• Nous abordons maintenant ce qui est le 29ème album de Lucky Luke, paru à l'origine aux Éditions Dupuis en 1967 etLucky Luke ; Des barbelés sur la prairie - Morris & Gsocinny qui s'avère pas moins que la 43ème histoire des aventures du cow-boy solitaire redresseur de tort ! Il s'agit de "Des barbelés sur la prairie", récit que j'ai beaucoup apprécié !

    Il nous est rappelé, au début de l'histoire, que le cow-boy est, à la base, celui qui garde les troupeaux de vaches ! Car il va être ici question d'éleveurs et de lutte avec les fermiers pour le partage des ressources de l'Ouest ! Dans une lecture plus moderne, on peut y voir aussi une opposition entre mangeurs de viandes et végétariens/végans !

    Cass Casey est un "gros" éleveurs tant par sa physionomie que par la taille de ses troupeaux ! Il est persuadé que les prairies lui appartiennent en totalité et n'est prêt à aucune concession ! Arrive un jour Vernon Felps  - et sa tendre épouse Annabelle (dont la tarte au potiron est réputée !), un fermier, doté d'un titre de propriété en bonne et due forme et bien décidé à faire pousser des légumes sur la prairie ! Mais Casey ne l'entends pas de cette oreille et fait passer ses vaches sur la propriété du nouveau venu, saccageant tout au passage !

    Évidemment, notre héros Lucky Luke se trouve dans les environs et prends, comme à son habitude, fait et cause pour le plus faible ! Les plans de l'éleveur local et de ses hommes sont déjoués un temps grâce à l'habileté au tir de Luke ! Mais la tension monte d'un cran lorsque Felps décide de clôturer sa propriété, bref de briser le tabou qui consiste à mettre "des barbelés sur la prairie" ! Cette fois la guerre est déclarée !

    Ce conflit va opposer les éleveurs menés par Cass Casey- et comptant des "mastodontes" - on ne peut parler de "grosses légumes" ! - comme Meaty Bones, Chops Murphy, Roasty  Rowlings ou Sirloin Waldo - aux noms si folkloriques à, en face d'eux, la communauté des fermiers ! Ces derniers veulent former une milice et Lucky Luke va d'abord refuser de les entraîner pour éviter l'escalade et le bain de sang ! Mais Casey poussant le bouchon un peu trop loin, notre cow-boy va finalement accepter !

    Le coup de force des fermiers qui va finalement faire pencher la balance va être finalement de faire encercler la ville de  Cow Gulch par du barbelé et d'assiéger les éleveurs ! Finalement, Casey et son parti reviennent à la raison et finisse par inclure des éléments végétariens - donc des légumes ! - dans leur régime alimentaire ! Une entente est trouvée et les fermiers feront pousser les salades dont se nourriront les troupeaux ! Tout le monde finit par s'entendre pour le mieux et Lucky Luke peut s'éclipser à nouveau dans le soleil couchant en chantonnant !

    Avec "Des barbelés sur la prairie," on entre selon moi - et de manière plus objective ! - dans la meilleure période de la série ! Les "expérimentations" sont terminées et les marques sont prises, la "recette" du succès est trouvée ! Par exemple, la monture de Luke, Jolly Jumper, a désormais une place à part entière dans les récits et de longues lignes de dialogues, interagit avec le cow-boy, se moquant parfois de son cavalier - comme lorsqu'il saute par la mauvaise fenêtre !

    Bref, c'est du tout bon, un classique du neuvième art et un ouvrage à lire absolument !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Valérian - Tome 7 : Sur les terres truquées - Christin & MézièresLe scénariste Pierre Christin sait décidément comment capter l'attention de ses lecteurs ! Ainsi, il ouvre le tome 7 de sa série avec le dessinateur Jean-Claude Mézières, intitulé "Sur les terres truquées" avec une foule d'interrogations !

    On suit en effet une armée coloniale anglaise qui attaque une ville de l'Inde et au milieu de ce chaos, notre héros bien connu, Valérian, sort son désintégrateur et essais de récupérer de bien mystérieuses coordonnées mais finit par... décéder !

    Valérian mort ? Non, en réalité, on s'aperçoit bien vite qu'il s'agit de clones ! Ceux-ci sont envoyés sur les "terres truquées", dans d'autres époques reconstituées du passé de la terre afin de traquer une mystérieuse entité qui est à l'origine de tout ce cirque !

    Laureline ne peut qu'assister aux décès successifs de tous ces clones ! Elle est en effet sous les ordres d'une historienne prénommée Jadna, assez insensible, celle-ci, aux mésaventures de Valérian !

    Notre agent spatio-temporel se retrouve ensuite dans l'Angleterre de Gladstone, puis en France au début du XXème siècle et enfin sur les champs de bataille de la Grande Guerre où tous ses clones se feront massacrer !

    Finalement, Jadna rencontre l'être à l'origine de tout ceci ! Une mystérieuse entité sans forme, amiboïde, qui collectionne les données sur la Terre - car son peuple s'ennuie ! L'historienne est fascinée par les connaissances sans limite de cet être et finira par rester à ses côtés tandis que nos deux héros prennent le large et un congés réparateur bien mérité dans le passé de la Belle-Epoque !

    On ne peut qu'être fasciné par les audaces de cet album - et de cette série de manière générale ! Christin sait entretenir le suspens et délivre les révélations au compte-goutte, ménageant ses effets ! Mézières est un parfait exécutant au service du scénario, livrant même à la fin de l'album un hommage à Auguste Renoir !

    Les influences de ces deux artistes sont multiples ! Aussi bien littéraires - et pas seulement romanesques, cinématographiques, picturales, ou encore architecturales ! Le côté visionnaire doit également être souligné ! On avait déjà vu dans le premier album de la série "La Cité des Eaux mouvantes", la mise en avant d'une catastrophe nucléaire des années avant Tchernobyl, mais ici le terme du clonage - déjà présent en SF mais encore absent des revues médicales en 1977, date de publication de ce "Sur les terres truquées" ! On est des années avant la brebis Dolly !

    Je vous donne rendez-vous prochainement pour un autre tome de cette remarquable série !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Le Critias - ou De l'Atlantide - est l'un des derniers dialogues de Platon, très court, censé former une trilogie avec le Timée et un autre texte intitulé Hermocrate qui n'a jamais été retrouvé ! Sur ce dernier dialogue, Friedrich Nietzsche suppose qu'il a été réécrit et incorporé aux Lois. Le propos de cette trilogie est de présenter l'univers, l'Homme et la société !

    De plus, Critias est un texte incomplet ! En effet, la fin manque ! Il y est question de l'Atlantide de manière encore plus détaillée que dans le Timée où elle n'est qu'évoquée ! Le récit de Critias fait suite à celui de Timée et il nous décrit une île riche en ressources et dont il nous détaille la géographie, la population et le régime politique.

    Initialement, les dieux se sont partagé le monde ! Ainsi, il y a 9000 ans, Poséidon s'est uni sur une haute montagne au centre d'une île par delà les Colonnes d'Hercule avec une mortelle nommée Clitô ! De cette union, naquirent dix enfants qui devinrent les dix rois des dix régions de l'Atlantide, unis sous une loi gravée dans le temple de Poséidon sur une stèle d'orichalque, le précieux métal lié au mythe de l'Atlantide !

    La géographie de l'Atlantide s'organise autour de la montagne centrale, en cercles concentriques, alternance de canaux, de cités et de murailles. L'île est une nation puissante qui s'oppose dans un conflit antique à l'Athènes de l'époque alors plus grande que l'Athènes de Platon ! Sous l'égide des dix rois, s'organise une armée puissante et innombrable !

    La visée de ce texte est aussi de décrire une cité idéale telle qu'elle est exposée en théorie dans La République. Il s'agit aussi de montrer que l'Athènes d'alors est capable de s'opposer à des ennemis puissants unis par des rois fabuleux !

    La fin du récit qui manque - et dont on suppose qu'elle n'a en réalité jamais été écrite, devait raconter dans le détails la guerre entre les Atlantes et les Athéniens ! Mais Platon nous laisse sur notre faim !

    Mine de rien, nous nous acheminons vers la fin du - long ! - corpus platonicien !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Timée - PlatonLe dialogue du Timée est un dialogue tardif de Platon, un de ses derniers textes ! Sous-titré De la Nature, il tient à la fois de l'exposition de Cosmogonie que de la présentation de Sciences naturelles ! C'est aussi dans ce texte - avec le Critias - , que l'on trouve une allusion assez conséquente au mythe de l'Atlantide !

    Le texte s'ouvre par un bref échange entre Socrate, Critias et Hermocrate - avec des rappels à l'autre texte qu'est La République, concernant en particulier la communauté des femmes et des enfants puis Timée de Locres, un philosophe pythagoricien propose alors une très longue réflexion sur la nature du monde physique - basé sur les mathématiques, idée chère aux pythagoriciens et que reprendra Galilée en disant que "le monde est écrit en langage mathématiques" des siècles plus tard !

    Disons-le tous de suite les principes de physique sur lesquels reposent l'explication du monde du Timée sont complétement obsolètes ! Pour faire cours, il est supposé un démiurge, un dieu créateur qui se comporte à la manière d'un artisan, qui fabrique le monde, celui-ci reposant sur les quatre éléments que sont le feu, l'eau, la terre et l'air ! Il est aussi question de proportions mathématiques et de triangles et de figures ! Tous ces éléments se combinent entre eux - pour former la matière ! - et se transmutent !

    Ici Platon prends le relais des poètes comme Hésiode et nous fournit le plus ancien ouvrage de cosmologie qui nous soit parvenu dans son intégralité. Là encore tout part du Chaos primordial et on a ici un récit alternatif à celui des poètes !

    Les domaines de connaissance abordés par le Timée sont très larges ! Il y a vraiment à boire et à manger dans ce texte ! Jugez plutôt ! Mathématiques, biologie, chimie, médecine, psychologie, politique et religion sont abordées ! Enfin, je ne l'ai pas dit plus tôt mais la question de l'âme est évoquée ! Les dieux, tels Zeus, Héra ou Hadès sont ici en fait des dieux secondaires crées par le démiurge. Le mouvement et le temps sont traités de même que l'opinion et le discours vrai... On a donc bien ici un large éventail de problématiques - même si tous les principes énoncés sont dépassés et certaines explications, bien naïves, feront sourire !

    En fait, on se rends vite compte que le philosophe est tout aussi démuni que le poète pour fournir un système du monde ! C'est ainsi la thèse de Luc Brisson, un grand spécialiste de Platon que j'aurais peut-être l'occasion de vous présenté une autre fois ?

    Voilà, il y aurait beaucoup à dire sur ce texte mais je ne vous livre ici qu'une présentation générale ! C'est un texte un peu "technique" en un sens, par moment, en ce sens qu'il livre quantités d'explication des phénomènes de la nature d'après une méthode qui se veut hypothético-déductive et qui repose largement sur la logique. On abordera plus amplement les systèmes d'explication de la Nature - la Pḧysique et la Biologie principalement - lorsqu'on abordera l’œuvre d'Aristote (bientôt !).

    A bientôt donc justement !


    votre commentaire
  • Nous allons maintenant entrer dans les cités, nous aventurer en banlieue, endroits qui avant d'être des "no man's Billy la Banlieue - Loricielsland" sociaux sont autant de lieux d'opportunités !

    C'est en 1986 que Loriciels sort son jeu de plates-formes nommé Billy la Banlieue ! Soyons clair tout de suite, c'est pour une fois un jeu que je n'ai jamais eu entre les mains et auquel je n'ai jamais joué même si il était sorti sur Amstrad CPC qui était alors mon ordinateur de prédilection ! N'ayez pas peur cependant car je pourrais vous en parler - certes de seconde main ! - car ai consulté des encyclopédies du jeu vidéo, Wikipédia et des vidéos de gameplay sur Youtube !

    Dans ce jeu, vous incarnez donc Billy, un jeune loubard arborant une banane à la Dick Rivers - c'est en effet encore la période des blousons noirs et pas encore celles des fondamentalistes musulmans ! Billy déambule sur divers écrans qui s’enchaînent horizontalement,  sur deux niveaux, doit ramasser des objets qui lui serviront à "neutraliser" les autres personnages : la pute, le voyou, le musicien, le flic... Ainsi pour contenter la pute, vous devrez lui "donner de l'amour" avec le cœur, vous vous débarrasserez du voyou avec le canif et le musicien sera ravi que vous lui apportiez la guitare ! Vous ne pouvez évidemment porter qu'un seul objet à la fois - ce qui oblige à des aller-retour (un peu sur le même principe que des jeux plus anciens comme Sorcery +).

    Mais ces personnages sont en fait des obstacles qui vous barrent le chemin de bornes d'arcade ! Car le but ultime de ce jeu est de vous exercer sur les dites machines à sous, en récoltant aussi de l'argent pour se faire !

    Vous devez également gérer une jauge d’énergie que vos mouvements font diminuer !

    Billy la Banlieue - Loriciels

    Une petite musique - vaguement rock ! - accompagne la phase de jeu ! La grande innovation de Billy la Banlieue  est donc d'inclure des "jeux dans le jeu" ! Un principe qu'on retrouve de nos jours dans des softs/produits comme Starcraft II mais qui a fait école depuis 1986 ! J'ai repéré trois bornes d'arcade dans ce jeu qui reprennent des classiques du jeu vidéo : un jeu de course de voitures, un Space Invaders et un casse-briques façon  Breakout  ! Quand le jeu vidéo s'autoréférence ! Il y a aussi un bandit manchot à la fin !

    Une suite à ce jeu, nommée Billy 2 est sorti en 1987, toujours sur Amstrad CPC ! Jean-Philippe Biscay est l'auteur de ce premier opus, Billy la Banlieue, parmi d'autres jeux sur Amstrad CPC !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • A la fin de Star Wars - Les Derniers Jedi, les survivants de la Résistance se réfugiaient sur la planète de sel nommée Star Wars - Les Tempêtes de Crait - Acker, Blacker & MayhemCrait où jadis, nous disait-on, l'Alliance Rebelle avait installé une base. Dans le one-shot Star Wars - Les Tempêtes de Crait, on nous propose de revenir sur cet épisode de la Rébellion, durant la Guerre civile galactique, où nos héros portent leur dévolu sur Crait !

    C'est un récit scénarisé par le duo des deux Ben, Acker et Blacker et dessiné par Mike Mayhem ! Cette histoire aurait pu s'inscrire dans la série régulière Star Wars car elle reprends en effet des éléments introduits par Jason Aaron, comme l'Escadron SCAR ! On remarquera toutefois quelques incohérences ! Et beaucoup de fan-service ! Mais bon, c'est un récit one-shot pour des raisons purement marketing !

    Les deux scénaristes ont surtout signé jusque là, pour Star Wars, des romans "Jeunes adultes, comme la série "Join the Resistance". Cela explique peut-être pourquoi Les Tempêtes de Crait est assez édulcoré ! L'Escadron SCAR subit des pertes mais hors-champ !

    Les Rebelles sont toujours à la recherche d'une base après avoir quitté Yavin IV précipitamment ! La Princesse Leia se souvient alors que son père, Bail Organa, avait traité avec les mineurs de Crait, une planète très hostile, voire morte ! Elle se rends donc sur place avec Luke Skywalker, Han Solo et Chewbacca, le Faucon Millenium et un transporteur rebelle (qui contient les fameux glisseurs, encore neufs, de l'Épisode VIII). Là-bas, elle négocie avec Trusk Berinato, un Q'Itane d'Etrega Supérieure !

    Hélas, Trusk les trahit - ce qui ne surprends pas outre mesure Leia qui espère attirer ainsi les Impériaux - et les SCAR - dans un piège ! Finalement les méchants sont défaits (vraiment ? Ou ont pu fuir , on ne sait pas vraiment ?) et les Rebelles quittent alors ce monde, d'autant qu'une tempête de sel approche, vers de nouvelles aventures !

    Une histoire qui n'est pas ce qui se fait de pire ! Niveau incohérence, on nous disait dans Les Derniers Jedi que les Rebelles avaient établis une base sur Crait - or la base est déjà là (le camp de mineurs ! Et où sont les grande porte et les renards de crystal ?) et les Rebelles n'y restent qu'une seule journée ! En conclusion, Acker et Blacker font un peu ce qu'ils veulent !

    Mention spéciale à une certaine scène avec Wedge Antilles où le personnage du pilote laisse éclater sa rage et défie l'Empire !

    Niveau dessin, j'aime bien ! Mike Mayhem fait un peu comme le si détesté Salvador Larroca, à savoir qu'il décalque des photos des films ! Mais pour Mayhem, c'est beaucoup plus uniforme et harmonieux que le travail de l'Espagnol tant décrié, notamment grâce au travail de colorisation. Pour ma part, j'aime bien ce dessin !

    Voilà ! Je vous livrerais bientôt ma critique de la suite de la série de comics Star Wars régulière ! En attendant, je vous laisse avec Les Tempêtes de Crait que vous pouvez retrouver dans le Star Wars comics Hors-série 3 en ce mois de juillet 2018 ! On retrouvera ce récit probablement ensuite en album !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Operation Thuderbolt - TaîtoOperation Thunderbolt est un jeu vidéo de tir, par Taito sorti en borne d'arcade en 1988. Il est la suite directe d'Operation Wolf (voir le billet consacré !), sorti peu de temps auparavant ! Mais ce deuxième opus a comme particularité par rapport à son prédécesseur qu'on peut y jouer à deux simultanément !

    Le fait de disposer de deux fusils-mitrailleurs devrait diminuer la difficulté d'un jeu déjà assez difficile - or il n'en est rien ! Les joueurs peuvent se partager la tâche, l'un abattant ce qui vient de la gauche et l'autre ce qui vient de la droite ou l'un les soldats et l'autre les blindés, mais en réalité, il y a un tel fourmillement d'ennemis qu'on est vite débordé !

    Vous incarnez Roy Adams et Hardy Jones, deux bérets verts chargés de délivrer des otages dans un avion de ligne détourné par des terroristes, dans un pays africain imaginaire ! Pour se faire, vous devrez au préalable capturer six bases différentes, peuplées de soldats, de jeeps, de tanks, de bateaux ou encore d'hélicoptères ! Vous n'avez que votre PM - pistolet mitrailleur - et des lances grenades !

    Par la suite, si vous abattez des otages, vous perdez de la vie ! Il faut ensuite délivrer le pilote de l'avion qui est détenu en otage par le chef des terroristes, un général retors ! C'est là une phase difficile du jeu et il vous faudra bien viser car si vous abattez le dit civil, l'avion restera au sol et un écran "Game Over" s'affiche !

    Par rapport à son ancêtre, ce jeu contient des phases qui il me semble n'existaient pas dans l'autre jeu ou votre personnage avance devant lui - d'où un effet de profondeur ! -  et plus seulement en scrolling latéral/horizontal !

    Ce jeu très violent a été adapté sur de nombreuses machines : la gamme des machines Amstrad, le CPC 464 en tête mais aussi le GX4000 et le CPC +, sur ZX Spectrum et Commodore Amiga et C64, sur Super Nintendo (SNES), sur Atari ST, sur Xbox (dans la compilation "les Légendes de Taito"), sur PlayStation 2 et sur PC (dans ces deux derniers cas aussi dans le cadre de la fameuse compilation quelques années plus tard !). C'est Ocean Software qui s'est chargé des adaptations !

    A noter que le jeu est relié à des événements réels ! Une "Operation Thunderbolt" a eu lieu en 1976 et était le nom d'une mission de récupération d'otages, menée par les Forces de Défense Israélienne, à Entebbe, en Ouganda ! Ceci a aussi donné lieu à un film ! Toutefois la ressemblance s'arrête là car le pays africain fictif dans le jeu s'appelle Kalubya et a une localisation qui correspond grosso-modo à la Libye, l'ennemi terroriste d'alors !

    Enfin, je me rappelle une mésaventure qui m'était arrivée avec cette borne dans la salle d'arcade ! J'avais mis ma pièce de 10 francs et un sale gamin insolent s'était invité dans la partie, accaparant la deuxième mitraillette et de plus jouant mal et gaspillant tous mes crédits ! Y a plus de jeunesse ! je n'allais tout de même pas le frapper !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Nous allons aujourd'hui parler d'un manuel coordonné et rédigé en grande partie par Jean-François Dortier intituléUne Histoire des Sciences humaines - Jean-François Dortier Une Histoire des Sciences humaines ! Qui est ce monsieur Dortier ? C'est en fait le rédacteur en chef du magazine Sciences humaines, magazine que je lis depuis quelques années - depuis l'été 2015 en fait et que j'apprécie beaucoup pour ses sujets variés, ses bons dossiers et aussi ses hors-séries !

    Dans le livre dont il est présentement question, il nous dresse un panorama de diverses sciences, constituées au XIXème siècle pour la plupart : la sociologie, l'Histoire, la psychologie, la géographie, la psychanalyse, l'économie, la linguistique etc... qui se sont peu à peu émancipées de la philosophie.

    Ce panorama est assez complet et assez référencé et s'articule en trois moments !

    On a tous d'abord les pionniers ! On pense à  Alexis de Tocqueville, Adam Smith, Boucher de Perthes (et les antiquités de l'homme !), Auguste Comte, Karl Marx évidemment, Jules Michelet ou encore Lewis Morgan ou Frazer ! La période s’étend de 1800 à 1900 ! On pose les bases de la sociologie, de l'anthropologie. On est dans le droit fil des Lumières et c'est l’avènement de la rationalité où l'on tente de construire des systèmes du monde - des explications - en dehors de toute religiosité ! Mais à ce stade, les limites et contours - de même que les objets et les méthodes - des disciplines ne sont pas encore fixés !

    On s'achemine vers un savoir nouveau puis vient le temps des fondations - période 1900 - 1950 ! Là on retrouve Émile Durkheim, le Français et Max Weber, l'Allemand (deux savants dont je vous ai déjà parlé) qui polarisent la sociologie, Sigmund Freud - qui explore l'inconscient (dont je vous ai aussi parlé), Franz Boas, Alfred Binet, Edmund Husserl, John Maynard Keynes, etc,... On nous montre les différents paradigmes qui se succèdent à ce moment là - à partir de cette période :  science "de la forme", le culturalisme, la phénoménologie, l'existentialisme - et les écoles : École de Chicago, Cercle de Vienne, École de Francfort, École de Prague,... On a passé un nouveau cap dans la constitution de disciplines puisqu'on a désormais des courants qui s'influencent et/ou s'opposent !

    Le troisième et dernier moment couvre la seconde moitié du XXème siècle à nos jours ! On assiste à une remise en question dans tous les domaines ! La société change et connaît des moments de crise ! Les années 1960 - 1970 voient naître des mouvements contestataires : Mai 68, hippies en Californie ! La pensée se complexifie et si on n'a jamais eu autant d'études et de recherches, paradoxalement on a une vue moins nette du monde dominé par la théorie du chaos !

    Les années 1980 voient une crise de l'Occident ! Chocs pétroliers, chômage de masse, individualisme et désintégration de la famille traditionnelle, immigrés de deuxième génération qui, rejetés, se réfugient dans le radicalisme religieux, libéralisme économique ! ...  Tout ceci appelle à formuler de nouveaux paradigmes ! Or on s'aperçoit bien vite que sous la multitude des études, une vision d'ensemble, un cadre théorique manque à l'appel !

    Voilà pour cette rapide recension d'ouvrage ! Chaque article de ce livre aurait pu donner lieu à un billet sur ce blog ! J'en ai d'ailleurs commis un sur les "précurseurs de la psychologie" - mais ne ferais pas ces articles par manque de temps car c'est un livre que j'ai emprunté à ma BU - Bibliothèque Universitaire - où je fais actuellement un stage ! - et qu'il faut que je rende dans quatre jours !

    Mais j'aurais certainement l'occasion d'aborder tout de même ces sujets dans ce blog éclectique à l'avenir  - ou au passé dans des billets antidatés !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Parmi les jeux de courses, outre les jeux de Formule 1, il y a les jeux de rallye et l'un des premiers représentants de ce genre fut Lombard RAC Rally, jeu sorti en 1988, développé par Red Rat Software et publié par Mandarin Software ! Un jeu assez immersif, en réalité, au moyen de quelques artifices !

    Lombard RAC Rally - Mandarin Software

    Ce jeu est le premier d'une série de jeux publiés par Europress (l'autre nom de Mandarin Software). Il fut diffusé sur Atari ST, Amiga et MS-DOS !

    La grande astuce qui rends ce jeu si immersif est que vous êtes directement dans la cabine de pilotage, derrière le pilote et son coéquipier qui lui donne des indications sur la router ! Hormis cela, il n'y a pas grand chose à dire sur ce jeu !

    Lombard RAC Rally - Mandarin Software

    J'en possédais une copie pirate et à vrai dire, n'y est pas beaucoup joué car les jeux de courses ne sont pas mes préférées hormis quand on a une bonne impression de vitesse ! Ici, ce n'est pas tant la vitesse qui compte mais le pilotage, de bien négocier les virages - en suivant les indications de votre copilote - et en évitant les sorties de route !

    Au départ du jeu, il est également possible de répondre à une interview télé, un quizz en fait, pour gagner du cash et passer ensuite à l'Atelier et modifier votre véhicule !

    On coupera le son car le bruit strident du moteur fait particulièrement mal aux oreilles !

    A l'époque, en 1988, Mandarin Software joua sur le timing et publia son jeu pile au départ de la vraie course ! Mais bon, ça, c'est plus un argument marketing ! C'était alors la 56ème édition d'une course initiée en 1932 ! Le Lombard RAC Rally est une course qui se déroule sur le sol britannique, pensée pour concurrencer le Rallye de Monte Carlo ! En effet, le volant est à droite ! Mais je n'en dirais pas beaucoup plus !

    Voilà, une curiosité de l'époque !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Le Politique - PlatonNous allons nous intéresser aujourd'hui au dialogue de Platon intitulé Le Politique. Ce texte fait suite au Théétète et au Sophiste. Après s'être demandé quelle était la figure du sophiste, l’Étranger d’Élée se demande qui est le politique et à quoi correspond l'art royal ! Le dialogue est en effet sous-titré De la Royauté.

    Ce dialogue ne mets pas en scène Socrate - qui n’apparaît plus dans les textes désormais - mais l’Étranger d’Élée et Socrate le Jeune (qu'on ne peut confondre avec le mentor de Platon !).

    Le Politique et le Philosophe font, au contraire du Sophiste, parties de ceux qui savent ! Le texte débute par une interrogation sur ce que sont les différentes sciences, les arts de la connaissance. Comme dans le texte précédent, Le Sophiste, on procède par division/dichotomie.

    Ainsi, ceux qui possèdent la science royale devraient être les seuls à pouvoir être roi - mais de quoi s'agit-il ? Premier division : entre les sciences qui ont des conséquences dans l'action et les sciences théoriques où on travaille avec la force de son âme. C'est le cas de l'art royal qui est plutôt commandement que jugement. Il n'est pas un héraut qui retransmets les commandements d'autrui.

    L'art royal parce qu'il commande aux vivants, les hommes, est assimilé à l'élevage. Se pose alors la question de la division des vivants (hommes, bêtes,...) à ce stade !

    L'art royal est donc l'art de paître les hommes mais les laboureurs, les boulangers et les maîtres de gymnase pourraient alors aussi revendiquer cet art et le titre de pasteur d'hommes !

    Souvent, dans ses textes, Platon, qui se revendique pourtant du Logos, (la raison), recours aux mythes. Il évoque dans ce dialogue le monde en mouvement inversé, un temps où c'étaient les dieux qui faisaient paître les hommes. Mais un jour, ils lâchèrent la barre et le monde sombra dans le chaos, repris son mouvement naturel, les êtres s'écoulant alors dans le temps de la naissance à la finitude.

    De là, Platon - à travers l’Étranger, montre que la figure de pasteur divin est trop haute pour un roi. il faut distinguer les pasteurs d'aujourd'hui et ceux du temps de Cronos ! En fait le politique est "celui qui soigne les animaux bipèdes vivants en groupes."

    Il est ensuite question de la formation de la science en nous ! Pour apprendre des choses aux individus, il faut recourir à des exemples et des comparaisons - Platon prends alors l'exemple du tissage et montre qu'il y a des arts producteurs et des arts auxiliaires. Et les arts comme le tissage ou la politique se règlent sur la juste mesure ! Et la dialectique s'exercera mieux sur les petites choses !

    Ensuite, on a une évocation des cinq formes de gouvernement. Trois formes droites : la monarchie, l'aristocratie et la démocratie et deux formes dénaturées/déviées, la tyrannie ou l'oligarchie où l'illégalité remplace la légalité ! Je vous renvoie à mon billet sur Les Politiques,  texte de l'élève de Platon, Aristote, qui reprends cette typologie.

    Seuls quelques individus seront capables d'être des politiques et des rois car l'art de la politique est un art qui ne s'acquiert pas par la multitude !

    Platon interroge la question es Lois ! Doit-on et peut-on avoir un gouvernement sans lois ? Or la loi est généralité et comme les individus sont tous différents, elle ne saurait s'appliquer à tous les cas ! Il y a uniformisation contre multitude. Le législateur n'ajuste pas ce qui convient à chacun mais ce qui convient à la majorité. Dans les faits, il faut agir contre les règles écrites et les coutumes des ancêtres.

    On a ensuite une comparaison avec le médecin et le capitaine de navire afin de dire que celui qui n'utiliserait pas à bon escient son art devrait être traduit devant les tribunaux !

    L'art politique doit enfin être séparé de l'art militaire et de la jurisprudence. Il doit l'être aussi de la rhétorique qui est une science qui lui est en fait subordonnée !

    Le politique est donc celui qui veille sur les hommes, les instruit et prends soin d'eux, qu'ils soient bons ou mauvais. A ce stade, Platon édicte des règles d'association entre les individus, à travers les mariages.

    L'art royal évoqué dans ce dialogue, Le Politique, fait aussi écho aux prescriptions et au Philosophe-Roi d'un texte antérieur de Platon, La République !

    En tout cas, je constate là encore que ce texte est plus ardu que les textes de jeunesse de Platon !

    En espérant vous avoir éclairé, mais rien ne vaut la lecture directe du dialogue en question par vos soins !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Parmi la nouvelle production Star Wars de comics chez Marvel - ce qui constitue le Canon, on trouve du bon et duStar Wars - Mace Windu :  Jedi de la République - Owens & Cowan moins bon ! L'album Mace Windu : Jedi de la République appartient à la seconde catégorie !

    Ce récit se déroule durant la Guerre des Clones, au début du conflit semble-t'il ! Il oppose donc République et Séparatistes. Les Jedi, Gardiens de la Paix, sont devenus les généraux de l'armée de clones et cela leur pose des problèmes moraux ! Ne se sont -ils pas éloignés de leur mission d'origine ? Des Maîtres Jedi comme Yoda et ici Mace Windu font confiance à la Force pour les guider. Mais avec la renaissance des Sith, les voies de la Force sont brouillées !

    Cet album est scénarisé par Matt Owen, à qui on doit des contributions en matière de séries-télé, avec Luke Cage pour Netflix et Marvel - Les Agents du Shield pour ABC à partir de la Saison 4. On reste chez Disney ! Son scénario n'est pas vraiment un chef d’œuvre mais il n'est pas aussi catastrophique que je l'imaginais - même si il ne se passe pas grand chose dans ce récit !

    Le vrai problème, c'est le dessin de Denys Cowan qui est horrible ! Aucun personnage ne ressemble vraiment à ce qu'il est vraiment ! Ca manque cruellement de finesse et d'arrondis ! Les personnages ont des mâchoires carrées ! Bref c'est moche ! Et ca plombe bien cet album !

    Au niveau de l'histoire, quatre Jedi : Mace Windu, Kit Fisto et deux nouveaux que l'on découvre ici, Prossep Dibs, un Jedi aveugle et la pilote Rissa Mano, sont au cœur de l'intrigue ! Cette team est envoyée dans la Bordure Extérieure, sur le monde isolé et méconnu de Hissrich où les Séparatistes ont établi une tête de pont ! Il s'agira de découvrir ce que ces derniers fomentent sur cette planète de peu d'intérêt en apparence seulement !

    Les armées de droïdes sont en réalité menées là-bas par AD-4W, un mercenaire droïde, engagé par Grievous et qui n'a de passion que pour l'argent ! En fait, les méchants de l'histoire sont en train de ratiboiser la planète pour récolter des sortes de plantes énergétique à la photosynthèse particulière !

    Mais il n'est pas sûr que les Séparatistes soient les seuls méchant et un des Jedi, Prossep Dibs doute puis s'oppose carrément à ses compagnons et à Mace Windu en particulier ! Il est assez cliché de dire que c'est le Jedi aveugle qui "voit la vérité" ! Il accuse l'Ordre de poursuivre des buts en dehors de l'intérêt général ! Mais Windu le soumets et le mets en cellule en vue de le juger à Coruscant au retour de la mission !

    On a droit à un flash-back sur un jeune Mace Windu, alors Padawan, avec son Maître Cyslin Myr, qui est là encore un nouveau personnage ! Cette partie du récit est assurée par un autre dessinateur, Edgar Salazar, et est un peu plus  convaincante !

    Voila ! Un album qu'il faut bien évidemment avoir si vous êtes complétiste comme moi mais que les lecteurs qui ne font pas de collection Star Wars pourront aisément mettre de côté ! On est loin de chef-d’œuvres comme la série Docteur Aphra ou la nouvelle série Dark Vador, Seigneur Noir des Sith  qui se déroule juste après l’Épisode III ! Le prochain album annoncé, en juillet 2018, est justement le premier arc de cette dernière série !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • La Messe de l'athée - Honoré de BalzacEn cet été 2018, ai décidé de lire Platon mais aussi une bonne partie de La Comédie humaine  d'Honoré de Balzac !

    je vous parlerais aujourd'hui d'une nouvelle assez courte de l'auteur, parue en 1836 dans La chronique de Paris ! L'année 1836 est une année très prolifique pour Balzac et il affirma notamment dans une lettre à Madame Hanska avoir "conçu, écrit et imprimé [La Messe de l'athée] en une seule nuit" ! Le café, ça aide !

    Par la suite, ce récit fut publié au tome XII des Études philosophiques en 1837 - avec une dédicace à son ami Auguste Borget, peintre  - puis dans le tome X des Scènes de la vie parisienne  de l'édition Furne de La Comédie humaine en 1844. Dans le Furne corrigé de 1855, il est placé dans les Scènes de la vie privée !

    De quoi s'agit-il ? D'un récit assez édifiant et poignant qui repose sur un paradoxe : comment  un athée peut-il faire donner une messe ?

    On y suit le chirurgien Desplein, brillant homme de médecine et véritable génie, qui prends sous aile Horace Bianchon (le médecin qui apparaît le plus souvent dans La Comédie humaine) et qui représente le point d'entrée du lecteur/ le point de vue dans le texte.

    Desplein est un athée convaincu et particulièrement violent dans ses griefs contre la religion ! Or voilà que Bianchon le surprends par hasard un jour en train d'assister à une messe dans l'église Saint -Sulpice ! Desplein n'est donc pas cohérent entre ses paroles et ses actes ?

    Bianchon va suivre plusieurs fois le célèbre médecin à l'église - le récit s'étale sur plusieurs années  - et finira par lui demander le pourquoi du comment ! Commence alors le récit principal !

    Le fait que Desplein viennent systématique en aide à tous les porteurs d'eau auvergnats aurait du mettre la puce à l'oreille à Bianchon ! Son maître lui parle alors de ses jeunes années désargentées quand il apprenait la médecine et logeait à la rue des Quatre-Vents ! Il connaissait en effet le plus grand dénuement et mourrait de faim (mais avait la "niak" pour parle comme aujourd'hui !).

    C'est alors que Desplein rencontra Bourgeat, un  porteur d'eau auvergnat, qui était dans la pauvreté comme lui ! Ce dernier vit alors tout le potentiel du futur chirurgien, devint son ami voire un deuxième père et, trouvant quelques économies, sacrifia tout pour que le jeune homme réussisse !

    C'est au final une histoire de bonté et de reconnaissance ! Bourgeat finira par décéder malgré les efforts de Desplein pour le soigner et, comme le porteur d'eau auvergnat était très croyant, le médecin fera donner une messe pour lui quatre fois par an ! On ne sait pas, interroge le texte si le porteur d'eau auvergnat fit rentrer le religieux dans le cœur du chirurgien !

    J'ai trouvé ce texte assez intéressant et plaisant à lire - même si on pourra s'agacer du côté un peu démonstratif et de la manie de Balzac de vouloir tirer des leçons de vie et de morale de chaque fait du récit !

    Cette nouvelle est donc le premier texte que je lis cet été (mais certainement pas le premier que je lis de Balzac de ma vie !).

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Il y eut un phénomène Lana Del Rey ! Celle dont le véritable état civil est Elizabeth Woolridge Grant, née en 1985 à Born to Die - Lana Del ReyNew York, a explosé et connu le succès en 2010 avec un premier album studio : Lana Del Rey A.K.A. Lizzy Grant chez 5 Points Records.

    Elle a depuis sorti cinq albums studio - même si j'ai l'impression que ses dernières productions ont été plus confidentielles ! On va parler aujourd'hui de son deuxième album, Born to Die, apparu sur le marché en janvier 2012 chez Interscope, Polydor et Stranger Records !

    Lana Del Rey a une très belle voix, suave, langoureuse et un physique de mannequin ! C'est une autodidacte dans le domaine musical et elle a perfectionné sa technique vocale dans les églises et écoles de son enfance. Elle s'essaya d'abord dans les tons aigus puis se tourna vers des notes plus graves avec l'aide de sa grand-mère, excellente chanteuse d'après sa petite-fille !

    Elle a aussi écrit plus de 500 chansons dès les débuts de sa carrière, notamment avec Sirens, album acoustique publié sous le nom de May Jailer, son véritable premier album qui est diffusé sur Youtube et passe inaperçu !

    La chanteuse puise aussi son inspiration dans l'Amérique des années 1950 - 60 comme le montre son look très pin-up et son pseudo venant de l'actrice hollywoodienne Lana Turner et de la Chevrolet Delray, voiture de 1954 - 1958 !

    C'est la chanson "Video Games", sortie en 2011 qui la lance véritablement et lui fournit une base solide de fans !

    Le clip de "Born to Die" est le premier clip qu'elle ne réalise pas seule mais avec l'aide de Yoann Lemoine (alias Woodkid) au Château de Fontainebleau. Début 2012, sort aussi le clip de "Off To The Races" du moins aux Pays-Bas. Ces clips font des cartons sur Youtube, dépassant pour "Born to Die" rapidement les 100 millions de vues dès avril 2012

    Le clip de Carmen a une particularité ! Il se conclut par un extrait de la Gymnopédie N°1  d'Erik Satie

    Dans le clip de "National Anthem", Lana Del Rey entre dans la peau de Marilyn Monroe lorsque celle-ci chante "happy birthday" au Président Kennedy. Elle y incarne aussi Jacky Kennedy ! Toujours les années 1950 - 60 !

    L'histoire racontée par le clip de "Summertime Sadness" est très poignant et l'artiste y raconte le suicide d'une de ses amies en 1999, incarnée dans la vidéo par l'actrice Jaime King, se suicide elle-même à la fin et la rejoins au Paradis !

    Enfin "Dark Paradise" est le sixième single extrait de l'album en mars 2013 ! Puis "Burning Desire" en termine l'exploitation !

    Un bel album composé de douze titre dont le succès étonna l'artiste elle-même ! Mais fatiguée par des polémiques la concernant, Lana Del Rey a un temps menacé d'arrêter sa carrière avec Born to Die ! Mais on sait qu'elle n'en fit rien !

    Un album nostalgique aussi - les figures du passé, de l'Amérique ou de la vie de Lana Del Rey y sont évoquées ! On appréciera !

    Il connut une réédition nommée The Paradise Edition, sorti le 12 novembre 2012 ! Avec huit nouveaux titre dont "Ride" et son clip road-movie évoquant Easy Rider ! Il y a aussi comme nouveaux titres : "Bel Air" et "Blue Velvet" ! Mais ne peux pas vous en parler car ce n'est pas cette version que j'ai écouté !

    Merci à mon pote et voisin Rico de m'avoir prêté cet album-CD !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Le Goût des femmes - Alex VarenneJ'ai déjà eu l'occasion de vous parler ici d'Alex Varenne, à l'occasion de sa série de BD Erma Jaguar, les aventures sexuelles débridées d'une androgyne sinon d'une transsexuelle ! Avec Erma, on ne sait jamais si on est dans la réalité ou dans le songe tant les deux se mêlent dans le récit

    En effet, Varenne est surtout connu pour ses productions dans le domaine de l'érotisme, avec Carré noir sur dames blanches (1984), les trois volumes de la série Erma Jaguar donc (1988-1992), Corps à corps (1987), Les Larmes du sexe (1989), Amours fous (1991), et les portfolios Erotic Opera (1986) et  Fragments érotiques (1993) ou encore Le Goût des femmes,  album de 2002, publié chez Albin Michel comme la plupart des œuvres précitées et dont il va être question ici !

    Alex Varenne possède par ailleurs une  bonne formation dans le domaine du dessin et de la peinture. Il a été professeur d'Arts Plastiques à Paris, après des études à Lyon. Ces dernières années, il a un peu délaissé la bande-dessinée pour se consacrer davantage à la peinture. Ses portfolios - comme Le Goût des femmes,  qui ne sont pas des mises en récit (si on exclut ce que raconte l'image !) - vont dans ce sens d'un virage vers la peinture !

    De quoi est-il question dans  Le Goût des femmes ? Formellement, on a environ 70 dessins - assez colorés - très sobres cependant - et que l'on peut regrouper en séries : les "Vénus", les "à la façon de tel peintre", les "femmes avec des objets", les "couples", etc,... On n'est pas dans la pornographie même si certains dessins sont assez explicites ! Mais on ne voit quasiment jamais d'acte sexuel dans cet album !

    Le Goût des femmes - Alex Varenne

    La grille de déchiffrage de l'ouvrage nous est fournie par une sorte de texte poétique écrit par Varenne en guise d'introduction.Je vous en résume maintenant la teneur !

    L'auteur part du constat assez évident que le sexe opposé est un mystère mais aussi "un attracteur étrange qui fait perdre le Nord" ! Dans ce cadre, l'amour est un pari, une dépossession de son destin, "entre les mains de l'autre", sans assurance !

    Il y a aussi l'indéniable pouvoir du sexe qui fait naître des désirs chez l'autre ! Mais si tout n'est qu'apparence, Varenne propose de dévoiler la femme, pas pour la connaître, ce qui est impossible, mais justement pour "le plaisir du jeu des illusions" !

    Le Goût des femmes - Alex Varenne

    La femme n'est" ni belle, ni laide" et les apparences sont trompeuses ! C'est là encore un pari et c'est Éros qui guide la main du dessinateur. "Le jeu des formes, aux courbes des femmes, perfection des formes pures" ! N'est-ce pas un défi intéressant pour l'artiste (-peintre), toujours à la recherche de la forme pure ?

    Cette idéalisation de la femme, celle que l'on sublime a pour alternative la dévoration de la femme - le goût - du titre peut s'entendre ainsi dans le sens du goût artistique, de l’appétence ou de l'intérêt pour mais aussi sur un registre culinaire ! Et Varenne cite deux exemples : le nourrisson qui tête le sein de sa mère - on pourrait aussi citer les jeux sexuels des adultes qui en sont le prolongement ! - et aussi Eve qui propose la pomme à Adam, Eve qui est celle qui perds l'Homme ici ! Pauvre Eve ! Mais pas si vite car l'Homme n'est-il pas heureux de succomber au Pêché ? On est loin de tout moralisme !

    Le Goût des femmes - Alex Varenne

    Voilà, le mieux est encore d'admirer les dessins de ce portfolio en prenant le temps de visualiser les courbes et les contrastes de couleurs, la disposition des éléments, la posture du modèle ! Je ne vous en parle pas plus avant car ne suis pas critique d'art ! Mais si vous l'êtes, cet ouvrage devrait vous intéresser car on y sent une grande maîtrise ! Varenne connaît son sujet et ses classiques !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • On retrouve Jonas Crow, l'Undertaker dans le tome 4 de la série éponyme, tome intitulé "L'ombre d'Hippocrate " et Undertaker - Tome 4 : L'ombre d'Hippocrate - Dorison & Meyerqui conclut l'intrigue lancée dans le tome 3  - il semble que les arc de cette série se déroulent à chaque fois sur deux albums !

    Crow est toujours à la poursuite de Jeronimus Quint, le chirurgien brillant mais machiavélique qui a fait de Rose Prairie sa "police d'assurance" ! L'Undertaker va tout faire pour sauver son amie, lui qui ne voulait pas qu'elle participe, elle et Lin, à la chasse de Quint, pour les protéger !

    Le médecin soigne plusieurs personnes sur son trajet et sème autant d'obstacle sur la route de Crow, son poursuivant ! Doué d'un sens de l'observation et de la déduction aigu, le toubib sait tirer parti de bien des situations  et se sort de tout embarras ! Mais sa chance finira par tourner !

    Ce tome 4 contient différentes révélations sur les personnages, diffusées avec parcimonie par-ci par là et de manière pas trop appuyée ! On en apprends ainsi un peu sur le passé de rebelle à l'Empereur chinois de Lin et aussi le fait que Rose a été marié - ce qu'ignore Jonas Crow !

    Les marshals sont, de plus toujours sur la piste de nos héros, mais grâce à Lin, ces hommes de justice finiront plutôt par arrêter le médecin fou ! C'est la fin de l'"aventure" pour Jeronimus Quint ! Celui-ci se moque d'Hippocrate, le célèbre praticien de l'Antiquité qui fixa une déontologie du métier à travers son fameux "serment" - Pour Quint, le Bien et le Mal ne compte pas, seul importe, l'Utile et l'Inutile et ce médecin-boucher/docteur Frankenstein s'en tirait à chaque fois parce qu'on avait besoin de lui - mais le vent tourne !

    La fin de "L'ombre d'Hippocrate" inaugure des changements pour la suite de la série ! Lin retourne en Chine et prends donc le bateau et Rose se sépare aussi de Jonas Crow car elle s'est rendu-compte qu'il est capable d'accomplir des actes lourds de conséquences rien que pour elle ! Mais je gage qu'on reverra tous ces personnages, Rose, Lin et peut-être même Quint à l'avenir !

    Pour ma part, je n'aime pas trop le personnage de Lin, la chinoise, outre que je la trouve mal dessinée, je la trouve aussi un peu cliché et assez plat ! Je préfère de beaucoup la très chère Rose Prairie !

    Attendons donc de voir ce que donneront les tomes suivants de la série de Xavier Dorison et Ralph Meyer !? C'est assez prometteur pour le moment et il y a du potentiel mais pas encore exploité à fond je trouve !

    Le tome 5 devrait lancer un nouvel arc et s'intitulera "L'indien blanc" !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Le Sophiste - PlatonNous abordons, avec le Théétète, le Parménide ou aujourd'hui Le Sophiste, les textes de la maturité de Platon et force est de constater que ces écrits- là sont de plus en plus ardus par rapport aux textes sur lesquels j'ai fait des billets en 2017, les écrits de jeunesse !

    Le Sophiste est un dialogue platonicien qui a trait à la métaphysique, domaine hautement spéculatif ! Si Socrate y apparaît au début, il n'est pas l'une des deux personnes qui dialoguent ici ! C'est ici l’Étranger d’Élée qui mène le dialogue face au jeune Théétète qui lui donne la réplique ! La figure de Parménide, qui était déjà présente dans un précédent dialogue éponyme est également évoquée et ses thèses discutées !

    Il est question ici de l'être, de la nature de l'être, du non-être, interrogations et enquêtes qui doivent permettre de définir la nature du sophiste ! On sait que Platon a construit toute sa philosophie par opposition à des gens comme Protagoras ou Gorgias, les sophistes qui professait tout et son contraire pour de l'argent, figures opposées à celle du Philosophe !

    Si Socrate n'intervient pas ici, c'est aussi parce que, à travers l’Étranger d’Élée, Platon critique la Théorie des Idées qui attribue traditionnellement à Socrate !

    Pour parvenir à une définition du sophiste, l’Étranger et Théétète vont s'employer à pratiquer une sorte de classification par dichotomie. Le sophiste est finalement, à ce stade, définit comme un chasseur intéressé par les jeunes gens riches, un marchand de connaissances pour l'âme, un commerçant de détail, un fabricant des sciences qu'il vend, un athlète au combat de paroles et un purificateur ! On est donc pas sorti de l'auberge !

    On a donc six définition qui montre aussi la prétention encyclopédiste du sophiste, spécialiste auto-proclamé en tout et contradicteur de tous sur tous les sujets ! Il parle mais ne parle de rien ! Il est du côté du Non-Être et de l'obscurité, là où le Philosophe est du côté de l'Être et dans la lumière (ça rappelle le Livre VII de la République et le mythe de la Caverne !).

    Le sophiste énonce des propositions fausses et parle de ce qui n'est pas ! Or comment parler de ce qui n'est pas ! Dès lors ce dialogue se tourne autour du problème de l'Être et du Non-Être ! C'est ici que Parménide est évoqué, l'Un, le Tout et toutes ces notions !

    A un moment du texte, il est question des Fils de la terre et des Amis des Formes où Il est établit et rappelé que la question de l'Être est à l'origine de l'opposition entre Idéalistes et Matérialistes. Les partisans des Idées admettent l'existence de l'âme mais aussi d’entités invisibles et transcendantes comme la justice ou la sagesse ! Les Amis des Formes excluent de l'existence l'agir et le pâtir - dès lors comment connaître ?

    Cet écrit propose aussi à un moment des éléments de linguistique ! Un discours n'est possible qu'avec des sujets et des verbes entremêlés - tout ça pour dire que tout discours porte forcément sur un objet ! La dialectique a aussi son rôle à jouer ! Sont aussi énoncés les différents genres : Être, Mouvement, Repos, Même et Autre ! Il y a donc cinq genres et ceux-ci sont entremêlés de même !

    Le Non-Être n'est pas forcément le non-existant ! En effet, le Non-Grand peut être le Petit ou l’Égal ! Le Non-Être est donc une réalité ! De là, les phrases vraies disent des choses de ce qui est et les phrases fausses de ce qui n'est pas !

    On en revient au sophiste qui est celui qui est producteur de discours (Logos), production humaine et non pas divine. Avec le Logos, le sophiste produit des simulacres de la réalité, là où le Divin produit la Nature et l'image de la Nature (reflets, ombres,...)? Dès lors, la tromperie est possible - on peut mêler l'Autre et le Logis et ainsi obtenir des discours faux et introduire l'erreur. Le sophiste est celui qui imite les choses qu'il ne connaît pas, sachant pertinemment qu'il trompe son interlocuteur !

    Voila ! Je n'ai évidemment pas la prétention d'avoir fait le tour de ce texte et vous invite à le lire vous-même si la philosophie vous intéresse - et à l'accompagner de lectures d'ouvrages critiques qui ne manquent  pas ! Ce qui précède n'est qu'une mise-en-bouche !

    A bientôt !


    1 commentaire
  • Le Débarquement des Alliés, le 6 juin 1944, fut un événement d'ampleur qui changea le cours de la Seconde Guerre Musée Mémorial Omaha Beachmondiale. La plus grande flotte jamais rassemblée convoya dans la Manche un demi-million d'hommes et le lieu choisi pour commencer à reprendre l'Europe à Hitler furent les plages du Calvados - cinq plages en particulier, partagées entre Américains, Anglais, Canadiens et Français qui répondent aux noms de l'Ouest à l'Est d'Omaha Beach, Utah Beach,  Gold et Sword Beaches et Juno Beach !

    Les Américains, eux, devaient opérer sur Omaha et Utah ! Sur Omaha, les combats furent les plus sanglants et la première vague de soldats alliés fut littéralement clouée sur la plage - car la canonnade préalable effectuée par les destroyers et autres navires avait raté sa cible ! Plus de 500 hommes venus libérer l'Europe périrent dans les première minutes ! A la Pointe du Hoc, les Rangers éprouvèrent aussi de grandes difficultés  - mais j'ai déjà eu l'occasion de faire un billet sur cet épisode précis !

    Depuis 74 ans, on a maintes fois fêté le Jour J / D-Day et les chefs d’États étrangers et français se rencontrent sur les plages toutes les décennies environs, pour les 40, 50, 60 et 70 ans ! De même quantités de musées ont fleuri dans la région pour entretenir le souvenir et, comme le dit une témoin de l'époque,  dans le petit film diffusé au "Musée Mémorial d'Omaha Beach", c'est presque si les Normands se souviennent davantage de ces événements que les Américains eux-mêmes !

    Musée Mémorial Omaha BeachLe "Musée Mémorial d'Omaha Beach" est situé près de Saint-Laurent-sur-Mer et Colleville-sur-Mer, pas loin du Cimetière américain et dispose de 1200 mètres carrés pour exposer une grande et belle collection d'uniformes, d'armes, d'objets personnels et de véhicules ! Il y  a également un grand nombre de photos d'époque, légendées, des photos d'archives et des textes explicatifs plus en fin de visite un film constitué d'archives cinématographiques et de témoignages de vétérans !

    Mon camarade Damien L., connaisseur de la Seconde Guerre mondiale, me souffle qu'il y  a quelques erreurs dans le musée - comme par exemple un uniforme d'officier de panzerdivision qui serait en fait celui d'un policier militaire ou encore un autre uniforme attribué à telle division alors qu'il n'y a aucun signe distinctif dessus ! Je fais confiance à mon ami mais pense tout de même qu'il peut se tromper car j'imagine que des Historiens de métier ont été consulté et la fac d'Histoire de Caen est la meilleure d'Europe dans ce domaine  - en même temps, le musée est tenu par des bénévoles et passionnés !

    A l'entrée du musée, il y a évidemment une boutique qui propose livres, sweat-shirts, T-shirts, casquettes et même des pseudos-Lego du Débarquement !

    Au total, 3881 soldats américains furent tués, blessés ou disparus le soir du 6 juin ! On construisit par la suite un port artificiel sur ces plages pour débarquer le matériel et les renforts !

    Pour ne jamais oublier !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • On va parler aujourd'hui de littérature américaine, avec une auteure contemporaine que j'aime bien, Tracy ChevalierA l'orée du verger - Tracy Chevalier ! Dans A l'orée du verger, la romancière nous livre une saga familiale, celle des Goodenough, une lignée originaire d'Angleterre, partie pour le Nouveau Monde puis qui va s'installer dans l'Ohio, dans le Black Swamp !

    James Goodenough a en effet quitté les siens et le Connecticut, pour s'installer sur des terres inhospitalière, où la boue s'immisce partout, avec sa femme Sadie, dont le vice est l'alcool, et leurs nombreux enfants dont plusieurs succomberont à la fièvre des marais !

    Tracy Chevalier nous décrit la passion de James pour les pommiers - on a ici une passion peu banale, cette fois à destination du règne végétal, là où Prodigieuses créatures, un roman précédent de la même écrivaine, nous montrait une passion pour le minéral, à travers la recherche de fossiles ! James cultive donc des pommes à cidre et des reinettes dorées, fruits qui l'emplissent de nostalgie avec leur goût de miel et d'ananas ! Mais cultiver ces pommes dans le Black Swamp n'est pas chose facile - même si James est doué pour les greffes ! Il doit faire face à l'hostilité de son épouse !

    Sadie est en effet dévorée par le regret ! Elle regrette la perte de plusieurs de ses enfants et ne s'acclimate pas au Black Swamp, contrairement aux pommiers ! Elle sombre dans l'alcoolisme et se saoule à l'eau de vie de cidre ! Elle prends finalement les arbres en grippe ! Tout ceci se terminera par un geste fatal et un drame !

    Un drame survient donc, et suite à cela, un des fils, Robert, décide de "fuir" vers l'Ouest, prenant ses distances ! Il deviendra d'abord chercheur d'or et vivra d'autres petits métiers, avant de se rapprocher de San Francisco et des grandes forêts de redwoods et de séquoias, arbres immenses et majestueux !

    Là, des rencontres changeront son destin : Molly, une cuisinière qui vends ses charmes à l'occasion, pourrait être celle avec qui il fondera une famille, William Lobb, un "chasseur d'arbres" l'initiera à la botanique, deviendra son ami et lui donnera un métier !

    Jusqu'au jour où la famille de Robert reprends contact avec lui ! Sa sœur Martha effectue le long voyage vers l'Ouest, enceinte de la prochaine génération Goodenough ! Mais la frêle jeune femme, futur maman, aura-t'elle suffisamment de force pour mettre au monde un enfant ? La vie de Robert va alors changer !

    A la fin du roman, il fait route vers l'Ancien Monde, accompagné de jeunes plants de redwood, d'une femme et de deux enfants !

    Ce roman est assez intéressant, bien écrit, avec des personnages attachants, un sens de la tragédie humaines et des aléas du sort, de l'absurdité et de l’imprévisibilité du destin, avec une note d'humour légère qui rends le propos plus digeste ! Bref, j'ai beaucoup aimé cette lecture et vous la recommande ! C'est aussi tout un pan de l'Histoire des USA - avec en trame de fond la légende de John Appleseed - John "Pépin-de-pommes" qui planta des pommiers d'une côté à l'autre des Etats-Unis !

    Un récit qui s'appuie aussi sur une bonne et large documentation !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • On retrouve notre anti-héros au passé trouble et mystérieux, Jonas Crow alias l'Undertaker, le croque-mort ! Dans le tome 2, "La danse des vautours", on n'avait pas du tout évoqué les antécédents de ce personnage qui semblait impliqué dans quelques massacres durant la Guerre de Sécession ! Cette fois-ci, dans le tome 3, "L'Ogre de Sutter Camp", le scénariste Xavier Dorison lève une partie du voile en faisant revenir des individus qu'a déjà croisé Jonas.

    Précédemment, Jonas a associé mademoiselle Rose Prairie, une gouvernante anglaise et Lin, une émigrée chinoise à sa petite entreprise de pompes funèbres ! Cette fois-ci, comme les affaires ne vont pas fort, le trio acceptent de préparer la cadavre d'une vieille femme, épouse d'un colonel. Or il s'avère que le militaire n'est autre que le colonel Warwick, un supérieur du lieutenant Strikland, l'autre identité de Jonas Crow !

    Warwick apprends à Jonas que "l'Ogre de Sutter Camp", un médecin-chirurgien brillant, qui a commis des atrocités, et supposé avoir été fusillé, est en réalité vivant ! Le colonel a envoyer un homme de main mexicain et son propre fils Danny enquêter sur le monstre. Hélas aucun n'est revenu et on peut supposer que Jeronimus Quint, notre ogre, les a découpé en morceaux ! Jonas, Warwick, Rose et Lin se lancent sur la piste du boucher !

    L'arrêter ne sera pas facile au sein d'une ville qui voit Quint comme le sauveur, le médecin qui guérit tous leurs maux ! Le type est éminemment cinglé et cruel ! Il blesse Rose au poignet et la fracture risque de s'infecter ! La gouvernante se trouve face à un dilemme, aider Jonas à arrêter Quint ou rejoindre ce dernier  qui affirme que lui-même a tué moins de gens que Jonas Crow !

    Pour compliquer le tout, un groupe de marshalls est sur la piste de l'Undertaker depuis le tome 1 " Le mangeur d'or" ! Le tome 3 se termine en plein cliffhanger, le sort de Rose étant dans la balance et Quint parvenant à s'échapper tandis que Warwick décède ! Mais Jonas est bien décidé à sauver sa "collaboratrice" !

    C'est une bonne BD, bien sombre, et désespérée ! On ne sait pas encore tout du fond de l'affaire de Sutter Camp mais on peut espérer que Quint fasse quelques révélations à Rose dans le tome 4 - elle est un peu le point d'entrée du lecteur dans ce récit ! Le dessin de Ralph Meyer et la colorisation de Caroline Delabie sont aussi impeccable et servent bien l'histoire, dans son style noir !

    Un cahier graphique de croquis accompagne cet album - une série qui m'avait été recommandé par un jeune bibliothécaire !

    A bientôt  - très bientôt pour le tome 4 : "L'Ombre d'Hippocrate" !


    votre commentaire
  • Mozart, l'opéra rockLes comédies-musicales sont l'apanage de Broadway ! Mais en France, nous avons aussi une longue tradition dans ce domaine, depuis Starmania de Michel Berger et Luc Plamondon ! Dans les années 1990 puis 2000 et 2010, on a eu une flopée de production française qui ont connu des succès divers ! Mais souvent le public répondit présent !

    On eu ainsi (liste non-exhaustive !) : Notre-Dame de Paris, Les Dix Commandements, Cléopâtre, Le Roi-Soleil, La Légende du Roi Arthur et celle qui va nous intéresser aujourd'hui : Mozart l'opéra rock !

    Je ne suis pas fan de ce genre de spectacle - outre que les places pour ces événements sont souvent prohibitives ! - je trouve que c'est du "divertissement bon marché", facile ! Même si dans le lot, on a eu droit à quelques belles chansons marquantes !

    Mozart, l'opéra rock est le fruit du travail d'Olivier Dahan qui signe la mise en scène et c'est une production de Dove Attia et Albert Cohen.  Le spectacle, qui mêle morceaux de musique de Mozart et titres pop-rock modernes, s'est joué de septembre 2009 à juillet 2011, au Palais des Sports de Bercy, en tournée en France, Belgique et Suisse pour finir en apothéose au Palais omnisports de Paris-Bercy !

    Wolfgang Amadeus Mozart fut un personnage atypique, génie précoce au destin tragique ! Je vous renvoie au film romancé de Milos Forman ! Sa vie est donc matière à spectacle ! Celui-ci se décline en deux actes !

    Dans l'acte 1, Mozart se retrouve au service d'un nouveau souverain qui succède au Prince-archevêque de Salzbourg ! Or Hieronymous von Colloredo-Mannsfeld  - tel est son nom - est un homme austère et autoritaire, insensible à la musique du jeune prodige !

    Mozart décide alors de quitter sa ville natale avec sa mère pour une meilleure vie dans une capitale européenne. il va alors d'échecs en cruelles déceptions. Aucune cours ne l'engage, il connaît une déception amoureuse avec Aloysia Weber et perd sa mère à Paris, ville qui ne l'accepte pas et pire l'humilie ! Cependant, Mozart commence à se faire connaître !

    Dans l'acte 2, Mozart est de retour à Salzbourg où il apprends le décès de l'impératrice d'Autriche. Le compositeur doit alors accompagner Colloredo à Vienne pour rendre hommage à Joseph II du Saint-Empire, le nouvel Empereur ! C'est à Vienne que Mozart va rencontrer la gloire, l'amour, la rivalité, puis la chute et la misère ! La capitale autrichienne scellera son destin !

    Comme dans le film de Forman, Mozart meurt dans le plus grand dénuement en laissant inachevée sa plus belle œuvre, le Requiem !

    Un casting qui a eu le mérite de révéler de nouveaux talents, assez jeunes ! Ainsi Mikelangelo Loconte est Mozart, Florent Mothe est Antonio Salieri, son rival jaloux, Claire Pérot puis Diane Dassigny est Constance Weber, Melissa Mars (connue auparavant pour "Papa m'aime pas !") est Aloysia Weber, Solal incarne Leopold, le père, et enfin Merwan Rim endosse divers rôles, l'aubergiste et le clown ! Mais cette distribution est en réalité plus large, avec les doublures, les changements de rôles pendant la tournée, les chanteurs et les comédiens...!

    Côté critique, on n'a pas été tendre avec Mozart, l'opéra rock ! Si le travail sur la lumière a été salué, les textes ont souvent été jugés médiocres voire "insipides", porté par un casting inégale et des interprètes"pas tous à la hauteur" ! On a jugé qu'il manquait un "élan"  - peut-être aussi la lassitude après tant de comédies chantées/spectacles musicaux ?

    Parmi les influences musicales, on peut citer Queen, The Sparks, Muse ou Placebo ! Le récit est peut-être mieux construit et les chorégraphies moins envahissantes et systématiques !

    En 2013, le spectacle s'est aussi produit en Russie, à Kiev, Moscou et Saint-Pétersbourg, en 2014, en Tunisie et en 2016 en Corée du Sud ! Enfin, en 2018, à Shanghai ! C'est une production qui est parvenue à se faire connaître mondialement !

    Bien entendu, Mozart, l'opéra rock a été décliné en plusieurs single sortis dans le commerce, à la radio, sur les chaînes de télé et sur le net (Youtube) ! On eut droit à "Tatoue-moi", "Vivre à en crever", "L'Assasymphonie", "Le bien qui fait mal", "J'accuse mon père" ou "C'est bientôt la fin" ! Avec des clips assez réussis dans l'ensemble je trouve ! Un album simple de 12 titres est sorti suivi d'un album intégral de deux CD  - et 27 titres - sont disponibles, respectivement en avril et septembre 2009 puis en novembre de la même année une édition de luxe avec un DVD sur les coulisses, des making-of et les clips ! Un DVD du spectacle sort enfin en novembre 2010, filmé au Palais des Sports !

    J'ai un petit faible, avec mon ami Vincent D. pour 'Le bien qui fait mal" !

    Ça s'écoute bien ! J'aime particulièrement la voix de Claire Pérot ! Dans ses chansons " Six pieds sous Terre" et "Si je défaille"  ou encore "Ah ! Vous dirais-je maman" ! J'ai pour ma part eu accès à une version album 2 CD mais incomplète avec onze et dix titres pour un total de vingt-et-une chansons ! Ça permets déjà de se faire une  bonne idée de la qualité - ou non-qualité ! - du spectacle ! Je pense personnellement que cette qualité est globalement au rendez-vous !

    Bonne écoute et à bientôt !


    votre commentaire
  • A côté des comics - et accessoirement des films, la Maison des Idées sort régulièrement des guides sur son trèsMarvel - Le Guide du Cosmos riche univers de papier ! Marvel - Le Guide du Cosmos, écrit par un certain  Marc Sumerak - et paru en France chez la "prestigieuse" société Huginn & Muninn (qui s'y connaît en beaux livres sur la culture pop et geek !) entre dans cette logique ! C'est un ouvrage de petit format, richement illustré et qui est assez intéressant !

    Ce petit opuscule présente différentes destinations de l'Univers Marvel ! On aborde le point de vue des non-terriens et on commence avec les civilisations et empires extragalactiques, Kree et Shi'ar ! Puis on aborde la Terre dotée de nombre de lieux et de nations d'importance ! Enfin, comme si cela ne suffisait pas, il est question d'autres dimensions !

    Le petit bonus amusant du livre est qu'il est rempli d'annotations des cinq Gardiens de la Galaxie : Star-Lord, Gamora, Drax, Rocket et Groot ! On reconnait le style charmeur et roublard de Peter Quill, la nature belliqueuse et prête au combat de Drax, la retenue de Gamora ou encore les bonnes blagues de Rocket ! Ça apporte indéniablement un plus à cet ouvrage !

    A noter que le livre est assez récent et peut-être hormis le crossover "Secret Empire" et Marvel Legacy tient compte de développements très récents de cet univers !

    On commence donc avec Kree, Shi'ar, Badoons, Chitauri, mais aussi Ego, le Demi-monde ou la planète des Symbiotes ! Tant d'endroits que nos Gardiens de la Galaxie ont sillonné durant leurs aventures !

    Puis, c'est au tour de la Terre et là il y a matière ! La Planète Bleue est en effet un carrefour de l'univers, dotée d'une très forte concentration de surhumains et qui a joué un rôle éminent dans l'Histoire galactique ces dernières décennies ! On n'évite pas la Latvérie, Atlantis, la Terre Sauvage ou le Wakanda, pays imaginaires qui cotoient une New York plus réelle mais ici revisité par la fantaisie de Marvel ! Des lieux moins connus comme l’Île aux Monstres - qui date de la période des comics de monstres de Marvel qui a précédé les super-héros ! - sont également révélés !

    La dernière partie est très intéressante puisqu'elle présente les dimensions parallèles ! On sait qu'il y en a une infinité chez Marvel mais ici on nous présente les plus emblématiques ! On a bien sûr droit aux Dix Royaumes autour d'Asgard, qui nous sont détaillés par le menu, un par un. Mais, on a aussi le Pays fantastique, monde du héros Crystar, peu connu ! Quand je vous disais que ce livre tient compte des récentes péripéties, c'est bien le cas avec Battlerealm, survivance de Battleworld, de l'événement "Secret War" !

    Pour continuer la liste, on a aussi K'un-Lun, Hors-le-Monde, le Cancerverse ou encore les Limbes - sans oublier la bonne vieille Zone négative, à l'honneur dans "Annihilation" ! Les derniers chapitres m'ont particulièrement intrigués avec le Superflux - cet espace du rêve entre les dimensions ou plus encore par la Zone neutre, l'espace au delà de tout peuplé de Shoggoth tirés de Lovecraft !

    Au final, c'est un livre très intéressant, je l'ai déjà dit ! Qui permettra à chaque fan de Marvel de tester ses connaissances à travers les différentes allusions ! Pour ma part, suis de nouveau fan assidu de comics Marvel depuis 2005 - après une pause de 15 ans dans les années 1990 !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Walking Dead : Negan - Kirkman & AdlardParallèlement à la série "principale" Walking Dead, en comics, Robert Kirkman a publié dans divers supports des récits "annexes" sur ses personnages ! Il est ici toujours assisté de Charlie Adlard au dessin et cette fois de Cliff Rathburn pour ce qu'on appelle les "niveaux de gris" - le coloriste en quelque sorte !

    Ces récits, rassemblés par Delcourt dans l'album "Walking Dead : Negan" mettent en avant Negan - dans le plus long des récits, Michonne, le Gouverneur et Tyreese ! Voyons le détail maintenant !

    L'histoire sur Negan commence dans son garage où il joue au ping-pong avec trois jeunes "branleurs" - selon ses termes ! On a déjà affaire au langage châtié de cet anti-héros. On découvre que Negan est prof de sport et se comporter en mec vulgaire est le moyen qu'il a trouvé de se faire respecté ! On fait aussi la rencontre de sa femme Lucille qui est alors atteinte d'un cancer !

    Negan a donc d'autres choses à penser quand l'Apocalypse Zombie se déclenche ! Sa femme décède et se transforme ! Puis le psychopathe le plus charismatique de Walking Dead va se démener à survivre et y réussi assez bien ! Il se construit une bulle, rencontre nombres d'autres survivants - mais aucun ne se montre assez apte à échapper à la mort et Negan évite alors de s'attacher à eux ! Jusqu'à ce qu'il rencontre le groupe de Dwight !

    Negan va alors prendre les bonnes décisions et la tête du groupe, y agglomérer d'autres groupes et réduire en charpie avec sa batte de base-ball, Lucille, ses ennemis - ainsi que tout ceux qui ne respecteraient pas leur prochain - comme cet homme qui prends les femmes comme objets sexuels qu'on peut violer à loisir !

    Au final, Negan se montre bien plus humain qu'on ne le pensait ! C'est juste un type qui fait ce qu'il faut pour se préserver, lui et sa communauté naissante dans un monde qui s'écroule ! Quelque part, ça le rends presque sympathique !

    Le second récit est bien plus court et consacré à Michonne ! Il est paru à l'origine dans le numéro de mars 2012 du magazine Playboy aux USA - et est reparu par la suite en France dans le magazine Walking Dead  - comme le récit sur le Gouverneur !

    On voit une Michonne tout juste sorti du bureau, en jupe-tailleur qui essaie tant bine que mal de regagner son domicile ! Là, elle retrouve son petit ami et le meilleur ami de celui-ci mais les deux hommes ne tarderont pas à être mordus et à se transformer en Rôdeurs ! Michonne fait deux choses essentielles : elle trouve ses sabres et ensuite elle mutile le copain et son pote pour s'en faire une "escorte" ! On la retrouvera ensuite dans l'intrigue principale, tenant en laisse ces deux-là !

    Le récit sur le Gouverneur rejoint l'intrigue des romans Walking Dead - en particulier L'Ascension du Gouverneur et surtout La Route de Woodbury. Le Gouverneur, accompagné du jeune Scott, mets la main sur ses aquariums dans lesquels il fera mariner des têtes de Rôdeurs coupées mais "vivantes" - afin de mieux s'insensibiliser ! On connaît le résultat puisqu'il révélera sa nature de sadique pervers ! La tête du pauvre Scott sera la première à orner un des récipients !

    L'histoire sur Tyreese est la moins intéressante des quatre ! Le grand Noir retrouve sa fille Julie et Chris, le copain de celle-ci et affronte quelques zombis en chemin, leur fracasse le crâne à coup de marteau, objet qu'il a trouve en chemin ! On sait par la suite quel sort connaîtront les deux jeunes gens puisqu'ils se suicideront ! Tyreese avait vu juste lorsqu'il dit à sa fille qu'il ne veut pas la laisser seule avec le garçon ! Comme un pressentiment ?

    Voilà ! Ce n'est certes pas aussi intéressant qu'un album de Walking Dead mainstream mais le récit sur Negan a ses bons côtés ! Je recommande surtout pour les complétistes qui veulent avoir toutes les histoires !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Selon l'historien américain de la psychologie, Morton Hunt, "la psychologie est née un jour de décembre 1879". Elle serait apparu au troisième étage d'un bâtiment appartement à l'université de Leipzig au moment où trois hommes, rassemblés autour d'appareils de mesure se livrent à quelques expériences ! c'est à cette date en effet que Wilhelm Wundt, prototype du savant de laboratoire se décide à "mesurer la durée de l'aperception".

    En réalité, les choses sont moins tranchées et il faut remonter quelques décennies avant pour trouver les vraies origines de cette science. A l'origine, la psychologie n'était pas détachée de la philosophie et était hautement spéculative. Des auteurs comme Aristote et Descartes avaient laissé des "Traités de l'âme". La dimension religieuse n'était pas absente !

    Puis d'autres considérations sont entrées en compte ! Pour définir une discipline appelée à devenir la psychologie, devait-on prendre modèle sur les sciences de la nature - la physique, la biologie - ce qui permettait de faire des mesures ou en rester aux sciences sociales, aux sciences de la culture ?

    Il y avait alors, dans ces années-là, une querelle allemandes des sciences sociales. En 1883, le philosophe Wilhem Dilthey avait proposé une classification des sciences entre sciences de la nature - qui se voulait "explicatives" et sciences de la culture basées sur la "compréhension" et l"interprétation". Cette querelle allait bientôt s'étendre à tous les champs disciplinaires qui se redéfinissaient alors !

    Avant Wilhelm Wundt, on eut en effet Gustav Fechner et l'Américain William James - et ces trois-là sont en réalité les "pères fondateurs" de la psychologie. Mais comme on va le voir, chez eux, tout n'était pas "protocoles expérimentaux" mais leur réflexion était encore largement mêlée de métaphysique !

    Le 22 octobre 1850, l'Allemand Gustav Fechner découvre la première "Grande Loi" de la psychologie. Celui-ci s'intéresse à une vieille question, les relations de l'âme et du corps. Fechner a un parcours atypique, entre à 16 ans à la fac de médecine de Leipzig et s'y ennuie. Il va ensuite être très inspiré par la"Naturphilosophie" qui, à contrario de Descartes qui voit le vivant comme un mécanisme d'horloge, postule un principe vital. Vision qui se marie assez bien à la biologie naissante !

    Les origines de la psychologie - Une histoire occultée

    Fechner veut alors participer à ce grand mouvement intellectuel de son temps ! Celui qui écrira un essai sur l'anatomie des anges  s'intéresse alors particulièrement à l'électricité et au magnétisme. Il pense en effet que le courant électrique pourrait être le support de l'esprit et de la pensée. Il va s'agir d'étudier l'influx nerveux. Fechner se penche alors sur Herbart, Weber, Ohms et Ampère. Il va dès lors mener une activité de recherche débridée !

    C'est dans ce mouvement qu'il découvre sa loi en 1850 ! Comme nombre de chercheurs d'absolu, Fechner est un illuminé qui passe par des phases d'excitation et d'abattement ! Durant quelques années, il ne supportera plus la lumière du soleil et vivra cloîtré. Sa loi postule que l'intensité d'une sensation est proportionnelle - selon le logarithme - avec l'intensité de l''excitation, loi qui est toujours vraie aujourd'hui ! Voilà des bases scientifiques mais jusqu'à la fin de sa vie Fechner restera influencé par la métaphysique.

    Wilhelm Wundt, lui, crée le premier institut de psychologie expérimentale et se livre à de nombreuses expériences. Mais lui aussi est encore influencé par la philosophie puisqu'il, éclectique, rédigera une Logique et une Éthique. Et les vingt dernières années de sa vie, de 1900 à 1920, il rédigera une immense Psychologie des peuples en 10 volumes ! Là encore largement emprunte de spéculation car pour lui, la psychologie expérimentale n'est adaptée qu'à l'étude des fonctions mentales élémentaires.

    Les origines de la psychologie - Une histoire occultée

    William James fut un peu un philosophe malgré lui ! C'est lui qui crée le premier laboratoire de psychologie en Amérique au milieu des années 1870. Sa biographie, là encore, n'a que peu à voir avec le schéma canonique ! Il étudiera la mémoire à court terme et à long terme, proposera une fameuse théorie des émotions, publie les Principes de la psychologie en 1890. Avec lui, la psychologie dépasse largement le cadre du laboratoire. Par la suite, William James aura un certain dégoût pour les dissections de grenouilles et se dirige lui aussi vers la réflexion philosophique et créera un nouveau courant de la philosophie, le pragmatisme puis se tournera vers l'étude des expériences religieuses. Mais il retournera aux expériences de laboratoire pour étudier le spiritisme, tout un courant oublié de la psychologie !

    Les origines de la psychologie - Une histoire occultée

    On le voit, chez Fechner, Wundt et James, psychologie et philosophie sont entremêlées ! il faudra encore du temps pour que la psychologie prenne son autonomie !

    Pour ma part, j'envisage d'ici 2 ou 3 ans des études de psychologie à la fac de Rennes 2 par correspondance, car c'est là encore un domaine passionnant et stimulant pour l'esprit !

    Je tiens à signaler mes sources pour cet article à savoir le livre "Une Histoire des Sciences humaines" - Éditions Sciences humaines - sous la direction de Jean-François Dortier - article éponyme ! Livre qui donnera peut-être lieu à d'autres articles sur ces blogs !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Les années 1984 et 1985 marquent un tournant dans la carrière de Jean Van Hamme ! En effet, c'est à cette époque Thorgal - Tome 11 : Les Yeux de Tanatloc - Rosinski & Van Hammeque sa série Thorgal  rencontre véritablement le succès - avec une aventure en plusieurs tomes se déroulant en Pays Qâ ! C'est également à cette période que sortent les  premiers albums de la série XIII et enfin, notre scénariste signe l'histoire du film de Jean-Jacques Beineix, Diva. Il commence par ailleurs à donner des cours - cours qu'il donnera pendant dix ans, jusqu'en 1995 - , portant sur l'écriture de scénarios en direction de gens du cinéma, à l'Institut des arts de diffusion de Louvain-la-Neuve ! Mais il ne délaisse pas son héros viking !

    Dans ce tome 11 intitulé "Les Yeux de Tanatloc", on suit d'une part le groupe de Thorgal, accompagné de son épouse Aaricia, de la venimeuse Kriss-de-Valnor et du naïf Tjall-le-Fougueux qui déambulent dans la jungle de l'Amérique centrale, en proie aux crocodiles, moustiques, fourmis rouges et fièvres divers, pour atteindre Mayaxatl, en vue d'occire le tyran Ogotaï - qui n'est autre que Varth le père de notre héros, ce que Thorgal ignore encore !

    Parallèlement, on découvre le sort de Jolan, le fils de Thorgal et de Pied-d'Arbre, retenus comme "motivation" pour nos héros, dans une sorte de "prison dorée". C'est là que le vieux Tanatloc, alors mourant, va découvrir que c'est en réalité Thorgal, son propre petit-fils que Kriss-de-Valnor a recruté pour cette mission ! Dès lors, le vieillard élevé par les Xinjins et leur grand prêtre au rang de dieu, va révéler à Jolan - son arrière-petit-fils, son héritage venu des étoiles et ses pouvoirs mentaux qui consistent à organiser/désorganiser les atomes et la matière !

    Kriss-de-Valnor est décidément retors ! Elle a plusieurs accrochages avec Aaricia et les deux en viennent aux mains ! Puis Thorgal est pris d'une fièvre des marais, manque de succomber - est sauvé à distance par les nouveaux pouvoirs de Jolan et Kriss décide de séduire Tjall afin de le forcer à abandonner Thorgal et Aaricia et poursuivre la quête tous les deux !

    Thorgal mets au point un stratagème pour retrouver la piste de la cité des Chaams - en interceptant une patrouille aérienne et le groupe finit par avoir la ville en ligne de mire à la fin de l'album !

    De son côté, Tanatloc finit par décéder de son grand âge et Variay, le grand prêtre décide de taire le testament de son "dieu" (empêcher Thorgal de tuer son père !) et de nommer Jolan, nouveau guide des Xinjins lors d'une cérémonie de bûcher funéraire où le jeune garçon reçoit le nom d'Hurukan - "celui qui voit" !

    L'album se termine ainsi et l'aventure est appelé à se continuer dans le tome 13 "La Cité du Dieu perdu" !

    La série a maintenant trouvé son rythme de croisière et Van Hamme jongle ici avec brio entre les différents groupes de protagonistes et amène les révélations de manière mesurée !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Parménide - PlatonQue voilà un texte difficile ! A vrai dire, j'ai lu le Parménide  - ou Des Idées - de Platon - qui est un discours sur l'Un - et n'ai rien compris !

    Ce texte représente pourtant un tournant majeur dans l’œuvre du philosophe - et occidentale en général ! - puisqu'il y reprends une cosmologie qui est antérieure à lui-même ! Ce dialogue, Parménide, est en outre considéré comme fondamental par les Néo-Platoniciens - comme Plotin - puisqu'on s'y entretient de l'Unicité de l'être ! N'ai donc pas compris grand chose mais vais tout de même essayer de vous en entretenir en m'aidant notamment de Wikipédia !

    Dans ce dialogue, si Socrate est présent, ce n'est pas lui qui s'exprime ! il s'agit plutôt d'un échange entre Parménide, alors âgé et le "jeune Aristote" - qui n'est pas ici Aristote de Stagire, l'auteur de la Métaphysique. On notera une impossibilité pour Socrate, même jeune, d'avoir pu rencontrer Parménide car leurs dates d'existence ne correspondent pas !

    Platon introduit ici un nouvel élément dans le réel, celui des "Formes intelligibles", là où le "sensible" est ce qui est dans le flux, en changement perpétuel ! Lorsque j'imagine un arbre, c'est une Forme intelligible que je visualise, Forme que je ne peux pas toucher !

    L'Un est le principe d'unité sous-jacent à la multiplicité des Idées et des phénomènes. Mais l'Un fait-il partie de l'Être ou lui échappe-t'il ? Ou est-il, troisième hypothèse, dans un état intermédiaire changeant ?

    En lisant ce texte, j'ai eu l'impression qu'on disait tout et son contraire ! En fait, cela vient qu'on examine 9 hypothèses au total - et il est parfois difficile de s'y retrouver !

    On va ainsi passer en revue les caractéristiques de l'Un : a-t'il des parties ou non (?), est-il dans l'espace et le temps ou non (?), est-il semblable ou dissemblable (?), en mouvement ou au repos (?) etc... C'est, en fait, j'ai l'impression un texte très "technique" qui s'appuie sur la tradition philosophique qui a précédé Platon - et cette tradition - qui nous est méconnue (les Pré-Socratiques) est considérable (et si mal conservée !) !

    Reste vivante la question de l'accès aux Formes ! Comment les connaissons-nous ? Par la réminiscence ? Via notre âme ? Sont-elles seulement connaissables ?

    Parménide examine successivement, dans les 9 hypothèses, les thèses relatives à l'Être : Être/ Néant (ou non-Être), Repos/Mouvement, Identité/Différence, Égalité/Inégalité, Vieillesse/Jeunesse, Absolu/Relativité, Fini/Infini en nombre, Un/Multiple, Divisible/Indivisible, En contact/Sans contact et Grand/Petit. Pour certaines de ces thèses, on a là une préfiguration des catégories (de l'être) d'Aristote !

    je ne reviendrais pas sur les 9 hypothèses, disons "simplement" qu'elles se divisent en deux groupes : la thèse positive - qui regroupe les hypothèses 1 à 5 avec des nuances : "l'Un est".  Puis la thèse négative avec les hypothèses 6 à 9 qui pose "l'Un n'est pas" ! Ardu je vous l'ai dit !

    Pourtant ce dialogue difficile a une influence considérable sur la suite de l'Histoire de la Philosophie puisqu'il fonde véritablement toute la métaphysique occidentale ! Chaque moment de l'analyse de l'un a donné lieu à une branche de la philosophie, pas seulement le Néo-Platonisme mais aussi pour ne citer qu'un exemple, l'Idéalisme de Berkeley !

    Il faudra donc que je revienne sur ce texte à titre personnel, une seule lecture ne saurait suffire (pour aucun texte philosophique de manière générale  - à part peut-être les textes de Michel Onfray !). Une chose est sûr, il ne faut pas commencer Platon et la Philo par ce texte ! Sous peine de découragement !

    Avant de prendre congés, je voulais vous signaler que si j'ai obtenu ce mois-ci ma Licence L3 de Philosophie, je ne poursuis pas en Master, pas pour le moment, pas avant deux ans, 2020 - 2021 ! Vais en effet, entre temps, essayer de passer le concours de bibliothécaire en suivant une formation préparatoire pour les deux prochaines années !

    Je continuerai cependant à lire de la philosophie dans l'intervalle mais en autodidacte - et peut-être même à un rythme plus soutenu que durant ma formation de philo car ai coutume, pour une lecture au programme, à faire 3 ou 4 lectures de mon initiative !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Valérian ( Tome 6 : L'Ambassadeur des Ombres - Christin & MézièresEn 2017, Luc Besson a réalisé l'adaptation de l'univers de Valérian et Laureline dans Valérian et la Cité des mille planètes - qui s'est révélé un fiasco commercial ! A l'origine de ce film, il y a le sixième album de la série, L'Ambassadeur des Ombres, opus très riche en races extraterrestres diverses et improbables car se déroulant sur Point Central, le cœur de la civilisation intergalactique ! Le récit se déroule par ailleurs comme une enquête policière, ce qui est plutôt propice à donner un film !

    Restons en à cet album pour cet article (on parlera du film de Besson, que je n'ai pas encore vu, une autre fois !). Valérian et Laureline, nos agents spatio-temporels, accompagnent l'ambassadeur terrien, l'"Ambassadeur des Ombres" à Point Central, où la Terre doit diriger les affaires pour la première fois depuis l'origine de ce lieu symbolique. L'ambassadeur amène dans ses valises une politique où la Terre doit prendre la tête d'un Fédération de planètes - ce qui arrangera les affaires de la planète bleue ! Mais les choses ne se passent pas comme prévu car l'ambassadeur est kidnappé !

    Dès lors, Valérian - qui suivi l'ambassadeur ! - et Laureline sont séparés la majeure partie de cet album et on suit la belle aventurière de l'espace qui enquête pour retrouver son compagnon et coéquipier ! Des éléments appelés à perdurer dans la BD sont introduits ici tel le Transmuteur Grognon de Bluxte - qui "transmute" et qui "grogne" et le trio de Shingouz - qui sont des informateurs intéressés par l'argent - même si l'un d'eux est amoureux de Laureline ! On peut noter par ailleurs une certaine ressemblance entre le Watoo, Toydarien, de Star Wars - Épisode I - et ces Shingouz, preuve encore de la dette que Lucas a à l'égard de Christin et Mézières (influence que Lucas n'a jamais reconnu !).

    Laureline va donc se balader d'un point à l'autre de Point Central, cet agglomérat de modules qui se sont  ajoutés les uns aux autres au fil des siècles ! On va découvrir maintes races extraterrestres dans une BD qui fait donc la part belle à l'altérité et où les aliens ne sont pas forcément hostiles ! Les maîtres d’œuvre de cet album font donc quelque part un vrai travail d'ethnologue !

    On a ainsi les Kamuniks, des espèces de centaures guerriers,  les Suffuss, des grosses amibes métamorphes, les Zools, des humanoïdes à tout faire de Point Central, omniprésents mais discrets, les Bagoulins, des mercenaires des basses-oeuvres,  les Groubos, des géants aquatiques et les méduses télépathes Zuurs qui sont des sortes de "poissons-pilotes" des premiers, les Gniarfs -rêveurs, qui contrôlent, comme leur nom l'indique, les rêves et enfin une mystérieuse race, les premiers habitants, fondateurs de Point Central, depuis longtemps oubliés, qui ne voient pas d'un bon œil les plans de la Terre et sont à l'origine de l'enlèvement de son ambassadeur ! Laureline va remonter toute cette piste, accompagnée du "Colonel-Protocole" et finalement retrouver Valérian et l'envoyé de la Terre !

    Tout ceci se terminera par la révolte et la prise de pouvoir sur Point Central d'un des peuples mentionnés plus haut et par le rapatriement des Terriens !

    C'est comme toujours une excellente histoire - mais la fin m'a laissé...sur ma faim ! Nul doute que l'intrigue autour de Point Central connaitra des rebondissements dans les prochains albums ! C'est exotique, humaniste et divertissant ! C'est un album de 1975, à l'opposé de la SF de l'époque !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Avec le rachat par Disney, la période de l'Univers Étendu Star Wars concernant l'Ancienne République a été fortement délaissée ! Auparavant, on avait quantités d'Histoire dans ce cadre, la Grande Guerre des Sith, la Guerre de l'Hyperespace, les Guerres mandaloriennes,etc... Parmi les auteurs qui ont développé tout ceci, il y a Drew Karpyshyn qui signe la trilogie Dark Bane !

    Ce triptyque nous raconte comment Dark Bane détruit l'ancien Ordre Sith (dans le tome 1 : La Voie de la Destruction) puis instaure la Règle des Deux (dans le tome 2 éponyme) et prends la jeune Zannah comme apprentie ! Ce tome 3 s'intitule La Dynastie du Mal et montre comment l’œuvre de Dark Bane est appelé à perdurer - et mènera jusqu'à Sheev Palpatine/ Dark Sidious !

    Se pose un problème à Bane, comment entraîner son apprentie, la fortifier alors que le but implicite de celle-ci est de terrasser son maître et de prendre sa place ? De plus, le Sith commence à souffrir des effets du temps et de la pratique du Côté Obscur !

    C'est alors que Bane entends parler d'un ancien artefact Sith à même de lui procurer la vie éternelle ! Mais Zannah n'est pas faible et décide de contrecarrer son maître ! La bataille entre les deux Sith s'engage et l'héritage du Mal se perpétuera !

    C'est un bon roman, sur un sujet intéressant, qui renouvelle bien l'Univers Star Wars et possède une fin étonnante ! L'intrigue est cadrée et bien menée avec peu de personnages ! Ca ne part pas dans tous les sens contrairement à d'autres romans Star Wars !

    L'atmosphère est sombre, Zannah est ambitieuse et Bane bien retors ! Ce dernier est un "bourrin" et n'y vas pas par quatre chemins ! On alterne les points de vue entre les deux antagonistes, le maître et l'apprentie !

    Les machinations de Dark Bane augurent et annoncent celles de Palpatine ! Le Sith qui a survécu à Ruusan tisse une toile et instaure une dynastie - le titre n'a pas menti !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • A l'été 2017, nous avions examiné ensemble les textes du corpus platonicien du tome 1 de la Pléiade ! Durant cet Théétète - Platonété 2018, nous allons nous pencher sur le tome 2 avec des textes aussi importants que le Théétète, le Timée, Le Philosophe ou Les Lois - avant d'aborder les textes apocryphes !

    Aujourd'hui, il sera question du Théétète ou De la Science, texte fondateur de la tradition épistémologique qui tente de donner une définition de la science et de ce qu'est la connaissance. Il forme un ensemble, un  triptyque avec Le Sophiste et Le Politique - et on peut éventuellement rajouter Le Philosophe. C'est un texte de la maturité !

    Pour poser la Science, il faut d'abord démontrer que les Formes existent car ce sont elles qui permettent d'établir ds définitions, d"avoir une dialectique qui construit et ne fait pas que réfuter !

    Selon le jeune Théétète, un des interlocuteurs de Socrate dans ce dialogue, la connaissance procède de la sensation. Or le monde sensible est devenir - les objets se déplacent mais plus encore se corrompent ! Il va donc falloir poser une définition du mouvement en recourant à la tradition d'Héraclite et de Parménide.

    Selon Héraclite, le monde est mouvement ! Dans cette perspective, la connaissance est impossible car comment poser une définition stable sur des objets qui ne cessent de changer ! La Science est condamnée d'avance !

    Si la connaissance est sensation, cela fait dépendre cette connaissance des capacités empiriques des individus - il y a déjà du Berkeley chez Platon ! On perçoit par notre corps et comme le disait Protagoras, "l'homme est la mesure de toute chose." Socrate nuance ce point de vue et ajoute " à la mesure de l'homme compétent". Mais aussi, selon cette conception, la connaissance ne serait qu'un simple "point de vue" et introduit le relativisme en sciences ! La vérité est-elle encore possible ?

    Le Théétète  est donc un dialogue aporétique - qui mène à une aporie, une impasse philosophique. C'est aussi un des derniers dialogue qui mets en scène Socrate, un des premiers dialogue de maturité - comme on l'a dit ! - et un des derniers de jeunesse !

    Au début de ce texte, Socrate rappelle aussi que sa mère était accoucheuse et que lui-même accouche les âmes des hommes ! Si l'on perçoit pas nos sens, et notre corps, il y a certains choses que nous "percevons" par notre âme (comme le concept de pair et impair par exemple !) Ce dialogue se déroule quelques jours avant le procès de Socrate.

    La connaissance procède de la compétence mais aussi du savoir d'être compétent. On sait la propension de Platon à s'attaquer aux sophistes qui prétendent à une compétence universelle mais trompeuse. Dans ce texte, à cet égard, Socrate risque de blesser son autre interlocuteur Théodore qui a reçu une éducation sophiste -  ce qui conduit ce dernier à se défausser de la conversation en arguant de son âge ! Il est suggéré ici que Socrate, "accusé de corrompre la jeunesse" prends en réalité grand soin de l'éducation de celle-ci !

    Socrate procède par des exemples et montre que les compétences vont des sciences aux artisans. Une science est une science de quelque chose, elle a un objet ! Il y aurait donc autant de sciences que d'objets/ Mais en disant cela, on ne dit pas ce qu'est une science, on se contente d'énumérer ses objets ! Ne peut-on définir la science que par une liste de sciences ? Définition bien insuffisante en réalité !

    La connaissance est ce qui implique d'accéder à la vérité et donc aux essences. Socrate va réfuter Protagoras et Héraclite en montrant que la perception ne peut accéder à la vérité !

    De même, la science n'est pas l'opinion vraie car on peut avoir une opinion vraie sans en avoir la science ! On peut tomber sur le vrai par hasard ! De plus, l'âme humaine est une "tabula rasa", semblable à ces tablettes de cire qu'utilisaient les Grecs. Les objets entrent dans l'âme par les sens et y laissent une trace. Plus la trace est profonde, mieux on retiendra !

    Il convient alors de définir ce qu'est un faux jugement, quand la perception n'est pas en adéquation avec la pensée mais aussi quand la pensée n'est pas en adéquation avec elle-même !

    Socrate utilise alors l'image d'un colombier pour une connaissance que l'on possède mais que l'on a pas, qui est seulement une possibilité à disposition, comme ces oiseaux dans le colombier, représentants les connaissances, et dont on peut se saisir !

    La science est en réalité l'opinion vraie quand celle-ci est accompagnée d'une définition. Connaître, c'est être assuré d'une science. C'est donc l'opinion vraie justifiée !

    Voilà, il y aurait encore beaucoup à dire car l’œuvre de Platon est inépuisable et la tradition philosophique depuis 2500 ans n'est jamais qu'un commentaire de Platon ! Par exemple, ici, on voit l'influence de Théétète sur la philosophie des sciences et la tradition empirique - ou encore sur l'ontologie ! c'est d'une richesse prodigieuse !

    A l'avenir, je prévois aussi de vous faire des billets sur des ouvrages critiques de l’œuvre de Platon, là Luc Brisson me vient en tête car suis plongé aussi en ce moment dedans !

    Philosophiquement votre ! A bientôt !


    votre commentaire
  • Nous allons parler aujourd'hui d'un film resté un monument dans l'Histoire du Cinéma et qui résume à lui seul le talent de Francis Ford Coppola ! Ce film, tourné et monté quelques années à peine après la fin de la Guerre du Viet-Nam, sorti donc en 1979, c'est Apocalypse Now !

    L'intrigue se place principalement à bord d'une corvette fluviale qui remonte un cours d'eau viet-namien à la recherche d'un colonel devenu fou et qui représente le mal dans ce conflit ou personne n'est tout blanc, ni tout noir ! C'est en réalité une libre adaptation de la longue nouvelle de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres qui se déroule aussi sur une rivière, à la recherche d'un colonel Kurtz, directeur d'un comptoir et collecteur d'ivoire - cette fois en Afrique Noire !

    Ce sont John Milius - à qui on devra par la suite le film sur Conan, Coppola lui-même et Michael Herr qui signent cette transposition du scénario !

    Ce film fut un événement lors de sa sortie et porta Coppola aux cimes ! Il obtint en 1979 la Palme d'or du Festival de Cannes ! Il est resté célèbre pour sa séquence de l'assaut des hélicoptères de le cavalerie aéroportée sur fond de "Chevauchée des Walkyries" de Wagner - "guerre psychologique" - et levé de soleil ! Mais ce n'est pas la seule récompense que le film décrocha car en réalité il obtint les prix par demi-douzaines !

    En 2001, un nouveau montage du film est édité sous le titre Apocalypse Now Redux - de plus de 3 heures ! Avec des scènes supplémentaires donc comme la "plantation française" ! Un documentaire sur le tournage du film - tournage qui avait failli être confié un temps à un jeune George Lucas - a également été produit !

    Apocalypse Now  - comme la plupart des films sur la Guerre du Viet-Nam, dénonce l'absurdité et la barbarie du conflit que les USA avaient perdu dans l'opinion (publique) ! Le colonel Kurtz, le méchant du film, a pris conscience des erreurs de l'armée américaine et a choisi une voie plus radical ! Dans ce rôle emblématique, on retrouve le magistral Marlon Brando !

    L'officier chargé de le retrouver - et de l'éliminer - au fin fond de la jungle est le capitaine Willard - joué par un jeune Martin Sheen ! Celui-ci va étudier le dossier militaire de Willard et s'imprégner de sa psychologie !

    Au casting, on retrouve des acteurs qui ont fait du chemin - un jeune Harrison Ford est le colonel Lucas, un des commanditaires de Willard, Robert Duvall est le lieutenant-colonel Bill Kilgore, celui qui mène la Chevauchée des Walkyries et aime surfer. On a aussi des apparitions de Laurence Fishburne et Dennis Hopper !

    La remontée du fleuve, jusqu'au Cambodge, est l'occasion de différents épisodes : assaut des hélicos sur un fief des Viet-Congs, spectacle des armées au camp militaire avec trois playmates, massacre de paysans vietnamiens, scène du pont, etc,... Tout le "folklore local" !

    Puis, l'équipage atteint le repaire de Kurtz et de sa bande de maraudeurs dévoués et illuminés ! Les morts s'accumulent parmi nos protagonistes principaux ! Pourtant Willard mènera au bout sa mission !

    Le tournage fut particulièrement éprouvant, à Manille, aux Philippines, débuté en mars 1976. Mais le résultat fut particulièrement impressionnant ! C'est du cinéma grand spectacle mais pas uniquement - avec un vrai parti pris esthétique et une vrai réflexion !

    J'ai pour ma part visionné la version Apocalypse Now Redux !

    Donc un monument du cinéma !

    A bientôt !


    votre commentaire
  • Ghouls'N Ghosts  est un jeu vidéo de plateformes de la société Capcom qui connu un bon succès au Ghouls'N Ghosts - Capcommoment de sa sortie, en 1988. C'est à l'origine une borne d'arcades qui a ensuite été adapté en ZX Spectrum, Commodore 64, Atari ST, Amiga, Amstrad CPC et Sharp X68000 pour les ordinateurs et Sega MegaDrive,  Sega Master System, SuperGrafX, PlayStation, Sega Saturn, PlayStation 2 et Xbox pour les consoles !

    Le jeu reprends et améliore la formule de Ghosts'N Goblins dont il est une séquelle. L'aventure se déroule trois ans après et le monde est à nouveau envahi par les démons ! Notre vaillant chevalier Arthur a donc à nouveau du pain sur la planche et s'en va guerroyer sur des terres désolées. Pire, le démon Lucifer tue Guenièvre, la fiancée d'Arthur qui doit alors partir en quête pour sauver l'âme de son amie. On puise vaguement dans la Légende Arthurienne !

    Le système de jeu reste sensiblement le même ! Vous parcourez des niveaux de plateformes infestés de divers monstres et ennemis : démons, zombies, voire même des dragons. Il y a des gros boss à chaque fin de niveau ! Vous balancez divers projectiles sur les importuns et si vous vous faites toucher une fois vous perdez votre armure et vous retrouvez en caleçon. Touché alors une deuxième fois, vous perdez une vie !

    Il y a aussi des coffres sur votre chemin pour vous aider qui contiennent divers bonus, meilleures armes, armures d'or ou d'argent capables de lancer des super-attaques en fonction de l'arme portée,... Les ennemis abattus laissent de même des bonus ou des armes !

    Le jeu est en lui-même assez difficile, assez long et constitue un défi même pour les joueurs aguerris !

    C'est un jeu bien sympa, avec de jolis graphismes un peu cartoon, des décors variés et une bonne animation ! La musique est entraînante et les sons vous immergent dans le jeu ! Je m'en rappelle encore avec nostalgie ! Hélas, je n'avais ni la version Amstrad CPC, ni Atari ST et devais mettre mes maigres économies d'ado dans la borne d'arcades ! Si je me souviens bien je devais avoir la version CPC du premier jeu, Ghosts'N Goblins, il me semble !?

    A bientôt !


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires