• Les cloches de Bâle - Louis Aragon

    Les cloches de Bâle fait partie, avec Les beaux quartiers, Les voyageurs de l'impériale, Aurélien et Les Communistes du cycle romanesque connu sous l'appellation Le Monde réel. Aragon ne choisit de nommer l'ensemble de ces romans qu'après la sortie du deuxième livre : Les beaux quartiers.

    Ces romans sont en partie célèbres pour leurs incipit (les entrées en matière). Pour Les cloches de Bâle, c'est : "Cela ne fit rire personne quand Guy appela Mr Romanet¨Papa." Pour Les voyageurs de l'impériale, on a : "Quelle horreur ! s'écria Paulette" et pour Aurélien : "La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide". Des entrées en matière qui suscite aussitôt l'intérêt du lecteur. Aragon s'en est expliqué dans Je n'ai jamais appris à écrire ou les incipits.

    Mais le livre qui nous intéresse aujourd'hui parait en 1934. A cette époque, cela fait déja quelques années que l'auteur a rompu avec les surréalistes pour renouer avec le roman que ceux-ci exècrent. Il est alors très influencé par les théories du réalisme socialistes qui sont un prolongement du réalisme et du naturalisme du XIXème siècle mais à visée édifiante pour les masses ouvrières, dans la lignée du marxisme.

    Aragon participe d'ailleurs avec Malraux et Gide au Congrès des écrivains socialistes présidé par Gorki au milieu des années 1930. L'écrivain a rallié le parti communiste en 1927.

    Il se lance à corps perdu dans l'écriture des cloches de Bâle,qui s'apparente au roman à thèse, et termine la première partie Diane, sans trop savoir dans quelle direction il va, se laissant guider par la plume. Il en propose la lecture à sa compagne Elsa Triolet qui lui rétorque : "Tu vas continuer encore longtemps comme cela ?"Aragon relate tout ceci dans la préface du roman.

    Dès lors, il décide de structurer son roman en trois parties, sur deux femmes et un homme. Les parties se nomment par ailleurs Diane, Catherine et Victor (plus un épilogue sur Clara Zetkins). Il y a des liens évidents entre ces parties qui se prolongent les unes les autres et utilisent des personnages récurrents en jeux d'écho.

    Le personnage central demeure toutefois Catherine Simonizdé, jeune émigrée de la bourgeoisie russe qui se sent comme une étrangère dans son milieu. Un drame à Cluses va la rapprocher des milieux anarchistes. A partir de là, et plus particulièrement dans la troisième partie, Victor,on glisse vers une présentation générale mais assez pointue des mouvements ouvriers et en particulier la grève des taxis parisiens de 1911 - 1912, au dépend des intrigues individuelles. Le livre s'achève sur le congrès des socialismes de Bâle où Jaurès et Clara Zetkins prennent la parole -ainsi qu'Aragon qui s'exprime à ce stade à travers son "je".

    Il y a alors une réflexion sur l'émancipation de la femme à travers les revendications ouvrières : le droit au travail, l'émancipation par le labeur comme alternative à la femme entretenue ou à la prostitution.

    Voila pour ce billet. Je ne prétend pas ici à une analyse poussée (je dis cela au cas ou mon directeur de mémoire me lirait ^^) mais je voulais vous présenter ce livre. Je vous recommande de manière générale la lecture d'Aragon au sujet duquel - vous l'aurez compris -  j'ai consacré et je consacre des mini-mémoires (Aragon et Matisse, l'Histoire chez Aragon) et un gros mémoire (Oralité et familiarité dans le Monde réel) et je n'ai pas fini d'en percer les secrets !

    A bientôt !

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