• Nous allons maintenant aborder un classique "Que sais-je ?" sur la discipline scientifique qu'est la Psychologie avec Maurice Reuchlin et son Histoire de la Psychologie. L'auteur y aborde en une demi-douzaine de chapitres plusieurs aspects de cette science dans ses différentes déclinaisons : psychologie expérimentale, psychologie animale, psychologie différentielle, psychologie pathologique, psychologie de l'enfant et psychologie sociale !

    Car oui, la Psychologie est une science, née durant le XIXème siècle, qui fait appel à des expériences et des observations pour tirer des lois générales du comportement humain. Reuchlin la distingue de la Philosophie de l'esprit et mentionne ses affinités avec la physiologie. Il y a une dualité entre esprit et cerveaux et les comportements s'exprime à travers des changements d'état du corps.

    On mentionne les travaux précurseurs de Gustav Fechner qui étudia au XIXème siècle sensations, perceptions et stimulus et ceux de  Wilhelm Wundt qui fonde le premier laboratoire de psychologie expérimentale au monde.

    Les approches de la discipline sont très diverses, recourant aussi aux statistiques et trouvent de nombreuses application - en pédagogie (travaux sur l'intelligence de Binet) ou les fameux tests psychologiques pour mesurer les aptitudes. Si on tente de dégager des lois générales - tout en étant conscient qu'il faut se méfier des théorisations à outrance - on sera au fait des variations individuelles.

    On étudiera aussi les "formes", évoquera aussi le Behaviorisme, le Gestaltisme, les travaux de Charcot sur l'hystérie, ceux de Pavlov sur le réflexe conditionné, les thèses évolutionnistes, la psychanalyse de Freud, les approches "transversales" ou "longitudinales" sur le développement de l'enfant ou les études des liens entre individus et groupes en psychologie sociale.

    Voilà, j'avais prévu de parler dans le détail de cet ouvrage mais ça nous emmènerait trop loin ! De nombreux auteurs sont mentionnés ainsi que leurs travaux, ouvrages, filiations et influences ! Je reviendrais dans des séries de billet sur tel ou tel aspect particulier dans les mois à venir car j'envisage de faire des études de Psycho en 2021 - 2022 ! Ce billet est au final très évasif !

    "Défi lecture N°12" !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Pour aborder la dernière section d'Anthropologie structurale, je vais reprendre des éléments d'un exposé que j'ai fait en visioconférence dans le cadre de mon Master M1 de Philosophie, en avril 2021. Cette 5ème section comporte trois chapitres qui ont trait à des questions portant sur les méthodes et l'enseignement de l'Anthropologie, Lévi-Strauss, après des années de terrain en Amérique du Sud, avait pour ambition de donner une légitimité scientifique à l'ethnologie à partir d'un important travail de conceptualisation et en fondant le Structuralisme, appelé à déborder sur d'autres domaines (Littérature, Psychanalyse,...)

    Dans ces chapitres, Lévi-Strauss commence par interroger les termes "Social Structure" et par définir ce qu'est une "Structure". A l'origine, il y a une conférence de 1952, donnée aux Etats-Unis alors que les années d'exil de Lévi-Strauss sont sur le point de se terminer. Les influences américaines y sont patentes et j'ai eu l'occasion de développer durant mon exposé sur  les apports de la cybernétique de Norbert Wiener, la "Théorie des jeux" de Von Neumann et la "Théorie de l'Information" de Shannon. Et j'ai aussi évoqué l'emploi des mathématiques modernes - en particulier des statistiques mais pas seulement, aussi des maths non quantitative - dans toutes ces disciplines.

    On distingue les modèles mécaniques - qui se calquent sur la physique de Newton et traitent des petits échantillons de données - et donc le modèle statistique pour des populations plus grandes. L'ethnologue, lui, travaille sur des petites tribus puis ensuite utilise une méthode comparative en croisant ses données avec celles des autres chercheurs de terrain. Mais l'induction est-elle valable en ethnologie et plus largement en sciences sociales ? Doit-on généraliser en lois les données de terrain ? Les faits humains ne sont-ils pas contingents et uniques ?

    En réalité, la méthode structurale, en opérant des classifications, ne visent pas moins qu'à découvrir des structures plus profondes et qui ressortent de l'inconscient humain, mener vers une théorie de l'esprit.

    Lévi-Strauss puise dans la cybernétique qui étudie le fonctionnement des systèmes, leur régulation - au moyen de messages notamment - mais il ne va pas au bout de la démarche et exclut ainsi le concept de "feedback" ou rétrocontrôle ! Rencontre ratée entre Lévi-Strauss et Wiener donc !

    Par la suite, Lévi-Strauss s'étend, toujours dans le chapitre 15, sur les différents niveaux de communications (des femmes, des biens et services et des messages - rappelons que l'on est dans des sociétés primitives). Il dit quelques mots sur ses prédécesseurs, en particulier sur Radcliffe-Brown en évacuant ses explications par le biologique et le physiologique.

    Dans le chapitre 16, notre savant qui sera centenaire clarifie ses positions quant au Marxisme et le chapitre 17 est plus technique encore et plus programmatique puisque Lévi-Strauss y établit ce que devrait être un enseignement de l'ethnologie/anthropologie en France, en détaillant les cursus et le contenu des enseignements.

    Voilà qui conclut cette série de billets sur Anthropologie structurale, ce recueil d'articles et de conférences, publié en  1958.

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Dans les années 1940 et 1950, Lévi-Strauss peaufine sa méthode structurale dans le domaine de l'anthropologie, discipline qu'il a contribué à faire évoluer de la simple analyse et mesure physique vers une science qui crée des concepts et élaborer des théories. Depuis le début des années 30 et son séjour chez les Nambikwara - puis durant son exil aux USA durant la Seconde Guerre mondiale, l'auteur de Tristes tropiques, s'affaire surtout sur les études de parenté dans la continuation d'un Radcliffe-Brown et sur l'organisation social ( voire mes deux articles sur les Sections 1 et 2)  puis petit à petit, il se tourne vers l'étude des mythes. Mais dès les années 1940 - et les deux chapitres 13 et 14 de la Section "Art" sont les plus anciens d'Anthropologie structurale.

    Lévi-Strauss montre la permanence des Mythes - qui perdent au fil du temps tout en changeant des éléments - et se transmettent dans les récits mais aussi dans les objets d'arts, les objets culturels ou les poteries par exemple. Les structures sont donc des choses un peu permanentes même si elles subissent des transformations.

    En faisant cela, notre spécialiste des Mythes lance des ponts entre l'ethnologie/ ethnographie et l'archéologie - car le passé subsiste et perdure dans le présent. Ponts aussi avec l'Histoire de l'Art ! Et les Mythes sont là d'un peuple à l'autre Le présent permet donc ici d'accéder au passé. Ici, Le Mythe - à travers notamment l'Art -  fait le lien entre des régions éloignées géographiquement et temporellement.

    Lévi-Strauss étudiera plus en profondeurs les Mythes dans les quatre tomes des Mythologiques. Mais il est déjà question des Mythes dans le chapitre 14 qui mentionne une dyade autour d'un "serpent au corps rempli de poissons", le serpent Lik. On retrouve ainsi ce serpent sur des vases.

    Mais avant ce chapitre 14, dans le chapitre 13, Lévi-Strauss mentionne les similitudes et les communications entre les arts de l'Amérique du Nord-Ouest et la Chine antique - le dédoublement de la représentation. Il note une stylisation intense, un schématisme et un symbolisme, des images dédoublées, une dislocation des détails particuliers détachés de l'ensemble ainsi qu'une symétrie très élaborée - avec des  symétries de détails - dans des cultures différents et pas ces ressemblances ne sont pas liées à la théorie du diffusionnisme. C'est en effet cette théorie, que l'on doit à Franz Boas qui est révoquée.

    Ce chapitre 13 est le seul du recueil d'articles qu'est Anthropologie structurale à contenir des  photos : poteries, vases , tatouages, etc,... Il devait donner lieu par la suite, en 1975, à l'ouvrage La Voix des Masques du même Lévi-Strauss.

    La thèse est que "les Arts expriment des Mythes quand il n'ont pas directement une fonction religieuse." Et les points communs entre ces Mythes et ces Arts suggèrent une structure mentale commune sous-jacente.

    Lévi-Strauss porte son étude sur les masques à volets, appellés ainsi par l'auteur tandis que depuis on dit plutôt "masques à transformations". Mais il est aussi question des tatouages - de visages notamment - et des maquillages. Notre anthropologue estime que la fonction religieuse de ces Arts primitifs a dégénéré en fonction simplement ornementale. N'est-ce pas aussi le cas de l'Art occidental ?

    Je vous dis à bientôt pour la Section 5 : "Méthodes et enseignements" - sur laquelle j'ai fait un exposé dans le cadre de mes études universitaires.

    A bientôt !

    PS : Cet article est le centième dans la catégorie "Essais" sur Overblog mais il y a bien plus d''Essais" car la section est doublée par la section '"Essai" au singulier, suite à une vieille erreur et inattention au départ de ma part - que je n'ai pas encore corrigée mais que je rectifierais peut-être un jour ?


    votre commentaire
  • Il est temps de présenter succinctement la Section 3 d'Anthropologie structurale de Claude Lévi-Strauss, qui comme son entête l'indique, est consacrée à la "magie et religion".

    C'est notamment dans ces chapitres, après avoir parlé des systèmes de parenté que l'auteur va revenir sur l'analyse des mythes, constitués de mythèmes qui sont par analogie, l'équivalent des phonèmes en Linguistique.

    Notre anthropologue est connu pour avoir brassé un grand nombre de mythes et de récits indigènes pour en dresser les similitudes et variations et en découvrir la structure cachée, inconsciente qui est à l'origine de toutes ces légendes. Il établit aussi par la suite une relation, un parallèle avec les systèmes de parentés, suggérant que tel mythe est lié à tel système de parenté, tel filiation et telle lignée.

    Il m'est bien sûr impossible ici de rentrer dans le détail de l'analyse des mythes telle que la pratique Lévi-Strauss. Il prend soin de préciser que pour mieux comprendre les structures, il est amené à dresser des tableaux comparatifs et plus encore des "grilles" en trois dimensions voire encore plus de dimensions ! Un travail considérable encore à effectuer à l'heure actuelle alors que ces tribus primitives disparaissent sous les assauts de la mondialisation ! Un travail que je pourrais faire en mémoires et thèse de Sociologie sauf que je travailerai plutôt sur l'I.A. au quotidien et sur la "réinsertion des handicapés psychiques dans le Calvados" !

    Lévi-Strauss décrit assez précisément un certains nombre de rituels et de mythes dans les chapitres 11 et 12 de son livre et c'est assez technique ! Il analyse aussi à titre d'exemple le Mythe d'Oedipe, revient sur les travaux de collègue, dévoile certains éléments mythiques comme les antagonismes avec les dieux, la rôle symbolique d'activités come la cueillette l'agriculture et la chasse ! Dans les faits, rites et mythes sont liés mais plus surprenant, il arrive aussi qu'un mythe d'une peuplade évoque des pratiques rituelles et des usages sociaux qui sont ceux d'autres peuples que la tribu concernée.

    Il est aussi question de sorciers et de magie, notamment le mythe très cocasse du "garçon enceint". Un jeune sorcier refusa un jour de confier ses secrets à un vieux sorcier venu avec sa femme - pour la simple raison que ce jeune homme n'avait pas encore accumulé de savoir ! En punition, le vieux sorcier le mettra enceint et ce seront des animaux magiques qui feront avorter le pauvre garçon.

    Sur les sorciers à proprement parler, Lévi-Strauss montre la fonction psychologique du sorcier et la fonction sociale. Le sorcier - qui si ses pratiques relèvent la plupart du temps du charlatanisme et de la manipulation - arrive à influencer les esprits de ses patients.  Ce n'est pas parcequ'il guéri qu'il est un bon sorcier mais parce qu'il es tun bon sorcier qu'il guérit.

    L'auteur établit un parallèle entre chamanisme et psychanalyse, dit à juste titre que nos sociétés à nous Occidentaux, sont passées de mythes collectifs - et donc avec leurs prêtres et chamans - à des mythes individuels - qui relèvent alors du Divan du thérapeute et autres psychologues. Je trouve très juste quand il dit que celui qui connait une bouffée délirante essaie en fait, inconsciemment sans doute ? - de donner du sens à une existence qui en est dépourvu - même si c'est une symbolique qui est délirante ! Pensée "normale" et pensée "pathologique" ont chacune  leurs vertus ! Une connaissance à moi, très étroite d'esprit et pas prête à remettre en questions ses dogmes, m' a dit " non la bouffée délirante et la folie, c'est chimique et c'est le cerveau qui déconne" (donc on traite par médocs et pas par la parole !). Moi, je pense que les deux explications - le biologique et la symbolique - ne s'excluent pas et que le cerveau fige ensuite dans ses circuits les contenus traumatisants ! Mais revenons à nos moutons !

    Le sorcier qui n'est plus reconnu socialement, est mis au ban et perd ses pouvoirs  - car à côté de la psychologie, il y a la fonction sociale du sorcier et du chaman !

    Voilà, je vais m'arrêter là et vous donne rendez-vous pour la quatrième partie sur la Section suivante qui parle d'Art (ce qui va plaire à ma camarade Nesha !).

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Nous terminons notre présentation de l'ouvrage de Baudrillard, Le Système des objets - avec la fin de ma note de lecture problématisée dans le cadre de ma Licence de Sociologie.

    Dans la section suivante, Baudrillard, analyse les notions de modèle et de série qui relève de la combinatoire/ Le modèle de la série se déduit par induction de la série.  Le modèle n'est jamais qu'une idée et pas une réalité et la différence entre les objets de série constitue la mode. C’est le processus évolutif de la série qui rend possible la personnalisation et renvoie à l'idée de subjectivité, de singularité et de la conscience. Il y a toutefois déqualification de l'objet en série par rapport au modèle : fragile et éphémère suivant l’obsolescence programmée à la base de l'économie.

    On assiste aussi à un « essai de promotion du goût au niveau des masses » mais ces séries restent des stéréotypes qui donnent l’illusion d'une distinction personnelle. En réalité, les différences sont intégrées d'origine par l'industrie, et les différences de classe sociale se répercutent dans des classes objets de qualités différentes.

    Baudrillard aborde ensuite les facilités de paiement et le crédit. Est-ce que cela obéit à un désir de consommation ? Une liberté ? C’est la stratégie du désir là encore et de jouissance des objets.

    Mais le modèle de luxe s'achète content bien qu’on observe aujourd’hui une extension du crédit avec les angoisses des échéances où finalement, l'objet échappent au consommateur dans le temps.

    Les objets matérialisaient le travail accompli et l'épargne suivant un mode puritain de l'effort et de la récompense où l'objet est une sécurité pour l'avenir. Aujourd'hui les objets anticipent sur la masse d'efforts avec le crédit et c’est un asservissement avec des générations d'objets qui se succèdent rapidement dans une vie d'homme alors qu’avant c'était l'inverse.

    On observe par ailleurs un consensus circulaire dans un système durable :  achat/ emploi/ salaire/ achat.

    Le crédit ajouté à la personnalisation des objets amènent à une fonction socio-politique des objets et les objets sont d'abord produits et achetés et pas possédés et pratiqués. La production vient hanter le monde intime du consommateur.

    La publicité est une connotation pure, inessentiel qui dissuade autant qu'elle persuade selon une logique de la fable et de l’adhésion vantant protection et gratification. La publicité vise l'individu dans son rêve personnel bref elle s'occupe de ses désirs, le réconforte et utilise image maternelle où fonction ludique, vise un processus de régression avec identification à du collectif : « tout le monde désire l'objet ».

    Personnalisation équivaut alors à accomplissement personnel pour permettre aux pulsions de se cristalliser sur des objets. Mais le système des besoins devient moins cohérent que celui des objets.

    On peut dire que l'ordre technique détruit le modèle socio-relationnel avec des catégories d'objets qui induisent très tyranniquement des catégories de personnes. Ici, il faut introduire le concept de marques qui permet la fidélisation des consommateurs.

    C’est un système dialectique de gratification et de frustration. Le standing permet la reconnaissance sociale et toute personne se qualifie par ses objets avec un désir de discrimination, de hiérarchisation et de distinction.

    En conclusion, si on veut donner une définition de la consommation avec Baudrillard, on pourra dire que ce n’est pas simplement l’autosatisfaction des besoins (phénomène passif) mais un mode actif de relations aux objets, dans la collectivité et au monde. L’objet ne comble pas simplement un besoin dans une autosatisfaction mais il s’organise en substance signifiante et en ensembles d'objets formant un discours cohérent. La consommation est donc une manipulation systématique de signes.

    L’objet devient signe et est seulement alors objet de consommation. Désirs, projets et exigences se transforment en signes.

    Les objets décrivent les vides des relations humaines en s'y substituant. C’est une « idée de la relation ». La consommation n'est pas la satisfaction des besoins car les besoins sont limités où la consommation est infinie avec une consommation compulsive. C’est une pratique idéaliste totale sans rapport avec le principe de réalité pour donner une « raison de vivre ». Les objets-signes peuvent se multiplier à l'infini pour combler une réalité absente, telle la conclusion de Jean Baudrillard.

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Dans le cadre de mon mémoire de Master M1 de Philosophie, j'ai été amené à étudier Noam Chomsky, auteur, philosophe et linguiste, dont la lecture demande beaucoup de concentration ! Ses explications sur la théorie grammaticale sont notamment très ardues à comprendre et à assimiler, dans l'ouvrage dont il est question ici, Le langage et la pensée, qui regroupe dans sa première édition trois conférences de 1967 : "le passé", "le présent" et "le futur" - et qui font un état des lieux très détaillé ! Par la suite, trois autres conférences dont une de portée très philosophique ont été ajoutées au recueil. Je me bornerai ici à parler des trois premières conférences car cela nous emmènerais trop loin !

    Qu'est-ce qui est arrivé le premier, la langage ou la pensée ? L'oeuf ou la poule ? Peut-on penser sans mots ? Avec des images ? Le langage est un excellent outil pour explorer les structures de l'esprit.

    "Le passé" dresse un historique de la science linguistique, vers ce qu'elle est devenue aujourd'hui, évoluant entre deux courants : la grammaire philosophique - du siècle du Romantisme - et la grammaire structuraliste du XXème siècle. Chomsky dégage ici les notions de structure superficielle (les sons) et structure profonde (le sens) du langage, dimensions qui sont évidemmen  liées.

    Dans "le présent", Chomsky présente l'état de ses travaux (en 1967 donc !). Il montre l'intérêt d'étudier les deux structures évoquées à l'instant pour comprendre le langage. Et il multiplie les exemples dans un exposé assez technique qui demandera plusieurs lectures. Comprendre aussi et surtout comment le représentation phonologique et la représentation sémantique sont liées ?

    Alors certes le langage est une chose instituée qui possède des règles mais Chomsky montre qu'il y a certaines ambiguîtés de phrases que nous comprenons "naturellement", sans se référer à ces règles - ce qui le conduira à poser sa thèse nativiste du langage. Nous possédons certaines connaissances sur le langage dès la naissance. Et il appuiera cette thèse sur l'argument de la pauvreté des stimuli langagiers de l'environnement du nourrisson par la suite.

    Mais en fait, les travaux de Chomsky sont des travaux en cours en 196è - et encore maintenant. Il ouvre des pistes de réflexions, ne conclut pas et nous laisse méditer.

    Le langage et la pensée est un tournant et marque la fin de la linguistique des années 1970. La structure innée que doit posséder l'esprit n'a toujours pas été identifiée et les thèses de Chomsky n'ont toujours pas été prouvées depuis !

    Chomsky s'intéresse donc ici à l'émergence du langage humain dans un ouvrage qui ne semble pas révolutionnaire à première vue et qui l'est pourtant ! Le langage est un processus éminemment complexe et il reste tant à découvrir tout autant que sur l'esprit et les deux sont liés.

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Dans le cadre de mon mémoire de Master M1 de Philosophie, je travaille sur le domaine ô combien ardu mais passionnant et fertile des sciences cognitives et de la philosophie de l'esprit. Je vais ici vous parler d'un livre de Jerry Fodor au titre amusant, L'esprit, ça ne marche pas comme ça.

    L'auteur y aborde ce que l'on appelle la Nouvelle Synthèse qui est dans le domaine précité, l'ensemble des Théories Computationnelles de l'Esprit (TCE). Peut-être vous êtes vous entendu dire enfant, si vous aviez de bons résultats à l'école ou si vous veniez de résoudre un problème de maths ardu que vous "fonctionniez comme un ordinateur" ?  C'est cela la TCE, comparer le fonctionnement de l'esprit humain à celui d'une machine, plus précisément d'une machine de Turing !

    Cette théorie pose que les processus mentaux sont en fait des calculs qui s'exercent sur des représentations syntaxiques. Ils ont la particularité d'être des phénomènes locaux et même modulaires ! L'esprit fonctionnerait par modules qui s'acquittent chacun d'une tâche précise (reconnaitre les triangles ou les carrés, additionner, détecter les menteurs, etc,..).

    En réalité, l'esprit ne fonctionne ni par calcul et n'est pas modulaire dans sa globalité. Nos théories scientifiques pensées par notre esprit présentent un certain nombre de caractéristiques (la simplicité, la centralité,...) qui ne vont pas bien avec des processus locaux, c'est le problème de l'abduction ou comment on restreint les hypothèses. Les représentations syntaxiques ne sont pas dépendantes du contexte ! Ainsi "Pierre aime Marie" ou "Jean aime Juliette" ont la même structure syntaxique mais des contextes différents. Comment dès lors l'esprit différencie-t'il ces contextes si ce n'est pas par des calculs locaux ? C'est le rôle de la pensée globale qui n'est donc pas modulaire !

    Noam Chomsky a balisé le terrain de ces représentations syntaxiques, à propos du langage, sur le terrain épistémique. Il pose, dans la lignée de Platon et des rationalistes depuis Descartes, qu'il existe des connaissances innées ! En effet, il observe qu'autrement, les nouveaux-nés, qui évoluent dans un environnement "pauvre en stimuli", ne pourraient faire autrement l'acquisition du langage sans ce matériel innée. C'est donc un nouveau nativisme à peu de frais !

    Et Darwin dans tout cela ? Si on pense les processus cognitifs comme des calculs, on est amené à envisager la modularité et si on croit en la modularité, alors l'adaptation évolutionnaire est invoquée. Nous aurions un bagage à la naissance qui nous permet de nous adapter "à tous les mondes" (et à interagir avec nos congénères qui partagent le même bagage) puis dans notre vie, on acquiert des connaissances empiriques et contingentes qui nous aident à interagir avec notre milieu local. Comme le monde précède l'esprit, on peut raisonnablement envisage que celui-là façonne celui-ci ! Cet argument en faveur de l'évolution tient en tout cas plus la route que ceux de la cohérence, de la téléologie (fonctions) ou de la complexité !

    C'est un domaine vraiment très intéressant comme vous pouvez le voir ici si j'ai bien fait mon boulot ! A la fin de son essai, Jerry Fodor confesse et dresse un constat qu'en un demi-siècle de sciences cognitives, on n'a pas beaucoup progressé et que notre ignorance reste abyssale !

    Ca m'intéresse d'autant plus qu'il y a 25 ans, j'ai obtenu une maitrise de neurosciences (mais c'est encore une autre approche !) et que j'envisage aussi de faire plus tard un cursus de psychologie ! Et comme vous le savez, je suis à fond pour la transdisciplinarité !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Écrire le monde est un ouvrage érudit mais très accessible de Martin Puchner que le quatrième de couverture nous vend comme l'un des plus grands spécialistes mondiaux de la littérature ! Comme vous ne le savez peut-être pas, j'ai obtenu en 2020 mon deuxième Master, après mon Master de Lettres, un Master Métiers du Livre filière Bibliothèques et la littérature est un domaine que je commence à connaître assez bien et le livre de ce spécialiste fait écho à des choses que j'ai apprises ou avec des articles que j'ai déjà écrit sur ce blog (sur L'Iliade, sur L’Épopée de Gilgamesh,  sur l'invention de l'imprimerie par exemple) et je vous y renvois même si je ferais quelques redites ici pour bien fixer les choses !

    Le livre de Puchner est sous-titré "La formidable épopée des livres qui ont fait l"histoire". C'est raconté de manière vivante et très plaisante !

    L'auteur commence son récit avec deux textes fondateurs et très anciens, donc L'Iliade d'Homère et avant elle encore L’Épopée de Gilgamesh qui lui remonte presque au début de l'invention de l'écriture. Sur le récit d'Homère, il illustre l'importante de celui-ci, outre le fait bien connu qu'il faisait partie de l'éducation de tous les jeunes Grecs, par l'autre fait qu'Alexandre le Grand en emporta avec lui dans sa conquête du monde une version annoté par Aristote, son précepteur. Ce récit devait servir d'inspiration à ce conquérant qui se voyait comme un nouvel Achille ! En un sens ce texte a fait l'Histoire, guidant les actions du Macédonien, dont Martin Puchner nous rappelle le périple et le destin précocement funeste!

    Ces anciens récits ont donc à voir avec les Rois, tout comme L'Epopée de Gilgamesh qui a partie liée avec la Bibliothèque du roi Babyloniens Assurbanipal qui désirait s'informer sur l'Histoire. Ceci permets à notre spécialiste de littérature de revenir sur ce qu'était l'écriture cunéiforme, une de premières formes d'écriture et sur son support les tablettes d'argiles !

    Les premiers textes fameux de l'Histoire concernent aussi plus généralement les peuples et il est temps de parler de la Bible hébraïque compilée par le scribe Erza, lors du retour des juifs en terre de Palestine au Vème siècle avant J.-C. La nouveauté fut qu'à côté du Temple où reposaient les Tables de la Loi, on avait désormais l'autorité du Livre !

    Une rupture est instaurée dans les derniers siècles avant J.-C, avec quatre maîtres à penser sans équivalents dans l'Histoire qui paradoxalement, pour aucun d'entre eux ne fixèrent leurs textes par écrit que ce soit sur papyrus ou parchemins - ce furent leurs disciples qui le furent ! Vous aurez bien sûr compris que je parle de ces quatre maîtres de sagesse, à l'origine de religions et de la philosophie : Bouddha, Confucius, Socrate et Jésus.

    Direction ensuite le Japon avec celle que l'on connaît sous le nom de Murasaki Shikibu ! Aux alentours de l'An 1000, ce fut elle qui fut à l'origine du premier roman de la littérature mondiale  - et non Cervantès pour Don Quichotte, 500 ans plus tard, comme on le croit à tord et qui ne le fut lui que pour les Lettres européennes. Ce premier roman, qui se distingue de la matière antique et qui inclut par ailleurs un grand nombre de petits poèmes, c'est le Dit du Genji qui raconte comment un noble, fils de l'Empereur et d'une courtisane de deuxième rang est devenu un roturier et tombe amoureux d'une jeune dame dont il prends l'éducation en charge dès l'âge de dix ans en lui apprenant la calligraphie, la poésie et les caractères chinois.

    Ce Dit du Genji était composé en calligraphie kana, une écriture simplifiée à destination des femmes qui avaient interdiction d'étaler leur culture ou d'étudier la littérature chinoise qui était le modèle que prenait la littérature japonaise ! Murasaki n'en demeure pas moins une sorte d'"insoumise" (pour reprendre une série récente d'articles que j'ai écrits !) et rédigea aussi sur la fin de sa vie un journal intime !

    L'origine des Contes des Mille et Une Nuits avec Shéhérazade, sa conteuse prolifique, qui est en réalité une grande lectrice, est un mystère ! On doit la traduction en France par Antoine Galland, au tout début du XVIIIème siècle, mais saviez-vous que devant le succès de son entreprise de traduction et la forte demande du public, Galland fit rédiger par un auteur syrien des contes supplémentaires dont les plus célèbres comme Sinbad, Aladin ou Ali Baba ! Une théorie fumeuse attribue la compilation des récits d'origines à Alexandre le Grand qui de par les pays qu'il visita et conquis aurait très bien pu le faire tant ses récits sont de provenances diverses !

    On passe ensuite à l'Imprimerie et l'invention de Gutenberg qui fut en fait une réinvention déjà présente en Extrème-Orient ! La xylographie (sur bois) existait aussi déjà ! L'inventeur originaire de Mayenne produisit une Grammaire de Donat, un pamphlet anti-turc et des indulgences (à la suite de la Chute de Constantinople) puis une fameuse Bible en latin qui remporta un grand succès auprès de l'Eglise !

    Mais une cinquantaine d'années plus tard, Luther utilisa cette invention révolutionnaire pour diffuser ses 95 Thèses contre le pape et l'Eglise Catholique et son "trafic" d'indulgences. Ce fut la première bataille de l'opinion qui allait amener à l'"hérésie protestante". Luther a par la suite traduit la Bible en allemand pour la rendre accessible au plus grand nombre en se passant des prêtres et des curés ! Une bref mention est faite aussi aux travaux des Humanistes dans l'essai !

    Le chapitre suivant est très intéressant et montre qu'une seconde révolution de l'écriture a eut lieu indépendamment de l'Eurasie, sur le continent amérindiens, dont les populations se sont séparées du reste de l'Humanité, il y  a 40.000 ans ! Si les Incas ignoraient l'objet-livre, les Mayas avaient développé leur propre alphabet, leur propre papier,... Tout ceci sera détruit par l'arrivée des Espagnols et de Cortés et Pizarro. Diego de Landa, un Franciscain rassemblera les livres mayas et se livrera à un gigantesque autodafé ! Mais paradoxalement, c'est grâce à lui qu'on a encore des traces de cette culture, notamment le système de glyphes mayas qu'il consigna dans ses propres écrits !

    Pour que leur culture survive, les Mayas la consignèrent eux-même dans un ouvrage,  le Popol Vuh, rédigé en quiché, qui expose les mythes de leur civilisation. Dans les années 1990, le sous-commandant Marcos menait son armée de rebelles en diffusant depuis la jungle mexicaine des textes tirés de ce Popol Vuh.

    La vie de Cervantès est elle-même un vrai roman ! Notre homme a combattu contre les Turcs à la Bataille navale de Lepante, puis fut fait prisonnier pendant cinq ans par des pirates et détenu à Alger. Mais on le connaît surtout comme le père du premier roman moderne européen avec son  Don Quichotte. Je ferais un article en temps et en heure sur cette oeuvre car en ai commencé la lecture sur mon mobile ! Mais déjà je peux rappeler que le personnage de Don Quichotte questionne le rapport à la littérature qui peut être dangereuse. A la manière d'Emma Bovary plus tard, le héros vit dans le monde de la fiction. Il a trop abusé de romans de chevalerie et le livre de Cervantès se veut comme un réquisitoire contre ce genre littéraire désuet !

    On peut mentionner à propos de Miguel de Cervantès son combat pour le droit d'auteur alors même que cette notion juridique n'existait pas ! Il eut a lutter contre les contrefaçons et les fausses suites de son célèbre roman et se livra aussi à une critique en règle des libraires, éditeurs et imprimeurs qui spolient l'auteur (comme Edilivre continue à le faire avec ses auteurs de nos jours par exemple !) !

    Martin Puchner développe encore davantage son propos sur le circuit du livre à travers la personne de Benjamin Franklin, montre comment il contrôlait et investissait dans les journaux et les placard, dans les imprimeries et dans les chemins de poste ! Il est bien entendu fait allusion à la Déclaration d'Indépendance Américaine ! On peut voir Franklin comme un génial artisan du copier-coller avant l'heure !

    Avec Goethe, dans le chapitre suivant, l'essayiste évoque la première mention d'une littérature mondiale - car Goethe était lecteur et collectionneur de romans chinois ! C'était aussi un grand voyageur !

    Certains grands textes ont changé la face du monde ! La Bible, le Coran mais aucun ne l'a changé aussi rapidement que le Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels, qui, si il eut un impact mineur sur les Révolutions de 1848 à travers l'Europe, fut redécouvert plus tard et influença les insurgés de la Commune de Paris en 1871 mais joua un rôle majeur dans le surgissement de la Révolution Russe de 1917 ! Parmi ses lecteurs, on compte donc Vladimir Oulianov Lénine, Mao Zedong, Ho Chi Minh et Fidel Castro ! Le marxisme propose en effet un "récit des origines" et s'adresse à tous les prolétaires !

    Et en parallèle, Marx et Engels ont lancé le genre littéraire du "Manifeste" qui ne tardera pas à fleurir peu après dans l'art - qui souhaite aussi se révolutionner - avec le naturalisme, le symbolisme puis le futurisme, le dadaïsme et le surréalisme.

    Mais on connaît les dérives de l'URSS et Martin Puchner revient ensuite sur deux écrivains soviétiques dissidents, ennemis du régime et de Staline : la poétesse Anna Akhmatova et l'ancien détenu du Goulag, Alexandre Soljenitsyne. Ce genre de littérature circulait sous le manteau, sous forme de samizdats ou encore sous forme mémorisée par ses lecteurs, ce qui n'est pas sans rappeler Fahrenheit 451 La vérité sur ce régime totalitaire finira par éclater - avec les Procès de 1956 et le couronnement de l'auteur de L'Archipel du Goulag par le Prix Nobel de Littérature en 1970 !

    Martoin Puchner n'oublie pas la littérature africaine et lui consacre le chapitre suivant, ce qui est pour lui l'occasion d'explorer les rapports entre tradition écrite et tradition orale, à travers les griots ! Il s'intéresse à L'Epopée de Soundiata, un récit oral parlant d'un roi et de sa descendance, d'une sorcière et de deux chasseurs, dans le cadre de la tradition et de l'Empire mandingue en Afrique occidentale ! On apprends comment un étranger, un certain David Conrad, écouta la narration qu'en fit Tassey Condé, un griot réputé en l'enregistrant sur cassette audio avant de le transcrire en anglais ! Il est aussi question des rapports entre les traditions coraniques des Arabes et des Berbères et des peuples noirs du sud du Sahara, qui finissent par se méler, s'influencer ! Lorsque cette région d'Afrique de l'Ouest était sous colonisation français, le colonisateur posa aussi par écrits ces contes et ces légendes tandis que des locaux s'efforcaient de créer leurs propres alphabets tel le n'ko qui est le nom d'une écriture créée par Solomana Kante en 1949 comme système de transcription des langues mandingues en Afrique occidentale.

    Ceci permets ensuite à l'auteur d'Ecrire le monde d'enchaîner sur la "littérature post-coloniale" où des écrivains indigènes ont la lourde responsabilité de fournir des récits fondateurs à de toutes jeunes nation et Martin Puchner s'est ainsi rendu dans les Caraïbes, à Sainte-Lucie pour rencontre un autre Prix Nobel de Littérature, en l'occurrence Derek Walcott et son roman-épopée couleur locale, Oresmos.

    On termine avec une évocation ludique du phénomène Harry Potter où la littérature se décline aussi en merchandising à l'ère de la consommation. Sont évoqués les possibilités du numériques, d'internet et des tablettes - la littérature se démocratise encore un peu plus ! On finit en Inde au Festival de Jaipur et l'auteur fait un rapide résumé de son livre où tous les chapitres se répondent en écho !

    Un livre fort intéressant, très instructif - même si par mes études, je connaissais déjà pas mal de choses relatées dans cet ouvrage ! - et l'ensemble se tient et la démonstration est bien menée !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • On termine cette longue série de billets sur les 18 femmes du livre de Jean Haechler intitulé Les insoumises. au programme cette fois-ci, une chimiste et historienne des sciences, une religieuse et une pionnière de l'aviation !

    On a vu précédemment que les femmes en sciences étaient souvent spoliées de leurs découvertes par leurs collègues masculins ou avançaient masquées !

    Hélène Metzger est une femme de sciences, formée à la philosophie à la Sorbonne et qui durant sa vie à tenu maintes conférences où elles mettaient en garde contre le retour d'une barbarie moderne qui utiliserait la science ! Ces paroles étaient prophétiques car Hélène Metzger étant Juive - mais non pratiquante - trouva son destin à Auschwitz.

    Ce qui intéressait Hélène Metzger était l'Histoire et la Sociologie des Sciences, arriver à déterminer ce qui se passait dans la tête d'un savant lorsqu'il faisait ses découvertes, ses présupposés, sa culture, ses croyances, son milieu social, le surgissement des idées ! Elle appliqua cette méthodologie au domaine de la cristallographie et de la chimie.

    Mais Hélène Metzger n'appartenait pas à l'élite universitaire et était en dehors de l'institution. Toute sa vie, elle du se justifier, subir l'hostilité des savants ayant pignon sur rue et prouver qu'elle n'était pas qu'un chercheur amateur ! Aujourd'hui sa méthode et ses travaux sont reconnus, mais peut-être un peu tard !

    Que se passe-t'il dans les arcanes du Vatican ? La personnalité suivante est une religieuse, Joséfina Lehnert, plus connue sous le nom de Mère Pascalina, qui fut très près du pouvoir papal, celui de Pie XII.

    A l'origine, Mère Pascalina approcha Monseigneur Pacelli, bourreau de travail, afin de s'occuper de l'intendance. Tombant malade, le prélat eut besoin de recevoir des attentions et se fut la religieuse qui se chargea de veiller sur sa santé et son repos. Par la suite, ils devinrent très proches - ce qui fit courir des rumeurs - mais évidemment il s'agissait d'une relation toute à fait chaste et amicale.

    Toute sa vie, Mère Pascalina conseilla Pacelli qui devint ensuite Pie XII, pape actif durant la Seconde Guerre mondiale ! Elle fut ses yeux et ses oreilles. Comme quoi, les femmes sont parfois dans les coulisses du pouvoir ! Je ne peux m'empêcher de me demander quel rôle jouèrent Pie XII et son amie dans l'éviction des anciens nazis vers l'Amérique du Sud !

    On termine ce livre très intéressant avec Maryse Hilsz. Elle était au départ une simple couturière-modiste à Levallois-Perret. Mais son destin changea lors d'un meeting aérien à Vincennes en 1924 où elle fait son baptême de l'air en remportant un concours de saut en parachute.

    Par la suite, Maryse Hilsz quitte la mode et la couture et fait des shows aériens de parachutisme et de trapèze sous l'avion afin de se payer son brevet de pilote et son premier avion. Elle obtient les notes maximales et s'achète son premier appareil, le Joe I.

    Il faut ensuite se faire connaître et la pionnière de l'aviation, qui sera amie avec Mermoz et Saint-Exupéry, entre autres, va se lancer dans de longs périples et dans la conquête de records ! Elle rallie ainsi Saigon depuis Paris avec de nombreuses étapes, péril entrecoupé par de nombreux accidents, bris de matériels, contretemps à la frontière, panne d'essence, maladie et est auréolée de succès à l'arrivée. Elle réalise aussi un Paris-Madagascar !

    Côté records, Maryse Hilsz se prépare pour battre celui de l'altitude avec un premier record de 9000 mètres ensuite battu par une noble italienne proche de Mussolini. L'aviatrice Hilsz aura le dernier mot et établira un nouveau record à 14000 mètres par - 50°C à cette altitude !

    Pendant la guerre, notre héroïne, décorée de la Légion d'Honneur et ambassadrice des ailes française ne peut combattre car l'armée de l'air française n'accepte pas de femmes contrairement à de nombreux autres pays ! Elle convoiera des avions d'un point à un autre !

    Cette femme avait toutes les qualités pour être aviatrice, un grand sang-froid et un immense courage ! Sa carrière et sa vie se terminent tragiquement lorsqu'elle crashe son avion, happé au-dessus de Lyon, par un violent orage le 30 janvier 1946.

    Voilà, on termine ici avec ces présentations, et j'espère que vous avez apprécié ces six articles !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • On aborde maintenant la cinquième partie de ma série d'articles sur le livre de Jean Haechler sur Les insoumises avec trois nouvelles personnalités ! Alors qu'on arrive vers l'époque contemporaine, je me serais attendu à trouver des portraits de Marie Curie, de Simone de Beauvoir ou de Simone Weil. En réalité, l'auteur, Jean Haechler, a choisi de mettre sous les feux des femmes moins célèbres et c'est finalement appréciable ! On retrouve donc  Anne-Marie Javouhey, Victoria Woodhull et  Marie de Régnier !

    Anne-Marie Javouhey est une de ces femmes qui a rencontré et qui dans ce cadre, a passé sa vie à se dévouer auxautres. Son existence s'étend sur la première moitié du XIXème siècle alors que la France étend son empire colonial si critiqué aujourd'hui ! La colonisation est en effet désormais vu comme un mal alors qu'elle a en même temps modernisé certaines régions du monde mais malgré cela l'a fait dans le mépris des autochtones !

    Mais Mère Javouhey qui va diriger des congrégations de soeurs à travers le monde, établir nombres de dispensaires là toujours fait dans l'intérêt et le respect des indigènes, comptant leur donner la main dès que les institutions seraient bien établi !

    La traite négrière se poursuivra jusqu'au 4 mars 1931 après quoi les esclaves sont affranchis. Mais la Monarchie de Juillet décide de les conserver dans un état transitoire, dans un état de minorité, pendant sept ans, le temps qu'ils s'adaptent aux conditions du pays où on les a déracinés. C'est dans ce cadre qu'Anne-Marie Javouhey intervient ! Très travailleuse et entreprenante, elle a eu le coup de foudre pour l'Afrique et construit des "maisons" de congrégations  en Gambie puis en Sierra-Leone et essaime ensuite en Guadeloupe, à la Martinique, Saint-Pierre-et-Miquelon, Pondichery, Tahiti, les Îles Marquises et Mayotte. Puis elle rentre en France où elle prend en charge l'hôpital de Saint-Etienne du Rouvray près de Rouen.

    La Religieuse développera ensuite un ambitieux projet d'établissement à Cayenne en Guyane. Ses actions susciteront l'admiration des ministres de l'Etat Français malgré la jalousie d'un de ses supérieurs, Monseigneur d'Héricourt ! La postérité lui donnera raison sur celui-ci et elle sera béatifiée le 15 octobre 1950. Ses établissements perdurent jusqu'à nos jours !

    La vie de Victoria Woodhull, née Claflin, à cheval sur les XIXème et XXème siècles a été très mouvementée. Si elle se défend d'être vue comme une Pétroleuse, Victoria fut néanmoins une sorte d'aventurière américaine, avec sa sœur Tennessee, et elle se présenta à l'élection du président des Etats-Unis en novembre 1872 où bien que victime d'une campagne de dénigrement, elle recueillit tout de même 5% des voix !

    Victoria et sa sieur étaient nées dans une famille populaire et nombreuse dont les parents et le reste de la fratrie étaient des alcooliques notoires (on dirait des "cassos" aujourd'hui !). Possédant des dons de voyance et des capacités spirites et étant les deux plus jeunes enfants de la famille, les deux sœurs furent exploitées pour leurs talents par leurs parents ! Étant aussi d'une grande beauté, pratiquant l'amour libre et dotées d'un grand non-conformisme, nos deux "héroïnes" usèrent de leurs talents par la suite à leur propre bénéfice, gagnant les faveurs d'hommes puissants qui avaient un prestige intellectuelle ou de l'argent !

    Victoria épouse à un moment Canning Woodhull puis s'en sépare pour rejoindre sa sœur Tennessee qui donne des séances de voyance qui se terminent dans la chambre avec les clients qui évidemment, comblés, reviennent ! Par la suite, Victoria est fascinée par  James Blood, héros de la guerre de Sécession et président d'un club spirite. C'est le début de leur association !

    Par la suite, les deux sœurs deviennent les sortes d'infirmières particulières du commodore Vanderbilt, très  âgé mais une des plus grosses fortunes des USA ! C'est lui qui va financer les futurs projets de Victoria et c'est le philosophe Stephen Pearl Andrews qui l'épaulera de sa plume dans de nombreux combat qu'elle va mener dans le domaine social et notamment dans le champ du féminisme naissant ! Les deux soeurs publient plusieurs journaux et Victoria se présentera à la magistrature suprême ! En un sens, elles vont secouer l'Institution !

    Victoria échouera à l'élection mais cette fille, parti de rien mais qui osait tout, va continuer ses nombreux combats jusqu'à la fin de sa vie en 1927.

    Marie de Régnier, aussi connue sous le nom de Marie de Heredia, la fille de l'auteur des Trophées était remarquables par deux aspects ! Elle était une écrivaine/poétesse de grand talent (est-ce héréditaire ?) et aussi une amoureuse fervente qui eut de nombreux amants mais aussi des amantes bien qu'elle fut plus discrète avec ses histoires féminines ! On peut penser raisonnablement que le culte qu'elle vouait à l'amour alimentait son écriture !

    Dans la famille Heredia, le père, José-Maria, était criblé de dettes de jeu et c'est pourquoi un mariage de raison et d'intérêt fut consenti pour Marie avec Henri de Régnier, l'auteur de La Cité des eaux, doté d'une fortune personnelle et qui aimait la jeune femme ! Mais dès l'union, celle-ci fit un pacte avec lui comme quoi il la posséderait quand elle le choisirait !

    De fait, Régnier ne la posséderait jamais car Marie Régnier était en réalité plus éprise de Pierre Louys et c'est à lui qu'elle se donnera, aura un fils de lui qui passera pour le fils de Régnier ! Puis la jeune amoureuse fait connaitre sa plume sous le pseudonyme de Gérard d'Houville qu'elle adoptera tout sa carrière !

    Par la suite, elle côtoie toute la crème littéraire de la première moitié du XXème siècle, Marcel Proust, Léon Blum, Paul Valéry, André Gide et aura des aventures amoureuses avec plusieurs Prix Goncourt ! Il faut dire qu'elle est d'une grande beauté et sait aimer avec ardeur ! Elle a été la maîtresse de Colette puis de Willy puis des deux en même temps et aussi de Gabriele d'Annuzio, homme à femmes qui ne lui laissera pas un souvenir extraordinaire en tant qu'amant !

    Bref la vie de Marie de Régnier est bien remplie tant sur le plan sentimental que sur le plan littéraire et les deux se mêlent car "la littérature, c'est la vie " et que n'a-t'on écrit des bibliothèques sur l'Amour ! Marie de Régnier, "muse et poète de la Belle-Epoque" !

    Voilà, je vous dis à très bientôt pour la sixième et dernière partie de nos articles !


    votre commentaire
  • A la Bibliothèque de ma ville, ai décidé de me pencher un peu sur le rayon "Développement personnel" et ai emprunté le livre Rêver sa vie (et vivre ses rêves ?)  - A Work in Progress  en V.O. - d'un certain Connor Franta que je ne connaissais pas mais qu'un bandeau présente comme "le phénomène Connor Franta".

    Qui est donc ce Connor Franta ? Tous renseignements pris, c'est une star d'internet qui raconte sa vie sur les réseaux sociaux (en anglais donc car ce jeune homme de 22 ans est du Minnesota) et c'est pour résumer un Youtubeur au 5 millions d'abonnés et à près de 400 vidéos, ce qu'on appelle aussi un vlogueur. Il est aussi philanthrope, homme d'affaire, artiste et écrivain.

    Mais bon, ce garçon n'aime pas les étiquettes et pose que celles-ci ne nous définissent pas car l'être humain est bien plus complexe ! Il y a pas mal de sagesse chez ce garçon, dont la nature semble en réalité assez réservée ! Pas de volonté de devenir "célèbre" avec sa chaîne Youtube, juste un ardent désir de se réaliser artistiquement.

    Dans l'ouvrage, le jeune Connor se décrit, sa vie, sa famille, ses amis, son rapport à son corps et à sa sexualité, ses aspirations, ses peurs, ses craintes, ses rêves, ses projets et tout cela avec une certaine pudeur. Le passage où il évoque la difficulté de son coming-out montre même un certain courage de sa part.

    On apprend ainsi de Monsieur Franta (mais on le savait déjà non ?) que les vrais amis sont rares, qu'il ne faut pas avoir peur du jugement des autres, qu'il faut aussi profiter de l'instant présent (carpe diem aurait dit l'autre !), ne pas hésiter à se lancer, s'accepter tel qu'on est car nous sommes les seuls à voir nos défauts, bref tout cela est très sensé. Et ça range ce livre au rayon "Développement personnel" en effet !

    Ce livre devrait parler beaucoup aux jeunes générations, nées comme Connor Franta à l'époque du numérique et des téléphones portables qui nous accaparent.  Notre jeune écrivain se dévoile de manière honnête,  simple et positive. On pourrait avoir à tort l'image des Youtubeurs prétentieux, narcissiques dans l'esprit de la télé-réalité mais il n'y a pas ça chez ce jeune homme que j'ai trouvé tout de suite sympathique.

    Connor Franta a décidé de vivre de ses passions - et je serais bien inspiré de faire de même, c'est à dire m'investir plus dans l'écriture de nouvelles et de romans, plus facile à dire qu'à faire mais nos limites sont celles que nous nous mettons ! Le message de Connor est intemporel et universel : suivez votre voie, soyez vous-même et vivez vos rêves !

    Connor Franta profite aussi de sa notoriété durement acquise pour récolter des fonds pour son œuvre humanitaire , "The Thirst Project" pour installer l'eau potable aux populations d'Afrique !

    Un livre qui mets du baume au coeur en fin de compte !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Pour ce second billet sur le recueil Les insoumises de Jean Haechler qui dresse les portraits de 18 femmes exceptionnelles, nous allons resté dans les XVIème et XVIIème siècles avec Louise Labé, Catherine de Parthenay et Marie Le Jars de Gournay !

    On sait peu de choses de Louise Labé, c'est du moins ce qu'on m'a dit durant mes études de Lettres. En réalité, on en sait déjà beaucoup ! On sait que c'est une femme de Lettres, très savante et qui fit partie de "l'école lyonnaise" avec Maurice Scève et Pernette du Guillet.

    A une époque où la langue vernaculaire, le Français, allait s'affirmer et connaître ses premières lettres de noblesse, Louise Labé, fille d'un cordier, écrivait de la poésie, genre alors très répandu. Elle est surtout connu pour ça et en réalité son oeuvre est mince en volume.

    Les Elégies de Louise Labé sont son oeuvre la plus célèbre. Avec la mise en avant de la gloire et la figure de l'amante qui se met en avant et se transforme en poétesse pour chanter sa douleur. Mais il y a aussi le rejet de la douleur d'amour et de l'amour dans l'innamoramento ! Et bien sûr la question de l'écriture féminine. Sur l'amour, on lui doit aussi un essai, Débat de Folie et d'Amour, plus encore une œuvre de Théâtre qu'un essai à vrai dire un dialogue et son œuvre qui connut à l'époque le plus rapidement de succès !

    Évidemment une telle réussite poétique fit des jaloux et Louise Labé fut l'objet de calomnies injustifiées. On la disait de "mauvaise vie" pour tenter de la discréditer et on parla même jusqu'à des temps récents d'imposture littéraire, qu'elle n'était pas l'auteure de ses œuvres et serait juste un prête-nom pour un de ses amis ! Quel intérêt pour un homme d'écrire sous le nom d'une femme alors que c'était plutôt l'inverse qui se pratiquait !

    De l'hostilité, Catherine de Pathenay en rencontra beaucoup, jusqu'à la guerre civile et le Siège de La Rochelle ! Cette protestante qui vivait en pleines Guerres de Religion, sous Henri IV, refusa d'abdiquer sa confession et de se convertir au Catholicisme et ce, même jusqu'à un âge avancé !

    Catherine de Parthenay était duchesse de Rohan et avait deux fils, Soubise et Rohan qui menèrent les armées protestantes dans le Sud-Ouest et dans le Midi ! Comme les précédentes femmes que j'ai présentées dans ma recension, elle était une femme de conviction et également fort instruite !

    Le terrible Siège de la Rochelle, une des dernières places-fortes de la Religion Réformée, qui dura de 1627 à 1628 fut un vrai massacre avec quinze milles des vingt-quatre milles habitants de la ville qui périrent de faim dans des conditions atroces, à tel point qu'on dit que la vue de ces affamés, hommes, femmes et enfants, arrachèrent des larmes à Louis XIII au moment de la capitulation ! Doit-on voir vraiment comme un exploit cette entêtement de Catherine de Parthenay, et sa dernière fille Anne, pour leurs convictions au dépens de leurs populations ? L'auteur de l'ouvrage semble trouver cela admirable, moi je suis plus partagé car c'est toujours le peuple qui en fait les frais !

    Enfin terminons avec Marie Le Jars de Gournay, elle aussi très instruite, dans les Lettres, le latin, le grec,... Qui à l'âge de 23 ans devint l'amie de Montaigne qui avait alors dépassé la cinquantaine (55 ans, je crois ? A vérifier ?). L'homme de Lettres Bordelais en fit sa fille par alliance et ils partagèrent un amour platonique !

    Marie avait été transportée par la lecture de la Première Édition des Essais, celle de 1580. Elle allait alors servir de secrétaire au grand homme et contribua surtout à la Troisième Édition, de 1587, puis aux Éditions Posthume, ajoutant des préfaces, des index des auteurs, référençant les citations de la culture antique, ce qui demandait une grande érudition grecque et latine !

    Mais Marie de Gournay, qu'on tenta aussi bien évidemment de salir, en la traitant notamment de "vieille fille" - elle n'était il est vrai pas très belle mais les vraies qualités et la vraie beauté sont intérieures ! Elle composa aussi de la poésie, ainsi que des traités féministes, écrivit ainsi Égalité des hommes et des femmes. Elle prit part aux premiers débats d'alors sur la langue française en s'opposant notamment à Vaugelas. Elle connut les grandes oeuvres de son temps, Corneille avec Le Cid mais aussi Guez de Balzac (à ne pas confondre évidemment avec Honoré, deux siècles plus tard !). Enfin, elle traduisit du latin en commençant par Virgile !

    Ce qu'on sait moins, c'est qu'elle fut peut-être à l'origine de l'Académie Français que créera Richelieu en 1635. En effet, elle tenait "salon" chez elle en une sorte d'Académie ! Pour prendre un anachronisme, on dira qu'elle fut une "Lumière" de son temps ! C'est François de la Mothe le Vayer qui hérita de sa bibliothèque alors qu'elle même avait hérité de celle de Montaigne !

    Voila, je vous donne rendez-vous pour la troisième partie (d'un ensemble qui devrait en compter cinq !?) de cette recension par le menu de l'ouvrage de Jean Haechler et on recommencera notre présentation avec Mademoiselle (de) Maupin et des airs d'Opéra !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • De nos jours, le féminisme tend heureusement à s'affirmer de plus en plus même si des événements - comme la remise d'un César en 2020 à Roman Polanski - montre que le combat n'est pas fini. Les femmes constituent au minimum 50% de l'Humanité et dans nos sociétés patriarcales, elles n'ont longtemps pas eu la vie facile, refouler des positions de pouvoir, des postes à l'Université,... Pourtant leur influence dans l'Histoire est notable et il faut rappeler que derrière chaque "Grand Homme", il y a souvent une femme !

    Jean Haechler est historien et dans son ouvrage Les insoumises, il a décidé de dresser "18 portraits de femmes exceptionnelles, de l'Antiquité à nos jours", des femmes volontaires et courageuses - comme beaucoup de femmes anonymes - et qui ont marqué l'Histoire mais dont on a mis la biographie sous le tapis.

    On retrouvera donc des femmes férues de sciences, de politique, d'art, aux talents divers. Rapide tour d'horizon !

    Je vais vous présenter les 18 femmes de ce livre, Les insoumises, en plusieurs articles, cinq je pense à raison de trois de ces figures par billet, à moins que j'en sois empêché et que ça n'aille pas plus loin que ce premier morceau car ma Bibliothèque municipale, la BAdT de Caen, a fini par réouvrir après le confinement et sur la quinzaine de livres que j'avais empruntés, celui-ci est le seul que je n'ai pas terminé !

    On va donc s'attarder ici sur l'Antiquité, le Moyen-âge et la Renaissance, avec respectivement Hypathia,  Theodora et Catherine Sforza.

    On commence par la philosophe, mathématicienne et astronome, Hypathia, qui vécut au tournant du IVème et du Vème siècle et qui connut un destin tragique. Il s'agissait d'une païenne qui vivait dans un monde en train de se christianiser, qui professait la science dans sa ville d'Alexandrie et qui suscitait l'admiration de ses élèves. Elle était d'une grande érudition mais hélas il ne nous reste d'elle que quelques textes sur les mathématiques et aucun de philosophie. Elle se retrouva prise dans la rivalité entre Cyrille, le patriarche d'Alexandrie et Oreste, le préfet de la même ville. Le premier tentant d'assassiner le second, Cyrille fit se retourner ses partisans contre Hypathia qui finit lapidée, démembrée et brûlée ! Un authentique crime de barbarie !

    Direction Constantinople au début du VIème siècle pour retrouver l'impératrice Theodora, épouse de l'empereur Justinien, qui durant le soulèvement d'Hypatios, ne conserva son trône que parceque sa femme refusa de fuir !

    Femme de caractère et de pouvoir, la très influente Theodora commença dans le monde comme prostituée, menant une vie de débauche extrême puis se convertissant avec autant de force à la Religion Chrétienne dont elle sera une défenseuse des doctrines du Monophysisme et fera même destituer un pape !

    Justinien, de 20 ans son ainé, s'éprendra fortement d'elle et il doit donc la paix de  Niké lorsque les Partis des Bleus et des Verts se liguèrent contre lui ! Elle se battit ardemment pour la condition féminine (et c'est un trait qu'elle partage avec la "suivante" de cet article, Catherine Sforza), marque constante de son règne !

    Catherine Sforza vécut elle à la Renaissance, en Italie, alors en proie aux luttes d'influence en Rome et la Papauté, Milan, Florence, Venise ou Gênes ! A une époque de condottieres, chefs de troupes armées et donc d'hommes violents, elle ne rechignait pas à commander ses propres troupes sur le terrain ! Elle mourut jeune, à 46 ans mais à 25 ans, avait déjà une vie bien remplie et on lui connaît au moins six passions amoureuses et elle eut six enfants dont les ancêtres des Rois de France et Louis XIV !

    Le pape Sixte IV (commanditaire de la Chapelle Sixtine) arrangea le mariage de Catherine avec son  neveu  Gironamo Riario afin de sceller une alliance entre Milan et Florence ! Mais ce Riario se révélera un homme faible, lâche au combat et son épouse prendra vite l'ascendant n'approuvant pas sa tentative de faire assassiner Julien et Laurent de Médicis !

    Catherine dirigera les villes d'Imola et Forli, sera confrontée à la famille Orsi qui fera assassiner son époux et qui finiront déchiquetés par la foule des Milanais. Elle aura ensuite pour opposant le nouveau pape Alexandre VI et le Roi de France Louis XII et prendra même plusieurs places-forte dont le Château Saint-Ange, faisant ainsi pression sur le Vatican !

    Ses troupes combattront contre celles de César Borgia que Louis XII a fait Duc du Valentinois et qui pénètre avec lui en Italie, début des Guerres italiennes de la France ! Adversaires, César sera ensuite ébloui par cette femme et la couvrira de robes ! Alors qu'on sait qu'elle préférait parfois l'armure (sans être une Jeanne d'Arc !). Elle était d'une beauté sans pareille et d'une grande force de caractères dans une époque qui n'était pas favorable aux femmes (alors que l'on sait que le sexe a toujours mené le monde !) !

    Voila, je vous dit à bientôt peut-être pour un second billet (2ème partie) qui portera sur la poétesse Louise Labé de Lyon, sur Catherine de Parthenay et sur Marie le Jars de Gournay, l'amie et confidente de Montaigne, car les femmes ne furent pas influentes qu'en politique mais aussi dans le monde des Lettres (mais alors en sous-mains  !) !

    A bientôt donc !


    votre commentaire
  • J'ai découvert très récemment Emmanuel Todd, historien et anthropologue - dont j'ignorais l'existence il y a peu ! Cet intellectuel est assez décrié depuis la publication de son opuscule Qui est Charlie ? en 2015 sur la fusillade de Charlie-Hebdo et les mouvements de mobilisation populaire qui ont suivi ! Je ne connais pas le fond de la polémique - car ne m'intéresse pas aux ragots colportés par les journaleux, cette lie de l'Humanité mais apparemment Todd a été très attaqué à ce sujet ! Il fait partie de ces penseurs honni par Emmanuel Macron, le "président des riches" et imposteur de la République aux mêmes titres que Michel Onfray et Alain Finkielkraut ! C'est sûr qu'avec Stéphane Bern ou les Bogdanoff et leurs faux diplômes, on est gâté !

    En 2017, Todd commet Ou en sommes-nous? - Une esquisse de l'Histoire humaine que je pose sur ma table de chevet avec Décadence  d'Onfray, Sapiens et Homo deus  de Yuval Noah Harari ou encore Histoire mondiale de la France, dirigée par Patrick Boucheron du Collège de France !

    Emmanuel Todd s'est posé comme objectif d'expliquer l'Histoire humaine et les tendances actuelles (BREXIT, Élection de Donald Trump,...) au vue de différents facteurs ! Certes l'explication économique a longtemps prévalue mais pour l'auteur de ce Où en sommes-nous ?, elle est largement insuffisante et insatisfaisante ! L'économique et le politique sont la face visible de l'iceberg ou pour reprendre une topique freudienne le conscient de l'évolution de l'Humanité.

    Todd établit des phases préconscientes et inconsciente enracinées plus profondément ! Plus on s'enfonce dans l'analyse, plus on étends le champ ! Sous l'économique et le politique, il y a d'abord le religieux puis encore en dessous l'éducation - avec laquelle il y a un problème note Todd, car l'ascenseur social est en panne (ce que je confirme par mon vécu personnel !) ! Et sous-jacent à l'éducation il y a le niveaux le plus profond, la structure familiale !

    Dans les premiers chapitres, l'auteur de l'essai analyse les différents types de structures familiales/ systèmes familiaux ! On a famille nucléaire (un couple et des enfants !), famille-souche et famille communautaire ! On pense à tort que la famille nucléaire occidentale est le point final de l'évolution du système familial ! En réalité, c'est le modèle originelle dans l'Histoire qui tend à complexifier ce système et à aboutir à la famille communautaire et à un système patrilinéaire avec régression des droits des femmes et recul du système matriarcal ! Il est aussi question de Primogéniture !

    Cette idée comme quoi tout repose sur la structure familiale a été mal accueillie par les intellectuels d'Europe mais plus favorablement en Asie - mais cela Todd s'en fout car il est à la retraite ! Il applique au XXIème siècle des méthodes d'investigations pour les XVIème et XVIIème siècles ! Todd énumère ensuite les exemples de systèmes familiaux à travers le monde - et cette partie du livre - très technique ! - est assez ennuyeuse je trouve et rends le livre accessible aux seuls spécialistes !

    Voilà, je ne fais ici qu'introduire le propos de Todd dans ce livre et développerai la suite de son propos ici dans de prochaine parties, dans d'autres articles/billets ! En attendant, j'aime bien les interventions de ce sociologue sur Youtube car il est mal vu par Macron et comme pour moi, Macron, ce président illégitime, c'est vraiment le degré zéro de la pensée politique et le plus haut degré de la scélératesse, de la fausseté et de la malveillance, Todd n'en ressort que grandit !

    A bientôt donc pour la seconde partie de cette recension !


    votre commentaire
  • Avec son essai On a retrouvé l'histoire de France, l'archéologue Jean-Paul Demoule livre un passionnant plaidoyer pour sa discipline et détruit au passage un certain nombre de mythes historiques sur lesquels l'archéologie est venue apporter des démentis  - un seul exemple, les Gaulois considérés à tort comme des Barbares !

    Cet ouvrage est fort érudit - mas très accessible ! - et parcouru du début à la fin de nombreux exemples de chantiers de fouilles ! Mais à quoi sert l'archéologie ? A explorer le passé pour comprendre le présent et mieux envisager le futur ! Etudier les morts pour aider les vivants !

    Hélas, la discipline n'a pas toujours bonne presse et cède devant les intérêts économiques à court-terme ! Combien de sites archéologiques ont été dévastés par les pelleteuses, sans aucune fouille, pour construire des parkings souterrains ou des lignes de TGV du fait des décisions de politicards, de Gauche comme de Droite, complétement abrutis et criminels !? Ce sont des pertes inestimables !

    Certains ne veulent en effet pas qu'on exhume notre passé bâti sur des défaites : conquête des Gaulois par les Romains, défaite de Sedan en 1870, Débâcle de 1940 ! Mais tout n'est plus si sombre car le 17 janvier 2001 a été promue la Loi  sur l'archéologie préventive qui veut qu'on fasse des sondages avant tout grand chantier pour déterminer si il y a des vestiges enterrés ! C'est dans ce cadre et à partir de 2002 que Jean-Paul Demoule a dirigé l'INRAP, Institut chargée de mettre en application cette loi !

    L'essai de Demoule s'ouvre par un panorama qui va de Néandertal au Moyen âge, commence au Néolithique et s'achève avec les châteaux-forts ! Mais sont ensuite aussi évoqués des chantiers de fouille plus contemporains et plus originaux comme les excavations du Déjeuner sous l'herbe, "performance" artistique de Daniel Spoerri en 1983.

    J'ai beaucoup apprécié le chapitre sur les parasciences où notre auteur démonte toute la vogue commerciale de cette archéologie "surnaturelle" à base de pyramides bâties par les aliens ! Ca n'aurait pas plu au Docteur Daniel Jackson de la série Stargate SG-1. Toute cette fumisterie  a débuté avec le livre best-seller de Lois Pauwels et Jacques Bergier, La matin des magiciens (qui fait entre autre l'apologie des nazis et de leur surhomme !). C'est ce genre de bouquin débile, sur Hitler et la Société de Thulé, que lit un de mes voisins, Eric L., schizophrène de surcroît (et ce genre d'écrit complotiste ne fait généralement pas bon ménage avec ce genre de pathologies ! Moi, j'évite !).

    La passé est lourd de sens et le chapitre sur les génocides de ce passé exhumés par les archéologues est particulièrement dur à lire !

    Plus légers sont en revanche les derniers chapitres, sur l'histoire de nos objets du quotidien ! Les formes d'énergie que nous utilisons, les ustensiles de cuisine, l'habillement, nos outils, les meubles, etc,... Tous ces objets sont aussi une suite de couches sédimentées !

    L'auteur termine en disant que les identités nationales sont des choses en perpétuelle évolution, car les populations se mélangent encore de nos jours et ont commencé à le faire dès Homo erectus et Néandertal ! Dès le Néolithique !

    Voilà un ouvrage fort intéressant dont j'ai pris beaucoup de plaisir à lire !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Je suis très dubitatif vis-à-vis du sujet de petit manuel de Samuel Mercier, L'éthique dans les entreprises, publié en Repères La Découverte. J'ai publié l'année dernière un certain nombre de billet sur des ouvrages de sociologues qui montraient que le capitalisme était une impasse alors l'éthique pour moi, c'est un peu le cache-sexe des entreprises tant le système détruit la planète et les hommes ! L'écart des richesses n'a jamais été aussi grand entre les riches et les pauvres et la catastrophe climatique est inévitable ! Bien joué les gars !

    La vérité, c'est qu'avec l'éthique les entreprises essaient de se racheter une bonne image aussitôt entachée par les scandales financiers et sanitaires, ou encore par les délocalisations. le but d'une entreprise est avant tout de faire du profit !

    L'ouvrage s'articule en six chapitres. Ca parle de morale, d'éthique, de lois, de culture et de responsabilité.

    L'éthique dans les entreprises - Samuel Mercier

    Historiquement, morale et éthique sont deux choses différentes, la morale consistant à poser ce qui est bien et mal et l'éthique venant après comme un système de normes. Il y a aussi la déontologie. Ces notions d'éthique sont ancrées dans les cultures, influencé par le Christianisme en Occident, l'Ethique Protestante aux Etats-Unis, l'utilitarisme en Grande-Bretagne, le Confucianisme, le Bouddhisme et le Shintoîsme au Japon et le Confucianisme et le Taoïsme, en Chine ! Dès lors on voit les difficultés pour les multinationales d'adapter leurs "Chartes éthiques" à toutes leurs filiales étrangères, au-delà des simples problèmes de traduction.

    Car évidemment, l'éthique - ce qu'il convient de faire dans une entreprise (vis-à-vis des clients, des actionnaires, des salariés, des fournisseurs, des concurrents, de l'Etat,...) doit être formalisée et mise par écrit dans un document, qui trop général, sera inapplicable, une Charte !

    L'intérêt de cette ouvrage, ce sont tous les petits encarts insérés qui rappellent des notions philosophiques et des théories économiques : le care, Milton Friedman, le modèle de développement moral de Kohlberg, la loi relative aux Nouvelles Réalité Economique (NRE). Bien évidemment, on ne nous épargne pas l'Impératif catégorique de Kant et on parle aussi de Husserl (il me semble ?), de Derrida et Foucault, Morin et Lipovetsky !

    La responsabilité morale se situe-t'elle au niveau des entreprises ou des organisations ? Comte-Sponville, dans un ouvrage que j'ai chroniqué ici en 2019 semble penser que les entreprises ne sont pas concernées par la morale, sont amorales, la morale relevant des seuls individus. Je suis en désaccord avec ceci car les firmes ont bien des objectifs, poussent à des actions en vue de ces objectifs, actions qui sont teintées de moralité ou pas ! On peut agir moralement ou pas au nom d'une entreprise ! Donc oui les entreprises sont des êtres de morale par le biais des individus ! Mais l'opinion de Comte-Sponville est immergée dans la culture chrétienne qui pose la responsabilité des individus par rapport au Pêché Originel, ceci expliquant cela !

    J'avais prévu initialement de vous résumer en détails chacun des six chapitres mais finalement je jette ici mes idées pêle-mêle tant je suis blasé et cynique par rapport à ce livre qui au fond ne sert à rien ! C'est de la théorie et la pratique est bien moins rose, il suffit d'ouvrir le journal tous les jours pour s'en rendre compte aisément !

    Après, il y a toujours, à un autre niveau, les lois pour "calmer" un peu les entreprises mais là encore, quand on voit l'incurie de nos hommes politiques de tous bords !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Voici maintenant un livre de sciences amusantes, Pourquoi la tartine tombe toujours du côté du beurre, écrit par Richard Robinson et sous-titré "La loi de Murphy expliquée à tous". Mais si, vous savez bien, la loi de Murphy qui postule que si le pire peut arriver, il arrivera, comme la tartine qui tombe fatalement du mauvais côté ou le fait que l'on choisisse forcément la file d'attente la plus lente dans les supermarchés !

    L'auteur va ici démonter tous ces mécanismes à grand renfort de physique mais surtout de psychologie car dans la loi de Murphy, c'est notre cerveau qui nous trompe ! Robinson utilise la métaphore du puzzle que l'on n'arrive pas à terminer et s'attaque aux explications physiques seulement à la fin du bouquin car auparavant, il démonte notre psychologie en une demi-douzaine de chapitres !

    Tout d'abord, l'auteur nous explique que nos sens nous trompent. Pour recevoir les informations, nous faisons confiance à nos sens mais ceux-ci sont biaisés et opèrent une sélection - sans parler des illusions sensorielles qui sont aussi évoquées dans le livre. Une présentation générale des grandes structures du cerveau nous est aussi donnée en introduction qui sera utile pour la suite de l'exposé.

    Le chapitre 2 nous montre comment nous évaluons ces informations et un constat s'impose, : "nous sommes nuls quand il s'agit de mesurer " !

    Ensuite, on aborde la mémoire, dans le chapitre 3 et il est alors clair que nos souvenirs sont flous et sont souvent des reconstructions car nous oublions avec le temps. L'hippocampe est le siège de la mémoire.

    "Faire le lien' est le sujet du chapitre suivant et là encore nous faisons des boulettes.

    Le chapitre 5 s'intéresse aux émotions et on apprends que le moindre de nos actes est noyé dans les hormones, c'est à dire teinté émotionnellement et c'est ce qui fait "le sel de la vie" ! Sans émotions, nous serions des morts-vivants ! C'est cette fois l'amygdale qui est impliquée.

    Le dernier chapitre parle de sociologie et de nos comportements en groupe. Nous sommes influencés par les autres, souvent sans nous en rendre compte ! Evidemment, dans ce chapitre, on a droit à l'Expérience de Milgram !

    A la fin, donc, on a des explications physiques sur certains phénomènes contre-intuitif et là, la science a vraiment réponse à tout !

    Un livre instructif et plaisant, non dénué d'une certaine ironie et d'humour ! Je vous en recommande la lecture si vous n'aimez pas les coups du sort ! Un livre qui détend bien et dédramatise !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Fernand Braudel fut un historien français, un des représentants les plus populaires de "l’École des Annales" et il a marqué durablement la discipline historique par la définition de concepts qui sont typiquement "braudéliens" à savoir la longue durée ou la civilisation matérielle. L’École des Annales se caractérise notamment par la prise en compte d'une Histoire globale, holiste, qui considère les faits de société dans leur ensemble. Ses fondateurs sont Marc Bloch et Lucien Febvre.

    L'identité de la France est une étude en 2 volets dont le second volet, " Les hommes et les choses" est lui-même divisé en 2 tomes. C'est le tome 1 de ce second volet que j'ai lu et dont je vais vous parler ici.

    Ce second volet étudie les populations de la France selon deux axes, à savoir la démographie et l'économie mais c'est essentiellement de démographie dont il est question dans ce tome 1. Braudel y décrit l'évolution du nombre des hommes, fait apparaître une série de France successives, au fil des temps, différentes mais avec des points communs, heureuses ou tourmentées.

    Au fil des siècles, les masses vivantes de notre Histoire ont connu des remous et des variations. L'étude va de la préhistoire jusqu'à nos jours, avancées et reculs, essors et rechutes, de la Gaule celtique jusqu'à la fin du Moyen âge où surviennent les catastrophes que sont la Peste Noire et la Guerre de Cent Ans qui fit, entre 1350 et 1450 disparaître la moitié voire plus de la population !

    Mais aux ères moderne et contemporaine, ces maux, telles les famines, vont disparaître et la démographie s'envole avec la Révolution industrielle ! C'est désormais une montée constante de la population malgré les guerres qui subsistent au XXème siècle, montée plus ou moins rapide et régulière mais ininterrompue.

    De nos jours, on constate une dénatalité et le recours à l'immigration se fait sentir ce qui n'est pas sans être un problème brûlant !

    Mais je vous laisse lire le livre de Braudel dont je dresse ici un résumé à grands traits pour vous faire une idée plus précise ! C'est érudit, documenté et précis mais ça reste accessible !

    Sortez couverts (de votre dérogation de sortie !) pendant le confinement !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Isabelle Sorente, romancière passée par l'Ecole Polytechnique et le Cours Florent, cofondatrice de la revue Ravages, nous livre un essai pertinent avec son livre Addiction générale.

    Mais de quelle addiction parlons-nous ici ? Du mal de notre Modernité, l'apogée du calcul au service de la rentabilité ! On calcule tout ! Nos kilos à perdre, le nombre de contaminés par le coronavirus, les dividendes des actionnaires, etc,... On reste dans le quantitatif ! J'ajouterais que cette mise au pas du monde par les chiffres relève de la rationalité telle qu'elle a cours depuis René Descartes !

    Ce qui ne se lit pas dans un tableau de chiffre nous échappe alors, est assimilé au zéro et donc n'a pas de valeur, pire n'existe pas ! On est aussi dans le culte de la performance, à la limite du burn-out ! C'est une société déshumanisée qu'on nous construit là !

    De plus, nous sommes devenus "accros" aux chiffres. Nous sommes des junkies du résultat et de la performance ! Comment échapper à cette fin ? En renouant avec l'empathie et la compassion pose Isabelle Sorente !

    Car à l'opposé des sociétés du chiffre, la compassion nous ramène dans le qualitatif et l'humain, nous évite la vision binaire, en noir et blanc et introduit la nuance et les couleurs. Bref, on renoue avec l'humain. C'est une question d'occupation de l'espace et de renouer du contact avec les autres, se mettre à sa place et échanger, afin de sortir de son addiction.

    il s'agit de sortir de la gestion comptable du monde et aussi de retrouver le contact avec le sacré, le sens et les mythes. Car la comptabilité est une fausse rationalité et elle doit céder le pas à l'imagination qui est acte créatif !

    L'Homme n'est pas une machine, il a un corps, un esprit et des sentiments, un "brin de folie", il ressent des émotions et est faillible ! Or la culture des entreprises veut faire de nous des automates performants à coup de séminaires de management. Il faut lutter contre ça de toutes nos forces !

    Tout ceci est frappé du bon sens et Addiction générale est un plaidoyer pour un nouvel Humanisme !

    A lire !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Carlo Ossola, professeur au Collège de France, titulaire de la Chaire des "Littératures modernes de l'Europe néolatine" nous livre avec Les vertus communes un petit opuscule très érudit mais jamais pédant. Ses références, ils les choisit dans nos littératures nationales, dans la tradition philosophique grecque et dans l’exégèse biblique - on trouve aussi de nombreuses citations en latin qui vous demanderons de vous munir de votre Gaffiot !

    Mais quel est le sujet de cet essai ? En fait en douze petits chapitres d'une demi-douzaine de pages chacun, après un introduction, Carlo Ossola nous présentes les "petites vertus", ces qualités à distinguer des vertus héroïques - qui exigent sacrifices ! - et des vertus théologales et cardinales ! Évidement, ces vertus, ce n'est pas mentionné dans le livre, s'opposent aux célèbres péchés capitaux et autres péchés véniels et/ou mortels.

    Les "petites vertus" que l'auteur a choisi de nommer "vertus communes" sont l'apanage des "petites gens", de ceux qui mènent des vies simples et apaisées. Ce sont les qualités des hommes droits et qui demandent un effort régulier et une attention constante.

    Donnons en là liste rapidement ! Il y  a : l'affabilité, la discrétion, la bonhomie la franchise, la loyauté, la gratitude, la prévenance, l'urbanité, la mesure (la plus importante !), la placidité, la constance et la générosité (qui résume et englobe toutes les autres !). Je fais un billet volontairement très court et ne donne pas la définition de ces vertus car souhaite vous laisser découvrir par vous-même ce petit ouvrage.

    Que le monde se porterait mieux si chacun se dotait de ces vertus, plutôt que de se prosterner devant ces nouvelles idoles que sont l'argent, la technique et le pouvoir !

    Bonne lecture et à bientôt !


    votre commentaire
  • Sagesses pour un monde disloqué - Jean SalemJean Salem, décédé en 2018, fut professeur à la Sorbonne, Paris-I, où il donnait des cours sur le matérialisme notamment antique - avec Démocrite, Epicure et Lucrèce - mais aussi sur le matérialisme historique de Marx. Dans son ouvrage Sagesses pour un monde disloqué, il rassemble un certain nombre de textes, articles, interviews où il parle de ces philosophies dans le contexte de la catastrophe annoncée qu'est un monde dominé par le néolibéralisme où les inégalités s'accroissent  ! Bien avant la prise de conscience des Gilets jaunes - que les médias officiels s'obstinent à passer sous silence, des intellectuels pointaient déjà la crise politique, sociale et économique, voire morale et intellectuelle, que nous traversons !

    Concernant les philosophies antiques, Jean Salem repose les principes du Jardin et des disciples d'Epicure : tenir la comptabilité des plaisirs et des maux et distinguer entre les besoins nécessaires et ceux qui ne le sont pas ! C'est parce que l'homme court après des besoins illimités - qu'on ne peut donc pas satisfaire, que les individus vivent mal. Évidemment tout ceci se place par rapport à la mort. L'Epicurisme, c'est donc aussi fixer des limites !

    Jean Salem revient sur le Marxisme qui connaît une renaissance en France depuis 2005 et la tenue à la Sorbonne du Séminaire "Marx au XXIème siècle" après 25 ans d'"Anti-marxisme hargneux" et la montée du modèle capitalisme renforcée par la Chute du Mur de Berlin. Il est clair pour Jean Salem que les jeunes générations ne supporteront pas dix ans de plus de ce régime d'injustices.

    Notre auteur retrace le parcours de la gauche française, du socialisme bourgeois qui s'est égaré avec François Hollande, du communisme et parle longuement du modèle soviétique. on peut alors le trouver complaisant avec l'URSS et il s'oppose à l"attitude qui consiste à placer Lénine et Staline du côté des Totalitarismes avec le nazisme, prétextant que l'URSS a fait reculer le chômage et la famine en ses terres. Il dénonce ainsi la "propagande" du monde occidental à l'égard du communisme soviétique.

    Il faut savoir que le père de Jean Salem a été torturé par des parachutistes durant la Guerre d'Algérie et sa famille est alors parti s'installer en URSS.

    Mais Jean Salem a raison de pointer les abus du néolibéralisme qui appauvrit tout la société, le monde de la spéculation financière qui domine !

    Voilà, je n'en dirais pas plus sur ce recueil car il faudrait décortiquer chaque article et ça pourrait donner lieu à des dizaines de pages de compte-rendu, bien trop grand pour ce blog !

    Un ouvrage intéressant, qui date de 2012, qui donne une vision alternative du monde !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Le numérique a envahit tous les domaines de notre vie ! Il est partout dans nos sociétés, dans le champ professionnel, dans notre vie familiale, sentimentale, nos loisirs, bref il est omniprésent ! A quel point que l'on se demandait comment on faisait avant ? Une chose que ne connaissent pas les digitale natives, nés après les années 2000. Mais ne sommes-nous pas devenus dépendants de ces technologies qui en nous facilitant la vie - "tout, tout de suite et gratuit !" - nous asserviraient ? Revers de la médaille ?

    Ces technologies sont des choses fabuleuses, semblables dans l'Histoire de l'Humanité à l'invention de l'écriture ou celle de l'imprimerie ! Un retour en arrière est impossible, hormis pour quelques technophobes. Ne sommes nous pas "hyperconnectés ?

    C'est sur cette problématique que s'interrogent Michael Stora, un des premiers psychologues français qui s'est intéressé au numérique et la journaliste Anne Ulpat, spécialisée de même en psychologie. Ces deux là scrutent nos Smartphones, nos réseaux sociaux (Facebook en tête !), les jeux vidéo.. Ils nous parlent d'addictions, de cyberharcélement tout en abordant ces aspects avec moultes démonstrations, arguments et explications venant de la psychanalyse.

    Ainsi les Smartphones peuvent être considérés comme nos nouveau "doudou" ! Avec eux l'individu régresse et se sent rassuré ! Impossible de s'en séparer ! De même, Facebook comble nos attentes narcissiques et c'est à celui qui obtiendra le plus de likes. Avec les réseaux sociaux, tout devient transparence et c'est un peu comme si on entrait dans la chambre de papa/maman et assistions à la "scène primitive" - mais les auteurs pointent aussi la banalité de ce que l'on poste sur ces réseaux !

    Les jeux vidéo ont souvent été accusés de tout les mots comme en leurs temps la lecture de romans, au XVIIIème siècle, ou le cinéma à ses débuts ! C'est un peu agaçant ! Les auteurs nous parlent ici de l'addiction à ces jeux vidéo - mais combien de "joueurs raisonnables" pour un No-Life ? Le sujet de l'addiction vidéoludique fait vendre, que voulez-vous ?

    L'explication de cette addiction aux jeux vidéo viendrait d'une blessure narcissique, d'un renoncement au corps et d'un culte de la performance. Les accros à World of Warcraft seraient ainsi des jeunes précoces en manque d'amour parental et qui ont grandit trop vite ! Ils tolèrent mal l'échec selon les deux auteurs. Après tout, pourquoi pas ?

    En conclusion, Stora et Ulpat insistent sur le fait que certes ces technologies nous font gagner du temps et nous facilitent la vie mais elles font de nous des produits dont les données sont vendus aux grandes firmes, une sorte de"servitude volontaire", comme dirait La Boétie et la résurgence du Big Brother d'Orwell. Et enfin, l'aspect "fuite hors du réel dans une réalité virtuelle" qui nous déshumanisent est aussi mis en avant , le réel au service du virtuel !

    On peut ne pas être d'accord avec tous les arguments invoqués mais les analyses présentées dans ce livre sont je trouve assez pertinentes et éclairantes - hormis les exagérations traditionnelles sur le "bouc-émissaire" que sont les jeux vidéo !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Alain Finkielkraut est un des acteurs les plus présents du débat médiatique actuel au moment où ce débat public est en train de s'effonder. Frédéric Debomy s'est penché sur cet intellectuel en vue et a décortiqué l’œuvre de l'auteur de La défaite de la pensée dans son propre essai, Finkielkraut, la pensée défaite.

    Finkielkraut descends d'une famille de juifs polonais et s'est vu couronné en 2016 au moment où il est entré à l'Académie Française. ll est considéré comme un penseur néoréactionnaire qui s'oppose au camp des progressistes et aussi connu pour stigmatiser les musulmans.

    Frédéric Debomy décortique le discours de Finkilekraut et montre à maintes reprises que notre réac manque de rigueur, se contredit, avance des concepts et des faits sans preuves, établit des contrevérités. il sera question dans ces pages de l'identité juive, des banlieues, de l'"Ecole Républicaine" ou encore des femmes voilées.

    Concernant les banlieues, Finkielkraut se plaît régulièrement à annoncer un retour de la barbarie et a mettre tous les problèmes sur le compte de l'islam. Il pense les musulmans d'Afrique noire et d'Afrique du Nord selon des types, des schémas ou des archétypes, sans aucune nuances ! Pour lui tous ces "jeunes de banlieues" et gens des quartiers sont coulés dans le même moule, celui du fanatisme religieux et du communautarisme, des groupes de populations pensées comme un seul "bloc" !

    En réalité, Finkielkraut n'a jamais fait d'études de terrain et se méfie de la sociologie, voire l'exècre, l'accusant de justifier l'injustifiable ! Il lui oppose et lui préfère la littérature.

    Debomy mets en avant un point qu'on a bien vu récemment avec les Gilets jaunes, ce sont les excès de la police, en particulier de la BAC, qui jouent les cow-boys dans les cités, humilient ces jeunes pour bien leur montrer qu'ils sont des "sujets" et ne sauraient être des citoyens.

    Autres nuances apportées par cet essai, le cas des femmes voilées ! On peut, dit l'auteur, concilier la foi et le féminisme et  obliger les femmes voilées à retirer leurs voiles est le meilleur moyen de les braquer ! Mais j'ai trouvé amusant qu'à un moment, Frédéric Debomy parle de la galanterie musulmane telle qu'elle est mise en avant par Tariq Ramadan dont on connaît les démêlés actuels avec la justice et les accusations de viols portées contre lui !

    Concernant l'Ecole de la République, il est rappelé que les plus aisés sont avantagés et que  les gamins des milieux modestes qui bénéficient de l'ascenseur social sont des exceptions. Bourdieu n'aurait pas démenti !

    Finkielkraut défend en outre une vision de la nation fondée sur la race, "eux" contre "nous" sans définir qui sont "eux" et "nous" ! Ce genre de discours alimente les haines et le vote pour le Rassemblement National.

    L'essai de Debomy remets donc les pendules à l'heure mais je soupçonne aussi par moments une certaine mauvaise foi de sa part et de verser dans l'angélisme. Dire que Finkielkraut n'a pas les preuves de ce qu'il avance ne signifie pas que ces preuves n'existent pas d'autant que Debomy n'apporte pas toujours les preuves inverses alors qu'en toute rigueur, il serait tenu de le faire.

    Certaines questions sont complexes et s'il n'y a pas d'études sur certains sujets, c'est peut-être parce que ces sujets fâchent !? Et sont donc aussi difficile à investiguer ? Mais qui oserait dire qu'il n'y a pas de problèmes d'encadrement et de représentation de l'Islam en France qui est une religion qui prends de plus en plus d'importance ?

    Alain Finkielkraut, comme Michel Onfray, comme Eric Zemmour, comme Etienne Chouard, sont des "intellectuels" très controversés, placés sur "liste noir" par l'Elysée et pourtant omniprésent dans le débat public ! On voit ici, à travers le cas Finkielkraut, que la "rigueur intellectuelle" n'est pas toujours ce qui les caractérise ! En même temps, la doxa officielle n'est guère mieux lotie avec des BHL, Minc et Atalli et ce n'est pas Sibeth Ndiaye qui relèvera le niveau !

    Le débat public est donc au plus bas en France alors que les défis et les dangers de l'avenir sont grands ! Pauvres de nous !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • L'auteur mode d'emploi - Jacques SoulillouEn 2019, dans le cadre de mon Master actuel, j'ai suivi des cours de Droits sur le Droit d'auteur et ai plus récemment suivi - et validé ! - un MOOC sur ce même sujet.

    Le Droit d'auteur apparaît au XVIIIème siècle et comprends des droits moraux et des droits patrimoniaux. Il concerne les œuvres de l'esprit mais pas les idées. Pour être protégée par le Droit d'auteur, une œuvre doit être originale et revêtir une forme.

    Jacques Soulillou pointe plusieurs paradoxes dans son essai L'auteur mode d'emploi dont le fait que la reconnaissance de l'auteur/ de l'artiste a tuer l'art, n'est pas le moindre. Il y aurait un éternel retour des œuvres et protéger des œuvres empêche d'autres artistes de se les approprier.

    Hegel a composé une grande théorie de l'Art. L'art était auparavant vivant, lié à la religion puis il s'est laïcisé et est devenu objet de musée, la "mort de l'art". Cette mort de l'art ne signifie nullement qu'on ne produit plus d'art et il y a au contraire une excédentisation de l'art.

    L'art est désormais lié aux artistes, produit par eux là où auparavant l'artiste n'était qu'un vecteur par lequel l'art s'exprimait lui-même au nom de grands principes transcendants (la Beauté, la Vérité, voire la Révolution !). Comme à l'heure de la modernité et de l'individualisme, il y a de plus en plus d'artistes, il y a de plus en plus d’œuvres d'art - avec une dévalorisation de celui-ci dans l'art contemporain selon les critiques les plus réactionnaires !

    L'auteur devrait donc s'effacer derrière son œuvre. Jacques Soulillou prends nombres d'exemples dans la littérature (Cervantès, Flaubert, Burroughs, Bradbury,..) et dans la philosophie (le Phèdre de Platon pour son passage sur le mythe de Thoth concernant l'apparition de l'écriture, Hegel, Kant, Deleuze, Foucault ou encore Barthes).

    En s'affirmant l'artiste nuit à l'art, l'auteur au Texte, c'est la thèse principale que l'on retiendra de cet essai bien écrit, argumenté et donc intéressant !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Le développement personnel est un secteur qui connaît une forte croissance depuis quelques décennies mais ce La puissance secrète de votre personnalité - Daniel Allemann milieu aurait besoin d'une certaine législation tant y pullulent les escrocs et autres gourous ! Pour ma part, j'ai toujours pensé qu'on n'avait là qu'une mise en application de nombres de préceptes de philosophie antique notamment stoïcienne avec l'idée  souvent reprise qu'on ne peut pas agir sur les faits mais seulement sur nos représentations, l'image que l'on en a !

    Je dédie ce billet à Michael D. un collègue de travail qui est très versé dans ce genre d'ouvrage. Pour ma part, ai toujours eu une relation problématique avec un paternel toxique car manipulateur et dévalorisant, ce qui m'a conduit très tôt à suivre des cours d'affirmation de soi avec une psychologue.

    Daniel Allemann se présente comme "un des plus fins connaisseurs en développement personnel" et sa méthode s'appelle la Psychographie émotionnelle. Mais c'est son autre ouvrage, La puissance secrète de votre personnalité - sous-titré "le livre pour s'affirmer et communiquer" que j'ai lu. Sa méthode me semble bonne et pleine de bon sens mais ce n'est pas demain que je me réfugierais dans ce genre de "thérapie" ! Non, je préfère avaler des "pilules di bonheur" ! Je plaisante, je préfères me plonger dans la littérature, la philosophie, l'Histoire, l'écriture et la culture au sens large !

    L'auteur pointe les difficultés de communication de beaucoup de gens. Mais en cette matière, on n'est pas coupable car nos freins viennent de l'éducation qu'on a reçu (en gros, la faute aux parents, ce qui ne fera pas plaisir à certains mais est pourtant une évidence !). Enfant, on est en effet beaucoup influencé par les adultes surtout quand on a un lien affectif avec eux, ce n'est que plus tard qu'on se rends compte qu'ils ne sont pas infaillibles (ce que ne contestera pas la psychanalyse !).

    En effet, lorsque nous sommes petit, nous pouvons subir deux influences néfastes, d'abord un manque d'amour et une dévalorisation de soi-même et ensuite on peut nous mentir en nous disant que les autres  nous veulent du mal !

    De là découlent cinq schémas relationnels erronés ! Je passe vite mais il y a  le timide, le comportement d'évitement, l'agressif, celui qui se survalorise et aussi le pessimiste. A l'opposé, il y a un seul schéma relationnel dynamique.

    Comment améliorez sa communication ? Il n'y a pas de méthode pour "bien" parler et en réalité il faut d'abord changer l'image qu'on a de soi-même et arrêter de penser que les autres nous juge, vivre dépendant du regard d'autrui. Ca ne sert à rien de se dévaloriser et à l'inverse de se survaloriser. Daniel Allemann préconise de "s'oublier" et d'être dans l'action, pas de se demander si on a bien agit mais de trouver des solutions dans l'action même !

    Voilà en gros les grandes lignes de l'ouvrage ! C'est un peu enfoncer des portes ouvertes mais ce n'est pas inutile de rappeler ces principes de vie car, pris dans nos problèmes, on a trop souvent tendance à l'oublier !

    A bientôt !

    PS : Ceci est le 1700ème article de mes Skyblogs !


    votre commentaire
  • Norbert Elias est un écrivain et sociologue allemand, né en 1897 et mort en 1990. Il a révolutionné la sociologie en y introduisant de nouveaux objets de recherche et en travaillant sur l'interdépendance. Mais il s'est aussi penché sur le processus de civilisation, en étudiant notamment le phénomène des courtisans en France du temps de Versailles !

    Son livre La civilisation des mœurs s'attarde sur ces questions civilisationnelles. En introduction, Elias rappelle la distinction qui existe en le concept de "Civilisation" propre aux Français et aux Anglais et la "Culture"/ "Kultur" si cher aux Allemands ! En effet, la "Civilisation" s'attache plus aux êtres et aux relations qui se tissent entre eux, la "courtoisie" et englobe des aspects économiques et politiques là où la "Culture" se porte plus sur les réalisations des individus et se pense surtout dans le domaine intellectuel. On peut comprendre ce retranchements des Teutons autour d'un "Noyau dur", laissant de côté l'aspect politique, par le fait que l'Allemagne n'a réalisé qu'en 1870, tardivement, son unité comme Nation.

    Selon Norbert Elias, à partir de la Renaissance, on assiste en Europe à une modification des règles de la convenance, les agissements entre les hommes, par-delà les règles juridiques et les lois politiques ! Jusque là, c'étaient des normes morales et des interdits religieux qui régissaient la société et le domaine de la sensibilité. Parti des cours princières, ces changements dans les règles finiront au fil des siècles par atteindre aussi les couches roturières ! C'est ceci qui finira pas s'entendre comme "civilisation".

    La "civilisation" inclut aussi bien le vêtement que la gestuelle, les manières de table, façons de parler, interactions quotidiennes entre les individus. Il s'agir de circonscrire, refouler, réprimer ou sublimer les composantes pulsionnelles et maîtriser les convenances, c'est aussi ainsi faire preuve d'autonomie !

    La civilisation se définit donc négativement par l'exclusion de toute forme de violence ! Dans le rapport à soi, il s'agira de maîtriser ses émotions par l'autocontrainte notamment !

    C'est à cette intériorisation de nouvelles règles que se constitue, selon Elias, l'intégrité psychique de l'homme moderne et contemporain. Je vous renvoie à Freud qui a très bien montré ce qui se passait lorsque la "digue craque", avec les névroses ! Je mentionnerai aussi les contraintes de la société victorienne anglaise ou puritaine américaine.

    Tout ceci suppose évidemment des rituels et une surveillance des individus les uns par les autres, il faut se conformer aux règles et ceci génère de l'exclusion, la structuration des sociétés en milieux d'appartenance spécifiques ! Ceci génère aussi dans les cas extrêmes un malaise qui peut aller de l'embarras au dégoût en passant par la honte et la culpabilité, la peur et l'angoisse !

    Le livre de Norbert Elias, La civilisation des mœurs,  est très éclairant et intéressant et particulièrement pour moi qui ai ajouté la Sociologie à mes champs d'intérêts et aurais à retravailler sur ce livre en 2020 - 2021 en Sociologie de la Consommation, comme je repasserai, achèverai et validerai ma Licence L3 dans cette matière la Sociologie !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • J'ai (re)découvert François Bégaudeau que je connaissais déjà par la lecture de son livre Entre les murs, qui a donné un film ayant reçu la Palme d'or à Cannes. Le type est brillant, puise ses références dans la pensée marxiste et remets au goût du jour le concept de "lutte des classes" qu'on a eu trop vite tort de délaisser !

    Je vais vous parler de Histoire de ta bêtise où Bégaudeau, le "je" du discours s'adresse à un "tu" qui représente le bourgeois ou encore son affidé, Emmanuel Macron, porté au pouvoir par manipulation médiatique et qui défends les intérêts de cette bourgeoisie ! La bêtise est donc celle du bourgeois. L'essayiste s'inscrit donc dans la lignée d'un Bouvard et Pécuchet de Flaubert.

    Le bourgeois est celui dont la seule préoccupation est de préserver ce qu'il possède, sa fortune, son argent. Sa motivation est la peur. A ce titre, le bourgeois ne pense pas ! il a porté au pouvoir Macron qui veut transformer notre système socio-libéral en seul système libéral, évacuant le social, ou encore qui veut marchandiser la société pour encore plus de profits !

    Le bourgeois a un habitus (pour reprendre le terme de Bourdieu) très spécifique ! Minoritaire en nombre, il impose son idéologie qui est l'idéologie dominante. N'y a-t'il donc pas d'alternative au néolibéralisme ? C'est ce que Emmanuel Macron et sa caste voudraient nous faire croire ! Mais cette idéologie mène le monde à sa perte, détruit la planète et les individus !

    François Bégaudeau est un de ces derniers intellectuels qui travaillent encore à fond sur le réel ! Bien que faisant lui-même partie de cette bourgeoisie, notre auteur n'en partage pas l'idéologie, ni l'habitus. Il défends à contrario les Gilets Jaunes ! Selon lui aussi, il faut penser le réel tel qu'il est et non pas agir en fonction de ce qu'il y aurait à craindre car pour l'instant, ce n'est pas le fascisme d'une Marine Le Pen qui détruit la société et nos vies mais l'ultralibéralisme.

    Bégaudeau montre aussi qu'il y a une démission des intellectuels en France ! Quand ce ne sont pas des penseurs qui défendent l'ordre établi ! Notre essayiste dérange le confort intellectuel de son lecteur et n'appartient pas à cette catégorie de "corrompus". Lui -même est un artiste qui fait partie d'un milieu occupé essentiellement par la bourgeoisie qui possède aussi le capital culturel mais ne le pense pas forcément selon des critères artistiques mais là encore de valeurs marchandes.

    Ce livre est une bulle d'oxygène et je le classe sur la même étagère que l'excellent livre de François Ruffin sur Macron ! C'est caustique, écrit avec fluidité et ça interpelle ! Il y aurait bien plus à dire sur ce livre mais je vous invite plutôt à le lire et à regarder les interventions de Bégaudeau sur France Culture ou à l'ENS - visibles sur Youtube ! - qui complètent l'ouvrage.

    A bientôt !


    votre commentaire
  • La Sociologie est une science récente, fille matricide de la Philosophie. Francis Farrugia se propose de nous en exposer les "Histoires et Théories" comme l'indique le sous-titre de son ouvrage Sociologies. Historiquement, il y a eu la Sociologie allemande, excellant à forger des concepts et à théoriser - avec Tonnies, Simmel et Weber, la Sociologie française, fille de la Révolution - dans la ligne de Durkheim et Mauss - et enfin la Sociologie américaine plus empirique et pragmatique et attachée aux conditions de vie concrètes - des ouvriers ou des migrants par exemple - avec l'Ecole de Chicago.

    Mais notre auteur, enseignant-chercheur à l'Université de Franche-Comté, ne présente pas tant ces trois traditions par le menu mais s'attache plutôt autour d'une demie-douzaine de figures, principalement des fondateurs et ces figures sont Durkheim, Bourdieu, Tonnies, Gurvitch, Mauss ou encore Halbwachs et Levi-Strauss. Et il rédige des petits chapitres mettant en avant certains des enjeux de la discipline.

    Bien évidemment, ces Sociologues n'ont pas manqué de s'influencer les uns les autres. Il s'agit un peu ici de dresser une sociologie de la sociologie et de raisonner en termes de comment se constitue la connaissance ? Et là chacun des auteurs y va de son paradigme !

    La Sociologie est-elle une science de l'interprétation - une herméneutique pour le dire autrement ! - ou doit-elle se calquer sur les méthodes des Sciences dures ? Le fait social et son interprétation dépendent de la position de celui qui l'observe et n'est pas séparé du contexte de l'époque où on l'observe - d''où ce qu'on appelle l'historicisme qui s'oppose au positivisme qui suppute que les faits sociaux existent en eux-même indépendamment du reste ! Un focus est également apporté par Farrugia sur tout ce qui a trait à la Phénoménologie de Husserl.

    Il est rappelé certaines des grandes théories des auteurs étudiés comme la différence entre "communauté", liée par des liens du sang et de solidarité plus authentiques et la "société" liée par le contrat et les intérêts individuels égoïstes. Ceci est la théorie bien connue des étudiants en Sociologie de Ferdinand Tonnies.

    Avec Halbwachs, Farrugia replace des considérations sur la mémoire - qui n'est pas qu'un support biologique (le cerveau) mais aussi une construction dans un contexte social, et un aller-retour permanent entre l'individuel et le collectif - à travers la "conscience collective" - mémoire qui s'élabore aussi du présent vers le passé et non l'inverse ! Et Halbwachs montre que le présent n'est jamais qu'une perpétuelle réécriture et une mise en récits et que la mémoire collective s'instancie dans les individus.

    Avec Gurvitch et les préoccupations de celui-ci, transparaît la crainte d'une "Sociologie managériale" importée des Etats-Unis là ou ce Sociologue plaçait tous ses travaux dans une longue réflexion philosophique. Sont évoqués aussi les désaccords entre certains Sociologues et Lévi-Strauss, lui adepte du Structuralisme, qui est en quelques sorte une réminiscence du Positivisme !

    Voilà, il y a bien d'autres choses dans ce petit livre d'un peu plus de 300 pages qui parle aussi beaucoup de Sociologie de la connaissance et en quelque sorte place les cadres ! A recommander à ceux qui s'intéressent aux Sciences humaines ! Je ne m'attarde pas sur Durkheim ou Mauss car en parlerais ailleurs dans d'autres billets !

    Comme je l'ai déjà dit, cette année, je termine aussi une Licence de Sociologie ! La Sociologie empruntant aux Lettres, à l'Histoire, à la Psychologie, au Droit, à l’Économie, aux Mathématiques et évidemment à la Philosophie, cette année universitaire risque d'être un couronnement et une synthèse de mes cursus précédents !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Vous savez, si vous venez depuis longtemps sur mes blogs, que je suis un passionné de littératures - entre autres choses ! L'essai ou recueil de Jean Dutourd, La chose écrite, ne pouvait que retenir mon attention. C'est un ensemble de plusieurs centaines de petits textes parlant de livres, romans, théâtre, poésie, essais, mémoires, etc,... Et c'est d'ailleurs sous-titré "Chroniques littéraires" ! C'est publié en 2009.

    Jean Dutourd était Académicien et est disparu en janvier 2011. Le grand public a surtout retenu de lui sa présence régulière aux "Grosses Têtes" de Philippe Bouvard où il tenait le rôle d'érudit de service !

    On ne vantera jamais assez les bienfaits de la lecture et Dutourd place son livre sous le patronage de quelques citations en ouverture, notamment de Montesquieu, Descartes ou Léautaud. Dutourd est devenu fou amoureux de littératures tout en "refusant de devenir critique", ce qui aurait pu selon lui nuire à sa propre oeuvre ! Néanmoins, il signa de nombreuses chroniques sur ce domaine de l'art dans les journaux.

    Les goûts de notre Académicien sont éclectiques mais on remarquera qu'il n'aime pas trop la littérature de son époque, la fin du XXème siècle et a une nette préférence pour le XIXème siècle, le "Siècle du Roman", des Balzac, Hugo, Lamartine, Sand, Stendhal, Chateaubriand, Flaubert, Zola,... Tous ces auteurs sont évidemment présents à l'occasion de recensions de livres mais, et c'est le mérite de Dutourd, il mets en avant aussi des auteurs moins connus, de tous les siècles, pas que du XIXème siècle, mais écrivains talentueux et aussi d'autres pays, des Anglo-Saxons, des Américains, des Latins, des Russes, etc,...

    Notre chroniqueur ne manque jamais de superlatifs pour qualifier les auteurs qui le font vibrer ! Je ne vais pas vous faire ici la liste des écrivains présents dans ce livre car il y a en trop, entre Mauriac et Nabokov, avec Saint-Simon, Oscar Wilde ou Jean Giono ! Dutourd "réhabilite" même des écrivains mésestimés comme Marcel Aymé !

    Un très bon essai ! Une table des matières alphabétique aurait été un plus ! J'ai pu lire ce livre en version numérique, moi, récent consommateur sur Google Play !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • A la rentrée, je me lance dans un nouveau cursus en Sociologie ! Je vous ai déjà proposé ici des billets concernant cette discipline et vous en proposerais davantage en 2019 - 2020, à commencer par de l'anthropologie.

    Marc Augé est un anthropologue réputé qui a publié, en 1994, dans les remous de la Chute du Bloc de l'Est, son essai, Pour une anthropologie des mondes contemporains. C'est un ouvrage qui interroge sur cette discipline dans un monde qui s’accélère de plus en plus, une période que l'on a qualifiée de "Post-Modernité" où après la déroute du culte du Progrès devenu raison calculante, un certain Fukuyama a parlé de "fin de l'Histoire" !

    Dans ce contexte, Marc Augé commence par interroger l'anthropologie au regard de l'Histoire. Là où l'Historien interroge le passé, l’Anthropologue étudie le présent - mais le présent "lointain", voire exotique.

    La contemporanéité est une chose complexe. Augé signe ici un ouvrage d'épistémologie en cinq chapitres. Faut-il dépasser l'acte interprétatif dans un monde où tout est symbolisme ici de la relation entre les hommes, par les actes de langage notamment ? Un Empirisme étroit va-t'il venir faire démentir la théorie ? Il faut aussi se méfier du relativisme culturel et mettre l'observateur et l'observé au même niveau.

    Notre érudit note qu'à notre époque, on assiste à une confrontation entre des théories du "consensus" et des théories du "désenchantement". Il existe aussi différents niveau de "rationalité", "claire" ou "épaisse".

    Augé montre aussi l'importance des rites et leurs liens avec le mythe, soit que le rite l'englobe totalement ou que le mythe le dépasse. Le rite, qu'il ne faut pas entendre ici que dans un sens religieux, est un moyen de ramener l'accidentel à une situation normale, et de faire identité.

    Notre anthropologue montre les liens entre pluralité, altérité et identité. Il y a ainsi un langage de l'identité (identité toujours relative à quelque chose, uhe famille, un peuple, une nation,...) et des langages de l'alterité qui privilégie le rapport avec l'Autre ! Aujourd'hui, langage de l'identité à pris le pas sur langage de l'altérité d'où un repli sur soi, communautaire ! On construit pourtant l'identité à travers les "altérités médiatrices" !

    Dans le dernier chapitre, l'auteur aborde quelques uns de ces "nouveaux mondes" en évoquant les prophètes-guérisseurs ivoiriens ou le phénomène des villes.

    Un essai qui aborde des questions variées ! Il est aussi question du discours politique, qui emprunte à des mythes fondateurs (1789, la Commune de Paris, la Résistance,...). Un ouvrage très intéressant, compréhensible et qui constitue une bonne entrée en matière ! De plus profonds développements seraient nécessaires pour en rendre compte ici de toute la richesse !

    A bientôt !


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique