• René Descartes et la philosophie du cogito

    René Descartes et la philosophie du cogitoOn parle volontiers, à propos du philosophe Emmanuel Kant, de "Révolution copernicienne". Or la pensée de René Descartes, antérieure, constituait elle aussi déjà un tournant majeur qui fit entrer la philosophie dans l'ère moderne, l'âge de raison, en rupture avec la scolastique. Et Kant devait en être en quelque sorte l'achèvement, qui réconcilia rationalisme cartésien et empirisme anglo-saxon dans l'idéalisme transcendantal. Mais de ceci, il sera question une autre fois !

    Descartes en né en 1596 à la Haye, en Touraine et fut admis à l'âge de 10 ans au Collège royal de La Flèche tenu par des Jésuites. De santé fragile, il bénéficie d'un traitement de faveur et en gardera un goût pour la méditation. Ces années furent d'un profond ennui pour le jeune élève qui se met à rêver d'une science renouvelée et fondée sur les mathématiques et leurs certitudes.

    Descartes obtient une licence de Droit à Poitiers en 1616 et s'engage en Hollande dans la vie militaire et la Guerre de Trente Ans. C'est un escrimeur émérite et il écrira d'ailleurs un petit traité sur le sujet !

    Lors de ses voyages, Descartes rencontre le mathématicien Isaac Beeckmann qui stimule son intérêt déjà vif pour les mathématiques. Dans la nuit du 10 au 11 novembre 1619, Descartes aura une sorte de révélation, en l’occurrence sous la forme de trois rêves, alors qu'il est en garnison avec les troupes de Bavière. Sa mission sera désormais de jeter les "fondement d'une science admirable" ! Héritier d'une petite fortune familiale, il reprend la route en Hollande, en Allemagne, en Suisse, en Italie et en France.

    Descartes se lance alors durant dix ans dans des travaux considérables dans divers domaines des sciences, compilant notamment des travaux d'autres savants sans nécessairement les citer, œuvrant dans les domaines de la mécanique, de la météorologie ou de l'optique - entre autres. Il songe à publier en 1633, un Traité du monde et de la lumière où il reprends les idées de Galilée sur l'héliocentrisme mais le procès de ce dernier l'incite à la prudence et il n'en publie finalement que trois extraits : Dioptriques, Météores et Géométrie. Il y adjoint une préface qui sera le célèbre Discours de la méthode.

    Dans ce texte fondateur, Descartes part d'éléments biographiques puis se propose de refonder le savoir sur de nouvelles bases. Notre savoir serait en effet constitué d'idées reçues, apprises par habitudes et dont on peut douter ! Il s'agit de pratiquer un doute méthodique ! Partant de là, la seule chose dont on ne peut douter est que l'on doute ! Et si l'on doute, c'est que l'on existe ! C'est le fameux "Je pense donc je suis". Mais est-ce suffisant pour reconstituer tout le savoir ? En réalité, il y a de la marge !

    Car Descartes devra par la suite expliciter son propos, notamment dans les six Méditations métaphysiques. De fait, la "méthode" de Descartes est réellement explicitée dans le Traité du monde - mais Descartes renonça à le publier ainsi que dans un texte de jeunesse les Règles pour la direction de l'esprit où le philosophe énonce 21 règles, là encore bien insatisfaisantes !

    La méthode cartésienne n'est donc pas une méthode infaillible car la science nait aussi de l'expérimentation et de la confrontation des idées entre savants amis ou rivaux. Descartes eu d'ailleurs de nombreuses polémiques avec d'autres penseurs ! Ce fut le cas avec Pierre de Fermat à propos d'erreurs dans la Dioptrique, avec William Harvey à propos de la circulation sanguine, à propos du vide auquel Descartes ne croyait pas, disputes encore avec Thomas Hobbes.

    Descartes jouit cependant vite d'une renommée internationale - et n'a pas en effet totalement démérité ! En octobre 1649, il est invité par la Reine Christine de Suède et prend un coup de froid lors du déplacement qu'il en décède d'une pneumonie le 11 février 1650. Son corps est transporté en France en 1667, au cimetière de Saint-Germain-des-Prés et son crâne est dérobé et vendu aux enchères avant de trouver sa place dans un petit musée de Touraine !

    Singulière vie que celle de l'inventeur du "Je" !

    A bientôt !

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