• La fabrique du crétin - Jean-Paul Brighelli

    La fabrique du crétin - Jean-Paul BrighelliEn 2005, Jean-Paul Brighelli, enseignant de métier, fait paraître un essai qui va faire du bruit, La fabrique du crétin - La mort programmée de l'école - où il pose le constat accablant que l'école française est morte, assassinée par le pouvoir ! Réactionnaire, nostalgique du temps passé - "C'était mieux avant !" - Brighelli ?

    On ne peut pas dire que le naufrage de l’Éducation nationale soit un sujet nouveau ! Régulièrement des ouvrages paraissent sur ce thème mais ici, l'auteur y va fort. C'est le point de vue d'un enseignant, donc vue de l'intérieur du système !

    L'école anéantit désormais les capacités de l'esprit, par un projet pervers du pouvoir et la coopération imbécile des enseignants ! Ce sont ici des accusations contre le projet des libertaires soixante-huitards qui ont voulu tuer le père et toute forme d'autorité ! Donc l'autorité du maître d'école. Or à l'école, il faut savoir se faire respecter !

    Désormais l'école livre des diplômes en "carton-pâte", ce qu'elle appelle al "qualification" ! On veut rapprocher les élèves du monde de l'entreprise, être employable sur le marché du travail plutôt que de former des hommes et des femmes - des citoyens - intègres ! Dans les faits, pire, à la fin du Primaire, les élèves ne savent plus ni  lire, ni écrire, ni compter, les enseignements de base !

    L'objectif est d'amener 80% d'une génération au Bac. Résultat, la sélection se fait post-bac et les études sont de plus en plus longues ! Brighelli regrette-t'il un temps où les études supérieures étaient réservées à une minorité ? Il semble oublier que cela concernait les enfants de bonne famille (je vous renvois à Bourdieu). En soi, je ne suis pas contre la démocratisation de la fac encore faut-il s'en donner les moyens !

    Brighelli revient aussi sur les ZEP - Zones d'Education Prioritaire - dans lesquelles on investit beaucoup d'argent et l'auteur en tire la conclusion que la même chose se passe à chaque fois : une pensée perverse affirme un principe puis le retourne contre lui--même et pose ensuite un échec pour lancer de nouvelles réformes ! Pour Brighelli, ces ZEP sont des lieux d'éducation "au rabais", associés à des politiques de la ville mal pensées dans un contexte de néo-colonialisme.

    La démagogie a beaucoup joué ! L'élève est censé être au centre du système. L'école devient un "lieu de vie", bref une garderie ! Couplé au déclin des IUFM qui ne forment plus les profs, le désastre est complet ! On désapprends l'effort ! Depuis 2005 - et la sortie du livre, on a eu la multiplication des écrans (le Smartphone sort en 2007) et l'attention des élèves s'en est trouvée particulièrement détruite ! Wikipédia fait aussi une cruelle concurrence aux professeurs !

    Peut-on changer les choses ? Un élève perdu en Primaire est difficilement rattrapable ! D'aucuns ont qualifier l'Education nationale de "Mammouth" ! Brighelli ne s'appesantit pas trop sur les Syndicats mais ceux-ci ont un rôle non-négligeable ! Et non, ce n'est peut-être pas irrémédiable. il faut une volonté politique en phase avec la réalité de terrain !

    Bref, Brighelli critique trois formes perverses qu'à prise l'école : une école élitiste pour les fils de riches (la reproduction sociale), une école au service de l'entreprise pour les enfants des classes moyennes et une école du "vivre-ensemble, pour les plébéiens, assistés et infantilisés, souvent/notamment issus de l'immigration

    Voilà, on pourra certes regretter le côté réactionnaire et la frustration de l'auteur néanmoins il livre ici une analyse intéressante ! A lire donc même si depuis 2005, des évolutions on eut lieu (le numérique mais pas que, le communautarisme aussi !...), - ça a empiré ?

    A bientôt !

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