• Nous allons aujourd'hui parler de littérature japonaise avec Ueda Akinari dont Wikipédia nous apprends qu'il est la plus grand auteur de ce pays du XVIIIème siècle ! Il eut une vie romanesque, fils de courtisane, commerçant, élève d'un philosophe, médecin, quasiment aveugle à la fin de sa vie.

    Ueda Akinari est le précurseur d'un genre nouveau, le Yohimon dont son Contes de pluie et de lune en est une incarnation. C'est un recueil de neufs contes fantastiques dont le Folio à 2 euros N°5797, "La maison dans les roseaux" nous en livre quatre sur les neuf !

    On peut ainsi lire "Le rendez-vous aux chrysanthèmes", "La maison dans les roseaux", "Carpes telles qu'en songe..." et "Le chaudron de Kibitsu". Je ne détaille pas ces contes pour vous en laisser la surprise !

    Mais toutefois, il est notable que ces contes sont vraiment spécifiques de la culture japonaise et ne pourrait pas avoir été écrits ailleurs ! Ils se déroulent dans le Japon féodal ! On retrouve donc des bushi et des shoguns, le code de l'Honneur... A côté de cela, à côté de la guerre - très présente, il y a son inévitable pendant, la mort, à travers deux sous-thématique : les fantômes et les esprits vengeurs (dans trois des quatre nouvelles ici !) et la réincarnation (ici en animal, conformément aux religions de l'Asie).

    Les fantômes - comme les démons, renards ou blaireaux - sont les maîtres de l'illusion qui trompent - et parfois, ils se vengent aussi !

    C'est un texte plaisant et exotique - accompagné des nécessaires pages de notes pour mieux contextualiser ! En un mot, c'est dépaysant ! Et cela fait du bien de découvrir les "classiques" d'autres cultures, expérience que je compte bien renouveler !

    A bientôt !


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  • La joueuse de go est un roman de Shan Sa, auteure d'origine chinoise, née en 1972 et s'étant exilée suite La joueuse de go - Shan Saaux évènements de Tian An Men en 1990. Elle compose ici, dans ce récit Prix Goncourt des Lycéens en 2001, son troisième roman, l'histoire de deux êtres, une jeune fille Mandchoue et un sous-officier japonais durant l'occupation de la Mandchourie dans les années 1930 par un Empire du Soleil Levant impérialiste, dominé par l'armée et expansionniste !

    La narration est alternée, un coup, la jeune fille s'exprime puis c'est le militaire japonais, à tour de rôle comme dans une partie de go !

    La jeune fille découvre les premiers émois de sa jeunesse, dans un Nord de la Chine occupé. Elle fréquente et côtoie deux étudiants révolutionnaires, Min et Jing, et connait de nouvelles expériences. C'est aussi une joueuse passionnée et chevronnée de go, ce jeu de pions où il faut encercler les pions de l'adversaire.

    Le jeune militaire connait la dure carrière des soldats japonais, formaté par la propagande, subissant les privations et prêt à se sacrifier pour sa Patrie. Il ne connait les femmes qu'à travers les prostituées des bordels de la troupe. C'est dans un de ces lieux - servant dans la réalité de bases arrières à des réseaux d'espions - qu'un officier supérieur va lui demander de se rendre en civil sur la place des Mille-Vents pour espionner les Chinois qui jouent au go !

    C'est donc sur cette place des Mille-Vents que nos deux personnages vont se rencontrer, se jauger, s'affronter...S'aimer ?

    Une histoire écrite comme un haïku, avec des chapitres brefs et des phrases courtes. Une bonne surprise avec une fin réussie et logique, lecture dépaysante qui nous emmène dans une culture plurimillénaire !

    A bientôt !


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  • Les romans d'Haruki Murakami sont empreints d'une certaine poésie et d'un certain mystère. Murakami est l'écrivain des potentialités non-exploitées, des voies de traverses et des récits de vie !

    L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage s'inscrit dans ce sillon. On y suit un homme de l'âge de ses 20 ans jusqu'à ses 36 ans dans des récits de plusieurs périodes en parallèle : sa jeunesse et le temps présent.

    Tsukuru formait avec quatre amis - deux garçons et deux filles - un petit groupe soudé du temps du lycée. Ses amis avaient des patronymes contenant des noms de couleurs. Il y avait Rouge, Bleu, Blanche et Noire. Mais lui, "Tsukuru" signifiait celui qui "construit des choses" et était "l'incolore" et se sentait de ce fait vide. Un triste jour, il se retrouva exclu - traversa une période de dépression consécutive - et cela continua à lui peser sur le coeur !

    A la demande de sa petite amie Sara, Tsukuru va tenter d'élucider le mystère - la raison - de cette séparation et renouer contact avec ses amis. Il apprendra qu'un des membres du groupe avait alors porté d'horribles accusations contre lui. Cette personne était-elle dérangée psychologiquement ? C'est l'hypothèse du roman ! Ou bien comme le pensera plus tard, Tsukuru, avait-elle voulu faire imploser le groupe précocement présentant que cela finirait par arriver !

    Ce roman est donc un récit de vie, sur les relations entre les êtres, sur les choix que l'on fait et que l'on ne fait pas, sur les voies non-prises, sur la façon dont on se construit et se perçoit !

    Un très bon roman ! Toutefois, le reproche que l'on pourrait faire, le défaut que l'on pourrait trouver est que certaines questions posées par la narration reste sans réponse - y compris après la dernière page ! C'est au lecteur de compléter selon sa vision du monde ! Ce n'est pas vraiment une faiblesse mais cela pourra gêner certains lecteurs !

    J'adore Haruki Murakami - je ne vous le cache pas ! J'avais déjà beaucoup aimé les trois tomes de 1Q84 !

    A bientôt !


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  • Partons cette fois pour une destination exotique, le Pérou et la forêt amazonienne et le petit village d'El Idilio, dans ce roman de Luis Sepulveda, Le vieux qui lisait des romans d'amour, en 1992.

    Le Vieux qui lisait des romans d'amour - Luis SepulvedaLe roman raconte l'affrontement entre un homme, Antonio José Bolivar, et un ocelot et fait à cette égard penser à Le vieil homme et la mer d'Ernest Hemingway. Pourtant le propos est différent et il ne s'agit pas ici de lutter contre l'adversité que de protéger la nature des ravages de l'homme ! De plus, le héros de Sepulveda, rompu aux techniques des "sauvages" est moins démuni que le personnage d'Hemingway !

    Ce roman reçu un très bon accueil à sa sortie remportant aussi bien le prix populaire des Relais H que l'élitiste Prix France Culture ! Il est vrai que le récit résonne avec des combats de l'époque, le chef Raoni, le chanteur Sting et la défense du poumon de la planète, l'Amazonie.

    Mais l'Amazonie, ce ne sont pas que des millions d'espèces végétales et animales méconnues mais aussi des peuples indigènes qui possèdent un savoir - par exemple médical - et des traditions, des légendes uniques, vivant en harmonie avec la Nature.

    Ce savoir, l'auteur, Luis Sepulveda, ami de Chico Mendes, le grand partisan de la cause écologiste assassiné par des crapules, le connait bien ! Né au Chili en 1949, emprisonné puis contraint à l'exil sous la dictature Pinochet, il a parcouru l'Amérique latine et vécu en Amazonie parmi les indiens Shuars - dont les Jivaros sont la forme "corrompue" au contact des Espagnols ! Le héros du roman a suivi une trajectoire similaire. Ayant atteint le Chili, Antonio José Bolivar se lie avec les autochtones Shuars et apprends d'eux les "règles" innombrables et complexes de la forêt.

    Cela va lui servir le jour où une ocelot - dont un gringo a tué les petits - laisse une trace sanglante, faite de colons éviscérés sur ses pattes ! L'antipathique et imbécile maire d'El Idilio -la Limace - recourt au service du "Vieux" pour traquer l'animal !

    Ce récit est teinté d'exotisme, de descriptions précises et authentiques ! Mais ce n'est pas un exotisme raffiné fait de colliers de fleurs et de Ukulélé mais de cadavres dévorés par les vers et de squelettes nettoyés par les fourmis ! La mort, la puanteur, la corruption des Blancs, la malaria rôdent !

    Ce roman est un plaidoyer pour appeler à respecter la Nature, à sauvegarder des savoirs ancestraux qui risquent de disparaitre, entrainant notre propre disparition ! Ce roman date de 1992 mais son propos n'a jamais été aussi actuel !

    Donc tant sur la forme que sur le fond, Sepulveda fait mouche !

    Et les "romans d'amour" me direz-vous, c'est le secret du "Vieux", il aime lire les romans d'amour. En fait, c'est pratiquement le seul autre accès - biaisé - qu'il a -avec son quotidien dans la jungle et, à El Idilio - avec la Nature Humaine ! Or ce dépaysement par les livres ne coïncide pas avec la cruauté des colons. C'est en quelque sorte un contrepoint narratif et un élément comique !

    Excellente - mais courte et intense ! - lecture !

    A bientôt !


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  • Voici le premier roman d'un journaliste et écrivain finlandais - Tuomas Kyrö - qui signe avec Les tribulations d'un lapin en Laponie, en 2012, une sorte de conte de fée moderne mettant en scène un expatrié roumain, optant pour la mendicité - sous l'emprise d'un infâme mafieux russe - afin de réaliser le rêve de son existence : offrir des chaussures de foot à Miklos, son fils adoré.

    Dit comme cela - le roumain mendiant, le russe mafieux, on semble dans le cliché ! C'est délibéré de la partLes tribulations d'un lapin en Laponie - Tuomas Kyrö de l'auteur qui prend ces "codes" à contretemps pour mieux s'en jouer et les démonter ! Car notre SDF va échapper à sa "condition", trouver un lapin blessé et s'enfuir en Laponie pour ramasser des baies et des airelles. Le récit a donc un côté résolument burlesque, tout en étant à la fois bucolique.

    Le roman présente par ailleurs la société finlandaise où le capitalisme le dispute à la Nature. Notre héros va de rencontre en rencontre : une petite fille dans un hôpital, un employé de l'agence pour l'emploi, un restaurateur vietnamien, un couple d'ermites attaché à la modernité etc... Ces personnages secondaires sont introduits l'un après l'autre comme un jeu de domino et permettent à l'auteur de libérer sa plume !

    Vous l'aurez compris, le trait est un peu forcé mais, tout en étant dans l'exagération, le romancier aborde des questions graves et sérieuses : la liberté, la pauvreté, le racisme etc...

    Enfin, et je n'avais pas "percuté" au premier abord, ma connaissance des auteurs nordiques étant assez limitée - et se limitant à Selma Lagerlöf et Stieg Larssen - mais le roman sur notre "lapin" est à hommage au Lièvre de Vatanen d'Arto Paasilinna. C'est d'autant plus évident après coup que le héros de Kyrö se nomme Vatanescu, sorte de figure paasilinnienne roumanisée !

    C'est drôle, ça fait réfléchir bref c'est à lire car cela allie l'utile à l'agréable !

    A bientôt !


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  • Richard Ford est un écrivain américain contemporain de renom, à l'écriture ciselée, précise et évocatrice. Canada - Richard FordAvec Canada, il évoque, à travers Dell Parsons, son narrateur de 15 ans, l'adolescence d'un personnage qui va perdre son innocence suite à un délit commis par ses parents, "fuir" au Canada - franchissement de frontière ! - et aller à la rencontre de son nouveau destin.

    Le livre s'organise en trois parties.

    Dans un premier temps, les Parsons, sont une famille vivant à Great Falls dans le Montana. Il y a les parents et les deux jumeaux, la fille Berner et Dell le garçon. Le père, Bev, au ancien de l'US Air Force pendant la Seconde Guerre mondiale - l'intrigue se déroule durant l'année 1960 - se livre à des magouilles, vends de la viande abattue illégalement, et acculé par ses complices indiens, est poussé à braquer une banque et entraine sa femme dans cette "aventure" fatale !

    Les parents sont ensuite arrêtés et, tandis que Berner fugue, Dell est conduit par Mildred, une amie de sa mère, chez le frère de celle-là, Arthur Remlinger qui tient, avec son amie Florence La Blanc, un hôtel, le Leonard, au Canada. C'est l'objet de la seconde partie.

    Mais Arthur a du sang sur les mains, ayant dynamité des années plus tôt un syndicat, ce qui a provoqué "accidentellement" la mort d'un homme. De nouveaux meurtres vont être commis et Dell va y être mêlés : fin de l'innocence !

    La troisième et dernière partie se passe de nos jours ! Dell est un vieux professeur de Littérature, étudiant Au coeur des ténèbres et Gatsby le magnifique, des histoires de chute et fait le parallèle avec sa propre vie ! Ce sont des chapitre là encore introspectifs sinon conclusifs. C'est une histoire de pêché originel et d'errance de la lignée des descendants.

    J'aime beaucoup le style de Ford, qui évoque des petits détails qui semblent à priori inutiles mais qui eu delà de la technique littéraire du XIXème siècle du "petit fait vrai" permettent d'aérer le texte et lui donne son rythme !

    Les lecteurs ont reconnu la qualité de ce roman qui a reçu le Prix Fémina Étranger 2013 !

    A bientôt !


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  • George R. R. Martin a réussi un coup de maitre avec sa saga fleuve Game of Thrones. Le récit total devrait compter entre 7 et 8 gros volumes - regroupés chez nous en autant d'intégrales !

    Cependant, il existe d'autres histoires mettant de côté Danaerys Targaryen, Jon Snow ou Tyrion LannisterL'Oeuf de Dragon - 90 ans avant le Trône de Fer - George R.R. Martin puisqu'elles se déroulent des générations avant ! Ce sont des nouvelles - ou plutôt des novellas au vu de leur longueur dont L'Oeuf de Dragon fait partie.

    Je dois dire que ce récit autour d'un tournoi de chevalerie - avec descriptions des atours et des qualités de chevaliers participants rappelant la Chanson de Geste - m'a particulièrement plu ! D'abord parce que les personnages sont attachants, bien caractérisés malgré leur nombre important. Ensuite, parce que les enjeux vont bien plus loin qu'un simple tournoi amical ! Et comme dans tout Game of Thrones, il y a du sang et des morts !

    On suit le chevalier errant Duncan - en abrégé Dunk - qui parcourt les routes avec l'Oeuf - un jeune écuyer qui n'est autre qu'Aegon Targaryen que son père Maekar a confié aux soins du chevalier. Dunk va participer à un tournoi organisé par Lord Ambrose Beurpuits, sire de Murs-Blancs,qui marie sa fille à un Frey.

    On a alors droit à toute une galerie de chevaliers, nobles ou errants, bien dessinés comme je l'ai dit et chacun avec ses motivations. Il y a ainsi Heddle le Noir, Alyn Chantecoq, Joffrey Caswell, Kirby Pimm, Lord Gormon Peake, Glendon Boule, Jehan le Ménétrier, Kyle le Chat, Uthor Enverfeuille parmi tant d'autres...

    Mais en réalité, derrière le tournoi se profile un complot contre le Trône de Fer, occupé par Aerys Ier Targaryen. En arrière plan, pour expliquer cette machination, il faut savoir qu'il y a peu les Targaryen étaient divisés et se battaient pour le trône.Il y eut ainsi la Guerre du Dragon Rouge contre le Dragon Noir et Daemon Feunoyr, le Dragon Noir fut battu au champ d'Herberouge. Les rebelles furent ensuite soit exécutés, soit graciés, soit exilés. Or ils sont de retour !

    Comment Dunk, le héros de ce récit, va-t-il se tirer de ce nid de guêpes ?

    Bref, une histoire prenante qui de plus est bien écrite/traduite !

    A lire particulièrement pour les inconditionnels de Game of Thrones !

    L'auteur, George R. R. Martin prévoit d'écrire d'autres nouvelles sur Dunk et l'Oeuf !

    En attendant qu'elles voient le jour, je vous dis à bientôt !


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  • Si vous aimez les histoires qui finissent bien, ne lisez pas La saison de l'ombre de Léonora Miano !

    L'auteure est née en 1973 à Douala au Cameroun où elle grandit avant de venir vivre en France en 1991. Ici, elle retrace une page noire de l'Histoire de l'Afrique. C'est une véritable tragédie qui mène à l'élimination planifiée de tout un peuple.

    Au début du roman, on a un peu de mal à situer temporellement l'action. A quelle époque sommes-nous ? On le devine assez vite cependant.

    Un drame a eu lieu au village Mulongo. Un incendie s'est produit au cours duquel dix fils et deux adultes ont disparus. On n'a pas retrouvé de corps ! Les mères des fils sont mises à l'écart pour ne pas contaminer le reste du village. Des mesures doivent être prises et sont prises.

    Une galerie de personnages très étoffés : Mukano le chef, Mutango, son frère, Eyabe, une des dix mères, Mendene, le ministre des cultes, Ebese sa compagne et matronne, Ebesi, une autre mère éplorée, Ekélé, l'ancienne...

    Ne tournons pas plus longtemps autour du pot, c'est de Traite transatlantique qu'il est question ici, traite pratiquée par des Africains au service des "hommes aux pieds de poule" contre d'autres Africains : les Côtiers et les Bwele contre les Mulongo, prise de guerre, captures.. ! Les conséquences tragiques d'un arrachement d'un peuple à sa terre, à ses racines et ses ancêtres. En Afrique, on ne mets pas tout par écrit comme en Europe et donc la transmission orale par les ancêtres est capitale !

    Ce roman intéressant nous fait découvrir une culture, des rites, un vocabulaire loin de nous Européens.

    Léonora Miano s'est beaucoup documenté, auprès de ses ancêtres et aussi notamment en lisant une enquête très sérieuse et non littéraire nommée La mémoire de la capture. Cela donne un récit prenant mais très souvent dur !

    "La bibliothèque éclectique ", c'est aussi découvrir d'autres cultures !

    A bientôt !


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  • Pierre Gagnon n'est certes pas le plus connu des écrivains québécois, néanmoins, ignoré par les critiques de "référence" (Télérama), il vit un petit succès de librairie, par le bouche à oreilles.

    Il a auparavant traduit en livre son journal au jour le jour sur son expérience personnelle du cancer et écrit sur la vieillesse avec Mon vieux et moi.

    J'ai vendu ma bagnole à un Polonais est un recueil de nouvelles qui tournent autour de l'enfance, de passions - comme la guitare ou le vélo. L'écriture est lumineuse et optimiste, l'humour est présent - ce qui est un bien car parfois les sujets sont graves (l'enfance maltraitée).

    Les récits sont à la première personne avec différents narrateurs. Dans "ce sont des choses qui arrivent" le personnage qui raconte est victime d'un traumatisme crânien et délire - comme l'écriture. Dans "je veux cette guitare", on a une autre forme de délire, celui d'un enfant qui idolâtre une guitare.

    "Carrière" nous emmène dans le monde du vélo avec un champion cycliste marqué par un accident de la vie. "L'oncle Charlie" porte sur ces vieux que l'on oublie dans des mouroirs et traite le sujet avec une chute ironique.

    "J'ai vendu ma bagnole à un Polonais" nous confronte à d'autres cultures et à des communautés truculentes.

    "La minoune" est un petit bijou de tendresse où la vie d'une chatte est dans la balance !

    "Jimmy Esthétique Pour Elle et Lui, faits divers" est la plus longue des nouvelles et mets en scène un couple père/fils, un coiffeur aimant les commérages et une jeune fille brillante lassée de sa vie.

    Enfin, "Nico" porte sur la relation d'un jeune garçon débrouillard et son mystérieux père autoritaire !

    Entre ces différents récits, des textes plus courts, pas plus d'une page : "Aussitôt levé", "Croire" ou "Salon du Livre"

    Si vous avez envie de sortir des sentiers battus, que vous aimez les nouvelles et les histoires courtes et amusantes et voulez tester de nouveaux auteurs d'autres horizons, essayez Pierre Gagnon !

    A bientôt !


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  • Jorge Luis Borges est un écrivain argentin du XXème siècle mais il est plus que cela, presque une légende, un L'aleph - Jorge Luis Borgemaitre d'érudition, un modèle pour de nombreux écrivains qui lui ont succédé dans le temps et un clairvoyant lui qui était aveugle - et peut-être pour cette raison !

    C'est aussi un des piliers du genre fantastique, un bibliophile, lui qui occupa les fonctions de bibliothécaire.

    Mais il ne s'agit pas ici de présenter une biographie du maitre. Je vais plutôt vous parler - sans l'épuiser - de son recueil de 17 nouvelles, l'aleph - publié en 1962 (en 1967 pour la version française) et des thèmes qui s'en dégagent.

    Qu'est-ce qu'un aleph (première lettre de l'alphabet selon la cabale)? C'est un point, un lieu ou peuvent être vus simultanément tous les lieux de tous les angles ! A partir de là, Borges essaie de faire de cette vision divine de la littérature. C'est donc le point de vue de l'écrivain qui se voudrait omniscient !

    Or c'est une illusion ! Ne serait-ce que parce que l'oubli entre en ligne de compte ! Je note au passage qu'on retrouve là des éléments du Phèdre de Platon (mais cela n'engage que moi !). De plus, la littérature est impuissante à retranscrire, à énumérer tout l'Univers. Il faudrait pour cela une bibliothèque - Babel - infinie !

    De plus, l'Univers est un labyrinthe et il est aisé de se perdre dans sa vision ! Il n'en reste pas moins que l’œuvre de Borges, à l'image de ce petit recueil de 220 pages en édition L'imaginaire Gallimard est très dense en contenu et très cosmopolite et éclectique.

    Nous avons sous-entendu que la bibliothèque et le labyrinthe étaient deux des thèmes de prédilection de Borges. Il y en a bien d'autres. Ses récits mettent en scène des Rois, Borges lui-même, des immortels, des dieux, des prêtres, des érudits...On croise à maintes reprises la figure de Dante et de sa Divine Comédie qui veut décrire les autres mondes.

    De même que l'aleph est tous les lieux, les "héros" de Borges sont souvent des hommes qui sont tous les hommes et cela va bien au- delà d'une idée de réincarnation, d'éternel retour (la Roue chère à l'auteur) ou de solidarité des êtres. C'est plus difficile à analyser et je ne m'y risquerais pas. Il y a un peu de tout cela à la fois !

    Bref, Borges tente de décrypter le monde, de déceler une écriture de Dieu (le Dieu des chrétiens, des musulmans ou encore des mayas...) que ce soit dans le Zahir, un des noms de Dieu, dans l'image obsédante ou dans les motifs de la peau d'un jaguar.

    Vous l'aurez compris, il y a dans ce recueil - et dans l’œuvre de Borges - un crédo fantastique et un registre qui va au-delà, jusque dans le mystique !

    A lire ne serait-ce que pour cela !

    A bientôt !


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  • Des souris et des hommes - John SteinbeckDes souris et des hommes ! Voilà un roman de John Steinbeck, publié en 1937, que j'ai lu au collège en classe de Troisième il y a fort longtemps et que je relis ces jours-ci ! Ce roman reste toujours un chef d’œuvre !

    L'histoire poignante - mais sans sensiblerie - de deux journaliers dans le monde rural des États-Unis dans les années 1930 - unis par une indéfectible amitié. Il y a George Milton, un type qui essaie de tirer son épingle du jeu, malin mais sans malice, petit de corpulence et Lennie Small un vrai colosse - qui ne mesure pas sa force - d'une gentillesse sans limite mais avec la mentalité d'un enfant de 3 ans, bref un attardé qui devient vite la cible de gens comme Curley, le fils du propriétaire qui engage nos deux compagnons sur son exploitation.

    Ce roman est magnifique, l'histoire est assez connue et je ne fais pas de grosses révélations en disant que la fascination de Lennie pour les choses douces, les souris, les petits chiens, les robes et les cheveux des femmes, vont le mener à sa perte ! Voulant caresser ces choses, et ne mesurant pas sa force, il a tendance à les briser -donc à les tuer. Et puis, il y a la femme de Curley, une "vraie pute" sur laquelle le colosse va poser son dévolu ! Elle a de si beaux cheveux !

    Au final, George devra prendre une décision irrémédiable et déchirante !

    Le point fort de Steinbeck, c'est, que sans nous faire entrer dans la pensée des personnages - ainsi pas de monologue intérieur notamment - il parvient à tout nous révéler de leurs psychés. Ceci par le dialogue, abondant - la pièce fut adapté au théâtre et au cinéma plusieurs fois - et des descriptions. Le monde rural est également très bien rendu et très vivant - la vie dans un ranch, les journaliers et les ouvriers agricoles.

    Steinbeck, qui fuyait la publicité, a en effet vécu cette vie d'ouvrier agricole. Il a visité Panama et a vécu à New York. il est célèbre pour des souris et des hommes mais aussi pour Tortilla Flat, Les raisins de la colère ou encore A l'est d'Eden. Il ne craint pas de retranscrire la manière non châtiée de s'exprimer de l’Amérique profonde. Il constitue avec Faulkner, Hemingway et d'autres, un des écrivains américains incontournables de cette période de l'entre-deux Guerre et de la crise de 1929, moins dans les élans fougueux d'un Faulkner ou la violence et les personnages épiques d'Hemingway, plus dans l'authenticité !

    Je me demandais si une lecture psychanalytique pouvait s'appliquer à Of Mice and Men ? Vous me voyez venir à dix kilomètres ! George et Lennie comme deux instances d'un même psychisme, le surmoi ?, le Ca ? Cela me parait un peu trop facile et fumeux - et surtout très réducteur alors passons ! Mais bon, j'y ai pensé alors je l'évoque ici !

    On retrouvera certainement d'autres romans de Steinbeck un jour sur ce blog !

    A bientôt !

     


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  • Une rose pour Emily et autres nouvelles est un recueil - de nouvelles donc - de William Faulkner, paru en Folio 2 euros, qui reprends en fait des textes issu d'un plus large recueil, Treize Histoires.

    William Faulkner, un des plus grands écrivains américains du XXème siècle, nait en 1897 à New Albany dans leUne rose pour Emily - William Faulkner Mississippi, dans une vieille famille aristocratique ruinée par la Guerre de Sécession. Son père est un raté et un ivrogne et sa mère une femme autoritaire.

    L’œuvre de Faulkner est donc fortement marquée par les habitudes du Sud de l'Amérique, puritanisme, jugements moraux, ségrégation des Noirs. Elle se déroule entre Alabama, Tennessie et Mississippi. La plupart des nouvelles - et les quatre du recueil qui nous intéresse présentement - se déroulent dans la petite ville de Jefferson.

    Les quatre nouvelles ont pour titre Une rose pour Emily, Chevelure, Soleil couchant et Septembre ardent. Avant de les aborder rapidement une par une, voyons les dénominateurs communs !

    Tout d'abord, les personnages centraux de ces récits cachent tous un secret (meurtre, mariage, faute, viol supposé). De ce fait, ils sont en proie à la rumeur populaire, aux commérages - dont le salon de coiffure est un des lieux privilégiés - et donc aux jugements.

    Pour préserver leurs secrets, les protagonistes s'abritent derrière des murs, dans des lieux clos qui les protègent du "danger" : vieille demeure d'Emily Grierson, salon de coiffure, case de Nancy etc... Le voyageur de commerce - qui tente de percer les secrets - est aussi un élément récurrent.

    Dans une rose pour Emily, la nouvelle qui donne le titre au recueil, la vieille fille Emily Grierson vient de mourir. Faulkner glisse des indices - dans le désordre - tout au long du texte afin de préparer le dénouement, le genre nouvelle étant avant tout un art de la chute. Pour le lecteur perspicace, la fin est assez évidente - c'est ce qui la rends plus cocasse (le lecteur perçoit la vérité mais pas les commères du voisinage !). En effet, il y a d'abord cette odeur de charogne, puis cet achat d'arsenic chez les droguiste et enfin la disparition soudaine d'un homme. Mais je vous invite plutôt à lire le texte pour voir comment cela est bien amené !

    Je passe plus rapidement encore sur les trois autres textes :

    Chevelure et Septembre ardent ont pour cadre le salon de coiffure. Dans le premier texte, la rumeur se charge du cas de Susan Reed et de Hawkshaw le coiffeur qui trompe bien leur monde au dénouement. Dans le deuxième texte que je cite - qui est en fait le quatrième et qui clôt le recueil, il est question de la question noir et d'un jugement porté rapidement sur un noir accusé d'avoir agressé une blanche.

    De domestique noir, il est aussi question dans Soleil couchant (comme dans Une rose pour Emily d'ailleurs, fait que je n'ai pas mentionné, le fidèle domestique noir qui protège les secrets de sa maitresse). Nancy qui a fauté et est enceinte (du maitre de maison ? On ne sait ?)craint la vindicte de son compagnon Jésus. Menace réelle ou imaginaire. Le dénouement reste ici en balance.

    Bref, d'excellents textes qui posent tous la question du jugement social et s'amuse à s'en moquer pour mieux le fustiger et le déjouer.

    Faulkner est une valeur sûre, à n'en pas douter.

    Je vous dis à bientôt !


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  • Voici un roman, Différente, d'une auteur suédoise, Sara Lovestam, qui comme vous vous en doutez au titre parle d'altérité, principalement lorsque cette altérité pose problème.

    Tant il est vrai que nous existons d'abord par le regard des autres et les rapports en société... Faut-il s'en réjouir ?

    L'écrivaine à l'origine de ce roman connait bien son sujet - et à quel point la société peut exclure puisqu'elle vient en aide -par le biais de cours de suédois - à des immigrés et écrit dans un magazine gay. il sera aussi question d'homosexualité dans ce livre.

    Les protagonistes sont Martin, Paula et Léo (qui est une femme qui aime les femmes) dans un triangle amoureux dont vous devinez la configuration.

    Tout part du fétichisme de Martin, une obsession bien particulière pour les femmes amputées - qui a une origine dans l'enfance que l'on découvre vers la fin du roman. Il rencontre Paula, née sans jambes et tombe amoureux d'elle. Là encore la question du regard de l'autre...

    Mais Martin aime-t-il Paula pour sa particularité physique ou pour elle-même. C'est évidemment la question que celle-ci se pose ! Le lecteur comprend alors que cette histoire à deux n'aboutira pas.

    Et puis, il y a Leo, la lesbienne "brute de décoffrage", pas toujours diplomate - qui s'éprend de Paula et réciproquement. Paula se rends compte alors qu'elle a toujours aimé les autres femmes non pas parce qu'elles sont son équivalent avec un corps "complet" mais pour leur féminité. Elle se découvre alors homosexuelle.

    A cela s'ajoute une intrigue sur le mystère des origines de Paula, son abandon à la naissance et l'identité de sa mère naturelle? C'est un peu compliqué à démêler et il faut être attentif à la lecture !

    Un roman dont je ressort très mitigé ! Il y a des choses intéressantes que j'ai évoqué précédemment mais quel est ce besoin qu'on les auteurs actuels de truffer leurs écrits de scènes de sexe osées. C'est à croire qu'ils sont dans une totale misère sexuelle pour en parler avec autant de crudité. il y a des des magazines et des DVD spécialisés pour cela. déjà que quand je lis ce genre de passage -pourtant je ne suis pas prude ! - chez Houellebecq entre partenaires hétéros, ça m'agace tant c'est gratuit (encore que chez Houellebecq cela se discute car ça participe d'une réflexion sur la misère des temps), alors là des scènes éroticopornographiques entre deux lesbiennes , cela me laisse encore plus froid ! Mais bon après tout, tout ceci n'est qu'un détail et Sara Lovestam n'est pas une dépravée ! Mais bon, c'est une mode générale, une sorte de surenchère dans le sexe (et aussi la violence) !

    Bonnes lectures et à bientôt !


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  • Et voilà, l'histoire de Tengo et Aomamé, des Précurseurs et des Little People se termine avec ce livre 3 de 1Q84 ! Une fois de plus, Murakami nous livre un récit où la romance, la réflexion et le fantastique sont étroitement mêlés !

    1Q84  - Livre 3 - Haruki MurakamiMais je ne pense pas qu'on puisse parler de récit fantastique à propos de 1Q84 ! Un récit fantastique advient lorsqu'il y a toujours une possibilité entre une explication surnaturelle et une explication rationnelle. Or ici, il n'y a pas vraiment d’ambiguïté, il y a bien deux lunes dans le ciel et des petits bonshommes de 5 centimètres qui sortent de la bouche des cadavres ! Je parlerais plutôt donc de "merveilleux" ! Avec une touche de culture shinto et japonaise !

    L'intertexte, très riche, est aussi à chercher du côté de Shakespeare, d'Alice au pays des merveilles ou de la légende d'Orphée aux enfers !

    Le centre de l'histoire est bien un récit sur la solitude de deux êtres qui cherchent à se rejoindre et y parviendront dans un autre monde !

    Mais ne vous attendez pas à ce que toutes les énigmes soient résolues. Il subsistent quelques questions non élucidées - pas mal en fait ! Ce n'est pas ce qui importe ! Murakami aurait très bien pu livrer un tome 4 à son histoire !On lui reproche souvent un style trop détaillé mais je remarque qu'il a aussi l'avantage de toujours bien "récapituler" à intervalles réguliers les questionnements de ses personnages. Le récit est raconté à la troisième personne - toutefois, on pénètre bien dans l'esprit des protagonistes - même si ils ne disent pas "je".

    De toute façon, un récit à la première personne serait problématique car on change successivement de point de vue : Tengo, Aomamé auxquels se joint dans ce dernier Livre le point de vue d'Ushikawa.

    Voilà, une très bonne lecture tant sur le fond que sur la forme mais une lecture de longue haleine, trois tomes massifs -mais dont on ne décroche pas avant la fin !

    A bientôt !

    PS : Je dédie ce billet à Barbara C.


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  • Voici un roman, L'Âge de fer, de J.M. Coetzee qui m'a laissé perplexe. Perplexe parce que l'auteur est prix Nobel de Littérature 2003, que le sujet, la dénonciation de l'Apartheid a pourtant tout pour remporter mon adhésion, et bien pourtant la "sauce" n' a pas prise, loin de là, je dirais même que ce livre m'a agacé !

    Une fois encore, ce n'est pas le sujet qui m'a gêné mais cette espèce d'approche intellectualisante à l’extrême du récit. La narration est antinaturelle au possible, se perd dans des bavardages verbeux et prétentieux. On est bien là dans le roman d'un universitaire, d'un prof de littérature et pas d'un écrivain ! J'ai vraiment eu l'impression que ce roman prenait le lecteur de haut !

    Un exemple : à un moment, un jeune Noir est victime d'un acte criminel et meurt, en se vidant de son sang, dans les bras de la vieille femme au cœur du récit et là on a droit à des pages et des pages interminables de considérations sur la symbolique du sang ! Cela ralentit le récit et je pense que dans le cas d'un accident de la route, on a d'autres choses qui viennent à l'esprit ! Pareil, au deux tiers du roman, la vieille femme a une conversation avec un clochard dans sa voiture alors qu'elle envisage de se suicider : qui parle comme cela !? Personne ! Antinaturel au possible !

    Bon, je me dois tout de même de faire un compte-rendu de lecture moins subjectif après ces quelques impressions désastreuses.

    Le récit se présente, à la première personne, comme la lettre qu'une vieille femme blanche , bourgeoise d'Afrique du Sud et atteinte d'un cancer métastasé adresse à sa fille partie aux États-Unis. Elle évoque évidemment ses craintes face à la mort, son monde qui disparait et prend conscience de la situation critique de la population noire- on est en 1986 -, des jeunes enfants qui eux ne meurent pas dans leur lit mais sous les balles des Afrikaners. Elle fait immanquablement le rapprochement avec sa situation dans ce roman à thèse qui fait un emploi raté du pathos qui pour le coup aurait gagner à être moins cérébral comme je l'ai dit plus haut !

    Le titre vient du fait que tous ces jeunes gens enterrés sont comme des gisements de fer sous le sol.

    Parmi les personnages, il y a Vercueil, un sans-domicile qui envahit l'espace du domicile de la vieille femme, personnage que j'ai trouvé antipathique au possible et pas assez brossé (sans mauvais jeux de mots !).

    Il y a Florence la domestique noire et son fils Bheki qui sera parmi les victimes, le gamin lui aussi ne m'a pas touché.

    Bref il est rare que j'enterre un roman dans ce blog mais pour le coup ce livre est extrêmement "bof bof". Je suis allé par acquis de conscience au bout de la lecture mais si on veut voir une œuvre plus touchante, plus parlante - et moins verbeuse et prétentieuse - sur l'Apartheid autant voir ou revoir le film Cry Freedom !

    Je relirais probablement un jour du J.M. Coetzee car il doit bien y avoir une raison pour laquelle il a eut le prix Nobel pour l'ensemble de son œuvre donc je ne désespère pas mais cela ne sera pas tout de suite car j'ai d'autres priorités de lectures !

    A bientôt !

    PS : Ah si, seul point positif pour ce livre, quitte à faire dans l'érudition, les références à la culture antique : Thucydide, Ulysse, Énée, Aristote, Platon... L'héroïne était prof de littérature classique. Et au moins ces références, pour une fois, ne tombent pas comme un cheveu sur la soupe !


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  • Marlena de Blasi est critique culinaire et journaliste de la table pour des magazines américain. on lui doit des livres de recettes mais aussi des sortes de roman qui sont dans une certaines mesure autobiographiques (bien qu'elle signale que des noms ont été changés).

    Mille jours en Toscane - Marlena De BlasiDans un précédent roman, Mille jours à Venise (que je n'ai pas lu), elle raconte son mariage avec Fernando, un italien et son séjour dans la ville lagunaire. Mais le couple décide de partir à la campagne -Fernando quittant la Banque - pour s'installer en Toscane. Là, ils font la connaissance de Barlozzo, septuagénaire sympathique parfois bourru, qui les initie à ces contrées, principalement, on ne s'en étonnera pas, autour des arts de la table. On découvre toute une cuisine traditionnelle - dont je vous passe l'énumération mais qui ne se limites pas à des plats de pâtes, et à partir de là, on découvre la tradition, l'Histoire, la nature. C'est le sujet de Mille jours en Toscane.

    De fait, la communauté paysanne va se ressouder autour du couple et lui réserver un bon accueil. On découvre avec ce livre que le bonheur est souvent un choix !

    Toutefois, j'aurais quelques réserves. Si l'aspect folklorique est bien retranscrit à travers la restitution de phrases en italiens au fil des pages, je trouve qu'il y a paradoxalement une trop grande importance accordée à la cuisine même si justement, c'est de là que tout part, comme une sorte de rituel. On ne fait pas un roman en additionnant bout à bout des recettes et on pourrait craindre qu'il n'y ai pas d'intrigue. il y en a une pourtant basé sur les rapports humains, ici authentiques.

    Un livre d'où ressort inévitablement une certaine magie païenne et rustique mais qui moi pour le coup m'a échappé ! La lecture reste cependant agréable et le livre est divisé en parties selon les saisons avec chasse au sanglier, cueillette des châtaignes etc...

    C'est en quelque sorte un "récit de voyage" ou plutôt un "récit de séjour" qui nous incite au voyage...

    C'est en tout cas une lecture qui tombe bien en été !

    A presto !


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  • Sous ce titre emprunté à un poème de Baudelaire, Assommons les pauvres !, il y a un roman de Shumona Sinha, auteure d'origine indienne, également connue pour sa poésie en bengalie primée.

    Ce court roman est la rencontre de deux mondes et tourne autour de ceux que l'on nomme -souvent avec mépris - les "immigrés clandestins". La narratrice est une interprète -qui a réussi il y a longtemps à s'intégrer en Occident - et qui fait le lien entre ce monde de pauvreté, ces terres couleurs ocres où rien ne pousse qui permettrait d'assurer la subsistance et notre société moderne hyperconsumériste et individualiste, marquée elle par une nouvelle forme de barbarie qui consiste à refouler la misère, du moins à ne pas vouloir la voir !

    Notre narratrice en vient à se demander qui dirige depuis les coulisses ce théâtre d'êtres humains, marionnettistes ou marchands d'hommes, versés dans l'illégalité mais possédant également des vitrines publiques, des sociétés légales dont les immigrés pourvoient à la main d’œuvre bon marché !

    Le livre pourrait donner dans le misérabilisme - et on a effectivement toute l'ordure du monde - mais allège son sujet par l'humour, un humour légèrement décalé. en effet, nos marchands d'hommes fournissent aussi des récits aux paysans en partance pour une vie meilleure et les agents de l'immigration font souvent face à des histoires décousues, incohérentes voire totalement délirantes ! La narratrice reconnait, à sa grande honte, avoir envie de rire dans ces moments là. Peut-être pour mieux se libérer d'un poids !

    Car notre "héroïne", au début du roman, agresse un clandestin avec une bouteille de vin. La barbarie du monde moderne la gagnerait-elle ? Des chapitres sur sa vie sentimentale et sexuelle montre aussi la perte du sentiment amoureux chez elle, perte du désir de l'autre, de l"empathie, de l'estime de soi, à trop côtoyer la misère et l'indifférence face à celle-ci !

    Du point de vue stylistique, on sent la verve poétique de l'écrivaine et j'ai été notamment frappé par la récurrence des champs lexicaux relatifs aux éléments : eau (la pluie, la mer), feu, terre (la boue), l'air (le ciel)... Il serait intéressant de se plonger dans sa poésie pour voir si il y a là une constante de procédés ! A côté de cela, il y a l'Occident aseptisé fait d'ordinateurs et de formulaires !

    Bref, un bon roman, qui décille le regard, au propos politique mais pas seulement...

    A lire pour apprendre la tolérance !

    A bientôt !


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  • Aujourd'hui, il sera question de littérature mexicaine avec un roman de Laura Esquivel surtout connue pour son succès, Chocolat amer, en 1990.

    Vif comme le désir, comme son titre l'indique, est un roman sur l'amour mais aussi sur la communication. Lluvia, née un jour de pluie, y parle de sa famille et en particulier de ses parents, de son papa Jubilo.

    Jubilo a un don ! Il est capable de ressentir les moindres messages du cosmos - et d'arranger les rapports entre les gens en facilitant la communication. Il n'est donc pas étonnant qu'il adopte le métier de télégraphiste, dans un Mexique post révolution de Pancho Villa.

    Jubilo a un amour dans la vie : la belle Lucha, femme d'un charme indéniable. Tout deux brulants de désir, ils passent leurs journées à faire l'amour !

    Mais la communication peut présenter une double facette : tantôt aisée, tantôt brouillée. Et Jubilo de regretter, comme sa grand-mère maya, une certaine forme de "progrès", l'abrutissement des masses par les médias, un besoin de luxe qui va susciter des insatisfactions chez son épouse.

    Et puis, Jubilo a le tort de se faire un ennemi en la personne du très vulgaire - et très influent - Don Pedro. En un sens, il est l'exact opposé de Jubilo et les évènements vont se précipiter -les malentendus - qui vont générer des "secrets de famille" qui vont conduire au drame et à la séparation des deux époux !

    c'est ce secret , caché dans le silence que Lluvia va essayer d'éclaircir pour rapprocher ses deux parents. Y parviendra-t-elle ?

    Un roman lumineux et optimiste - traversé pourtant par des touches sombres - narré tantôt à la première, tantôt à la troisième personne ! Une lecture agréable d'un auteure que je ne connaissais pas et que j'ai découvert avec un certain plaisir !

    A bientôt !


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  • Voici un roman efficace contre la morosité ambiante, écrit par un suédois, né en 1961, Jonas Jonasson et qui Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire - Jonas Jonassonmêle deux trames en parallèle autour d'un centenaire facétieux, Allan Karlsson.

    Mais qui est le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire ? Il s'agit d'un centenaire, né en 1905 qui la veille de son anniversaire à la maison de retraite décide de se faire la malle parce que Soeur Alice lui casse les pieds.

    Par un jeu de domino, le vieux blagueur va rencontrer une foule de personnages tous aussi cocasses les uns que les autres, des gangsters maladroits et malchanceux auxquels il subtilise une valise contenant cinquante millions de couronnes, Julius un escroc sexagénaire, Benny un vendeur de hot-dogs surdiplômé et Mabelle qui use de jurons à chaque phrase et protège Sonya, une éléphante.

    De quiproquo en malentendus, le vieillard et sa "bande" sont vite confondus avec un groupe de tueurs en série - des morts aussi ridicules qu'improblable de gansters ont lieu sur leur passage - et l'inspecteur Aronsson se lance sur leur piste.

    Parallèlement, on suit la biographie invraisemblable d'Allan Karlsson depuis sa naissance. Supposé limite crétin congénitale, il fait preuve de malice et semble avoir neuf vies lorsqu'il traverse le siècle.Il a la manie de tout faire exploser et se retrouve donc dans la Guerre Civile Espagnole au côté des communistes avant de sauver la vie de Franco par "mégarde".

    Ensuite, son parcours est tout aussi invraisemblable et est une véritable réécriture de l'Histoire officielle : il travaille sur la bombe atomique à Los Alamos, rencontre Truman, va en Chine, traverse l'Himalaya, est "kidnappé" par les hommes de Staline, met en colère Staline, est envoyé au goulag, détruit Vladivostok, se retrouve en Corée puis prend une retraite à Bali !

    Un roman qui raconte une histoire improbable mais désopilante. On s'attache vite à Allan Karlsson et c'est à regret que l'on referme le livre. Mais, on espère retrouver sa magie bientôt lors de l'adaptation cinématographique.

    A bientôt !


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  • Le Joueurs d'échecs - Stefan ZweigParlons maintenant de Stefan Zweig, cet illustre écrivain autrichien qui se suicida avec sa femme au Brésil en 1942 parce qu'ayant fuit l'Europe, il ne voyait aucune issue favorable à la guerre pour le Monde Libre !

    Je vais vous décrire plus précisément une longue nouvellle - un court roman - de Zweig qui date de 1943 (donc publié à titre posthume) : Le Joueur d'échecs.

    La structure de la nouvelle possède la particularité d'être constituée de deux récits enchassés tournant bien évidemment autour du jeu d'échecs et plus précisément des méandres de l'esprit, de la cogitation et de la monomanie.

    Ce récit met en scène deux joueurs d'échecs atypiques : le champion du monde, un rustre fils de batelier, arrogant et vénal, inculte mais doué pour cet art du jeu et d'autre part un joueur occasionnel - personnage du récit enchassé - venu à la pratique par la force des choses et conduit à la monomanie.

    Ces deux joueurs phénoménaux vont s'affronter à la demande de la bande du narrateur du récit cadre sur le bateau qui les conduit à Buenos Aires.

    Le personnage le plus intéressant est bien entendu le monomaniaque. Je ne voudrais pas déflorer la surprise de la lecture mais disons seulement que celui-ci, séquestré dans une prison de luxe par les nazis mais en total isolement sensoriel, va se perdre dans l'imaginaire des échecs et développer sa monomanie.

    La partie avec le champion du monde doit lui permettre de savoir si le jeu qu'il pratiqua mentalement seul durant sa captivité est le fruit des errements de son esprit ou bien ancré dans la tradition des échecs. Il se promet de ne pas retomber dans sa drogue et jure de ne jouer qu'une fois.

    Mais va-t-il tenir sa parole ou sombrer ? Je vous laisse le soin de le découvrir.

    Un récit extrémement bien construit, bien mené, au suspens garantit - le récit enchassé est paradoxalement le plus long - que l'on peut apprécier même si l'on ne joue pas aux échecs - surtout si on ne joue pas aux échecs je dirais même car le jeu a alors une aura de mystère et de légende !

    Je suis moins même un ancien joueur occasionnel et bien médiocre aux échecs que je pratiquais au club du collège et suivais les parties des cracks du lycée pendant les intercours !

    A bientôt !

    PS : La nouvelle fut portée à l'écran en 1960 par le réalisateur allemand Gerd Oswald. Je ne l'ai pas vu.


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  • Un autre roman de Philip Roth, Le rabaissement (publié en 2009) va être l'objet de ce billet, peu de temps après vous avoir parlé de Némésis.

    Cet autre roman a en commun avec celui précedemment présenté par mes soins d'être aussi le cheminement intérieur d'un homme, de 65 ans, qui se trouve du jour au lendemain au bord du gouffre, "rabaissé", ayant perdu son élan vital et sombrant dans la depression !

    Simon Axler est un acteur de théatre -et quelquefois de cinéma - qui a jadis brillé mais qui a perdu sa capacité - et son envie - de jouer ! Il est désormais rongé par la peur, ressent l'impression d'être un "imposteur" lui qui faisait jusqu'à présent les choses par instinct. Il songe même à mettre fin à ses jours ! Cela va lui valoir d'être hospitalisé dans une institution psychiatrique -où il va faire la connaissance de Sybil Van Buren qui dit avoir surpris son mari, chirurgien de renom, abuser de leur petite fille : affabulatrice ou victime ?

    Mais la vie de Simon va prendre un tour nouveau lorsqu'il retrouve la fille de ses amis acteurs, les Stapleford, qui se nomme Pegeen et est lesbienne. Contre toute attente Pegeen, quittée par son amie, va avoir une liaison avec cet homme, Simon, de 25 ans son ainé. Mais Simon est sur le déclin et les parents le savent qui vont mettre des batons dans les roues à ce couple hétérogène.

    Le roman, comme une pièce de théatre tragique s'articule en trois parties. On a donc vu ci-dessus les parties "Dispersés dans l'air léger" puis "La transformation". La troisième et dernière partie se nomme "Le dernier acte".

    La liaison entre Simon et Pegeen va "requinquer" celui-ci, lui faire "retrouver la flamme". Les deux amants vont jusqu'à pratiquer un "théatre érotique" invitant une femme de passage dans leur lit.

    Mais au bout du compte, Pegeen quitte Simon sans qu'on en sache vraiment les raisons. S'est-t-elle éprise d'une rencontre de passage ? Est-elle redevenue lesbienne ? A-t-elle écouter ses parents et refusent-elle en conséquence d'être une béquille.

    A un moment du récit, Simon pressentait qu'il retardait l'inévitable (la mort). Son histoire avec Pegeen va lui redonner l'envie de revenir au théatre, hélas, à ce moment intervient la rupture !

    Simon s'empare alors de son fusil de chasse et monte au grenier dans les dernières pages. Va-t-il commettre l'irréparable ?

    Je vous dirais juste que les dernière lignes du roman de Philip Roth sont un écho aux dernière lignes de la pièce de Tchekhov, La Mouette !

    A bientôt !


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  • Philip Roth est l'une des figures les plus imposantes de l'actuel paysage littéraire de l'Amérique du Nord. Il est l'auteur d'une trentaine de livres et a été multirécompensé. Ses ouvrages sont à la fois poignants, émouvants et donnent à réfléchir sur les Etats-Unis.

    Or, il a récemment déclaré qu'il n'écrirait plus de fictions. C'est pourquoi Némésis,roman qui raconte le destin d'un jeune professeur de sport de Newark touché par la polio, doit clôre une époque. La littérature a toujours interrogé les états d'âmes et les problèmes moraux du genre humain. Bucky Cantor, le personnage en question ne va pas cesser de se demander ce qu'il aurait pu faire face à l'épidémie qui touche la jeunesse de son quartier à l'été 1944.

    Mais présentons rapidement Mr Cantor ! Bucky n'a jamais connue sa mère, morte en couche, son père étant un voleur, ce sont ses grands-parents maternels qui l'ont élevé.

    Notre protagoniste aurait souhaité s'engager après Pearl Harbor comme l'ont fait ses deux meilleurs amis mais une vision défaillante l'en a empéché. au lieu de cela, il dirige et anime un terrain de softball.

    Par ailleurs, Bucky va se fiancer à la jolie Marcia Steinberg, comme lui de confession juive. Tout semble aller pour le mieux. Seulement le virus mystérieux de la poliomyélite va frapper.

    Mr Cantor va donc avoir son propre combat, sa propre guerre a mener : contre la maladie qui frappe des enfants innocents ! Dès lors, des interrogations vont naitre en lui, particulièrement de savoir si Dieu est bon ou impuissant et pourquoi il permet la mort d'innocents ! Il se demande aussi dans quel mesure il peut proteger ses jeunes.

    Mais las, il va en quelque sorte "prendre la fuite"  - c'est du moins ainsi qu'il le ressent -en partant superviser un camp de vacances dans les montagnes et rejoindre sa fiancée.

    La troisième partie montre comment la polio va le rattraper. En effet, lui aussi sera touché. Dès lors, il fera un choix dramatique !

    Un roman très émouvant qui mine de rien est infiniment plus profond qu'il n'y parait, que la simple anecdote et on pourrait gloser longuement sur l'oeuvre de Roth !

    Une histoire qui m'a beaucoup plu même si j'ai eu un peu de mal à accrocher au départ !

    A bientôt !

    COMPTE A REBOURS...4


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  • Kenneth Cook est un journaliste, réalisateur et écrivain australien, décédé d'une crise cardiaque en 1987 et L'ivresse du kangourou - Kenneth Cookdont les trois recueils de nouvelles sur ses pérégrinations dans le bush australien ne furent traduit en français de manière posthume que très récemment.

    L'ivresse du kangourou et autres histoires du bush fait en effet partie d'un triptyque avec Le koala tueur et La vengeance du Wombat.

    Les nouvelles de ces recueils mettent en scène un narrateur qui s'exprime à la première personne dont on peut supposer qu'il s'agit à la fois de l'auteur Kenneth Cook dans des aventures réelles ou fantasmées.

    L'autre trait marquant et fil rouge de ces histoires - que l'on pourrait rapprocher de contes modernes - est leur aspect cocasse. Souvent, sont mis en scène des animaux de la faune locale, kangourou, chiens sauvages, autruche, rat etc qui jouent des tours "pendables" à l'homme - au narrateur ! Et quand ce ne sont pas les animaux, ce sont les éléments : blizzard, mer déchainé etc...

    Les hommes, à l'instar des sauveteurs en mer, paraissent pour le moins maladroits, voire incompétents !

    Mais pas tous les hommes car il y a dans ces nouvelles, une catégorie d'individus, très souvent des indigènes du cru - les arborigènes - qui semblent tirer leur épingle du jeu : type capable de lancer une balle au cricket comme personne, autre personnage pouvant faire tomber une pièce de monnaie du côté qu'il désire à tout coup, cow-boy impossible à désarçonner ou bras-de-ferriste imbattable quand on ne connaît pas sa faiblesse. Beaucoup de ces personnages ont un côté roublard et bluffeur !

    Bref, le bush de Kenneth Cook est un endroit où la surprise et l'inattendu vous attendent au bout de la moindre piste... Et c'est souvent le narrateur qui en fait les frais !

    Une lecture que j'ai beaucoup apprécié au point d'avoir envie d'étendre ma connaissance de cet écrivain dans le futur.

    Et pourquoi ne feriez-vous pas de même ?!

    A bientôt !


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  • Les enfants de la veuve - Paula FoxVoici un roman contemporain, Les enfants de la veuve, qui, comme son titre peut le laisser supposer aborde le thème de la famille.

    J'ai déja eu l'occasion de vous parler de Paula Fox à l'occasion d'un billet sur Le dieu des cauchemars, roman se déroulant à la Nouvelle-Orléans et abordant, si ma mémoire est bonne, les relations entre une nièce et sa tante à la dérive.

    Cela semble être des thématiques récurrentes chez cette auteure : la famille, la déliquescence des individus et les regrets qu'ils expriment. L'écrivaine déploie aussi un certain art de la psychologie !

    Dans Les enfants de la veuve, l'"action" tourne autour d'un dîner au restaurant, réunissant Laura la mère, Desmond le beau-père, Carlos le frère, Clara la fille et Peter l'ami puis de l'annonce du décès de la doyenne, la vieille Alma.

    La famille dont il est question possède son lot de non-dits, de rancunes, bref tout n'est pas pour le mieux... comme dans toutes les familles.

    Alma est l'ancêtre, celle qui, à 16 ans, a quitté son Espagne natale pour venir à Cuba épouser lors d'un mariage arrangé un riche homme de 22 ans son ainé. Elle eut trois enfants, Carlos, Eugénio et Laura et fut une mère absente. Aujourd'hui elle meurt dans une maison de retraite.

    Laura est une mère autoritaire, manipulatrice qui étouffe sa fille Clara qu'elle eut d'une première union avec Ed Hansen. Elle s'est remariée avec Desmond, un homme obnubilé par la boisson et la hantise de vieillir.

    Carlos est le frère de Laura et le bon oncle de Clara. Il est homosexuel. Son frère Eugénio lui souffre de troubles psychiques.

    Il y a Clara, la fille, qui tente de faire bonne figure face à Laura. Elle a été élevée par sa grand-mère Alma et semble regretter cette période de sa vie qui lui a été très pénible.

    Enfin, il y a Peter Rice, ami de Laura dans une relation complexe pas vraiment amoureuse mais teinté de rapports de domination et de soumission.

    Tout est en place pour cette tragédie familiale. L'auteure nous fait apercevoir lors de brefs instants de lucidité des protagonistes ce qu'ils cachent derrière leurs masques.

    A recommander à tous les amateurs de récits mettant en avant les relations humaines !

    A bientôt !


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  • Oscar Wilde, auteur anglais de la fin du XIXème siècle, est avant tout un écrivain de théâtre. Cependant, il a, au cours de sa carrière littéraire, composé un roman virtuose, un unique roman, le Portrait de Dorian Gray.

    Ce roman présente des similitudes avec des oeuvres plus précoces dans le siécle, d'autres auteurs, notamment La peau de chagrin de Balzac. Dans les deux cas, les personnages doivent une forme d'immortalité -et de déchéance morale - à un talisman, là une peinture, là un morçeau de peau animale.

    Mais les ressemblances s'arrêtent là car chacune de ces deux oeuvres s'inscrit dans un contexte particulier. Dans le cas du roman de Wilde, on est au coeur de la société britannique victorienne. Les dandy sont à la mode !

    Résumons l'intrigue (mais rien ne remplacera votre lecture) : le jeune Dorian Gray est une beauté de la nature. Le peintre Basil Hallward va éxecuter son portrait, qui sera le summum de son art. Durant la séance, Dorian emet un voeu sans même s'en rendre compte : que le portrait vieillisse à sa place. Dès lors, en effet, à chaque fois que le jeune apollon recevra un coup du destin et à fortiori chaque fois qu'il commettra un forfait moral, ce sera le tableau, devenu receptacle de son âme, qui en portera les stigmates.

    On ne peut qu'admirer dans ce roman le style élégant et raffiné d'Oscar Wilde - servi par une excellente traduction - qui reflète une société huppée où les personnages ne sont pas avares de maximes révélatrices d'un certain cynisme face à la fin de siècle. On retrouve un peu l'ambiance des romans de Huysmans par moments (et Gray a parfois quelques manies communes à lui et Des Esseintes) !

    Ce qu'il est important de souligner c'est que tout au long de l'ouvrage court une réflexion poussée sur les rapports entre réalité (vérité ?) et art, entre intériorité et apparence (la psychanalyse verra bientôt le jour à peine un à deux décennies plus tard !). Tout se passe comme si l'art s'emparait du réel, comme si il y avait substitution de l'un par l'autre ! L'un traduit l'autre (dans le cas de l'apparence et de l'intériorité).

    Dorian Gray est influencé par le personnage de Lord Henry. Il va mener une vie d'hédoniste -qui basculera dans la débauche - en butte à une société anglaise où règne le puritanisme. Mais, notamment grâce au Portrait, les apparences sont sauves (pour un temps !).

    Si l'on exagère un peu, on pourrait presque établir une mise en abyme, un lien entre Lord Henry corrupteur du jeune Dorian et Oscar Wilde accusé - et incarcéré - pour avoir "détourné" le fils du Marquis de Queensbury !

    Enfin, on pourrait tout aussi bien dire que ce roman est un peu une promenade de Platon chez les dandy, une réflexion sur l'incarnation et la représentation des choses.

    Bonne lecture et à bientôt !


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  • Le Sous-marin de l'Apocalypse - Michael DiMercurioVoici un roman de guerre, signé par un ancien officier de l'US Navy, Michael DiMercurio, à classer dans la catégorie des thrillers technologiques à la Tom Clancy.

    Le roman débute par le naufrage du sous-marin US Stingray, commandé par "Patch" Pacino du fait d'un officier russe, en pleine Guerre Froide. L'incident est étouffé et 30 ans plus tard, son fils, Michael Pacino, va se retrouver confronté à un amiral russe, rebelle et nostalgique de l'URSS et prêt à déclencher l'apocalypse nucléaire. L'amiral Novskoy est celui-là même qui a envoyé le Stingray par le fond.

    Vous l'aurez compris, on a ici tous les éléments d'une tragédie à l'antique, le fils voulant venger le père.

    Et l'amiral Novskoy a les moyens de son projet dément. Il usurpe le commandement du Kaliningrad, un sous-marin à double coques, à la propulsion révolutionnaire et armé de torpilles Magnum nucléaires et intelligentes.

    Le récit est construit à la manière cinématographique, alternant les scènes d'un lieu à l'autre et ménageant efficacement le suspense.

    L'équipage du Devilfish, le submersible de Michael Pacino devra payer le prix fort dans cet engagement. Le capitaine menera l'affrontement en compensant son désavantage technologique par l'usage de manoeuvres non-conventionnelles.

    Je concluerais ce billet en précisant que l'auteur connait bien son sujet. Il y a de nombreuses descriptions techniques sur le fonctionnement d'un sous-marin, de sa navigation, de ses missiles et torpilles, de la chaine et des procédures de commandement. En plus, on trouvera dans le livre des plans des navires et un glossaire.

    A bientôt !

    PS : En cherchant une photo pour illustrer ce billet, je découvre qu'il existe un film de 1961 intitulé "Le Sous-Marin de l'Apocalypse" mais qui est sans rapport avec notre roman ^^.


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  • Revenants - Paul AusterA la fin des années 1980, l'auteur américain Paul Auster s'est fait connaitre avec sa trilogie new-yorkaise. Après un premier volume intitulé Cité de verre, Auster poursuit son cycle avec Revenants.

    Je serais tenté d'insister sur le caractère improbable de cette histoire qui me fait davantage pensé à un conte, par sa briéveté d'une part (à peine 80 pages dans sa traduction) mais aussi par les noms utilisés pour les personnages : Bleu, Mme Bleu, Blanc, Noir, Brun...

    Ce qui se cache plus certainement derrière Revenants, c'est un récit métalittéraire, autrement dit une réflexion sur la littérature, plus exactement sur l'auteur, l'écrivain (pas Auster mais l'écrivain au sens générique) et ses personnages !

    Bleu est un détective privé. L'"action" se passe en 1947 et pour l'essentiel entre 4 murs à Brooklyn Heights. Bleu se voit confier une enquête par Blanc. Il doit planquer et surveiller Noir... et aussi envoyer des rapports réguliers à son commanditaire.

    Noir est écrivain. Il a une vie bien peu passionnante. Il lit par ailleurs l'ouvrage ardu de Thoreau qui vécut en ermite. Cependant, c'est Bleu qui va se comporter en écrivain en rédigeant ses rapports. Et vous l'aurez peut-être compris, comme moi, Noir et Blanc ne sont en fait qu'une seule et même personne et Bleu observe, sans le savoir, son commanditaire. Bleu s'en rend compte à la fin du roman lorsqu'il subtilise le manuscrit de Noir pour découvrir que ce sont les rapports qu'il a rédigés. Bleu se retrouve donc en quelque sorte pris dans un piège. Comment cela va-t-il se terminer ?

    J'en ai déja trop dit...

    Paul Auster continue sa réflexion sur la littérature dans ses romans suivants.

    A bientôt !


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  • "On peut violer l'Histoire si c'est pour lui faire de beaux enfants". Cette citation de Dumas père pourrait fort bien s'appliquer à Da Vinci Code, ce roman à énigmes de Dan Brown, best-seller de 2003. Je m'en souviens très bien, à l'époque, j'étais en région parisienne et de nombreuses personnes avaient le livre entre les mains dans le RER et le métro. Pour ma part, hostile par principe aux phénomènes de mode, j'attendais début 2006 pour lire la chose !

    Le Code Da Vinci décrypté - Simon CoxLe livre a déclenché une vive polémique à l'époque et des réactions offusquées des autorités religieuses. Il est vrai que la théorie centrale du roman : Jésus a eu des enfants et sa descendance s'étend jusqu'à nos jours en passant par les rois Mérovingiens a de quoi choquer le croyant car elle remet en question la nature divine du fils de Dieu. Le succès du livre s'explique en partie par ce battage médiatique mais aussi parce qu'il se déroule comme un roman policier, menant la lecteur d'énigmes en énigmes.

    Robert Langdon est un spécialiste en symbologie. Son ami Jacques Saunière, le conservateur du Louvre est assassiné dans son musée mais laisse un message ésotérique au moment de sa mort. De là, Langdon, assisté de Sophie Neveu, la petite fille de Saunière va mener l'enquête pour savoir qui a tuer le vieil homme et surtout quel secret millénaire il semblait protéger.

    Le Code Da Vinci décrypté se présente sous forme de dictionnaire avec autant d'entrées qui explicitent autant de thèmes du roman de Brown. On y trouve pêle-mêle Prieuré de Sion (s'agit-il d'une imposture ?), Chevaliers du Temple, Hérésie Cathare, Opus Déi, Léonard de Vinci, Isaac Newton, Féminin Sacré...

    On y apprend surtout que Dan Brown n'a rien inventé (enfin si car c'est quand même une fiction !) mais qu'il a repris des éléments -eux-même soumis à caution - d'un ouvrage de 1983 de Michael Baigent, Richard Leigh et Henry Lincoln : L'Enigme sacrée.

    Evidemment, tout cela pourra paraitre bien fumeux et j'avoue pour ma part avoir été nettement moins convaincu par un autre roman de Dan Brown, Anges et démons où la séquence où le pape fait exploser une bombe à antimatière (excuser du peu !) et saute en parachute outrepasse les limites du ridicules !

    Au delà de la polémique, les esprits chagrins se consoleront en se disant que ce n'est que littérature et non document historique ! Dès que l'on touche à la Foi, le travail de l'historien se trouve par ailleurs compliqué ! Et pour la littérature, je vous renvoie à la citation de Dumas en exergue.

    Un point positif est que le livre donne envie de se renseigner sur certains faits historiques eux-bien réels, encore faut-il faire preuve de discernement !

    Sur ce, je vous dis à bientôt !

     


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  • La vie de Richard Granger n'avait pas commencé sous les meilleurs auspices ! Fils d'une prostituée battue, il devient un criminel, voleur, homicide et escroc. Ses combines tournent mal et il doit s'enfuir loin de la mafia en Californie...

    Des années plus tard, la communauté des Mangeurs de Riz est bien établie à Silver River Valley près de San Francisco. ses membres, une quinzaine d'individus, adoptent un mode de vie post-hippie, pratiquent l'amour libre et cultivent la vigne. C'est là que l'on retrouve Ricky devenue Priest, le leader de la secte.

    Mais voila que le gouverneur veut inonder la vallée en construisant un barrage. Priest, craignant de voir son monde s'écrouler, va alors retrouver les manières brutales de son ancienne vie qui ne cadrent pas trop avec le mode de vie hippie !

    Peut-on déclencher des séismes à volonté, qui plus est dans cette région où passe la faille de San Andréas. C'est le moyen de pression que trouvent Priest, Star, Mélanie et Chêne pour faire fléchir le gouverneur. Dès le début du roman Apocalypse sur commande, thriller de Ken Follett, Priest commet un autre homicide pour dérober un vibrateur sismique.

    Face à ce psychopathe en puissance, l'agent du FBI Judy Maddox va tout faire pour empécher la catastrophe. Mais elle ne rencontre pas que l'opposition des "Soldats du Paradis" mais aussi des querelles internes à son agence !

    Ajouter un vieux père flic proche de la retraite, un séduisante sismologue et vous avez tout une galerie de personnages auxquels pourra s'attacher le lecteur. On suit la progression de l'enquête jour après jour tandis que le chrono tourne ! On se croirait un peu dans 24 heures chrono. Ceci montre encore le pouvoir de l'écrit : un texte peut aussi bien faire passer de grandes idées philosophiques, des expériences, des sentiments, des émotions mais également réussir, aussi bien que le cinéma ou la télévision, à décrire des scènes d'actions à la manière des blockbusters dans un pur divertissement !

    Le personnage de Priest est le plus énigmatique du roman. Car après tout, sa cause écologique est juste mais la fin ne justifie pas les moyens et le lecteur se désolidarise de sa cause au fur et à mesure qu'il sombre dans une sorte de démence et d'entettement meurtrier !

    Voila, je vous parlerais plus en détails de l'auteur Ken Follett une prochaine fois (à l'occasion d'un billet sur Les piliers de la Terre peut-être...).

    En attendant, je vous dis à bientôt.


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  • Prodigieuses créatures - Tracy ChevalierQui sont ces Prodigieuses créatures du titre ? S'agit-il de ces mystérieux fossiles, reliques d'un temps disparu que l'on trouve en abondance sur les plages du Dorsetshire ? C'est probable !

    Mais je pencherais aussi pour une autre interprétation... Il s'agit aussi vraisemblement de ces femmes hors du commun dans une époque où l'homme fait la loi, le XIXème siècle prévictorien, ces vieilles filles dotées d'un intellect développés dont Tracy Chevalier met en roman le parcours tiré de faits réels et méconnus !

    L'Histoire a retenu le nom de Cuvier, le grand naturaliste français du début du XIXème siècle, ainsi que nombre de ses confrères britanniques, jusqu'à Darwin... Mais Tracy Chevalier s'évertue dans tous ses romans à nous montrer l'envers du décor, tantôt les secrets qui se cachent derrière le modèle d'un tableau de Vermeer (dans La jeune fille à la perle), ou tantôt comme ici derrière une découverte scientifique sur le point de changer radicalement la vision du monde ! En effet, les fossiles remettent en jeu les Ecrits Bibliques de la Génèse (du moins si on s'en tient à une lecture uniquement littérale !).

    Ce roman, brillant, raconte l'histoire de Mary Anning, jeune fille pauvre, que l'on suit depuis son enfance (vers 10 - 11 ans) jusqu'à ses 21 ans. C'est un personnage féminin particulièrement volontaire et attachante. Issue d'une famille pauvre de Lyme, Mary a une passion et un don : elle a l'oeil pour ramasser des curios(ités) au coeur des falaises du pays. Ce sont des fossiles dont la mode est à les collectionner : belemnites, ammonites, ophiures, bezoares etc... La vie de Mary change le jour où elle met la main sur son premier "croco" qui s'avérera être en fait un ichtyosaure ! Espèce disparue d'où la remise en cause de l'infaillibilité de Dieu et de l'Age du monde selon l'Eglise !

    Mais Mary est de condition plus que modeste et c'est une femme. Les collectionneurs masculins et nobles vont se servir d'elle pour augmenter leurs renommées. Mais Mary peut compter sur les soeurs Philpot, en particulier sur Elisabeth, qui partage sa passion pour les fossiles, et ira jusqu'à la défendre devant la National Geologic society de Londres lorsque Cuvier acussera la jeune chasseuse de curios de falsifier ses squelettes !

    Car Mary et Elisabeth possèdent en réalité de grandes connaissances dans le domaine de la géologie et de la paléontologie et cette discipline leur devra beaucoup ! Mais cela seules quelques documents - et un musée à l'heure actuelle à Lyme - en atteste !

    En bonus, il y a aussi une histoire d'amour...qui finit en queue de poisson (fossilisé) mais une romance tout de même comme dans les romans de Jane Austen !

    Voila, j'ai beaucoup aimé ce roman. Certes, il est difficile de juger réellement du style d'un auteur étranger (Tracy Chevalier est américaine) dans un traduction mais je suppute qu'ici la traduction est fidèle et donc je qualifierais le style de cette dame de léger, fin et virevoltant !

    Une lecture de plus à mon compteur... que je ne regrette pas (Reposante après les tensions de Gomorra) !

    A bientôt !


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