• Méditations métaphysiques - René Descartes

    Les Méditations métaphysiques ou "Méditations sur la philosophie première" est un ouvrage qui fit date dans l'Histoire de la Philosophie. Publié en 1641, on peut le considérer comme un prolongement du Discours de la Méthode de 1637 car Descartes y pousse encore plus loin ses idées et ses réflexions, sur le Cogito, sur l'âme et le corps et sur l'existence de Dieu. Le livre consiste en Six Méditations suivies de sept séries d'Objections, formulées à l'époque, auxquelles l'auteur répond. Enfin, cet ouvrage, ardu, a connu de multiples interprétations au fil du temps.

    Dans le Première Méditation, Descartes revient sur la valeur du doute, ce qui nous permet de disposer d'une véritable théorie de la connaissance ou Épistémologie. Il s'agit ici, en guise de point de départ, de faire table rase et l'auteur montre que beaucoup de nos certitudes viennent de l'enfance et qu'il faut s'en défaire.

    On passe alors du "doute naturel" au doute "hyperbolique" et des arguments viennent restreindre ce qui est connaissable. Ainsi nos sens nous trompe ou nous pouvons être atteints de folie qui nous fait aussi nous tromper. On mentionnera aussi l'argument du rêve où les choses me paraissent aussi réelles que dans la veille au moment où je rêve - qui dit alors que je ne rêve pas en ce moment ? Et enfin, l'argument du Dieu trompeur et du malin Génie.

    Dans la Seconde Méditation, Descartes cherche à trouver un "point fixe et assuré". Il démontre alors que lui-même existe en tant que chose pensante mais il s'agira ensuite de connaître plus de chose que la seule conscience de notre existence. C'est aussi dans cette Méditation Seconde qu'il y a le fameux passage du morceau de cire dont la conclusion est que nous abordons davantage les choses par notre entendement que par nos sens. Au final, l'esprit est plus facile à connaître que le corps. Qu'est-ce qui relie l'âme et le corps est alors la grande question.

    La Méditation Troisième est le moment où Descartes entend prouver l'existence de Dieu. L'auteur parle des idées "claires et distinctes" et de trois types de pensées : les idées, les volontés et les jugements. L'argument pour démontrer l'existence de Dieu est que Dieu étant perfection et infini, moi, être fini, je ne peux donc le concevoir et donc si j'ai l'idée de Dieu et moi, c'est parce que c'est le Tout Puissant qui l'a mise dans mon esprit ! Imparable et logique !

    La Quatrième Méditation aborde l'origine des erreurs. Si Dieu est bonté absolue, pourquoi aurait-il fait un Homme qui se trompe ? Le but de Dieu n'était pas de faire l'Homme le plus parfait possible mais le Monde le plus parfait possible (pensée qui anticipe déjà celle de Leibniz !). L'imperfection de l'humain est peut-être nécessaire à la perfection du monde ? Pourtant quand on voit le désastre écologique aujourd'hui, on aimerait que l'Homme soit plus prévoyant !

    La source de l'erreur chez l'humain ne vient pas de notre entendement limité mais de l'amplitude de notre volonté qui nous confère une liberté de choix. Or, nous pouvons faire les mauvais choix et il faut maintenir notre volonté dans les limites de notre entendement. Il faut s'abstenir de tout jugement et de tout exercice de la volonté qui est la source de nos erreurs donc !

    La Méditation Cinquième parle des choses matérielles, des corps. Les idées claire et distinctes assurent la fiabilité de nos connaissances mais sur les corps, sur l'étendue, nous n'avons aucune certitude et nous connaissons mieux notre esprit (la médecine aujourd'hui ne serait sans doute pas d'accord ?).

    L'essence des choses matérielles est l'étendue. Ensuite Descartes apporte une deuxième preuve de l'existence de Dieu si la première n'avait pas suffit. L'essence de Dieu est d'être perfection et d'avoir toutes les qualités au point le plus haut, voire infini, donc Dieu possède aussi la qualité, l'attribut qu'est l'existence sinon il ne serait pas parfait !

    Le Sixième et dernière Méditation traite enfin de la question de l'Union de l'âme et du corps (Descartes y reviendra dans son Traité des Passions de l'âme). L'âme est distincte du corps et alors qu'elle est immatériel et inétendue, comment peut-elle être localisé dans l'espace, unie au  corps qui est de l'étendue ? L'esprit relève de pensées, substance pensante. Il y a les vérités de l'esprit - qui sont placées en moi par Dieu - et les vérités du corps (les sens par exemple) qui sont obscures et confuses.

    C'est la douleur qui nous permet de savoir que nous avons un corps, que nous ne sommes pas que pensées ! L'Union de l'âme et du corps se fait, pour Descartes, par le biais de la glande pinéale, mais surtout par la connaissance non pas par la clarté et distinction des idées mas par sentiment.

    A la fin des Méditations, on est sorti du doute. Seule la question du rêve n'est pas résolue ! Mais là, Descartes pose que dans le rêve, mes pensées sont désordonnées et pas liées entre elles. Si elles le sont, c'est donc que je suis éveillé ! Le monde autour de nous est une construction de nos pensées, la liaison de nos idées ! C'est le sujet qui construit le monde ! Descartes annonce Husserl et la Phénoménologie (Husserl écrira des Méditations Cartésiennes). Descartes achève son ouvrage sur une remarque sur la finitude et la faiblesse de la connaissance, le monde n'est jamais fini, toujours à construire et c'est le but sans fin des Sciences qui connaissent alors un nouvel essor après Descartes (et Francis Bacon) !

    L'ouvrage ne s'arrête en réalité pas là car il y a encore après pour encore plus long de textes avec les sept Objections, pointues, tout comme les réponses du Philosophe de la Haye mais ça nous entraînerait trop loin !

    A bientôt !

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