• Le Système des objets - Jean Baudrillard (1ère partie)

    Le Système des objets - Jean Baudrillard (1ère partie)Dans le cadre de ma Licence L3 de Sociologie, je dois réaliser une note de lecture sur un ouvrage en "Sociologie de la consommation". J'ai porté mon choix sur l'ouvrage de Jean Baudrillard qui, dans le cadre de la société de la consommation", s'intéresse aux objets du quotidien. Je vais vous parler de l'essai Le Système des objets (après m'être intéressé à un livre de Gilles Lipovetsky l'an dernier).

    Pour se lancer dans l'étude des objets, il faut disposer d'un système de classification. Les objets possèdent des traits essentiels (l'aspect technologique/la dénotation) et des traits inessentiels et seconds (les aspects culturel et fonctionnel/pratique/ la connotation). Ces traits sont mêlés et peuvent servir de critères de classification. Baudrillard articule les parties de son ouvrages d'après ces traits.

    Au moyen d'une technologie et de "technèmes" évoluant constamment, l'Homme veut obtenir la "maitrise du monde et la satisfaction des besoins." Le système culturel et les pratiques se répercutent sur l'ordre technique.

    La première partie de l'ouvrage dont il va être question dans ce premier billet (sur trois ou quatre articles) s'intitule "Le système fonctionnel ou le discours objectif".

    Baudrillard prend pour modèle d'étude le mobilier d'intérieur. Ce mobilier reflète l'ordre moral, les structures familiales et sociales d'une époque. Ils ont valeur de symboles. De plus, "Etres et objets sont liés". Les objets "ont une âme et une valeur affective"  - une "présence" - le signe social de la propriété. Ces objets sont au centre de rites.

    Les intérieurs évoluent en même temps que les structures familiales et l'on trouve des "séries fonctionnelles". Dans les sociétés contemporaines,  on assiste à une libération sociale de la fonction de l'objet, une émancipation. Il y a en effet libération dans la fonction de l'objet et dans l'usage qu'en fait la personne et non dans l'objet et la personne. l'objet reste en réalité asservi à sa fonction.

    On est passé du symbolique à l'organisationnel et le tactique. Dans les intérieurs anciens bourgeois, on ressent l'unisson de l'âme et de la présence des choses : le Stimmung. A la "présence singulière" d'autan, succède une cohérence d'ensemble d'objets qui communiquent entre eux - tout ressort alors du calcul, il faut mettre de l'ordre, tout devient fonctionnel et on a un espace et non un décor.

    Baudrillard pose que les objets d'intérieur sont le "projet vécu d'une société technique" dont les buts sont la maitrise et le contrôle.

    L'auteur évoque ensuite les "structures d'ambiance". Il analyse les différents éléments qui constituent l'ambiance : les couleurs, le chaud et le froid,... Ainsi le monde des couleurs, trop voyant, s'oppose à l'intériorité ; l'apparence contre l'être. Ces couleurs ont mis du temps à s'imposer dans les diverses modes. La couleur est perçue comme représentation de la pulsion. On lui préfère la sobriété et donc la contrôle, le calcul, la raison.

    Les objets fonctionnels sont représentés d'abord comme une libération puis comme un signe-piège, des alibis, d'une liberté qui n'est pas vécue. En ces domaines, on peut parler d'idéologie culturelle, de préjugés culturels qui s'effacent avec le temps, comme le rejet des couleurs. L'ambiance répond à la cohérence d'un système culturel de signes et non plus à une unité de goût.

    Dans son ouvrage Baudrillard prend des objets en guise d'illustration. Ainsi le miroir comme image du développement de l'individualisme bourgeois. Ou encore le siège comme signe de la sociabilité et de l'interlocution. Ou aussi la matière verre comme signe de la transparence et de la pureté.

    L'objet a une dimension pratique et une dimension culturelle et même les "fonctions viscérales s'effacent devant les fonctions culturalisées". Il y a des contraintes de culture, qui mettent en tension la famille contre la relation sociale et qui font passer de l'affection à la réception.

    Du point de vue de l'aspect purement technologique que l'auteur ne néglige pas, l'outillage se développe avec les nouvelles énergies. Dès lors, les objets manuels et l'outil change. L'Homme est dans une relation gestuel avec ces objets et si l'outil change, cette relation évolue aussi : les gestes deviennent plus simples et gestes d'effort succèdent des gestes de contrôle (praxis des objets).

    Il y a une libération de l'objet en même temps que de l'énergie. Le monde domestique implique une régularité des gestes. Dans le monde actuel, il y a un découpage des gestes qui peut être vue comme une "aliénation" (dans la lignée par exemple de la division du travail et du Taylorisme que Baudrillard n'évoque pas explicitement).

    L'auteur pointe aussi un paradoxe : en même que l'expansion généralisée des activités humaines, il y a une miniaturisation des objets. Les objets techniques sont à la fois le signe de notre pouvoir mais aussi de notre irresponsabilité.

    Parce qu'ils revêtent un sens culturel, les objets ont donc des connotations et la forme compte autant sinon plus que la fonction. On est dans une logique du refus moral de l'instinct (d'où une forme d'hypocrisie). La fonctionnalité est ici la faculté de s'intégrer à un ensemble. Le symbolique disparait au profit de la maitrise. On a d'un côté organisation et calcul et de l'autre connotation et devenir (en lien avec les instinct). Cette première partie de l'ouvrage insiste sur les évolutions de la nature des objets dans nos sociétés post-modernes.

    Voilà pour aujourd'hui ! Je vous donne rendez-vous à plus tard, mais sans doute très bientôt, pour le résumé de la deuxième partie de l'ouvrage de Baudrillard dans un deuxième billet !

    A bientôt donc !

    « La modularité de l'esprit - Jerry A. FodorSaint Seiya - Chapitre Hadès - Saison 1 »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :