• Je vais maintenant vous parler de la revue XXI. On le sait, la presse papier est en perte de vitesse face à internet ! Néanmoins, un certains nombres de journalistes méritant encore ce titre ont opté pour le choix d'une presse de qualité en éditant des revues de haut standing comme XXI, France Culture Papiers ou dans une moindre mesure, L'éléphant !

    Ces titres proposent des reportages de qualité, ayant nécessité un vrai travail de fond, dans un format luxueux et avec une périodicité trimestrielle pour ces revues ! Il y a du contenu dans XXI.

    J'ai découvert XXI en 2018 - à la Bibliothèque Universitaire de ma ville - et me suis mis en tête de tous les lire rétrospectivement - à partir du plus ancien numéro disponible, le numéro 17 de l'hiver 2012 ! Je publie ces recension du contenu de la revue à la date de publication - et pas de lecture ! - quand c'est possible (c'est à dire sur Overblog et eklablog mais pas sur Skyblog !).

    Revue XXI - Numéro 17 - Hiver 2012

    Passons en revue les articles - longs et étoffés ! - de ce numéro ! Je passe sur les mini-rubriques du début de ce XXI  - pour en arriver directement au dossier du numéro : (trois) "histoires de Justes".

    "Au bout de la défense" nous raconte les démarches et la plaidoirie de maître Moyart pour défendre un certain Ahmed, accusé d'avoir assassiné sa femme. L'avocat persuadé de l'innocence de son client va le défendre bec et ongles. Un deuxième homme aurait du être sur le banc des accusés, un dénommé Roger, mais qui s'est entre temps suicidé en cellule ! Tout accable Roger et Ahmed se défends mal ! Que s'est-il passé cette nuit là où Geneviève l'épouse acariâtre et alcoolisé d'Ahmed - lequel l'aimait sincèrement - a été retrouvé sur le bord d'une route, dans le fossé, morte au petit matin !?

    Au bout du compte, Ahmed est condamné mais de peu ! Et ultime rebondissement, il avoue à son avocat qu'il a vraiment tué sa femme - et l'homme de loi apprendra quelques temps plus tard que c'était pour la faire taire car elle s’apprêtait à témoigner des attouchements du mari sur ses enfants ! A vous désespérer de la nature humaine !

    Une des particularités de XXI est de faire suivre chaque article d'une sorte d'éclairage qui reprends certains points - ici par exemple le rôle des jurés - complété par une bibliographie et une filmographie pour aller plus loin !

    "Une vie suspendue" nous parle de l’alpiniste Erhard Loretan, gloire nationale en Suisse, qui avait la particularité d'avoir escaladé les quatorze sommets de 8000 mètres du monde. Mais la vie de cet homme est brisée par la mort de son jeune enfant, victime du syndrome du "bébé secoué" et sa condamnation à quatre ans de prison avec sursis ! Loretan ne s'en remettra jamais et sera victime des années plus tard d'un accident mortel au cours d'une ascension, une chute en cours de cordée avec Xenia Minder - qui elle survivra !

    "Cécilia si fragile" est un récit poignant et véridique qui raconte le calvaire d'une jeune métisse de 21 ans, élève-infirmière, très belle et très timide, qui est tombée dans un traquenard tendu par quatre racailles des quartiers nord de Marseille qui l'ont soûlé à mort et violé à tour de rôle ! Il s'agit ici de réhabiliter une jeune fille qu'on a dit à tort "facile" et de condamner quatre sales types qui n'ont jamais cesser d'être dans le déni ! Néanmoins, Cécilia Gueye était une fille fragile et les quatre jeunes en ont profité ! Un récit tragique qui vous fera de la peine

    "La Novice du New Jersey" est beaucoup plus léger par rapport à ce qui précède puisque c'est un reportage photo de Toni Greaves qui raconte l'entrée dans les ordres de Sœur Lauren, à 21 ans, et ses moments de joie au couvent !

    "Chine, le Grand Mensonge" revient sur un des plus grands scandales du XXème siècle qui concerne la Chine communiste du "Grand Bond en avant" de Mao Zedong ! Il fut décidé à la fin des années 1950 de confisquer les récoltes aux paysans, de tout collectiviser et de truquer à la hausse les chiffres des récoltes, taxant les paysans sur cette base !

    Le résultat en fut plusieurs dizaines de millions de morts suite çà la "Grande famine" - une réalité honteuse qui est encore occultée aujourd'hui ! Pendant que les paysans mourraient de faim, les greniers étaient plein et on exportait vers l'URSS pour rembourser les usines métallurgiques que l'autre puissance communiste avait livré clés en main ! Les archives du Parti recensèrent même de nombreux cas de cannibalismes ! L'horreur !

    "Afrique, la chevauchée fantastique" est plus léger d'une certaine façon et nous fait changer de continent ! La reporter Sophie Bouillon a suivi Thandiwe, une femme qui vit en Afrique du Sud et conduit un quarante tonnes de vingt roues jusqu'aux mines du Congo -Kinshasa. On la suit au cours des 3500 kilomètres du périple !

    "Le Cambodge sur un plateau" est l'histoire d'une pièce de théâtre qui évoque L'Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge, retraçant la guerre civile initiée par les Américains dans un contexte de conflit au Viet-Nam voisin et l'avènement des terribles Khmers rouges qui a suivi éliminant un quart de la population en moins de cinq en poussant une autre partie à l'exil ! La pièce a été jouée pour la première fois le 11 septembre 1985 à la Cartoucherie de Vincennes, écrite par Hélène Cixous.

    Un quart de siècle plus tard, Ariane Mouchkine, du Théâtre du Soleil, et George Bigot montent la pièce au Cambodge, avec des amateurs locaux, dans le cadre du "projet Sihanouk" ! Ou comment aborder les traumatismes du passé à travers l'art !

    "Vous êtes servis" adopte la forme de petites vignettes qui raconte la vie difficile des femmes indonésiennes qui se font exploiter comme domestiques à Dubaï ou en Arabie Saoudite et autres pays du Moyen-Orient ! Une vision de l’esclavage moderne !

    "L'inconstant de Damas - Enquête sur Bachar El-Assad" raconte le parcours du dictateur syrien. Parvenu au pouvoir au tournant des années 2000, succédant à son père Hafez El-Assad, le nouveau dirigeant a pu un moment faire croire au "printemps de Damas", la "parenthèse enchantée" où l'étau de l’État syrien, comparable à la Corée du Nord a semblé se relâché et le pays se réformé ! Mais Bachar, chef de la minorité alaouite, laquelle occupe tous le postes clés de l’administration et de l'armée change son fusil d'épaule à partir d'avril 2001, en déclarant "le changement ne saurait être que graduel" et prendre plusieurs générations ! L'article veut prédire, écrit fin 2011 alors que la Guerre de Syrie a commencé et n'a pas encore pris les dimensions qu'on connaît, une prochaine destitution et chute de Bachar El-Assad, certainement  bien avant 2014 ! En 2018, grâce aux Russes, il est encore en place et gaze ses populations !

    "La force de suggestion des mots et des objets" est une interview de l'écrivain turc Ohran Pamuk, Prix Nobel de Littérature en 2006 qui s'exprime sur sa pratique de l'écriture et nous parle de son projet de musée "de l'innocence", collection d"objets autour desquels s'est concentré sa pratique du récit ! Il parle aussi de ses démêlés judiciaires dans une Turquie autoritaire qui n'a toujours pas soldé le Génocide arménien ou la guerre contre les Kurdes !

    On a ensuite une BD d'une trentaine de pages " Les enfants de Kinshasa" signé par Hippolyte qui intègre d’authentiques photos entre les cases de dessins  ! On est dans la lignée de Tintin au Congo en beaucoup moins condescendant ! L'auteur associe le phénomène des "enfants-sorciers" à la recrudescence des Églises de Réveil ! Ces deux éléments vont de paire dans un pays très superstitieux, en totale déliquescence étatique et en grande pauvreté ! Des milliers d'enfants servent de bouc-émissaires et se voient jetés à la rue, abandonnés par leur familles, accusés d'être des sorciers responsable des malheurs !

    A côté de cela se développent des églises évangéliques qui font de fausses promesses et donnent de faux espoirs à une populace déboussolée ! En réalité, ces pasteurs n'ont souvent d'autres buts que d'extorquer de l'argent à leurs fidèles !

    Ce numéro 17 se termine par "Les mille et une nuits de Tahrir" qui parle évidemment, comme le titre l'indique, du "Printemps arabe" en Égypte et se présente sous la forme d'une nouvelle de Carine Fernandez qui fait se rencontrer Fathi, un  tailleur pour dame - qui se désespère de la recrudescence des niquab, et Salma, une jeune trentenaire, réalisatrice de films qui occupe la fameuse place où se déroule la révolution !

    Voilà pour le contenu de ce numéro 17 ! Je vous donne rendez-vous en mai 2012 ( sur Overblog et eklablog !) pour le détail du numéro 18 ! Il doit être possible de commander ces numéros ou de les trouver d'occaz ! (?)

    A bientôt !


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