• Jean Froissart - Livre III des Chroniques

    Le genre historiographique, au Moyen-âge, connait ses premiers représentants avec Villehardouin et Robert de Clari et leurs récits des croisades puis Joinville s’intéressant au règne de Saint Louis et bien plus tard pas Commynes.
    Mais, aujourd'hui, c'est de Jehan Froissart dont je vais vous parler.

    C'est un auteur polygraphe, né vers 1337 à Valenciennes, proche des grands de ce monde en France et en Angleterre.

    On lui doit un roman, Méliador, de la poésie Le dit dou Florin, mais surtout ses Chroniques, qui relatent en quatre livres, la Guerre de Cent Ans.

    Le livre III est celui du Voyage en Béarn à la cour de Gaston Phébus - ou Fébus - rédigé entre 1389 et 1391, d'après un périple effectué en 1388.

    Jean Froissart obtient l'assentiment de son protecteur Guy de Blois de se rendre en Béarn à Orthez pour recueillir la matière du conflit qui opposa Jean Ier de Portingal à Jean de Castille. Ses Chroniques sont donc un témoignage pour l'historien tout en possédant un caractère littéraire.

    Dès lors, on peut s'interroger sur le point de vue de Froissart. Est-il objectif? La cour de Gaston Phébus est elle un lieu neutre ?
                                                                                  9782253066767-G
    Le Livre III présente aussi des traits empruntés à d'autres genres littéraires. Il parle de la guerre, donc on retrouve des tonalités épiques. De même, la cour du seigneur d'Orthez rappelle des motifs des romans de Chrétien de Troyes, à savoir la veillée où le chevalier - Calogérant ou Phébus - raconte ses exploits. Il y a également des emprunts au conte - la lycanthropie ou l'épisode d'Horton. Bref un récit polymorphe.

    L'auteur procède à la manière d'un journaliste, récoltant la matière en "interviewant" les chevaliers, les écuyers puis il met par écrit le soir même ces propos. Le récit applique aussi la technique de l'entrelacement que l'on doit au roman médiéval en prose.

    Froissart était clerc. En ce sens, il est complémentaire du chevalier dont il raconte les exploits. Mais à la fin du XIVème siècle, l'idéal chevaleresque est en déclin : chevalerie française décimée à Crécy, à Azincourt, exécution des prisonniers à la bataille d'Aljubarrota, apparition des armes à feu à la Renaissance.

    En conclusion, un récit intéressant pour quiconque s’intéresse à l'Histoire et à la littérature, pour peu que l'ancien français ne vous rebute pas.

    A bientôt !

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