    Un petit texte philosophique par sa taille mais important et grand par ses implications !

    Nous y reviendrons !

    A bientôt !


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  • Aujourd'hui, nous allons nous enfoncer dans l'érudition la plus érudite en vous parlant de Descartes et de ses "héritiers".

    Descartes, c'est bien connu - et étudié en Terminale ! - a posé le doute systématique comme principe de connaissance dans le Discours de la Méthode (1937) notamment ! Il fait ainsi émerger le cogito et entends prouver l'existence de Dieu, le principe métaphysique absolu !

    Dans les Méditations métaphysiques (1941), le philosophe de La Haye poursuit son édifice théorique et entends se questionner sur l'immortalité de l'âme.

    La dualité de l'âme et du corps chez les RationalistesDescartes avance aussi trois types de substances, la substance infinie qu'est Dieu, la res cogitans ou substance pensante et la res extensa ou matière étendue ! L'âme est ainsi une res cogitans, immatérielle et immortelle et le corps une res extensa, matérielle et corruptible !

    Mais dès lors, comment l'âme peut-elle agir sur le corps puisque l'une est immatérielle et l'autre matérielle suivant le principe qu'une chose pour en mouvoir une autre doit être de même nature ?

    Descartes trouve une "solution" en établissant l'existence de la glande pinéale comme siège de l'âme. Les actions de l'âme se font ressentir à travers cette épiphyse qui meut alors le corps par les "esprits animaux", "solution" trouvé peu satisfaisante par d'autres philosophes notamment Malebranche, Spinoza et Leibniz dont nous allons voir maintenant quelles alternatives ils proposent !

    Malebranche est un tenant de l'occasionnalisme ! Dans cette "théorie", c'est Dieu qui intervient dans la liaison entre l'âme et le corps ! Ainsi vous ne bougez pas votre bras parce que votre âme l'a décidé mais en réalité, c'est Dieu qui sert d'intermédiaire et qui bouge votre bras parce que votre âme l'a voulu ! Les substances n’interagissent pas Dieu les connecte à chaque occasion ! Mais cela suppose un Dieu - pensé alors comme un Horloger cosmique ! - qui rectifie son ouvrage - ce qui déplaisait à Leibniz !

    Spinoza, quant à lui, pose le principe du Panthéisme ! Selon lui, âme et corps ne relèvent pas de natures différentes mais d'une seule substance, le Dieu-Nature. Dès lors elles peuvent interagir ou plutôt non, elles n’interagissent pas vraiment puisqu'elles sont les manifestations d'une seule substance !

    Cela semble un peu ardu à comprendre mais c'est encore plus compliqué avec Leibniz, ce génie touche-à-tout en son temps qui a inventé le concept de monade qui pour le coup n'est pas non plus aisé à saisir. Selon le philosophe de Leipzig, le monde n'est constitué que de monades, "sans portes, ni fenêtres" et dont les actions sont préétablies par Dieu dès la création de l'Univers : C'est la thèse de l'Harmonie préétablie ! Le substances n'interagissent pas. dans l'acte créateur, Dieu harmonise pour toujours leurs actions ! Ce qui au passage, vaut mieux que la théorie de Malebranche pour Leibniz comme mentionné plus haut !

    Voilà ! Houlà tout ceci parait bien nébuleux, n'est-ce pas ! Les philosophes sont des gens bien barrés sinon des originaux ! En réalité, au XVIIème siècle et jusqu'à la Révolution politique, industrielle et philosophique - avec Nietzsche notamment au XIXème siècle, Dieu est au cœur des débats philosophiques - on ne se débarrasse pas comme cela de 1000 ans de tradition scolastique ! Certes Descartes fait entrer la Raison dans la Philosophie mais il ne jette pas Dieu pour autant ! Lui qui dit se méfier des enseignements acquis hérite tout de même d'une longue tradition ! Leibniz, lui, veut concilier l'ancien et nouveau mode de penser !

    Quoi qu'il en soit, le Cartésianisme refonde la Science - avec Copernic - décentre l'Homme et va permettre de relativiser Dieu -  Révolution industrielle donc jusqu'aux Big Datas - qui veulent renouer avec l'Art Divinatoire ! - et au Transhumanisme de nos jours !

    Mais bon, là je m’égare !...

    A bientôt ! Philosophiquement vôtre !


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  • Entre-t'on en philo comme on entre en religion ?

    Dans ce petit livre de moins de 200 pages, Jean-Paul Jouary, agrégé de philosophie et prof dans cette matière introduit le lecteur à quelques thématiques de la discipline. C'est en réalité un manuel de philosophie à l'usage de ceux qui vont entrer en Terminale et découvrir cette matière que nous avons-là !

    On ne s'en rends pas compte forcément mais nos opinions sont bourrées de préjugés ! Il est difficile de "penser par soi-même" et les philosophes peuvent nous y aider ! Nos façons de penser, et même nos goûts sont déterminés par la société car l'homme est un animal social et dès la petite enfance, nos parents nous inculquent des manières de voir !

    Jouary aborde donc quelques notions tout en restant suffisamment compréhensible et sans trop rentrer dans les détails !

    La philo est bel et bien une matière pas comme les autres ! si le scientifique produit des connaissances, le philosophe conçoit des raisonnements et des concepts - mais à partir des connaissances des savants ! Dans l'Antiquité, le philosophe était touche-à-tout, philosophe et aussi physicien !

    La première leçon du bouquin nous dit qu'il ne font pas se reposer sur les apparences et aller au fond des choses - cela demande un travail ! Et c'est aussi l'éternel dualisme entre idéalisme et matérialisme ou entre rationalisme et empirisme ! Jouary soumets aussi son lecteur à des questionnements avant d'aborder chaque thématique !

    Illusion et vérité ! Le réel est-il connaissable ? Doit-on se contenter d'établir des lois sur la nature ou doit-on chercher à élucider pourquoi cela fonctionne ainsi ? Ceci n'est plus du domaine de la science mais de la métaphysique ! C'est aussi l'opposition entre doute méthodique (Descartes) et scepticisme plus ou moins radical ! Entre aussi en jeu l'opposition entre subjectivité et objectivité !

    Puis l'auteur se pose la question de l'origine des idées générales, de la culture - qui est liée au travail ! -, de la société, de l'acte moral et de ses fondements et motivations, de la liberté, du "Beau" et du rôle et de l'utilité de l'art !

    Des thématiques que j'aborderais pas ailleurs plus en détails dans de futurs billets philo !

    Le livre propose dans une deuxième partie des extraits de textes philosophiques allant de Platon à Merleau-Ponty en passant par Aristote, Spinoza, Descartes, Hegel, Engels, Sartre ou Nietzsche !

    Puis dans une troisième -et plus courte ! - section, l'auteur propose quelques sujets généraux à traiter par le futur étudiant en philosophie !

    A bientôt !

    PS : Dédicace à Madame Sibireff, ma prof de philo de Terminale !


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  • A la fin de sa vie, René Descartes avait décidé de ne plus rien publier - après ses Principes de la Philosophie ! Mais il dérogea car dès les années 1640, le philosophe du cogito entretint une correspondance érudite avec Elizabeth de Bohème, une jeune femme très intelligente, et souffrant de "fièvre lente" et dont le père, Frédéric V, avait été chassé de son trône par les Autrichiens !

    Traité des passions de l'âme - DescartesDans cette correspondance, Élisabeth interrogeait le philosophe sur l'âme et les passions ! Chez Descartes, nous avons une dualité de l'âme et du corps - mais dans le Traité des passions ! - appelé aussi Les Passions de l'âme - et publié en 1649, il pose les relations entre l'âme et le corps ! Pour lui, l'âme est la res cogitens, est immatérielle et indivisible !

    Les conceptions antérieures de l'âme chez Platon postulent trois parties : la raison, le courage et la partie désirante ! On a aussi dans le Phèdre l'allégorie de l'âme ailée et du cocher et son attelage de deux chevaux. Enfin, chez Aristote, on a l'âme végétative, l'âme sensitive et l'âme intellective !

    Chez Thomas d'Aquin, l'âme est un "mouvement qui attire vers le Bien et éloigne du Mal" ! Descartes remets en question les savoirs institués et bâtit une nouvelle philosophie dans ses Principes, contre la scolastique !

    Dans Les Passions de l'âme, rédigé à l'origine pour Élisabeth, Descartes dresse une physiologie, une "psychologie" cartésienne et énumère la liste des passions regroupées en six passions primitives et des passions secondaires qui en découlent !

    La physiologie de Descartes pose que le siège de l'âme est dans la glande pinéale, une petite glande au centre du cerveau - actuellement identifiée comme responsable des rythmes circadiens ! Le corps agit via le cœur et le sang en envoyant des "esprits animaux" dans les organes, les muscles, le cerveau, qui ont aussi une action sur la dite glande pinéale qui est un carrefour ! Le sang transporte les "esprits animaux" là où plus tard les nerfs transporteront les influx électriques ! On voit tout ce que Descartes doit à Harvey et sa circulation en 1628 !

    Les six passions primaires sont l'admiration, l'amour, la haine, la joie, la tristesse et le désir ! Descartes étudie leurs effets sur le corps, leurs causes et comment les contrôler ! Mais le but du penseur de La Haye n'est pas de jouer les moralistes ! Il ne juge pas les passions mauvaises ! En effet, elles nous font aimer notre corps et doivent donc juste être modérées !

    Voilà, ceci n'est qu'une introduction à un traité tardif de Descartes ! J'aurais peut-être l'occasion d'y revenir plus en détails dans un avenir proche - dans le cadre de mes études de philo !

    A bientôt !


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  • En 2011, dans le Volume 5 de mon "Journal intime", à la date du 15 octobre, je consignais la réflexion/digression suivante - à propos de l'intelligence ! - : "[L'intelligence], c'est [étymologiquement] établir des connexions motivées entre des informations éloignées : la transdisciplinarité dont je suis si friand relève de ce domaine ! Cela suppose créativité, ouverture d'esprit, mémoire, bonne culture, capacités d'interrogation… C'était aussi la démarche de Paul Valéry!"

    Des Réflexions à foison - IVC'est dans cette démarche que je m'inscris lorsque je consigne régulièrement les réflexions les plus dignes d’intérêt qui me viennent parfois à l'esprit - mais ne soyons pas dupe, rien ne naît "ex-nihilo" ! C'est la "fermentation" des idées et des concepts qu'on m'a enseigné dans mes multiples cursus universitaires (Sciences, Lettres, Histoire, Philosophie, Sociologie...) ! Ainsi que de mes nombreuses lectures - dans les domaines précités et dans d'autres - en autodidacte !

    En voici le résultat à travers un nouvel "échantillon" !

     

    L’art permet-il de recomposer une personnalité morcelée ?

    Écriture et schizophrénie ?

    « Là où il y a écriture, il n’y a pas folie ».

    (15/09/2013)

     

    Dans la vie, rien n’est jamais acquis !

    Contingence.

    (21/09/2013)

     

    On est toujours tout seul !

    (21/09/2013)

     

    A chaque fois que l’on choisit de lire un livre précis, c’est dix autres livres qu’on ne lit pas.

    (22/09/2013)

     

    Ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécu, serait-ce le symbolisme ?

    Le symbole est, selon Ricœur, ce qui se prête à plusieurs interprétations.

    Le religieux est symbolique ! La psychanalyse aussi !

    L’herméneutique est ce qui mène à la connaissance de soi !

    (27/09/2013)

     

    La Mort est l’abolition du Temps. Et de l’Espace.

    Mais l’Espace est une fonction –manifestation – du temps.

    La Mort correspond à un temps et un espace nuls !

    Et un espace et un temps infini, qu’est-ce que c’est ? Dieu ?

    Dieu à l’opposé de la Mort. Dieu comme la réalité ?

    Autres mondes ?

    (28/09/2013)

     

    Petit billet de synthèse : On l’a dit et vu : on n’invente jamais rien - on se base sur nos expériences, nos lectures – certes, on les remanie et les assimile dans les rêves. Toutes les idées que l’on pense avoir, d’autres les ont déjà eues avant nous ! Et même cette idée « que d’autres ont déjà eues avant nos idées », on la trouve chez Paul Valéry !

    Dans tout cela, qu’est-ce que l’intelligence ? Pour moi, c’est assimiler beaucoup –comme une éponge – et ensuite relier les lectures, les penseurs. « Ligare » - relier – intelligence !

    Voilà – cela me parait essentiel : les rapprochements non évidents ! De là peut surgir la nouveauté !

    D’où la transdisciplinarité !

    Écrire une thèse ou un mémoire, ce n’est jamais que rassembler des sources !

    (29/09/2013)

     

    La schizophrénie est la maladie du capitalisme

    La société est la cause et le révélateur de la maladie psychique.

    Non, Robinson Crusoé, seul sur son île, n’était pas fou !

    Les normes sociales !

    (04/10/2013)

     

    Voilà ! Et avec cette dernière réflexion datée du 4 novembre 2013, je mettais fin à mon "Carnet de réflexions - Volume 2" par ailleurs ! Mais de nombreux autres suivront ! En effet, on est en 2016 et je n'ai jamais cessé de "cogiter" - et d'apprendre, d'analyser et de synthétiser ! - depuis ce temps !


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  • Luc Ferry fait partie, avec Michel Onfray, Bernard Stiegler, Edgar Morin ou Etienne Klein, de ces intellectuels français contemporains que je suis régulièrement et que j'aime bien lire ! Vous le voyez ce sont des styles et des pensées bien différentes ! Dans son dernier livre, La Révolution transhumaniste, Luc Ferry s’intéresse à l'évolution inévitable du monde, préférant regarder vers le futur pour l'anticiper voire l'encadrer, que de se complaire dans le pessimisme et le "c'était mieux avant" !

    Ce futur qui ne manquera pas de bouleverser nos vies est abordé sous deux angles ! La Révolution transhumaniste - Luc Ferry D'une part, on a la Révolution transhumaniste à proprement parler avec les fameuses NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique et Sciences Cognitives) et d'autre part, on a l'"économie contributive" sur le modèle du Web (Facebook, Google) et des services tels que UberPop, AirbnB, modèle dont on nous dit qu'il devrait signer la fin du capitalisme mais pourrait en réalité se révèler encore plus ultralibéral - la "gratuité" générant alors des bénéfices considérables !

    Le Transhumanisme ne relèverait bientôt plus de la SF tant les progrès de la science et de la médecine sont de plus en plus rapides ! Tout semble en effet s'accélérer et qui dit que d'ici un siècle où deux, nous ne pourrons pas vivre 200 ans et en parfait santé !? Mais avec quelles conséquences politiques, économiques, démographiques ? La médecine transhumaniste vise à l'amélioration de l'Humanité, plus seulement à guérir les maladies ! On ne peut toutefois pas parler d'eugénisme, souligne Luc Ferry, car contrairement au nazisme, on n'est pas dans un projet étatique et imposé visant à l'éradication des êtres ! Il s'agit d'améliorer la vie des individus en posant que la Nature n'est pas une norme encore moins un motif moral ! Mais ce nouvelle humanisme ne pousse-t'il pas encore plus loin l'individualisme en cours depuis la Révolution française, caractéristique tant décriée par Tocqueville ! Il s'agit aussi, avec le Transhumanisme, d'échapper à tous les déterminismes issus du matérialisme biologique ou historique ! L’éternelle problématique Nature et Culture !

    Avec l'"économie contributive", ce serait une autre transformation de la société ! Les plus optimistes pensent que ce modèle nous ferait passer de l’égoïsme à la solidarité, de la propriété privée au droit d'usage - entre beaucoup d'autres choses ! Le théoricien Schumpeter parle de "destruction créatrice" par les innovations - les Trois Révolutions industrielles ! - qui supprime des quantités d'emplois - avant une phase créatrice qui "crée" de nouveaux métiers - ainsi l'exemple historique des paysans migrants vers les villes et les usines au XIXème siècle ! Nous sommes dans la révolution numérique à laquelle s'intéresse aussi Bernard Stiegler qui lui parle de "double redoublement épokhal" ! En réalité, ce modèle contributif pourrait voir une concurrence ultra-acharnée !

    Luc Ferry est, me semble-t'il, assez favorable à tous ces changements et appelle à penser par delà optimisme - le "solutionnisme" - et pessimisme ! Ces questions engagent par ailleurs une réflexion supranationale !

    Enfin, il fournit en toute fin de son livre un bref panorama des NBIC ! Ainsi les nanotechnologies mettent en jeu des nanorobots qui répareront la matière à l'échelle atomique ! Les biotechnologies permettront d'obtenir, pour tout un chacun, la cartographie de son génome complet - à des fins de dépistage puis d'améliorations par manipulations sur embryons - avec toutes les questions éthiques que cela suppose ! - tout ceci pour moins de 100 euros d'ici la fin de la décennie ! Les Big Data, recueillies notamment sur les réseaux sociaux (Facebook dont je suis un grand utilisateurs !) permettront de régler bien des problèmes - maladies, terrorisme, réchauffement climatique...) nous dit-on ! Enfin, s'achemine-t'on vers une Intelligence Artificielle forte - capable de conscience de soi et d'émotions qui à terme pourrait remplacer l'Humanité dans un scénario digne de Terminator !?

    Ajoutons enfin que le Transhumanisme a ses adeptes - surtout aux USA ! - et ses opposants, notamment au sein des autorités religieuses ! En effet, à quoi bon promettre un Haut-delà si la science nous confère la vie éternelle ici bas !?

    Voilà des questions aux ramifications phénoménales que le livre de Ferry bien qu'intéressant est très loin d'épuiser !

    A bientôt !


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  • Johann Gottlieb Fichte est un philosophe allemand du XIXème siècle surtout connu pour être un des fondateurs de l'idéalisme allemand. Sa pensée est influencée par celle des Lumières françaises - Rousseau en particulier - et par Emmanuel Kant ! Fichte commença à se faire connaître en écrivant un essai si brillant qu'on pensa d'abord que Kant en était l'auteur !

    Mais nous allons ici parler essentiellement de philosophie morale et politique ! Au début du XIXème siècle, Napoléon Bonaparte se proclama Empereur, et acheva la Révolution française ! Il mit fin au Saint Empire Romain Germanique en envahissant les États Allemands !

    Au lendemain de la défaire de Iéna, Fichte tint un ensemble de 14 conférences à Berlin, en Discours à la nation allemande - Johann Gottlieb Fichtedécembre 1807. Ce sont les Discours à la nation allemande.

    Fichte est parfois considéré comme un penseur obscur ! Je vais essayer ici de synthétiser sa pensée dans ces conférences, autour de la langue et de l'éducation !

    Historiquement, le nationalisme - et la nation - est définit - au XVIIIème siècle - comme l'obéissance à des lois communes, puis à partir du XIXème siècle, cela devient une construction historique autour d'une origine et d'un destin communs - que l'on songe pour les Français à Vercingétorix où à Jeanne d'Arc ! C'est le "roman national" !

    Fichte apparut d'abord comme un républicain, attaché au législatif et aux Lumières puis ensuite, dans une deuxième période comme un nationaliste ! Il y a de nombreux malentendus autour de sa pensée !

    1807 : L'Allemagne - qui n'existera réellement - politiquement - qu'en 1871 avec Bismarck - est sous tutelle des armées napoléoniennes ! Il n'y a pas d’État allemand mais il y a bien un "esprit allemand" qui vise à l'universalité !

    Fichte parle notamment de la langue allemande - qui est une langue vivante - par opposition au latin et même au français ! C'est à dire que c'est une langue symbolique, qui n'est pas figée, qui n'est pas une langue de "dictionnaire" et donc montrant une certaine souplesse capable de forger de nouveaux concepts et de s'adapter au réel ! De plus, c'est, contrairement au français - et c'est pour cela que la langue de Molière est une langue morte pour Fichte - elle n'est pas réservée à l'usage des élites mais parlée par tout le peuple !

    A partir de cette langue vivante, on va pourvoir forger une pensée vivante - la philosophie et le législatif notamment ! Fichte propose ensuite une éducation nationale basée sur l'intuition qui est une introduction à la vie de l'esprit et serait une éducation pour tous !

    Il s'agit chez Fichte d'élever ses concitoyens allemands ! Il s'agit véritablement d'une pensée prépolitique car si Fichte propose de créer l’État Allemand, il ne propose pas de textes de loi mais bien de transformer les hommes !

    Voilà, j'estime que c'est l'essentiel de ce qu'il faut retenir sur ce texte ! Fichte insiste beaucoup sur l'éducation - presque la moitié des discours y sont consacrés ! Il est aussi question de religion et de la figure de Luther qui est un trait si particulier de l'Allemagne !

    Voilà, j'espère avoir éclairer ceux qui s'intéressent un peu à la philosophie de cette période dans le prolongement des Lumières et du romantisme !

    A bientôt !


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  • Nous allons maintenant revenir sur le philosophe Stagirite, Aristote, et une problématique fondamentale en philosophie, celle de la question politique !

    Platon avait déjà traité des organisations politiques dans deux ouvrages, à savoir La République et Les Lois. Aristote s'inscrit un peu en opposition par rapport à son maître dont il juge qu'il n'est pas allé assez loin !

    Les Politiques - AristoteMais la démarche n'est pas la même. Aristote fonda une école, le Lycée, comme Platon avait fondé l'Académie où il enseigna d'ailleurs au Stagirite, le considérant comme son meilleur élève. Parce qu'il avait une foule de disciples, Aristote leur confia des études, un peu à la façon des mémoires et thèses de nos étudiants contemporains ! Ils durent établir des constitutions - au nombre de 158 traités - sur l'organisation des différentes cités grecques ! Ces traités sont tous perdus hormis La constitution d'Athènes, attribuée donc au Pseudo-Aristote. C'est à partir de ces ouvrages que le maître - aidé là encore sans doute par ses élèves - à rédigé Les Politiques, un ouvrage assez hétéroclite et se contredisant parfois - et dont l'ordre des Livres n'est pas certain !

    Les Politiques est constitué de 8 Livres qui peuvent aussi se voir comme une prolongation d'un autre traité, L’Éthique à Nicomaque : après l'individu, la cité ! Cet ouvrage sur la polis se veut à la fois comme un traité descriptif - qui dresse une taxonomie des différents types de régimes - et prescriptif !

    La Polis est le modèle politique de la Grèce classique - avec l'ethnos ! Aristote ne veut pas donner le régime idéal comme Platon le fait avec sa cité dirigée par le Roi-Philosophe mais il veut en revanche donner le type de cité adaptée pour chaque situation particulière, en fonction de la répartition de la population, du nombre de riches et de pauvres etc...

    Mais de fait, la cité, son modèle, décline à l'époque hellénistique, pendant et après Alexandre le Grand. Le but de la cité, son telos - suivant la théorie des 4 causes - est le bonheur commun. Il s'agit d'atteindre l'autarkeia, ou encore l'autarcie. Parce que "l'homme est un animal politique", il s'assemble en familles, qui s'assemblent en villages qui deviennent une cité, une communauté d'hommes tendant vers un but commun !

    Aristote distingue 6 types de constitutions : 3 constitutions droites, à savoir monarchie, aristocratie et politeai ou régime constitutionnel et 3 constitutions qui en dévient respectivement : tyrannie, oligarchie et démocratie.

    La royauté ou monarchie est le gouvernement du meilleur, du plus vertueux, qui règne sur la cité pour le bien de la cité - à l'inverse du tyran qui règne pour son propre profit. On retrouve là l'idée du père de famille et, selon Aristote, les premières constitutions furent d'abord des monarchies !

    L'aristocratie est aussi le gouvernement des meilleurs mais ceux-ci sont plusieurs ! En dérive l'oligarchie où les riches dirigent la cité en vertu du suffrage censitaire.

    Puis vient la démocratie qui place la liberté et l'égalité avant tout ! Le risque est de voir le demos (le peuple) se liguer contre les riches sous l'action des démagogues et se transformé en tyrannie !

    Dans les livres V et VI, Aristote étudie la manière pour tous ces régimes - dont il a préalablement posé les variantes - d'évoluer, de déchoir et comment les sauvegarder ! Vers quelles formes chaque type est susceptible d'évoluer suivant les circonstances !

    Un leitmotiv qui revient souvent sous le calame d'Aristote, est l'idée de juste milieu et de modération. A l'opposé de l'hubris des Grecs !

    Voilà, comme toujours, dans cette rubrique "Philosophie", je fais une présentation très succincte ! Je vous renvoie vers le site inlibroveritas - compte "sylvain" - où je devrais mettre prochainement en ligne une mini-dissertation sur "les royautés dans Les Politiques d'Aristote" !

    A bientôt !


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  • J'ai jugé bon d'investir dans l'achat d'un des deux tomes de Michel Foucault en Pléiade et je ne le regrette pas !

    Michel Foucault est le dernier grand intellectuel du XXème siècle et sur la fin de sa vie - emporté par le Sida en 1984 - il avait commencé une "Histoire de la sexualité" qui devait comporter dix tomes mais dont il ne put en achever que trois !

    Je vais essayer ici de résumer très schématiquement les idées principales du tome 1 - "LaHistoire de la sexualité - 1 : La Volonté de Savoir - Michel Foucault Volonté de Savoir".

    On a longtemps cru que, comme les Victoriens, nous exercions une censure sur le sexe. En réalité, depuis le XVIIème siècle, on n'a jamais cessé de mettre le sexe en discours, que ce soit depuis la pastorale chrétienne et l'aveu ou la confession ou au XIXème siècle le discours médical sur le sexe !

    Il y a, à notre époque, une volonté d'élucider le sexe - par une mise en discours. Le sexe est objet de pouvoir, non pas que le pouvoir se soit dresser contre lui pour le censurer mais plutôt le pouvoir l'a instrumentalisé.

    La notion de pouvoir est essentielle chez Foucault depuis Surveiller et punir, en 1975. Le pouvoir n'émane pas d'une instance précise mais il est diffus, en réseau dans toute la société. Il s'appuie sur des points de contacts et est un rapport entre un dominant et un dominé. Il s'exerce à travers le discours !

    Dès lors, on n'a pas voulu censurer le sexe, l'interdire mais plutôt contrôler les corps pour en faire de bons agents économiques, lors de la naissance du capitalisme. Ce contrôle s'exerce sur les corps des ouvriers mais débuta plus précisément dans la classe bourgeoise où le sexe a remplacé le sang des nobles ! Il s'agit d'avoir de bons héritiers et on banni l'onanisme, on soigne les femmes hystériques, on traque les pervers et on contrôle les naissances.

    Récemment, s'est développé un "bio-pouvoir" ! Auparavant, le pouvoir du souverain s’exerçait en donnant la mort, désormais, il contrôle les corps. Au XIXème siècle, s'est développé un discours de la dégénérescence - qui conduisit au racisme et à l'eugénisme ! Foucault note que la psychanalyse s'est développée contre ce discours !

    Foucault explique aussi le "système d'alliance " et le "système de sexualité". Le premier a lieu dans le cadre de la famille - il est légitimé par les textes et le lieu de la reproduction. Mais bien vite, il va se trouver dépassé par le "système de sexualité".

    L'homme a toujours voulu interroger son sexe - à l'image des Bijoux indiscrets de Diderot - comme si il pouvait nous en apprendre plus sur nous-même ! Cela semble être le cas et cette étude passionnante de Foucault - effleurée maladroitement dans ce billet - nous le prouve !

    A bientôt !


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  • Nous allons maintenant nous attaquer à un "gros morceau", La République du philosophe Platon dont Whitehead disait que la "philosophie occidentale ne consistait qu'à placer des notes de bas de pages dans les œuvres de Platon" ! Je vais essayer d'éclairer certains points sans évidemment être exhaustif car des dizaines de billets touffus n'y suffiraient pas !

    La République - PlatonLa République se présente sous la forme d'un dialogue mettant en scène Socrate et est constitué de 10 Livres et porte le sous-titre "De la Justice". C'est à la fois un traité politique et un traité d'éducation.

    Il s'agit d'une part de déterminer ce qu'est la Justice, d'autre part de constituer la cité idéale, juste et de définir qui doit la diriger. Ce rôle revient aux Gardiens - qui peuvent être aussi des Gardiennes - les Philosophes-Rois qui consacreront toute leur vie à l'étude - notamment de la dialectique - afin de mettre en œuvre cette cité idéale d’après l'Idée de Bien. Le philosophe est dans la contemplation mais aussi dans l'action. Cette cité se bâtira donc sur le savoir mais aussi la philia, l'amitié !

    Platon/Socrate veut sculpter l'âme des jeunes gens qui est comme un morceau de cire. Il s'agit d'introduire une troisième voie éducative, entre l'éducation classique (Homère, Hésiode) et celle des sophistes. Cette formation qui dure 50 ans commence par la musique, la grammaire, la poésie et la gymnastique. On apprendra aussi aux jeunes à "contempler" la guerre afin de se désensibiliser et de prendre leurs responsabilités. L'enseignement des mathématiques - afin de cerner les régularités dans le mouvement, l'unité dans la multiplicité - sera aussi prodigué. Après une première sélection des futurs Gardiens, les études se poursuivront jusqu'à 30 ans, suivies de 5 ans d'enseignement de la dialectique - qui permet de remonter vers les Idées et la Cité en parole - puis 15 ans aux responsabilités de la cité à divers postes.

    Se pose aussi le problème de la corruption. Platon distingue cinq types de cités qui correspondent à autant de disposition de l'âme. il établit une étude du mouvement et de la corruption. La cité serait comme une toupie dont les Gardiens sont l'axe et le peuple la périphérie. De plus, il y a différente tendances dans l'âme humaine : la partie désirante qu'il convient de contrebalancer avec le thymos (le courage) aiguillé par la raison.

    Les désirs sont comme un élan. Ils peuvent orienter vers le savoir (désir d'apprendre - et non curiosité -voir Le Banquet) mais aussi déstabiliser l'individu et la cité. De la Cité idéale, on passe à la timocratie, puis à l'oligarchie, à la démocratie et enfin au despotisme. Le tyran est "l'enfant-roi" de l'oligarque, celui qui a des désirs démesurés - de même que la cité "enfle" par désir du luxe. Il n'a pas d'ami et se croit libre. Platon, par ailleurs, a tenté d'appliquer son modèle de cité chez Denys de Syracuse.

    Le morceau d'anthologie de La République, c'est bien entendu ce passage du Livre VII - à destination notamment des Classes de Terminales, à savoir l'Allégorie de la Caverne ! Des hommes sont enchaînés et ne voient que des ombres sur un mur. L'un d'eux est libéré et remonte vers la Lumière (le Soleil/ le Bien) puis il redescend dans la Caverne où personne ne l'écoute et où il risque d'être mis à mort ! Cet homme éclairé, c'est le philosophe ! Il y a d'autres allégories dans ce texte, l'image de la lyre, de la ligne, la hiérarchie Idées/Formes, concepts mathématiques, objets concrets et imitations.

    Ce texte est effectivement d'une très grande richesse ! Il permet notamment de s'interroger sur le pouvoir des images et des idoles, l'opinion. il est aussi question de la communauté des biens et des femmes - certains y ont vu un texte communiste, d'autres une réflexion sur la démocratie. Un texte à questionner à l'heure où des jeunes décérébrés se font embrigadés par des fanatiques religieux et commettent des attentats. Ce texte a aussi eu une grande postérité du côté des utopistes, Thélème chez Rabelais ou chez Thomas More...

    A bientôt !


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  • Pierre Hadot est un érudit du XXème siècle, né en 1922 et décédé en 2010, à la fois philosophe, historien et philologue français. C'est un grand connaisseur de la philosophie antique et en particulier du néoplatonisme.

    En 1995, il publie Qu'est-ce que la philosophie antique ? - qui revient et s'attarde sur les Qu'est-ce que la philosophie antique ?  - Pierre Hadotmodes de pensées que sont le Platonisme, l'Aristotélisme, l’Épicurisme, le Stoïcisme mais aussi les Cyniques, Pyrrhon jusqu'à la transition vers le christianisme aux premiers siècles de notre ère !

    La thèse principale de l'ouvrage est que la philosophie, dans l'Antiquité, n'étais pas que "discours" - Logos - mais bien plus que cela aussi un mode de vie, une ascèse et ce depuis les sectes pythagoriciennes !

    Le discours, selon les écoles philosophiques, oriente le mode de vie ! Ainsi, les épicuriens pratiquaient une sorte d'"examen de conscience". L'interrogation sur la mort était constante et commune à la plupart - sinon toutes ces écoles !

    Dans ces institutions, Académie, Lycée, Portique et Jardin, les rapports entre le(s) maître(s) et les élèves étaient très importants, nécessitant une totale confiance. Chez Platon et Aristote, il s'agissait d'agir sur la Cité en formant des hommes politiques tandis que les disciples d’Épicure visaient davantage un rôle de missionnaires auprès des masses, préfigurant le Christianisme !

    Ce livre rappelle les principaux "acteurs" de l'époque, et leurs théories, l'Idée du Beau et du Bien, la Vertu, le tétrapharmakon, les choses sur lesquelles on ne peut agir, la recherche du moindre mal, etc... Un chapitre sur la figure du sage !

    On détaille ensuite l'époque impériale et l'évolution vers le dogme chrétien. La religion de Jésus sépare le discours du mode de vie ! Le mode de vie se retrouve chez les premières communautés du monachisme tandis que le discours va se perpétrer dans les Universités du Moyen-âge !

    Cet ouvrage est assez intéressant et d'une lecture relativement aisé ! Je vous le conseillerais en complément à l'ouvrage de Lucien Jerphagnon : Histoire de la pensée : d'Homère à Jeanne d'Arc - que j'ai par ailleurs chroniqué sur ce blog ! Je vous renvoie aussi à mon billet de généralités sur les "écoles philosophiques de la période hellénistique" !

    Je n'ai certainement pas épuisé le sujet ici !

    A bientôt !


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  • Le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes est un essai de Jean-Jacques Rousseau, commencé en 1753 et publié en 1755 en réponse à un sujet de l'Académie de Dijon : "Quelle est l'origine de l'inégalité parmi les hommes ?".

    Dans ce texte fort brillant, le philosophe suisse expose sa conception de l’État de Nature et son approche de la perfectibilité humaine. Contrairement à Hobbes pour qui "l'homme est un loup pour l'homme", Rousseau défend l'idée d'un homme primitif bon par nature. C'est la société qui va le corrompre.

    Rousseau déploie sa conception du passage de l'homme sauvage de l'état de nature à Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes - Jean-Jacques Rousseaul'homme civilisé de l'état social. A l'opposé des animaux, l'homme sauvage a la possibilité de se perfectionner. Dans l'état de nature, l'homme n'est pas asservi et fait preuve de pitié. Mais face aux contraintes extérieures, il est forcé de s'associer.

    A un moment donné et indéterminé, un homme plante une clôture et décrète "ceci est à moi !". La plus petite unité de la future société naît alors : la famille. Puis les familles - conséquences de la naissance de la propriété, se rapprochent et forment des tribus. Dès lors, le besoin de "reconnaissance", de considération se fait sentir : le meilleur danseur, le meilleur conteur...

    Les hommes se spécialisent quand apparaissent l’agriculture et la métallurgie, fruits des capacités d'observations de la nature par les hommes - du fait des possibilités de leur intellect. La langage joue un rôle important et l'étude du développement de ce langage n'est pas une mince affaire ! Les hommes se spécialisant, les inégalités apparaissent ! Le plus fort fabrique plus de biens, en fonction de l'inégalité de ses capacités naturelles. Il en découle alors un deuxième type d'inégalité qui elle n'est plus naturelle !

    Pour protéger sa propriété, l'homme établit des lois et se mets sous les ordres et la protection d'un magistrat, d'un roi. De légitimes, ces gouvernements deviennent arbitraires en fonction du nombre de dirigeants : un roi et c'est la monarchie, plusieurs dirigeants et c'est l'aristocratie, tous, c'est la démocratie !

    Voilà, je zappe volontairement de nombreux points et simplifie beaucoup ! J'aurais l'occasion de revenir sur Rousseau dans une dissertation dans le cadre de mes études, plus fouillée et peut-être publiée un jour quelque part en ligne !(?)

    J'avoue une préférence pour Rousseau sur Voltaire à l’instar de ma bonne amie Ophélie R. ! Dédicace à toi miss !

    A bientôt !


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