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Phèdre - Platon

Nous allons maintenant nous attacher à un rapide survol de Phèdre, un autre texte de Platon (nous avions déjà parlé du Banquet), investigation qui ne peut être que très incomplète tant Phèdre est un texte dense, d'une difficulté abyssale et extrêmement brillant !

Alors qu'il chemine, Socrate croise son ami Phèdre qui est saisi d'enthousiasme débordant car il vient d'entendre un discours - qu'il juge parfait - de Lysias sur la question suivante : vaut-il mieux se tourner vers quelqu'un qui vous aime ou porter de l’intérêt à celui qui ne vous aime pas ?

Socrate écoute alors le jeune homme lui rapporter le discours tel qu'il l'a retenu et d'après ce qu'il en a noté. Il apparait - en simplifiant grandement - qu'il vaut mieux éviter celui qui vous aime car l'amoureux cherche à rabaisser l'aimé.

Socrate/Platon utilise alors un premier mythe dans ce texte, celui des âmes ailées.

L'âme immortelle possède des ailes, et les perds, tombant dans un corps mortel. Elle parcourt des cycles et peut s'approcher du Beau, du Bien, du Vrai, dans le sillage des dieux.

L'âme est un attelage de deux chevaux, un bon cheval obéissant et un cheval capricieux tous deux menés par un cocher qui a du mal à faire aller l’attelage comme il faut.

Eros, l'amour, est une folie envoyée par les dieux, une sorte de Daimon, qui est source d'inspiration. Le comportement des amoureux dépends de la manière dont ils mènent leur attelage respectif. L'amoureux veut retrouver le Beau qu'il a contemplé dans son passé d'âme ailée - c'est donc une réminiscence.

Socrate/Platon soutient donc dans Phèdre une thèse et son antithèse. Synthèse ? Non ! On n'est pas en classe de Terminale ! S'ensuit après cela, des arguments sur la rhétorique où l'art de convaincre - qui se justifie plus lorsque ce ne sont pas de simples artifices mais que le sujet sur lequel on parle nous est bien connu. La connaissance de la Vérité est un préalable au discours.

Il y a ensuite un deuxième mythe, le mythe de Teuth où il est question de l'écriture comme mémorisation/remémoration. Bernard Stiegler parle à propos de l'écriture d'un pharmakon, un remède, un poison et un bouc-émissaire. Platon est très méfiant vis-à-vis de l'écriture qui ne doit servir que les plus hautes idées.

Voilà, je résume en gros et de manière très maladroite une lecture à chaud sans prise de notes. Il existe des bibliothèques entières sur ce livre. Mais bon, je voulais vous en parler et surtout dire qu'il est important parce qu'il comporte deux mythes : l'âme ailée et Teuth. Platon est surtout connu pour son allégorie de la caverne (République, livre VII) et le mythe de l'Atlantide (le Timée). Il y a en tout une douzaine de mythes dans son œuvre !

J'aurais l'occasion de revenir sur Platon et aussi de livrer des analyses plus poussées que ci-dessus car j'envisage des études de philosophie - et d'Histoire - l'année prochaine !

A bientôt !

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