• Le Portrait de Dorian Gray - Oscar Wilde

    Oscar Wilde, auteur anglais de la fin du XIXème siècle, est avant tout un écrivain de théâtre. Cependant, il a, au cours de sa carrière littéraire, composé un roman virtuose, un unique roman, le Portrait de Dorian Gray.

    Ce roman présente des similitudes avec des oeuvres plus précoces dans le siécle, d'autres auteurs, notamment La peau de chagrin de Balzac. Dans les deux cas, les personnages doivent une forme d'immortalité -et de déchéance morale - à un talisman, là une peinture, là un morçeau de peau animale.

    Mais les ressemblances s'arrêtent là car chacune de ces deux oeuvres s'inscrit dans un contexte particulier. Dans le cas du roman de Wilde, on est au coeur de la société britannique victorienne. Les dandy sont à la mode !

    Résumons l'intrigue (mais rien ne remplacera votre lecture) : le jeune Dorian Gray est une beauté de la nature. Le peintre Basil Hallward va éxecuter son portrait, qui sera le summum de son art. Durant la séance, Dorian emet un voeu sans même s'en rendre compte : que le portrait vieillisse à sa place. Dès lors, en effet, à chaque fois que le jeune apollon recevra un coup du destin et à fortiori chaque fois qu'il commettra un forfait moral, ce sera le tableau, devenu receptacle de son âme, qui en portera les stigmates.

    On ne peut qu'admirer dans ce roman le style élégant et raffiné d'Oscar Wilde - servi par une excellente traduction - qui reflète une société huppée où les personnages ne sont pas avares de maximes révélatrices d'un certain cynisme face à la fin de siècle. On retrouve un peu l'ambiance des romans de Huysmans par moments (et Gray a parfois quelques manies communes à lui et Des Esseintes) !

    Ce qu'il est important de souligner c'est que tout au long de l'ouvrage court une réflexion poussée sur les rapports entre réalité (vérité ?) et art, entre intériorité et apparence (la psychanalyse verra bientôt le jour à peine un à deux décennies plus tard !). Tout se passe comme si l'art s'emparait du réel, comme si il y avait substitution de l'un par l'autre ! L'un traduit l'autre (dans le cas de l'apparence et de l'intériorité).

    Dorian Gray est influencé par le personnage de Lord Henry. Il va mener une vie d'hédoniste -qui basculera dans la débauche - en butte à une société anglaise où règne le puritanisme. Mais, notamment grâce au Portrait, les apparences sont sauves (pour un temps !).

    Si l'on exagère un peu, on pourrait presque établir une mise en abyme, un lien entre Lord Henry corrupteur du jeune Dorian et Oscar Wilde accusé - et incarcéré - pour avoir "détourné" le fils du Marquis de Queensbury !

    Enfin, on pourrait tout aussi bien dire que ce roman est un peu une promenade de Platon chez les dandy, une réflexion sur l'incarnation et la représentation des choses.

    Bonne lecture et à bientôt !

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