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X-Men '97 - Saison 2

La Saison 2 de X-Men ’97, achevée le 12 août 2026 après neuf épisodes, confirme tout le bien que je pensais de cette résurrection de la série animée des années 1990. Là où la première saison avait déjà réussi le tour de force de reprendre une série vieille de plusieurs décennies sans donner l’impression d’un simple exercice nostalgique, cette deuxième saison va encore plus loin dans l’exploration de l’immense mythologie mutante. Elle reste profondément ancrée dans l’esthétique et la continuité de X-Men: The Animated Series, tout en commençant à puiser beaucoup plus franchement dans les comics publiés à la fin des années 1990 et au début des années 2000. C’est d’ailleurs l’un de ses aspects que j’ai particulièrement appréciés : X-Men ’97 ne cherche pas seulement à reproduire éternellement les X-Men de Jim Lee, mais semble vouloir parcourir progressivement différentes époques de leur histoire éditoriale.

La Saison reprend directement après le spectaculaire final de la précédente, qui avait dispersé plusieurs X-Men à travers le temps. Dans « Days of Future Past : la prophétie », Forge et Bishop tentent ainsi de retrouver leurs compagnons perdus dans différentes périodes historiques. Cyclope et Jean Grey se retrouvent projetés dans un avenir lointain où leur relation avec Nathan, devenu Cable, prend une importance particulière, tandis que Charles Xavier, Magneto, Rogue, Nightcrawler et Beast ont été envoyés plusieurs millénaires dans le passé, en Égypte antique. Apocalypse devient ainsi le véritable fil rouge de la saison : on ne rencontre plus seulement le gigantesque tyran mutant que l’on connaissait dans la série originale, mais En Sabah Nur avant qu’il ne devienne définitivement Apocalypse. Cette manière de revenir aux origines d'un personnage déjà bien connu permet à la série d'enrichir rétrospectivement toute sa mythologie.

« X-Force contre X-Factor » revient davantage vers le présent et montre surtout ce qui s’est produit en l’absence des X-Men. D’autres groupes mutants occupent désormais l’espace laissé vacant, notamment X-Factor et une X-Force beaucoup plus offensive, dans laquelle Cable joue naturellement un rôle essentiel. Jubilee se retrouve notamment isolée après avoir été capturée, tandis que les différentes conceptions de l’action mutante commencent à s’opposer. C’est une évolution intéressante parce que Xavier et ses élèves ne constituent désormais plus l’unique modèle possible : faut-il continuer à rechercher la coexistence pacifique, travailler avec les institutions ou accepter des méthodes beaucoup plus radicales ? La série retrouve ici une vieille tradition des comics X-Men, où les conflits idéologiques comptent presque autant que les combats contre les super-vilains.

Les deux épisodes consacrés à « L’ascension d’Apocalypse » constituent ensuite un véritable diptyque historique. En Égypte antique, les X-Men rencontrent En Sabah Nur alors que celui-ci lutte contre le pharaon Rama-Tut, qui n’est autre qu’une incarnation de Kang. Charles Xavier et Magneto se retrouvent dans une situation particulièrement paradoxale puisqu’ils savent ce que deviendra En Sabah Nur mais doivent également composer avec les événements de cette époque s’ils veulent rentrer chez eux. La présence du Céleste Eson élargit encore considérablement l’échelle du récit. Les alliances se font et se défont, Rama-Tut poursuit ses propres objectifs et les X-Men sont confrontés au dilemme classique du voyage temporel : peut-on modifier le passé lorsque l’on connaît les catastrophes qu’il engendrera ?

Avec « Arme X, mensonges et DVD », la saison revient vers quelque chose de plus directement lié à Wolverine. Logan, toujours marqué par ce que Magneto lui a fait subir à la fin de la Saison 1, retourne au Canada en compagnie de Morph et de plusieurs anciens protagonistes liés au programme Weapon X. L’objectif est notamment de retrouver son adamantium, mais l’expédition tourne rapidement à la confrontation avec une nouvelle expérience et avec les Brood. L’épisode fonctionne presque comme une aventure autonome au milieu d’une saison très feuilletonnante et permet de revenir sur l’un des grands pans de la mythologie personnelle de Wolverine : son corps transformé en arme, son passé manipulé et la difficulté qu’il éprouve à distinguer ce qu’il était de ce que d’autres ont voulu faire de lui.

« Danger.exe » constitue à mes yeux l’un des épisodes les plus intéressants pour comprendre la direction prise par cette Saison 2. Polaris revient au manoir tandis qu’une nouvelle menace apparaît autour de l’école de Xavier, avec Danger, issue directement de la technologie de la Salle des Dangers. Mais cet épisode accompagne surtout une transformation plus générale du projet de Xavier. Après Genosha et la disparition temporaire des X-Men, revenir simplement à la situation antérieure paraît impossible. C’est dans ce contexte qu’apparaît X-Corp, organisation qui permet à la série de reprendre encore un autre élément des comics du début des années 2000. Xavier ne veut plus seulement disposer d’une équipe de super-héros : il cherche à donner aux mutants une structure internationale capable d’intervenir et d’exister politiquement.

C’est également à ce moment que l’influence du remarquable run de Grant Morrison sur New X-Men, publié à partir de 2001, devient particulièrement visible. Les X-Men adoptent les uniformes conçus à l’époque par Frank Quitely, beaucoup plus sobres et uniformisés que les costumes flamboyants associés aux années 1990. Ces tenues sombres, gris-noir avec leurs motifs jaunes, donnaient chez Morrison l’impression que les X-Men devenaient moins une simple équipe de super-héros qu’une véritable institution mutante. Leur utilisation dans X-Men ’97 accompagne parfaitement la création de X-Corp et l’évolution du rêve de Xavier. La série accomplit ainsi quelque chose que j’aime beaucoup : elle commence dans les années 1990 mais ne reste pas prisonnière de cette décennie et absorbe progressivement des idées provenant de périodes ultérieures des comics.

« Epreuve dans la Terre Sauvage » entraîne ensuite les personnages vers la Terre Sauvage, autre lieu incontournable de l’univers X-Men. Là encore, le passé revient hanter le présent et la série réutilise des éléments qui remontent aussi bien au dessin animé original qu’aux comics classiques. Cette Saison 2 fonctionne d’ailleurs beaucoup sur cette idée : l’histoire des mutants ne disparaît jamais réellement. Genosha, Apocalypse, Weapon X, la Terre Sauvage ou les anciennes divisions entre mutants reviennent constamment sous des formes nouvelles.

Dans « La main de l'homme mort », cette logique atteint son point culminant avec le retour de Gambit, mais d’une manière particulièrement cruelle. Remy, dont la mort à Genosha constituait l’un des moments les plus bouleversants de la Saison 1, revient sous l’influence d’Apocalypse. Le personnage devient ainsi une incarnation de la Mort, l’un des Cavaliers d’Apocalypse. Les différentes équipes mutantes doivent intervenir alors que Rogue refuse naturellement de considérer Gambit comme définitivement perdu. X-Men, X-Force et X-Factor finissent par se retrouver impliqués dans une même crise, ce qui donne au récit une ampleur que la série originale atteignait rarement.

Enfin, « Pour la survie du plus fort » rassemble les différents fils de la saison. Rogue refuse d’abandonner Remy et obtient temporairement une puissance d’origine céleste afin d’affronter Apocalypse et de libérer Gambit. Elle parvient finalement à arracher Remy à son contrôle et à neutraliser Apocalypse, mais cette victoire exige un prix terrible. Nightcrawler choisit de se sacrifier à la place de sa sœur adoptive, donnant à Kurt un geste parfaitement cohérent avec sa personnalité, sa foi et la compassion qui l’a toujours caractérisé. La saison se termine donc sur une victoire extrêmement amère : Gambit est revenu, mais les X-Men ont peut-être perdu Nightcrawler.

Et comme souvent avec X-Men ’97, le véritable avenir se dessine dans les dernières minutes. Graydon Creed, farouchement hostile aux mutants, accède à la présidence des États-Unis, tandis que Mystique fait enfin son apparition dans cette nouvelle série. Elle s’était substituée à Valerie Cooper et révèle ses propres intentions, ouvrant manifestement la voie à une nouvelle période de confrontation politique et idéologique. Après Apocalypse, la menace qui se profile n’est donc peut-être plus seulement celle d’un ennemi surpuissant, mais celle d’une société américaine dans laquelle l’hostilité envers les mutants peut désormais atteindre directement le sommet de l’État.

Ce que j’apprécie particulièrement dans cette Saison 2 est donc cette capacité à traiter toute l’histoire éditoriale des X-Men comme une immense réserve d’idées plutôt que comme une chronologie qu’il faudrait adapter servilement. On retrouve les grandes intrigues des années 1990, mais également des concepts provenant du début des années 2000, avec X-Corp et surtout l’influence évidente du New X-Men de Grant Morrison et Frank Quitely. Les fameux uniformes de cette période en constituent le signe visuel le plus évident. Après avoir célébré les X-Men de Chris Claremont et Jim Lee, la série semble progressivement avancer dans l’histoire des comics, quitte à mélanger les périodes et à réorganiser les événements pour construire sa propre continuité.

Et l’aventure est très loin d’être terminée. Marvel a déjà confirmé que la Saison 3 arriverait en 2027 et que la Saison 4 était elle aussi en développement. Plus impressionnant encore, Brad Winderbaum indiquait lors du Comic-Con de San Diego 2026 que l’animation de la Saison 3 était déjà presque achevée tandis que les animatiques de la Saison 4 étaient en cours de réalisation. On peut donc désormais envisager X-Men ’97 non plus comme une courte opération nostalgique destinée à ressusciter un dessin animé culte, mais comme une véritable série au long cours capable de continuer à traverser plusieurs époques de l’histoire des mutants.

Après cette deuxième Saison, c’est précisément ce qui me donne envie de continuer. X-Men ’97 respecte profondément la série des années 1990 sans se condamner à vivre éternellement en 1997. Elle reprend ses personnages, sa continuité et son esthétique, puis les fait évoluer en puisant dans plusieurs décennies de comics. Si les prochaines saisons poursuivent cette logique, il reste une quantité vertigineuse d’arcs narratifs, de personnages et de périodes à explorer. La Saison 2 donne ainsi l’impression que la série ne se contente plus de prolonger X-Men: The Animated Series : elle commence à construire une vaste histoire animée des X-Men, capable de faire dialoguer les différentes générations de comics au sein d’un même univers.

A bientôt !

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