• L'Homme au sable - E.T.A. HoffmannSi on veut remonter aux origines de la littérature fantastique, on doit passer par Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley mais il y a une autre référence reconnu, ce sont les contes d'E.T.A. Hoffmann !

    L'Homme au sable est un récit de 1817, paru à l'origine dans le recueil des Contes nocturnes. Une certaine lecture freudienne peut s'appliquer aux récits fantastiques et en particulier à L'Homme au sable. Ces histoires reposent d'une part sur ce que le psychiatre viennois  appelait "L'inquiètante étrangeté" où quand les éléments du quotidien prennent une teinte inhabituelle ! Mais d'autre part, il y  ale traumatisme dans l'enfance du héros du récit, le très tourmenté Nathanaël !

    L'Homme au sable est donc un conte ! Nathanaël a été marqué dans l'enfance par l'avocat Coppelius, un ami de son père auquel il attribue la mort de ce dernier ! Le jeune homme identifie de plus l'homme de loi à l'Homme au sable, une sorte de croquemitaine qui menace de lui arracher les yeux !

    L'angoisse du principal protagoniste de ce conte resurgit lorsqu'il voit arriver en ville l'opticien ambulant du nom de Coppola qu'il confond avec Coppelius.

    Se faisant voyeur, Nathanaêl achète une longue-vue à Coppola pour épier Olympia, la fille de son professeur de physique, Spalanzani dans la maison d'en-face.

    On voit ici l'importance du regard - qui évalue le monde - et des apparences ! Olympia est en réalité un automate conçu par Spalanzani avec l'aide de Coppelius ! La folie guette Nathanaël et seule Clara, sa fiancée, pourrait le ramener à la raison !

    L'intrigue est assez alambiquée et compliquée me direz-vous ! Je trouve aussi ! Mais c'est sans doute pour faire partager au lecteur la confusion du héros du récit !

    Il est donc aussi question d'alchimie et de la fascination pour les automates !

    J'ai étudié, pour ma part, ce texte en études littéraires, en littérature comparée et avait même produit un exposé dessus - qui doit encore traîner quelque part ? Du côté d'inlibroveritas !

    A bientôt !


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  • Gustave Flaubert avait un fort tempérament et il ne craignait pas de s'attaquer à, de dénoncer la bêtise de ses contemporains. Bouvard et Pécuchet est un roman inachevé de sa plume paru à titre posthume en 1881.

    Bouvard et Pécuchet - Gustave FlaubertCe livre, c'est la rencontre de deux promeneurs par un beau dimanche d'été près d'un canal ! Ils ont des traits communs - ce sont deux copistes - et les deux vont aussitôt se trouver des affinités et décider de partir se retirer à la campagne !

    Mais que vont-ils y faire ? Et bien, œuvrer pour la science et la connaissance en bons autodidactes ! Le problème, c'est que ce sont des autodidactes bornés et sans méthodes !

    Nos deux "héros" se lancent en effet à corps perdu dans des ouvrages de vulgarisation - c'est l'époque des premières universités populaires ! - et glanent des informations de çi de là ! Ils vont successivement aborder tous les domaines : agriculture, médecine, sciences diverses, littérature, politique, archéologie, astronomie,etc - la liste est longue - mais avec à chaque fois le même résultat : ils ne retiennent et ne comprennent rien faute de recul et se montre de parfaits crétins ! Leur formation est trop superficielle en effet !

    C'est donc en quelque sorte à, une critique du pédantisme et aux opinions courantes que se livre Flaubert qui pour rédiger Bouvard et Pécuchet a lui-même feuilleter plus d'un millier d'ouvrages !

    Le roman est suivi de l'excellent Dictionnaire des idées reçues qui comme son nom l'indique s'attaque à quelques poncifs et les tourne en dérision ! Indéniablement, Flaubert avait le sens de la répartie et de la dérision !

    Flaubert est décidément un excellent auteur -un classique de plus ! - que je vous recommande tout aussi décidément fortement !

    A bientôt !


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  • Nous allons maintenant nous attarder sur la période 1886 - 1893 de la vie de l'écrivain Zola, toujours en me basant sur les travaux d'Henri Mitterrand, grand spécialiste de cette personnalité littéraire.

    Zola a été accusé, au cours de sa carrière, de "remuer l'égout". Il a aussi été confronté à la censure. C'est le cas au retour d'un voyage au Mont-Dore à l'été 1885 au sujet de l'interdiction de l'adaptation de Germinal au théâtre.  Il faudra attendre trois ans pour que la pièce soit finalement jouée au Chatelet et ce sera un échec !

    Zola achève L'Oeuvre, roman sur les peintres en février 1886. Ce roman a d'ailleurs déja fait l'objet d'un billet de ma part. Rappelons que Zola a été critique d'art (Mes Salons, Mes Haines), a soutenu les impressionnistes. Dans ce tome des Rougon-Macquart, il lance des passerelles entre les arts, art du roman et art pictural et reprend la figure de son ami Cézanne (en partie) pour composer son personnage de Claude Lantier, peintre génial mais incompris et finalement maudit. Ceci lui vaudra une brouille avec son ami de Provence. De fait, c'est plutôt Cézanne qui croit s'être reconnu dans le personnage mais Lantier est en fait une mosaïque de plusieurs peintres réels.

    En mai 1886, Zola voyage en Beauce pour faire le travail préparatoire sur La Terre, achevé en août 1887 : nouvelles polémiques menées entre autre par Anatole France qui parle des "Georgiques de l'ordure". Zola tient là son roman paysan. Cinq jeunes écrivains de l'entourage de Goncourt signent un manifeste de reniement du naturalisme de Zola. Mais déja Zola s'attaque à son livre suivant :  Le Rêve. Il est à quatre romans d'achever son cycle des Rougon-Macquart.

    zolajeanne1.jpgSa vie personnelle connait une révolution ! Il s'éprend d'une jeune lingère bourguignonne engagée par Alexandrine Zola, en fait sa maitresse en décembre 1888 : Jeanne Rozerot lui donnera deux enfants, Denise (en 1889) et Jacques (en 1891). il se voit alors obliger de mener une double vie avec ses contraintes. Il réussit à se préserver des ragots et à faire accepter cet état de fait à Alexandrine, après une crise douloureuse ! Zola rajeunit, à 50 ans, avec les joies de la paternité !

     Bien qu'il ai retrouvé la vitalité de sa jeunesse, La Bête humaine n'en reste pas moins un roman très sombre et très violent.

    En décembre 1889, nouveau et dernier déménagement, 21 bis, rue de Bruxelles, près de la place Clichy. Zola prendra sa maison en photo sous tous les angles car il se découvre par ailleurs une véritable passion pour la photographie.

    Il pose pour la première fois sa candidature à l'Académie  française, le 1er mai 1890 mais il n'y entrera jamais. Par contre, il sera président de la Société des gens de lettres où il va promouvoir activement la protection des droits des écrivains. Rappelons que les premières avancées dans ce domaine furent le fait de Beaumarchais puis de Balzac.

    En 1891, il fait paraitre L'Argent. En juin de la même année, on joue Le Rêve à l'Opéra-Comique. Zola se tourne alors vers le théâtre lyrique et écrit des livrets, mis en musique par Alfred Bruneau.

    La Débacle parait en 1892 et la dernière ligne du Docteur  Pascal est écrite le 5 mai 1893. Zola célèbre l’achèvement de sa somme romanesque en donnant un grand banquet (voir la récurrence du motif du banquet dans ses romans).

    Le 1" juillet 1893, déja Chevalier, il est fait Officier de la Légion d'honneur. En septembre, il est invité au congrès international de la presse à Londres mais échoue encore à l'Académie française.

    Mais la carrière de Zola ne s’arrête pas là... C'est ce que nous verrons la prochaine fois !

    A bientôt !


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  • La période que nous allons aborder maintenant est délimitée entre 1872 et 1877. C'est le début de la publication du cycle des Rougon-Macquart.

    A cette période, Zola poursuit ses chroniques parlementaires tout en se consacrant à son oeuvre littéraire. Il quitte La Cloche à la fin de 1872 mais poursuit sa collaboration régulière au Sémaphore de Marseille jusqu'en février 1877 où il s’intéresse surtout à l'actualité parisienne. Mais, il commet dans Le Corsaire un article très polémique contre la majorité monarchique qui lui interdit la presse parisienne jusqu'en 1876.

    Côté amitiés, Zola se rapproche de Flaubert, Daudet, Tourgueniev. L'éditeur George Charpentier réedite La Curée et La Fortune des Rougon et prend le relais de Lacroix avec un versement mensuel de cinq-cents francs.fr--Arbre-genealogique-des-Rougon-Macquart--Les-Ro.jpg

    En 1873, Mac-Mahon évince Thiers tandis que parait Le Ventre de Paris. Emile Zola tente, en juillet 1873, sa chance au théâtre avec Thérèse Raquin et en 1874 avec Les Héritiers Rabourdin.  Ce sont des échecs !

    En 1874, Zola publie La Conquête de Plassans et les Nouveaux contes à Ninon. La famille Zola va habiter au 21, rue Saint-Georges tandis que l'écrivain noue de nouvelles amitiés, par le biais de Manet (Zola suit avec sympathies les expositions impressionnistes) avec Mallarmé et par le biais de Flaubert avec Maupassant. La Faute de l'abbé Mouret lui vaut la visite admirative de Huysmans, de Céard et de Hennique.

    Zola rencontre enfin le succès et les rentrées d'argent sont assurées : Charpentier lui verse désormais des droits proportionnels aux ventes ce qui permet à la famille Zola de prendre des vacances à la mer, à Saint-Aubin, en Normandie.

    Zola collabore à une revue mensuelle de Saint-Petersbourg, Le Messager de l'Europe tandis que Son Excellence Eugène Rougon parait en 1876. L'Assommoir est publié en feuilleton à partir d'avril 1876 dans Le Bien public, journal républicain, qui lui offre aussi une revue dramatique et littéraire hebdomadaire. Mais L'Assommoir provoque un scandale et sa publication s'achève dans une revue, La République des Lettres. Le roman, en 1977, fait de Zola l'auteur le plus lu et le plus discuté de Paris. Zola "théorisé" alors le naturalisme (insistant sur l'aspect observation scientifique) et éreinte les pièces de boulevard à la mode. Les Zola mènent dès lors un bon train de vie, déménagent à nouveau (en avril 1877, au 23 rue de Boulogne) et passent six mois à l'Estaque, près de Marseille.

    En octobre 1877, les républicains remportent les élections législatives après la dissolution par Mac-Mahon. La république parlementaire trouve enfin des bases solides, de même la fortune privée et littéraire de Zola. C'est aussi l’émergence d'une nouvelle bourgeoisie.


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  • Nous abordons maintenant la période 1869 - 1871, soient les derniers instants du Second Empire. A cette époque en effet, l'opposition à Napoléon III se fait plus virulente.

    Zola écrit dans La Tribune et Le Rappel (journal fondé par l'entourage de Victor Hugo) et donne un courrier dans Le Gaulois. Le ton de ces causeries est polémique.

    Il commence L'Histoire d'une famille qui débute au coup d'état du 2 décembre 1951 et peint les groupes sociaux ayant tiré avantages de l'Empire. Le premier roman du cycle s'intitule la Fortune des Rougon et se déroule en province, à Plassans. Peu après, Zola prépare La Curée qui a pour cadre Paris mais toujours la même famille, les Rougon-Macquart.

    Des troubles éclatent en province et à Paris dans le même temps (juin-octobre 1869)

    Zola habite à cette époque au 14, rue de la Condamine, quartier des Batignolles. Il y accueille un jeune aixois, Paul Alexis, qui deviendra un fidèle ami. L'éditeur Albert Lacroix accepte le projet des Rougon-Macquart avec une avance de 500 francs par mois pour l'auteur.

    Le 31 mai 1870, Zola a épousé Alexandrine Meley et continue à publier des pamphlets assez vifs contre l'Empire. Le Rappel se passe de ses services après un article jugé trop élogieux pour Balzac mais Zola collabore alors à La Cloche, autre journal républicain.

    Le 19 juillet 1870 éclate la guerre entre la France et la Prusse de Bismarck. Le 2 septembre, c'est la défaite de Sedan. et deux jours après, l'Empire s'effondre, ce qui sauve Zola de poursuites judiciaires suite à un article violemment antibonapartiste publié le 5 août. La publication de La Fortune des Rougon dans Le Siècle est interrompue depuis le 10 août. Le 7 septembre, la famille Zola quitte Paris pour Marseille afin d'échapper au siège.

    Zola espérait un poste de sous-préfet de la part du gouvernement de la Défense nationale mais ne sera pas exaucé, malgré l'appui - assez mou - des amis politiques de Gambetta. A Marseille, il fonde avec Marius Roux un journal éphémère, La Marseillaise.

    Un membre de la Délégation du Gouvernement, Glais-Bizoin, prend Zola comme secrétaire à Bordeaux. Sa femme et sa mère le rejoignent.

    L'armistice avec la Prusse est signée le 28 janvier 1871. Une Assemblée nationale est élue le 8 février et siège à Bordeaux.. Zola devient le chroniqueur parlementaire de La Cloche et Le Sémaphore de Marseille,observateur privilégié.

    Le 14 mars 1871, il rentre à Paris car l'Assemblée déménage à Versailles. Pendant la Commune, du 18 mars au 8 mai, il réside à Paris puis à partir du 10 mai à Bennecourt. Il assiste, de retour à Paris, consterné, à la répression dans le sang de la Commune et au retour à "l'ordre moral".

    La publication de La Curée est interrompue le 5 novembre sur décision du Parquet. Zola est désormais surveillé par la république conservatrice.

    A bientôt pour la sixième partie : La conquête du succès.


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  • La période qui nous intéresse aujourd'hui couvre les années 1866 - 1868.

    Zola quitte la Librairie Hachette le 31 janvier 1866. La Confession de Claude, paru en novembre 1865, provoque un tapage depuis lors, déclenchant une enquête du procureur général. il y a aussi une polémique qui oppose Zola à Barbey d'Aurevilly et au journal Le Nain jaune.

    Ces remous gênent le successeur de Louis Hachette et pour sa part, Émile Zola décide de lancer sa carrière. Pour cela, il a besoin d'un emploi du temps plus libre.

    Le 1er février de cette même année, Zola devient courriériste littéraire du journal L'Evènement et collabore toujours au Salut public de Lyon. Il publie un roman feuilleton, Le Voeu d'une morte, dans L'Evènement.

    Â côté, il donne une étude sur Taine à La Revue contemporaine et des contes à L'Illustration.

    Ses préférences littéraires, qu'il affiche, vont aux Goncourt, à Balzac à Flaubert et en peinture, il défend, dans son Salon, Manet et Courbet contre la peinture académique.

    La peinture est un des grands centres d'intérêt de Zola, ami de Cézanne, de Guillemet. il découvre Bennecourt et fait plusieurs séjours sur les bords de la Seine. Il publie successivement Mon Salon et Mes Haines.

    A cette époque, Émile Zola est débordant d'optimisme, ce qui ce ressent dans sa correspondance.

    Pourtant, les choses ne vont pas durer ainsi et la fin de l'année 1866 et 1867 sont plus sombres car des collaborations sont résiliés avec Zola par ses employeurs des journaux. Bien vite, les difficultés financières se font sentir bien qu'il arrive toujours à placer quelques textes (dans La Situation et dans La Rue de Jules Vallès)

    Bien que 1867 soit une année noire, c'est aussi l'année où l'écrivain publie son premier chef-d’œuvre, Thérèse Raquin.

    En parallèle, il publie Les Mystères de Marseille dans Le Messager de Provence.

    A cette époque, Zola fait la connaissance des Goncourt, correspond avec Taine et Sainte-Beuve. Il lit des ouvrages sur l'hérédité, sur la physiologie, ce qui posera les bases des Rougon-Macquart. Le premier projet se nomme alors L'Histoire d'une famille en dix volumes. Dès lors, il cherche un éditeur pour pouvoir mener à bien son projet et s'assurer une sécurité matérielle.

    A bientôt !


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  • Les Chouans ou la Bretagne en 1799 est un roman de Balzac, le roman qui allait véritablement le lancer vers le succés. Auparavant, notre auteur avait commis des écrits de jeunesse, principalement des histoires de flibustiers ou des récits usant des ficelles du roman gothique, sous divers pseudonymes tels Lord R'Hoone, Viellerglé ou Horace de Saint-Aubain.

    Donc Les Chouans parait en mars 1829 chez Latouche et Urbain Canel. Balzac s'inscrit cette fois dans la lignée du roman historique, genre lancé en Angleterre par Walter Scott avec Ivanhoé et aux Etats-Unis par Fenimore Cooper avec Le dernier des mohicans. Ce genre aura d'autres représentant en la personne de Vigny avec Cinq-Mars et bien entendu Victor Hugo avec Notre-Dame de Paris. Un de ses ressorts est la mise en valeur du détail pittoresque.

    Balzac se proclamait le "secrétaire de l'Histoire". Il voulait peindre le monde en diachronie (à travers différentes époques). il composa ainsi un Sur Catherine de Médicis, dans les Etudes philosophiques et Une ténèbreuse affaire  qui commence sous le Consulat. De fait, il forma une vaste étude synchronique sur sa propre époque, qui constitua en 1842, la Comédie humaine.balzd

    Les Chouans furent rétrospectivement rattachés à cet ensemble et constituent à eux seuls les Scènes de la vie militaire.

    Sur quelle réalité historique se fonde le roman? Et bien, sur une révolte, celle des Bretons, les Chouans, un combat entre les Bleus - les Républicains - après la Révolution Française de 1789 - et les Royalistes. Moins connu que le conflit qui opposa la République aux Vendéens, cette crise n'en fut pas moins sanglante.

    Le récit se découpe en trois chapitre plus un épilogue.

    Le premier chapitre se nomme "L'embuscade" et se déroule de Fougères à Mayenne. il y décrit principalement le combat de la Pélerine entre les  troupes de Hulot et les chouans de Montauran alias le Gars. Il place en quelque sorte le contexte et les enjeux.

    Le chapitre II se focalise davantage sur des destins individuels.Hulot et ses soldats, avec Corentin, escorte la voiture de Marie de Verneuil qui est une espionne de Fouché chargé de faire tomber le Gars. D'ailleurs, Marie ne tarde pas à le rencontrer en présence de Madame du Gua. On assiste au massacre de la Vivetière où les Bleus sont massacrés par les Chouans passant outre une promesse du Gars. Marie jure alors de se venger.

    Au cours du chapitre III, une idylle se noue entre Marie et Montauran. Mais suite à une machination de Corentin, le couple tombe dans un piège et Montauran aussi bien que Marie le paieront de leurs vies. Après s'être épousés, les deux amants meurent sous les balles des Bleus.

    Voila, il y aurait beaucoup plus à dire sur ce roman. Par exemple, je n'ai pas parlé de Galope-Chopine. J'ai très sommairement évoqué le contexte historique et les enjeux et les choix littéraires du roman. Je vous conseille de vous reporter aux ouvrages spécialisés ou aux introductions et notes des différentes éditions de poche.

    A bientôt !


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  • Le 1er mars 1862 Émile Zola est employé par la librairie Hachette, à cent francs par mois, au bureau des expéditions. Il y fait des paquets avant de passer au bureau de la publicité. Cette expérience lui permet de découvrir l'univers du livre de l'intérieur. Il continue par ailleurs à déménager : 11, rue Soufflot puis 7, impasse Saint-Dominique.

    En août-septembre de cette même année, il écrit trois des futurs Contes à Ninon, se détournant de la poésie. Puis Louyis Hachette lui porte de l'intérêt et lui confie le rôle que l'on appelerait aujourd'hui attaché de presse.

    Le 31 octobre 1862, il est naturalisé français. Nouveaux déménagements: il habite avec sa mère un trois pièces, 7, rue des Feuillantines.

    Il prend de l'assurance et entre en contact par ses fonctions avec les journaux et les revues ainsi qu'avec les écrivains de la librairie Hachette. Un proverbe en vers, Perette est refusé par la Revue des Deux Mondes en février 1863 mais deux contes paraissent dans la Revue du Mois, à Lille en avril et en octobre de cette même année. En décembre, il collabore comme conteur, chroniqueur et critique au Journal populaire de Lille.

    Dès lors, son départ dans l'édition et les lettres semble pris. En juin 1864, il est chef de la publicité chez Hachette à deux cents francs par mois. il lit Stendhal et Flaubert, fait des comptes-rendus sur Le Sage, Shakespeare, Aristophane, La Bruyère et Molière pour la Revue de l'Instruction civique. Ses sympathies littéraires vont vers le réalisme.

    Il collabore à plusieurs journaux; son cercle de relations littéraires s'élargit et publie les Contes à Ninon, en décembre 1864 chez Albert Lacroix, l'éditeur de Hugo.

    En 1865, il collabore au Petit Journal, au Salut public de Lyon, à La Vie parisienne, La Revue française, au Figaro, au Grand Journal. En novembre parait son premier roman, La Confession de Claude. Puis il écrit deux pièces de théâtre : La Laide et Madeleine. Ses fonctions dans l'édition lui ont mis le pied à l'étrier. Il a su en tirer profit. Cependant, il travaille dix heures par jours chez Hachette et écrit sur le peude temps qui lui reste. Ses articles, à eux seuls, lui rapportent deux cents francs par mois. Il sort de la pauvreté.

    Il rencontre Gabrielle-Alexandrine Meley qui va devenir sa maitresse et dont il ne se séparera plus. Il décide ensuite de prendre le pari risqué de quitter la librairie et de vivre de sa plume.

    A bientôt dans la quatrième partie : "Le journalisme littéraire" ! 


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  • Le Dernier Jour d'un condamné est un roman de Victor Hugo, publié en 1829.
    On peut le trouver en Livre de Poche avec l'Affaire Tapner et Claude Gueux ou en Folio avec Bug-Jargal (roman de jeunesse de l'écrivain).

    On trouvera aussi dans l'édition du Livre de Poche une préface de Robert Badinter, qu oeuvra en France et obtint l'abolition de la Peine de Mort sous la présidence de François Mitterrand.

    Ce roman de 49 chapitres montre les états d'âme d'un condamné, enfermé à Bicêtre, et qui attend d'être guillotiné. C'est un plaidoyer contre la Peine de Mort.
    On pourrait croire pour forcer le propos que l'homme que l'on va tuer est innocent. Or il n'en est rien. A plusieurs reprises, il évoque bien le fait qui'l a versé le sang mais on n'en saura pas plus.
    Seul dans sa cellule, il décide de tenir un journal où il consigne ses pensées et son désespoir.

    Conformément à la pratique des romantiques, on a bien là un roman de l'intériorité, de la subjectivité, du moi.
    C'est un roman poignant, particulièrement le chapitre où le bagnard fait ses adieux à sa fille de trois ans qui ne le reconnait pas. Il y a aussi les épisodes tragi-comiques des forçats qui partent pour Toulon. A chaque instant, le prisonnier tente d'échapper en pensée à son destin mais la mort se rappelle toujours à lui.

    Voila, un roman incontournable. Le talent de Victor Hugo y éclate.

    A bientôt !


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  • Le motif dans le tapis est une longue nouvelle de Henry James, écrivain à l'écriture très "intellectuel". Le texte est publié chez Flammarion avec une autre nouvelle : La bête dans la jungle, dans une édition bilingue.
    Ce choix est judicieux car ces deux écrits ont pour point commun le secret. Ce sont des textes à énigmes.

    Dans Le motif dans la tapis,le héros-narrateur est un jeune critique confronté au défi que lui pose un auteur renommé et vieillissant, Vereker, qui clame qu'il y a dans son oeuvre un motif secret, présent dans chaque lettre, comme un fil qui unit les perles, le sens caché qu'aucun critique n' a ne serait-ce qu'approché.
    S'agit-il d'une révélation fracassante, un coup de génie ou l'auteur en question est-il fou? Or il ne l'est pas sinon il n'aurait pas pu écrire des livres si bien composés.
    Le narrateur, de même qu'un de ses amis et la fiancé de ce derneir, vont s'attacher à découvrir ce motif. Peut-être s'agit --il d'une vaste fumisterie ? Henry James, comme Vereker, aime mener son lecteur par le bout du nez!

    La bête dans la jungle est l'histoire d'un homme qui attend qu'un évenement exceptionnel survienne dans sa vie. Il fait d'une jeune femme sa complice et ne se rend compte qu'après la mort de celle-ci que la bête qu'il attendait était en fait l'amour. Il est demeuré aveugle toute sa vie.

    Des textes qui posent des énigmes, Une écriture qui masque. Ces deux nouvelles se prêtent excellement bien à une lecture psychanalytique. Il faut préciser que l'un des frères de l'auteur, William James, était psychiatre et cela ne peut qu'avoir exercé son influence.

    Comme pour chacun de mes billets, je vous recommande ces deux lectures, même si elles ne sont pas forcément facilement appréhendable tant le style et le fond sont complexes et raffinés.

    A bientôt !


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  • J'avais déja eu l'occasion d'écrire un billet sur les Histoires extraordinaires de Poe, voici maintenant un article sur un autre recueil dont la traduction est aussi du à Charles Baudelaire.
    Bien sûr, j'aurais pu revenir sur certains aspects biographiques de la vie de l'auteur, son enfance, la mort de ses parents, ses rapports difficiles avec son beau-père Allan, son renvoi de West Point pour indiscipline, sa carrière journalistique, ses écrits théoriques ur l'art de la nouvelle...


     Au lieu de cela, je vais présenter très succintement chaque texte de ce recueil sous une certaine perspective,celle de Thanatos, l'omniprésence de la Mort, du funeste et du morbide dans l'oeuvre.

    Le Démon de la perversité raconte comment un homme commet un assassinat et finit, poussé par une étrange force, par tout avouer sans même s'en souvenir.

    Le Chat Noir
    Un individu passe de la souffrance qu'il fait endurer à des chats au meurtre de son épouse qu'il enterre dans la cave, derrière un mur. Mais il est trahi par un animal.

    William Wilson est a ranger dans la catégorie de ces textes fantastiques qui traitent du double.

    L'Homme des foules
    Le narrateur consacre sa journée à suivre un curieux individu à travers la ville.

    Le Coeur révélateur
    Un nouveau meutre est commis et comme dans Le démon de la perversité ou Le Chat Noir, le criminel se trahit lui-même!

    Bérénice
    Un homme viole une sépulture pour s'emparer d'un bien de la défunte. Un texte très connu de Poe. Tout comme le suivant...

    La Chute de la Maison Usher
    Une histoire à trois protagonistes. Une femme enterrée vivante sort de son caveau. La Maison Usher  finira par se fissurer puis s'écrouler.

    Le Puit et le Pendule
    Un homme, enfermé dans une cellule de l'Inquisition, voit un pendule aiguisé osciller au dessus de lui, le menacant de sa lame. Un supplice de torture.

    Hop-Frog
    Un bouffon se joue d'un roi malfaisant lors d'une fête qui se termine mal pour le roi.

    La Barrique d'Amontillado reprend et mèle les thèmes de l'emmurement et de l'enterré vivant.

    Le Masque de la Mort Rouge
    Une fête royale. Une étrange figure fait son apparition funeste tandis que chacun est obsédé par les coups de l'horloge. La Peste en arrière fond.

    Le Roi Peste
    Encore le thème de la Peste. Deux marins font face à une étrange assemblée dans une nouvelle qui se veut conte loufoque. Tout la panoplie de la danse macabre est présente.

    Le Diable dans le Beffroi
    La thématique de la Mort est indissociable de celle du Temps. Ici, tout se dérègle ! Un univers clos comme dans la Maison Usher.

    Lionnerie : Traité de nosologie - Naseaulogie?
    Où l'auteur a du nez!

    Quatre bêtes en une se déroule en Syrie durant l'antiquité et met en scène un souverain.

    Petite discussion avec une momie
    Une nouvelle, qui comme souvent chez Poe, mèle burlesque, dérision et grande érudition. N'est pas sans rappeler l'oeuvre de Mary Shelley.

    Puissance de la Parole, Colloque entre Monos et Una; Conversation d'Eiros et de Charmion sont des dialogues improbables entre des défunts, des anges ? Le dernier texte met en scène la fin du monde, la Mort ultime.

    Ombre  se déroule durant l'antiquité et met en scène de nouveau la Peste.

    Silence est une sorte de parabole biblique.

    L'ile de la Fée raconte l'écoulement d'une vie, la fuite du temps, succession d'étés et d'hivers sous une fome allégorique.

    Le Portrait Ovale pose la question de l'Art, de la Mimésis, de la vie réelle et de sa représentation, de l'artiste fou et maudit. Le Tout dans un décor à la Ann Radcliffe.

    Bref, une étude plus poussée s'imposerait. Les textes sont tous différents mais il est possible de dégager des thématiques communes. Le mieux est de lire soi-même le recueil pour se faire un avis.

    A bientôt !


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  • Dans l'avant-projet des Rougon-Macquart que Zola remet en 1869 à l"éditeur Lacroix, l'auteur développe le sujet de son "roman sur l'art":
    "Un roman qui aura pour cadre le monde artistique et pour héros Claude Dulac, autre enfant du ménage ouvrier. Effet singulier de l'hérédité transmettant le génie à un fils de parents illettrés.Influence nerveuse de la mère."
    Le roman est publié en feuilleton dans le Gil-Blas de fin 1885 - début 1886 et en volume cette même année 1886.
                                         
    Le héros en est Claude Lantier, frère d'Etienne Lantier (le héros de Germinal) et de Jacques Lantier (celui de La Bête humaine).
    Zola s'inspire de ses relations avec les peintres, en particulier de son ami Cézanne , pour documenter ce roman. Il s'est fait le défenseur de Manet et des Plein-airistes, qui vont devenir les impressionnistes. Mais par la suite, Zola jugera que ces derniers manquent d'achèvement dans l'éxecutiion de leurs toiles. L'auteur des Rougon-Macquart est aussi l'auteur des Essais sur l'Art, de Mon Salon et de Mes Haines.
    On a longtemps vu dans L'oeuvre un roman à clés, ce qui vaudra d'ailleurs une brouille entre Zola et Cézanne, mais en réalité la situation est plus complexe. Par exemple, il y a certes dans Claude un peu de Cézanne mais Cézanne n'est pas un artiste raté comme Claude et il y a aussi dans le peintre héros de L'oeuvre un peu de Zola.
                                                                        758PX-~1
    Claude ne veut pas imiter la nature, il veut créer la vie. D'ailleurs,dans le roman, l'oeuvre picturale de Claude est en concurrence avec l'oeuvre de chair du peintre, le petit Jacques qui finira par en mourir.

    Claude sombre peu à peu dans la folie et finira par se pendre devant son tableau inachevé, ne laissant aucune toile et une femme éplorée. Ce qui fait dire à Sandoz, l'ami écrivain en qui on reconnait Zola, que c'est le fond de romantisme en lui qui l'a tué.

    L"oeuvre, c'est aussi pour Zola l'occasion de peindre Paris ainsi qu'un milieu, celui de l'art, à travers les peintres, les critiques, les modèles, les collectionneurs, les marchands d'art et les salon, l'officiel et le salon des refusés. Tout cela en accord avec la théorie naturaliste.

    Pour approfondir, lire l'ouvrage de Belinda Cannone en Foliothèque (n°104)sur le roman de Zola.

    A bientôt.

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  • Interessons nous, dans un second temps, aux années qui s'étendent de 1858 à 1862
    Emile Zola a dix-huit ans et est à Paris.
    Il commence alors une riche correspondence avec ses amis aixois, signe de sa nostalgie de la Provence. On a conservé ses lettres à Baille le Polytechnicien et à Cézanne le peintre.
    Ses résultats scolaires, au Lycée Saint-Louis, deviennent décevants, hormis en littérature française, enseignée par Pierre Levasseur, futur historien de renom.
    Après un séjour à Aix à l'été 1856, de retour à Paris, il tombe gravement malade (fièvre typhoide peut-être, épisode de sa vie dont il se servira dans La faute de l'abbé Mouret)
    Puis il retourne au Lycée Saint-Louis en rhétorique.
    En janvier 1859, les Zola déménagent au 241, rue Saint-Jacques, se rapprochant de la banlieue sud.
    Le 17 février 1859, il publie des vers en hommage à son père dans La Provence.
    Pauvre et à demi-étranger, il n'est pas heureux.
    Echec au baccalauréat le 4 août 1859. Il le repasse à Marseille en novembre de la même année et suite à un nouvel échec, il abandonne finalement ses études.

    En 1860, son grand-père, Louis Aubert meurt. Le jeune Zola se met en recherche d'un travail.
    La protection  d'Alexandre Labot, qui l'avait fait entrer au Lycée Saint-Louis, lui vaut un emploi à l'administration des Docks de Paris. Il n'y reste que deux mois!
    Il tue son ennui en promenades dominicales à Saint-Cloud, à Vitry, à Vincennes.
    Zola a maintenant pour lui seul une mansarde au septième étage du 35 de la rue Saint-Victor où demeure sa famille;
    Il y reçoit de nombreux amis : George Pajot, le peintre Chaillan et des provenciaux de Paris comme lui.
    Il lit les classique et écrit :poèmes, proverbes, nouvelles (un coup de vent), lettres à Baille et à Cézanne.
    Parmi ses lectures : Michelet l'historien, George Sand, Shakespeare. il admire Jean Goujon et Greuze.
    Mais sans travail, il doit renoncer à un séjour à Aix prévu à l'automne.

    L'hiver 1860 - 1861 est rude. Il s'enfonce dans le spleen et on a peu d'informations sur cette période. Il a une liaison malheureuse avec une fille galante, Berthe (qu'il transposera dans La Confession de Claude, commencée en 1862 et publiée en 1865).
    Nouveau déménagement en février 1861, au 24 de la rue Neuve-Saint-Etienne-du-Mont, dans un hôtel garni.
    Cézanne, l'ami tant attendu, le rejoint à Paris en avril 1861. Ensemble, ils visitent le Salon de Peinture, les académies.
    Zola ne trouve toujours pas d'emploi et son amertume augmente. Toujours des lectures : Molière et Montaigne ainsi que Victor de Laprade. C'est la vie de Bôhème évoquée dans le titre de billet.
    Il commence à regarder la Grande Ville et les Paysages, cherchant comme ses amis peintres, le "motif". L'oeuvre ne suit pas l'expérience. Il écrit toujours des vers mais ne corit guère à son talent poétique
    Après un nouvel hiver difficile, il se décide à demander la nationalité française; le 7 décembre 1861, à la mairie du Vème arrondissement, en qualité de fils d'étranger, né en France. Un tirage au sort favorable le dégage des obligations militaires.

    Le 1er mars 1862, Emile Zola entre à la librairie Hachette comme employé au bureau des expéditions. il est payé cent francs par mois pour faire des paquets. Il passe ensuite au bureau de la publicité.
    Là débute son expérience de l'Edition qui fera l'objet du troisième billet sur la "Vie de Zola".
    A bientôt.

    (Photo : Emile Zola en 1865, à 25 ans donc)


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  • Emile Zola est né à Paris le 2 avril 1840, au 10 de la rue Saint-Joseph. Son père est François Zola (né en 1795), un ingénieur civil originaire de Venise. Sa mère est une jeune Beauceronne, elle-même fille d'un artisan vitrier et d'une couturière, Emilie Aubert (née en 1819).
    En 1843, les Zola s'installent à Aix-en-Provence, où l'ingénieur François Zola doit contruire non loin de là un barrage dans les gorges de l'Infernet. Cela doit être le début d'une série de contrats prometteurs pour lui. Il crée une société avec des créanciers parisiens.
    Les parents d'Emilie Aubert, Louis et Henriette viennent rejoindre les Zola à Aix.
    François Zola déborde d'énergie et a proposé des plans à Thiers pour une fortification de Paris et envisage de même de construire un nouveau port à Marseille. C'est un pionner de la construction mais une maladie, une pneumonie, contractée sur le chantier de l'Infranet en 1847, aura raison de lui. il laisse sa veuve et son fils dans une grande misère et ceux-ci se retrouvent harcélés par les créanciers. Les Zola doivent emprunter et changer plusieurs fois de domicile.

    Emile Zola reçoit cependant une excellente éducation. En 1848, il est élève de la pension Notre-Dame où il rencontre ses camarades Marius Roux et Philippe Solari. Le premier deviendra journaliste et le second sculpteur et resteront toujours ses amis.
    Les changements de régime de 1848 et 1851 n'affecteront pas la famille. En octobre 1852, Zola entre en huitième au collège Bourbon. En 1853, il saute une classe et entre en sixième. Il rencontre alors Augustin Baille, fils d'un aubergiste et Paul Cézanne, fils d'un banquier qui deviendra le peintre que l'on sait.
    En quatrième puis en troisième, Zola rncontre des succès. il joue de la clarinette dans la fanfare du collège, s'enthousiasme pour Hugo et Musset et l'été venu part chasser dans la campagne avec Baille et Cézanne. Il racontera ses souvenirs concernant ces journées au grand air dans son oeuvre à venir notamment dans L'Oeuvre.

    Déja, il se lance dans l'écriture. La plupart de ses premières créations ont disparues: des vers, essentiellement, un roman sur les croisades, une comédie de potache en trois actes et en vers, Enfoncé, le pion !. Ces écrits étaient sans doute  marqué par le lyrisme romantique.

    Le 16 novembre 1857, sa grand-mère Henriette Aubert, meurt. Emilie Zola part pour Paris recquérir de l'aide. En février 1858, son fils la rejoint, avec son grand -père Louis Aubert. C'est l'adieu à la Provence et à l'insouciance
    La famille emménage dans un modeste appartement au 63 de la Rue Monsieur-Le-Prince.
    En mars 1858, Emile entre en seconde au lycée Saint-Louis sur recommandation d'un ami de la famille, Alexandre Labot.
    De 1858 à 1862, Emile Zola mène la vie de Bohême dont on parlera dans la seconde partie de cet exposé.

    Ces informations sont reprises du dossier qui accompagne les romans de Zola en Folio (ici le dossier de l'Oeuvre)

    Pour plus de détails et une version romancée de la vie du naturaliste, voir aussi "Emile Zola" par Henri Troyat dans la collection "Grandes biographie Flammarion".


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  • Edith Wharton, de son nom de jeune fille Newbold, est née à New-York le 24 janvier 1862 dans une famille très fortunée. C'est pourquoi le roman "le Temps de l'innocence", récompensé du prix Pulitzer en 1921, décrit avec acuité la société aristocratique du New-York des années 1870 - 1880.
    Newland Archer doit épouser la jeune May Welland. La jeune fille est parfaite à tout point de vue mais tellement insipide! Quelques temps avant son mariage, il fait la connaissance de celle qui deviendra sa cousine par alliance si il épouse May, la comtesse Olenska.
    Madame Olenska revient d'Europe où elle a fuit un mari despotique. Elle veut divorcer mais dans l'aristocratie de la Grosse Pomme, cela ne se fait pas ! L'étiquette et les apparences règlent tous les rapports humains.
    Newland Archer et Madame Olenska vont s'éprendre l'un de l'autre et le jeune marié sera alors en butte a son milieu qui fera tout pour préserver la bienséance
    Ce roman est un livre sur le conformisme. Faut-il obéir à son milieu pour préserver sa tranquilité, au risque d'une vie morne ou bien réaliser ses rêves au prix du scandale?

    C'est un roman brillant, bien écrit. On remarquera dans cet ouvrage où règne l'apparat, la récurrence des descriptions dans les visages qui "rougissent" en proie aux émotions.

    Cette aristocratie déclinante va bientôt céder la place à d'autres habitudes telles que l'on peut les voir dans les romans de Scott Fitzgerald.

    Enfin, j'ajouterais qu'Edith Wharton cultivait une grande amitié avec Henry James et la recommanderais à tous ceux qui aiment ce dernier!
    A bientôt !

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  • L'Education sentimentale est un roman de Gustave Flaubert qui en entama la rédaction en septembre 1864. Il fut publié en 1869.
    Le roman suit l'itinéraire de Frédéric Moreau, jeune provincial venu à Paris faire ses études, entre les années 1840 et 1867.
    Le  récit se découpe en trois parties et débute par le voyage de Frédéric sur le bateau qui le mêne sur la Seine à Paris. Là, il fait la rencontre de Madame Arnoux. Flaubert intègre dans son roman des éléments autobiographiques :  en effet, Madame Arnoux n'est pas sans rappeler Elisa Schlésinger que l'auteur rencontra dans des circonstances similaires.

    Flaubert écrivit auparavant une première Education sentimentale, qu'il jugea trop faible et qu'il ne se décida pas à publier.education-sentimentale.jpg

    De plus, on peut s'interroger quant à savoir si le livre ne pourrait pas constituer un document exploitable en matière de recherches historiques. En effet, Flaubert y développe son intrigue avec en toile de fond la Révolution de Juillet de 1848.
    Je me permettrais de vous conseiller en parallèle la lecture de la Fortune des Rougons d' Emile Zola qui se situe dans la même période.

    Il y a dans le roman un très grand nombre de personnages. Frédéric Moreau a un double romanesque en la personne de Deslauriers et à Paris il va développer nombres d'affinités.
    Mais il s'agit ici comme le titre l'indique d'un parcours sentimental: plusieurs femmes gravitent autour du héros. Il y a Madame Moreau, Rosanette, Madame Dambreuse ou Melle Vatnaz.

    Enfin, pour approfondir la lecture, il existe un Foliothèque sur L'Education sentimentale, écrit par Pierre-Louis Rey.

    A bientôt!


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  • Ferragus est un roman d'Honoré de Balzac, publié en 1833, qui fait partie d'un triptyque appelé Histoire des Treize. Les deux autres pièces de cet ensemble sont la duchesse de Langeais et la fille aux yeux d'or.

    Que sont les Treize?
    Il s'agit d'une organisation secrète dont font partie Ferragus (appelé aussi chef des Dévorants), le général de Montriveau et Henri de Marsay. C'est une sorte de loge maçonnique aux pouvoirs occultes. Ce triptyque tire l'oeuvre de Balzac vers le fantastique, à l'instar des Mystères de Paris d'Eugène Sue.

    Mais revenons au personnage de Ferragus. Balzac en donne d'abord une description ou il apparaît comme un vagabond "qui séchait la pitié" dans les cœurs mais en réalité le personnage dispose d'une large influence et ira jusqu'à commettre un meurtre par empoisonnement.

    L'action se situe vers 1820, Un jeune officier de cavalerie, Auguste de Maulincour, en se promenant dans une rue mal famé de Paris, aperçoit Clémence Desmarets, femme mariée dont il est secrètement amoureux, qui se compromets en entrant furtivement dans un immeuble sordide.

    Dès lors, il va se livrer à une enquête pour savoir ce que cela cache et à une sorte de harcèlement. Ce qui va fortement déplaire au nommé Ferragus.

    Quel est donc le secret de madame Desmarets? Qu'est-ce qui l'unit à Ferragus? Que va-t'il advenir du jeune officier de cavalerie? Ainsi que du couple Desmarets.

    Je vous laisse le découvrir en lisant Ferragus.


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  • Je viens d'achever la lecture de L'Education sentimentale (dont je vous livrerais bientôt un billet, le temps de lire aussi l'étude de Pierre-Louis Rey pour étancher mon propos) et je poursuis celle de Madame Bovary ( j'ai dépassé la page 250 de l'édition Livre de Poche).                                                           
    Par ailleurs, j'avais fortement apprécié Bouvard et Pécuchet.

    Donc j'ai décidé de vous parler aujourd'hui de Flaubert, principalement de sa biographie.

    Je vous renvoie à l'excellent site : http://flaubert.univ-rouen.fr/

    Gustave Flaubert nait à Rouen le 12 décembre 1821. Son père, Achille Cléophas Flaubert , est médecin et occupe un appartement de fonction et sa mère est Anne Justine Flaubert. Il a un frère aîné, Achille, et une sœur cadette, Catherine.
    En 1836, il rencontre Elisa Schlésinger à Trouville. Cela restera un souvenir marquant qui l'inspirera pour écrire la rencontre entre Frédéric Moreau et Mme Arnoux, dans L'Education sentimentale.

    Il passe le baccalauréat en 1840 puis la même année voyage dans les Pyrénées et en Corse. Il fait ensuite des études de droit à Paris jusqu'en 1843.

    Mais en janvier 1844, suite à de premières crises nerveuses dont l'étiologie reste mal définie, il est obligé de rentrer à Rouen.

    En juin 1844, les Flaubert s'installent à Croisset.

    En 1846, le père et la sœur de Flaubert meurent. Dans la même période, il entame une liaison avec la poètesse Louise Collet.
    En 1849, il voyage en Egypte et en Palestine avec Maxime Du Camp. Au retour, il fait un détour par l'Italie.
    Fin 1856,  il publie en revue Madame Bovary, qui donnera lieu à un procès pour atteinte aux bonnes mœurs en 1857. Contrairement à Baudelaire, en procès pour Les Fleurs du Mal, cette même année, pour les mêmes motifs, Flaubert gagne son procès.

    1858 : il effectue un nouveau voyage, cette fois à Carthage pour son roman Salammbô  qui paraitra en 1862. Flaubert souhaitait alors écrire un roman qui plongerait dans les temps anciens suite à ses déboires avec son roman précédent ayant une intrigue contemporaine.

    Le 17 novembre 1869, il publie L'Education sentimentale. Ce roman puise à la fois dans l'autobiographie et dans la chronique historique des évènements de 1848 (Révolution de Juillet).

    De 1877 à 1880, il entame la rédaction de Bouvard et Pécuchet. On raconte qu'il dut lire jusqu'à 1500 ouvrages sur des sujets divers pour se documenter. Le roman ne sera publié, inachevé, qu'à titre posthume en 1881.
    En effet, Gustave Flaubert meurt le 8 mai 1880 à Croisset. 


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  • Bonjour à toutes et à tous !
    J'ai pris quelques jours de vacances et j'en ai bien profité pour accomplir plusieurs lectures.
    Parmi celles-ci :
    Annie Saumont et son Les croissants du dimanche, recueil de nouvelles très courtes et non dénuées d'une certaines poésie. Le style de cette auteure est bien particulier et une analyse en profondeur se révèle trop ardue pour le moment!
    Il y a aussi Philippe Labro et Franz et Clara, l'histoire émouvante d'un jeune surdoué de douze ans et d'une violoniste sur les rives d'un lac suisse.

    Mais bon, je me suis lancé dans la lecture de l'intégrale des Rougon-Macquart, dans l'ordre chronologique. Maintenant, je vais m'attarder sur le premier volume : La fortune des Rougon.
    Ce tome pose les bases de toute la série. La publication des Rougon-Macquart, épopée se déroulant sous le Second Empire, s'est étendue sur près de vingt ans, de 1869 à 1893.

    Zola y pose sa théorie naturaliste (bien qu'il n'ait jamais vraiment formalisé cette théorie par un écrit) où toute la destinée des personnages repose sur leur hérédité. Il se dégage de la lecture de ce volume une sorte d'ironie sous-jacente constante, où l'auteur nous montre bien le grotesque des bourgeois de province.
    Il y a donc à l'origine Adélaide Fouque, qui aura un enfant d'un premier mariage, Pierre Rougon, l'enfant légitime et deux autres enfants d'une liaison adultérine avec le braconnier Macquart: Antoine et Ursule (qui épousera Mirouet).

    Mais ce premier tome s'intéresse surtout à Pierre et sa descendance qui rêvent de pouvoir et d'ascension sociale en soutenant Napoléon III. Pierre a trois enfants Eugène, Aristide et le docteur Pascal. Ce roman est un roman de province alors que souvent l'action se passe à Paris. C'est aussi un roman un peu délaissé si l'on pense à Germinal et à Nana beaucoup plus connus (voir les adaptations au grand écran!) Pourtant  c'est un livre indispensable pour bien comprendre la suite.
    L'hérédité d'Adélaide Fouque, c'est la folie, celle de Macquart, le penchant pour la boisson.

    Seuls deux personnages semblent trouver grâce aux yeux du narrateur: Silvère (un des fils d'Ursule) et Miette. Pourtant cela ne se terminera pas bien pour eux.
    Voila, dans l'avenir, je compte me pencher avec plus de rigueur sur l’œuvre de Zola. Je rappelle que ce blog ne vise en rien à atteindre l'excellence universitaire. il regroupe juste mes impressions et reprend quelques éléments éclairants.
    Le tome deux est La Curée et sa lecture m'attend!

    A bientôt pour un billet sur Daniel Pennac (non pas sur Chagrin d'école)
    (Et peut-être un article sur la littérature fantastique comme j'avais fait pour le drame romantique)

    Ah oui, je vous conseille aussi la biographie de Zola (pour voir son travail de documentation notamment) par Henri Troyat!


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  • Le Rouge et le Noir a été publié en 1830, année charnière sur le plan politique et littéraire. C'est en effet en 1830 que la Monarchie de Juillet succède à la Restauration , que Hugo fait jouer Hernani. Cette année-là, Balzac fait un pas de plus vers la célébrité avec sa Physiologie du mariage.

    On ne sait pas exactement quand le roman de Stendhal a été composé. Certains penchent pour 1828, d'autres pour 1829. L'auteur travaillait davantage sous le coup d'une "excitation" qu'en composant murement des plans et des schémas pour ses œuvres. On sait par exemple que la chartreuse de Parme, son autre grand écrit a été rédigé en 40 jours! Les romans qui ont fait l'objet de planification de la part de Stendhal, a contrario, sont restés inachevés. De fait, il a composé très peu de romans et n'a pas connu tout de suite le succès.

    L'histoire de Julien Sorel repose sur deux faits divers: des amants qui tirent sur leurs maitresses, par jalousie ou par dépit.

    Le Rouge et le Noir est un roman d'apprentissage. Julien Sorel est un garçon brillant, érudit mais fils d'un bourgeois. il rêve de s'élever au rang de l'aristocratie. Il a pour modèles Plutarque et Napoléon.

    Il est aimé des femmes que ce soit Madame de Rénal ou Mathilde de la Mole.

    Mais sa vie se terminera par un drame. Il va perdre ses illusions et finira guillotiné!

    Un long roman dans lequel il n'est pas forcément facile de s'immerger mais qui après quelques pages prend toute son ampleur. Le coté tragique du destin de Julien Sorel, la peinture des sentiments, l'aspect politique ne peuvent qu’intéresser le lecteur.

    Si Juien Sorel et son auteur furent d'abord jugés par la critique comme des êtres immoraux, le XXème siècle,avec son analyse plus fine a redonné à ce roman la place qu'il mérite!


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  • Lorenzaccio est un drame romantique d'Alfred de Musset qui ne fut jamais représenté du vivant de son auteur. La pièce fourmille en effet de personnages, de décors, mêle les registres...

    Il faudra attendre 1896 pour voir la première représentation où le rôle de Lorenzaccio sera tenu par une femme, la célèbre Sarah Bernard!

    L'intrigue de la pièce se passe à Florence en pleine Renaissance. Pour composer sa pièce, Musset s'est servi d'un matériau de George Sand, une conjuration en 1537, scène historique elle même puisée dans la storia fiorentina de Benedetto Varchi.

    Alors que dans la chronique de Varchi, l'action se déroule de 1521 à 1538, l'action est condensée dans la pièce de Musset.

    Alexandre de Médicis est le souverain d'une république fantoche à Florence. Il n'est qu'un pion de Charles Quint et Florence n'est plus "qu'une grande prostituée".

    Alexandre a un cousin, Lorenzo, dont la jeunesse fut un modèle de vertu mais qui depuis est devenu l'entremetteur du souverain, un débauché.

    Mais Lorenzo porte un masque. il projette d’assassiner Alexandre pour restaurer la république et les modèles antiques. Mais sa vengeance prendra une allure plus personnelle.

    Les républicains sont mené par Philippe Strozzi et ses fils Pierre et Thomas. Mais Philippe n'est qu'un rhéteur et les mots ne mènent pas à l'action.

    Le meurtre politique que commettra Lorenzo ne conduira à rien et  le héros finira noyé par la foule, "sans tombeau".

    La pièce de Musset est d'une grande richesse, foisonnante. A contrario de Victor Hugo, Musset ne se voit pas comme un "poète-prophète". Il ne pense pas que l'écrivain doive avoir un rôle politique. Il ne doit que décrire la société "comme on dissèque un cadavre". Après la désillusion de 1830, nombreux sont ceux qui pensent que la société est corrompue. Musset est de ceux-là.

    Une excellente pièce qui illustre bien ce qu'est le drame romantique!


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  • Dans l’histoire littéraire française, on oppose traditionnellement l’époque classique et le courant romantique.

    En effet, les romantiques conçoivent leur art, dans le roman, la poésie et le théatre comme une réaction aux règles prescrites par les classiques, notamment par Boileau dans son Art poétique.

     

    Ceci est particulièrement vrai pour le théatre. Rappelons quelles sont les règles du Classicisme :

    ·         Les trois unités (de lieu, de temps et d’action)

    ·         La bienséance

    ·         La vraisemblance

     

    Au XIXème siècle, les auteurs romantiques vivent ces règles comme des carcans et décident de s’y soustraire.

    Citons les romantiques majeurs : Victor Hugo, Stendhal, Alfred de Musset, Théophile Gautier, Gérard de Nerval, Lamartine, Vigny, Benjamin Constant…. Le cas de Balzac est un peu à part car son écriture possède, avant Flaubert, des touches réalismes, notamment dans les descriptions.

     

    Cette aspiration à la liberté de l’écriture est aussi nourrie par les influences étrangères. Madame de Staël fait découvrir dans De l’Allemagne, la littérature de ce pays. Par ailleurs, Shakespeare provoque l’engouement chez les romantiques. Il est joué à Paris en 1828 avec le célèbre acteur Kean.

    Des traités et des essais exposent le nouveau théatre français : Stendhal écrit Racine et Shakespeare et Hugo compose la préface de son Cromwell.

     

    Qu’est-ce que ce nouveau théatre ?

     

    Les auteurs romantiques veulent dépeindre la vie dans ce qu’elle à la fois de sublime et de grotesque. L’écriture se caractérise donc par le mélange des registres (élevé, moyen, bas).

    Non aux classifications, aux limitations, aux hiérarchies, aux contraintes du théatre classique au nom du vrai, du réel ! On ne se soucie pas d’équilibre, de symétrie pour refléter l’irrégularité de la vie.

    Mais attention, il ne faut pas non plus faire n’importe quoi. Il faut prendre le caractéristique et savoir l’agrémenter de réflexion.

     

    Le drame romantique va connaître son essor avec la pièce de Hugo, Hernani, dont la première a lieu le 25 février 1830. Le spectacle est autant sur scène que dans la salle.

    C’est donc une période charnière pour le théatre français mais aussi dans l’histoire du pays. Rappelons le, en juillet 1830, survient une Révolution et Louis-Philippe accède au pouvoir. Ce sera une grande désillusion pour toute une génération. Mais ceci dépasse notre propos littéraire.

     

    J’aurais l’occasion d’illustrer ce qu’est le drame romantique en postant prochainement sur Lorenzaccio de Musset !


    A bientôt !


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  • Une autre fiche de lecture !

    Le Père Goriot                                                                                                            H. Balzac

     
    Date de publication : 1834

    Édition poche ; Folio 784

     

    Résumé

     

    La maison Vauquer est une pension bourgeoise de Paris, entre le quartier latin et le faubourg Saint-Marceau. En cette année 1819, plusieurs personnes y logent. Eugène Rastignac est un étudiant en Droit plein d’ambition qui rêve de conquérir Paris. Sa famille, restée en Province, se saigne financièrement pour lui. Madame de Beauséant, sa cousine, l’introduit dans les hautes sphères sociales de la capitale. Il rencontre ainsi madame de Restaud, qui le congédie de son salon suite à un impair qu’il commet et se rabat sur sa sœur Anastasie de Nucingen, épouse d’un banquier. Rastignac s’éprend d’Anastasie.

     

    A la pension Vauquer, logent également Madame Couture et Victorine Taillefer sa protégée, une jeune héritière rejetée par son père. Il y a aussi un vieillard nommé Poiret et un homme mystérieux appelé Vautrin. Poiret est un homme fort stupide et Vautrin est en réalité un criminel dont le surnom est Trompe-La-Mort.

    Au troisième étage de la pension, il y a deux chambres occupées, l’une par une vieille fille nommée Mademoiselle Michonneau et l’autre par le Père Goriot. Ce dernier, ancien vermicellier qui a connu des jours meilleurs voue une adoration sans limite à ses deux filles qui ne sont autres que Delphine de Restaud et Anastasie de Nucingen. Goriot vend ses derniers biens pour rembourser les dettes et les lettres de créances de ses filles. Celles-ci ne sont pas heureuses avec leurs maris respectifs. Rastignac, apprenant la vérité sur Goriot, se lie d’amitié avec le vieil homme qui essuie les plaisanteries de tous les pensionnaires lors des repas. Par ailleurs, Rastignac vient à éprouver des sentiments partagés pour Anastasie. Il espère grimper dans l’échelle sociale grâce à la jeune fille.

     

    Vautrin a  comprit les ambitions et les projets de Rastignac. Il lui propose de devenir son disciple et d’épouser Victorine Taillefer dont il planifie la mort de l’unique frère. Il pense ainsi que le père qui la rejette pour le moment serait obligé d’en faire sa seule héritière. Si Rastignac l’épouse, le jeune homme et Vautrin pourront se partager une fortune. Vautrin a un complice qui provoquera le frère en duel. Effectivement, le jeune homme trouve la mort au cours du duel mais Vautrin voit son identité de Trompe-La-Mort révélée par les actions de la mademoiselle Michonneau. Trompe-La-Mort est arrêté sous les yeux de tous les pensionnaires. Ceux-ci chassent la Michonneau qui est suivie par Poiret qui ne quitte plus la vieille fille. Victorine Taillefer et madame Couture iront vivre chez le père de la première. La pension se vide au désespoir de madame Vauquer.

    Rastignac emménage dans un appartement que lui a trouvé madame de Nucingen.

    Une visite de ses filles, accablées par leurs époux, provoque une crise nerveuse chez Goriot qui se met à agoniser. Il est veillé par Rastignac et Bianchon, un externe de la pension, étudiant en médecine. Goriot finit par mourir dans des conditions déplorables, abandonné par ses deux filles.

    Eugène de Rastignac se promet alors du haut de la butte du cimetière de se lancer à l’assaut de la Société parisienne.

      

    Analyse

     

    Le Père Goriot trouve sa place dans la Comédie Humaine dans les Scènes de la vie privée. C’est un roman- carrefour où apparaissent plusieurs des personnages récurrents de l’œuvre de Balzac tels Rastignac, Bianchon, Marsay, Nucingen ou Vautrin pour ne citer qu’eux.

     

    Les thèmes du roman sont la volonté de puissance, la société, l’argent, l’arrivisme et la passion unique. Ce sont des thèmes chers à l’auteur.

     

    Pour Balzac, la société est scélérate. Il n’y a plus qu’une solution : la vaincre.

    Le pouvoir et même le bonheur sont des choses dont on peut jouir par personne interposée : nouveau thème qu l’on retrouvera plusieurs fois dans la Comédie Humaine.
    Ainsi Vautrin va tenter d’envoyer Rastignac dans la société à sa place. Mais Eugène refusera d’être le complice de celui-ci.

    Pour Balzac, l’homme seul est une sorte d’infirme, de paralytique qui ne peut se sauver que si il trouve un aveugle pour le porter. C’est le jeu des alliances, des associations : famille influente, mariage, amitié, groupe, complot. Rastignac trouve des alliées en Madame de Beauséant, Madame de Nucingen. Avant, il piétinait.

     

    Un autre thème, celui du lion : ces jeunes gens nés trop tard pour Napoléon et freinés dans leur élan par la Gérontocratie de la Restauration.

     

    L’argent est là dès les premières lignes et sous sa forme la plus précise : des chiffres. Montant des rentes de Goriot, prix des chambres de la pension, pension de Rastignac. Drame de l’amour paternel, le Père Goriot est aussi un drame d’argent.

     

    Balzac condamne la passion unique. Le Père Goriot n’a qu’une passion : ses filles Cette passion est unique, absolue, contrebalancée par rien. Elle envahit l’homme au point de le supprimer.

     

    A sa manière, Goriot est un saint. Mais ce n’est pas la bonne manière. Où sont les miracles de Goriot ? Il a gâté ses filles ; résultat : elles sont pourries. Cet amour paternel n’a apporté que le malheur. Parce qu’il était unique, absolu, Balzac le condamne, comme il condamne, dans d’autres de ses romans, l’amour chez Louise de Chaulieu, l’absolu de l’argent chez Gobseck l’absolu de la luxure chez le baron Hulot qui sont pour ces gens aussi des passions uniques.

    Au culte de l’amour fatal, il oppose l’amour qui construit. L’œuvre de Balzac est un hymne à la vocation.

     

    Est-ce le cri d’alarme d’un Balzac qui, lui aussi, était possédé par une passion unique et qui devait finir par en mourir. Mais pour lui, cette passion s’appelait la Comédie Humaine.


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  • On connait Maupassant comme un nouvelliste prolifique. Son œuvre compte des centaines de nouvelles, souvent appelées "contes" dont l'action se passe la plupart du temps en Normandie.

    Toutefois, l'écrivain a aussi composé six romans dont Pierre et Jean, roman court, qui nous intéresse aujourd'hui.

    Ce récit est le récit de la vie d'une famille : Monsieur Roland, sa femme Louise et ses deux fils Pierre, l'ainé et Jean, le cadet.
    Les liens qui unissent les membres de cette famille vont changer le jours où Jean - et Jean uniquement - reçoit un héritage d'un ami de la famille, Maréchal.
    Progressivement, le doute va s'insinuer dans l'esprit de Pierre: Et si Jean était le fils de Maréchal?

    Dès lors, on assiste aux tourments de l'ainé. Puis aux deux tiers du roman, on change de point de vue et à la fin Pierre est mis sur la touche.

    Le père Roland est le seul à ne rien comprendre de bout en bout du roman.

    Le récit se conclu comme il a débuté : par une scène de navigation, si ce n'est que les membres d'équipage ont changé: Pierre est absent.

    Un roman cruel et qui pose la thématique de l'adultère, motif fréquent chez Maupassant.

    Les œuvres de cet écrivain, qui sombra dans la folie, sont de petits bijoux à mon goût et je prend toujours plaisir à les lire et les relire!


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  • Le colonel Chabert se situe à mi-chemin entre la longue nouvelle et le court roman.

    Composé en 1832, sous le titre de La Transaction, le texte connu plusieurs versions et correction comme Balzac en avait l'habitude.

    Finalement, il s'insère dans La Comédie humaine dans les "scènes de la vie privée" juste après Le père Goriot.

    Le récit raconte l'histoire d'un officier de l'armée napoléonienne, supposé mort à la bataille d'Eylau mais qui en réalité s'est retrouvé nu dans un charnier, avec une blessure à la tête (évocation qui rappelle le romantisme noir!) et s'en est réchappé.

    Privé d'identité, après une longue errance, le colonel Chabert - ou celui qui se prétend être le colonel Chabert - retrouve la France de la Restauration et se rend dans l'étude de Derville afin de récupérer son identité et sa femme, remariée depuis lors et devenue comtesse de Ferraud.

    Je ne saurais que trop vous recommandé le livre de Aude Déruelle, dans la collection Foliothèque (numéro 143) qui est une étude pertinente du texte de Balzac. A coté d'un essai sur le colonel Chabert, vous y trouverez un dossier sur l’œuvre.

    Pour vous mettre l'eau à la bouche, je vais juste évoqué deux points de l'étude.

    Tout d'abord, le texte de Balzac propose une version dégradée de l'épopée. Par le registre familier de la langue, d'une part.

    Chabert sort de la fosse en s'aidant d'un bras d'un cadavre démembré. Il devient donc un être à trois bras. Il est "une caricature inversée de Cerbère". Chabert tente de sortir de l'enfer au lieu d'en gagner la porte.

    D'autre part, un des  clerc de l'étude lance une boulette de papier à la tête de Chabert lorsqu'il se rend à l'étude. La boulette fait contrepoint au boulet de la grande bataille. De plus, la boulette féminise le boulet et marque la victoire de la femme sur le colonel, à savoir la comtesse de Ferraud.

    On peut aussi voir dans le colonel Chabert un intertexte avec L'Odyssée, et la figure d'Ulysse.

    Chabert veut rentrer chez lui. Il semble un vieillard aux yeux de ceux qui l'ont connu. Dans l’œuvre d'Homère, Ulysse est reconnu par sa nourrice et hébergé chez un porcher. Ici, Chabert est logé chez Vergniaud qui produit du lait pour Paris.

    Voila quelques arguments tirés de l'étude fascinante de A. Déruelle. Je vous en recommande la lecture.

    Je suis un grand admirateur de Balzac et j'aurais l'occasion de présenter d'autres parties de la Comédie humaine.

    Bonne lecture et à bientôt pour une autre chronique!


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  • La Vénus d'Ille est une nouvelle de Prosper Mérimée, d'une cinquantaine de pages et qui se lit très facilement.

    Elle marque les débuts du genre fantastique, un genre qui comprend à l'origine également des récits de Nodier, de Gautier et de Balzac. Dans le cas de ce dernier, on pense évidemment à la peau de Chagrin, roman allégorique que j'ai lu il y a quelques mois et que j'ai aussi beaucoup apprécié (mais je ne suis pas objectif en ce qui concerne le "Napoléon des Lettres").

    Revenons à la Vénus d'Ille ! Les événements se passent en Roussillon où une statue d'origine romaine - mais qui pourrait aussi être d'origine phénicienne - est déterrée sous un vieil arbre.
    D'emblée, la statue qui représente une femme -une Vénus - semble contenir quelques chose de maléfique! Un des ouvriers qui l'a exhumé va d'ailleurs se blesser. Sans vous révéler la trame de la nouvelle, disons que ce récit est l'histoire d'une vengeance!

    Ce qui caractérise le genre fantastique, c'est que l'interprétation des faits qui surviennent dans ces récits peut se faire selon deux modalités.
    Soit le lecteur opte pour une interprétation logique, rationnelle, soit il penchera pour le surnaturel.

    Ici les deux interprétations sont possibles, car tout est suggéré et le narrateur ne constate jamais les faits de visu mais uniquement leur résultats et par des récits d'autres personnages, un de ces narrateurs seconds passant pour ivre et l'autre pour folle.

    La pirouette finale est savoureuse et suggère bien le caractère malfaisant de la statue !

    Voila pour ce compte-rendu ! A noter que dans l’édition Folio 3240, on trouve également Matéo Falcone (une histoire d'honneur corse) et Colomba (que je n'ai pas encore lu).

    Bonne lecture à tous !

    Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le fantastique, je recommande le livre érudit suivant :

    V. Tritter; Le fantastique ; thèmes et études ellipses


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  • J'ai déja eu l'occasion de présenter Le tour du monde en quatre-vingts jours dans la bibliothèque de Drizzt. Je vais revenir cette fois-ci sur un autre ouvrage de Verne mais auparavant je livrerais une présentation de l'auteur!

    Jules Verne naquit le 8 février 1828 à Nantes et mourut le 24 mars 1905 dans sa maison d'Amiens (on a donc fêté son centenaire en 2005 - souvenez-vous!)
    son père est Pierre Verne, possesseur dès 1825 d'une étude d'avoué et sa mère est Sophie Allote de la Füye d'une famille nantaise aisée d'armateurs et de navigateurs. Le mariage a lieu en 1827.
    Jules a un frère, Paul (1829 - 1897) et trois sœurs Anna, Mathilde et Marie.

    En 1839, afin de ramener un collier de corail à Caroline Tronson dont il est amoureux, Jules s'embarque sur un long courrier en partance pour les Indes et est rattrapé à Paimboeuf par son père et durement sermonné!

    A partir de 1844, il est inscrit au lycée de Nantes où il fait sa rhétorique et sa philosophie. Après le baccalauréat, il commence son droit en vue de reprendre la charge de son père.
    Il écrit alors ses premières oeuvres : de la poésie et une tragédie en vers.

    Caroline se marie en 1847, ce qui désespère Jules Verne.

    Il débarque à Paris le 12 novembre 1848 pour finir son droit avec un autre jeune Nantais, Edouard Bonamy, dans une maison meublée rue de l'Ancienne Comédie.
    Il est avide de lectures. Il lit les oeuvres complètes de Shakespeare et fréquente les théâtres pour lesquels il écrit.
    Il fait d'ailleurs la connaissance de Dumas Père au Théâtre Historique.
    Il passe sa thèse en 1850 mais ne s'inscrit pas au Barreau de Nantes, optant pour la carrière d'écrivain.
    Il rédige alors ses premiers écrits à caractère scientifique pour le Le Musée des Familles, récits de voyages et récits historiques.
    Il possède déja une ouverture d'esprit qui fera de lui un grand visionnaire de son époque.

    En 1862, il rencontre l'éditeur Hetzel et lui soumet Cinq semaines en ballon. Il signe ensuite un contrat qui l'engage pour vingt ans. Il doit fournir des récits pour Le Magasin d’Éducation et de Récréation. Ces romans qui paraissent en feuilletons puis en recueils plaisent autant aux adolescents qu'aux férus de sciences.

    Voyage au centre de la Terre parait en 1865, Vingt mille lieues sous les mers en 1869, Le tour du monde en quatre-vingts jours en 1873 et Michel Strogoff en 1876. L'ensemble compose les Voyages Extraordinaires. Jules Verne a ainsi écrit quatre- vingt romans!

    Il est à la tête d'un patrimoine qu'il sait bien gérer et vit confortablement. Il se marie le 10 janvier 1857 avec Honorine-Anne-Hébé Morel, née du Frayne de Viane, veuve de 26 ans et mère de deux petites filles. Un fils, Michel Verne, son unique enfant, nait de cette union le 3 août 1861.

    Jules Verne écrivit jusqu'à la fin de sa vie qui fut assez triste car marquée par un drame: on lui tira dessus et ceci le touche durablement dans sa chair et son moral.

    Aujourd'hui l’œuvre de Jules Verne fait partie des classiques, un niveau en dessous des romans de Balzac, Flaubert et Stendhal. Elle a donné lieu à de nombreuses adaptations au cinéma.

    Dans Voyage au centre de la Terre, le professeur Lidenbrock, un géologue réputé, au caractère déterminé, exhume le récit d'un ancien alchimiste et explorateur Arne Saknussemm. Avec son neveu Axel et le dévoué Hans, il va s'engouffrer au sein du mont Sneffels, un volcan endormie et découvre les merveilles qui se cachent sous la surface du globe.

    On ne s'attardera pas sur les invraisemblance du roman pour se laisser baigner par la description du voyage souterrain : découverte d'une flore et d'une faune datant de temps reculés.

    Bien avant Crichton et son Jurassic Park, Verne ressuscite les mastodontes de la préhistoire.

    On retrouve semblable motif chez Conan Doyle (Le Monde Perdu) et E.R. Burroughs (Le cycle de Pellucidar)

    A noter que le roman a fait l'objet d'une adaptation en 2008 avec Brendan Fraser.

    N'ayant pas vu le film, je suppose néanmoins que l'acteur en question doit jouer le rôle du neveu.

    Voila bonne lecture à tous et à bientôt.

    PS : si vous avez des informations supplémentaires sur un des livres que je présente, si vous l'avez lu, n'hésitez pas à laisser des commentaires! Merci! :)


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  • L'oeuvre de Karen Blixen, écrivain d'origine danoise, a été porté deux fois au cinéma et à chaque fois, ces films connurent un vif succès.

    Blixen a passé une partie de sa vie en Afrique du Sud et a raconté ces années dans un roman autobiographique :La ferme africaine. Par la suite, Out of Africa avec Meryl Streep devait être l'adaptation de ce livre au cinéma.

    L'autre écrit de Blixen qui a connu l'honneur du Grand Ecran est la nouvelle/conte "Le festin de Babette". Le film fut réalisé par Gabriel Axel - Babette y est interprétée par Stéphane Audran - et reçu un oscar du meilleur film étranger en 1987.

    Je ne saurais trop vous conseiller ce film en cette période de fêtes tant il vous met l'eau à la bouche !

    Plus sérieusement, c'est un véritable petit bijou de mise en scène et une adaptation très fidèle du texte. Les sentiments humains y sont dépeints avec finesse.

    Concernant la nouvelle proprement dite, le texte est disponible en Folio (4679) avec d'autres récit notamment "Le plongeur", un conte très étrange et "Tempêtes" dont l'intertextualité (les rapports avec un autre texte) avec La Tempête de Shakespeare est évidente.

    Babette est une figure de l'artiste. Ayant fuit la Commune de Paris et les massacres de 1970 où elle a perdu son mari et son fils, elle trouve refuge chez deux sœurs, Martine et Phillipa, en Norvège qui conduisent une communauté luthérienne. Elle va devenir leur cuisinière et à l'occasion du centenaire de la naissance du pasteur, fondateur de la secte et père des deux sœurs, elle va préparer un fabuleux festin (qu'elle financera d'ailleurs avec son propre argent gagné à une loterie) qui aura un effet sur tout les convives particulièrement sur le général Lowenhielm, figure du monde et ancien amoureux déçu de Martine.

    A travers cette nouvelle se profile la question de la réception d'une œuvre d'art. L'art peut en effet permettre pour un bref instant de rendre toute chose possible en ce monde.
    Qui n'a jamais ressenti une intense jubilation en lisant un livre ou en contemplant un tableau de maitre?

    "Le festin de Babette" est donc une lecture conseillée!


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  • Honoré de Balzac est le "Napoléon des Lettres" car il a édifié une œuvre en littérature - La Comédie humaine ! - aussi monumentale que Eugénie Grandet - Honoré de Balzacl'entreprise de conquête de Napoléon Ier à la même époque !

    Toutefois aujourd'hui, nous allons nous intéresser à un roman de ce grand ensemble, qui est parmi l'un des plus connu et un des points d'entrée possible, Eugénie Grandet où l'histoire d'une jeune femme de province - un chronique du quotidien publié en volume en 1834, les grandes années prolifiques de l'auteur !

    Ce texte est un classique de la littérature, souvent étudié au lycée ! Mais ne nous le cachons pas ce roman est un peu ennuyeux ! Ce n'est pas mon œuvre préféré de Balzac et il ne plairait pas aux "consommateurs" de littérature actuelle, les férus de Guillaume Musso, Dan Brown, J.K. Rowling ou Bernard Werber ! Le livre risque à coup sur de leur tomber des mains !

    Félix Grandet a été tonnelier et maire ! Grâce à un sens des affaires avisés, il a fait fortune et sur ces vieux jours, qu'il partage avec sa fille Eugénie, sa femme et sa servante Nanon qui vivent sous le même toit, a adopté le comportement d'un vieil avare - tel que ne le renierais pas Molière le côté comique en moins ! L'intrigue se passe à Saumur. Eugénie est d'une grande naïveté et d'une innocence toute aussi prononcée. En raison de la fortune de son père, elle est un des plus beau partis de la ville mais elle n'en a pas conscience !

    Jusqu'au jour où arrive son cousin, Charles Grandet, dont le père, ayant fait faillite, s'est suicidé ! Eugénie se prends de compassion pour son infortuné parent et les deux jeunes gens s'éprennent secrètement l'un de l'autre ! Ils se font la promesse de s'attendre !

    Charles s'éloigne et Eugénie lui envoie toutes ses économies, ce qui mets son père en colère ! La mère d'Eugénie tombe malade et décède et Félix Grandet déshérite sa fille à son seul profit ! Il meurt ensuite en contemplant son tas d'or !

    Entre temps, Charles, qui était parti, a fait fortune aux Indes et s'est endurci. Il ne souhaite pas régler les dettes de son père et s'éloigne d'Eugénie qui finit par régler les dettes de son oncle. Finalement, Eugénie épouse un notable de sa région, se retrouve rapidement veuve et finance des organisations caritatives !

    Un roman court et un peu amer, un jugement sombre sur une société dont la seule préoccupation et valeur semble être l'argent au détriment de l'amour ! Un récit sur les désillusions de l'âge adulte qui balaient les espérances de la jeunesse ! Et comme toujours avec Balzac, c'est bien écrit avec de longues description et un soucis du détail !

    Pour compléter votre culture des "classiques", c'est à lire !

    A bientôt !

     


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  • Jules Vallès est un journaliste, écrivain et homme politique français d'extrême-gauche, ayant vécu au XIXème siècle, siècle de la naissance des mouvements ouvriers. Il est le fondateur du journal​ Le Cri du Peuple. ​Les événements de la Commune vont le toucher directement puisque condamné à mort, il choisit de s'exiler en Angleterre !

    L'Enfant - Jules VallèsJe vais vous parler ici du premier tome de la trilogie romanesque, largement autobiographique qu'il écrivit et publia entre 1878 et 1886, d'abord en feuilleton, intitulé les ​Mémoires d'un révolté ​qui mets en scène le personnage de Jacques Vingtras. Ce premier roman s'intitule ​L'Enfant - et sera suivi du​ B​achelier ​et de ​L'Insurgé.

    Jacques Vingtras est le fils d'un professeur de collège et d'une paysanne sans éducation. Le récit se passe au Puy-en-Velay et on suit l'enfance pauvre de Jacques.

    Jacques mène une vie dure, battu quotidiennement par ses parents ! Sa mère est extrêmement sévère et la réussite scolaire du jeune héros est particulièrement importante dans le roman. Sa mère, en effet, tient à ce qu'il réussisse à tout prix et multiplie les brimades et les injustices à son égard !

    Le père est muté et affecté à Nantes. Le voyage nous est décrit par le menu. Jacques va faire ses humanités mais ne voit pas l'intérêt du grec et du latin et n'a qu'un seul désir : abandonner l'école !

    Une relation ambiguë va se louer entre Jacques et Madame Devinol, délaissée par son mari. Elle lui fait découvrir l'opéra. Jacques a une relation avec elle et le scandale éclate. Notre protagoniste est alors "exilé" à Paris. Il passe le concours général à la Sorbonne puis retourne à Nantes pour préparer le baccalauréat. Il faut savoir qu'à l'époque, c'était moins de 5% de la population qui passait le bac !

    Mais Jacques est recalé et annonce à son père qu'il souhaite devenir ouvrier. Son paternel, comme le permet alors le Code civil, menace de le faire passer en jugement. Mais le jeune Vingtras atteint finalement son but !

    Jacques Vingtras a un fort ressentiment pour ses parents ! Néanmoins, il n'hésitera pas à défendre l'honneur de son géniteur en prenant part à un duel à l'épée !

    J'ai lu ce roman en classe de Seconde - avec comme professeur une certaine Madame Jaminion qui était une excellente prof et avait placé la barre très haut ! Je l'ai relu depuis ! Les mauvais traitements que subit le petit Jacques sont glaçants et moi cela me parlait à l'époque car sans être aussi maltraité que lui, je sais ce que c'est que d'avoir des gens psychorigides dans son entourage !

    Un roman revendicatif qui possède une conscience de classe ! Le roman de la révolte intérieure qui va bientôt s'extérioriser !

    A lire absolument !

    A bientôt !

     


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