• Introduction aux Catégories - Porphyre

    Introduction aux Catégories - PorphyreAprès avoir passé deux étés à vous parler des textes de Platon, je vais bientôt m'attaquer aux textes d'Aristote - en commençant par l'Organon, cette instrument qui définit les règles de la Logique et de la déduction, nécessaires aux autres travaux du Péripatéticien, au sein du Lycée !

    Mais avant cela - avant de vous parler des dix Catégories d'Aristote qui définissent les choses sur lesquels on porte des prédicats et on déduit des Vérités, je m'attarderais sur un texte de Porphyre, Philosophe Néo-Platonicien (de même que Plotin ou Jamblique) qui est précisément une Introduction aux Catégories ! Je serais encore une fois très sommaire et évasif pour ce blog car une étude détaillée de ma part serait plus adéquate dans mon cadre universitaire !

    Porphyre s'attarde ici sur des définitions. Il commence par donner celles des mots "genre" et 'espèce" dont ils montre que ces termes sont relatifs ! Ainsi "animal raisonnable" est le genre de "homme" qui est son espèce mais à contrario, "animal raisonnable" est l'espèce d'"animal" qui est son genre. De là on pose que le genre qui n'est que  est qualifié de "généralissime" et l'espèce qui n'est qu'espèce est "spécialissime" ! Les intermédiaires sont des "espèces subordonnées". L'espèce est une division du genre. Selon Platon, il fallait descendre des termes les plus génériques aux plus spécifiques. Enfin, genre et espèce s'appliquent aux individus qui sont en dessous.

    Porphyre donne ensuite quatre définitions sur le sens du mot "différence" - entre les attributs notamment. Il convient aussi de séparer essence et accidents. L'accident ne modifie pas l'essence et n'est que temporaire. Il y a des accidents séparables (de l'essence de l'individu) comme dormir (car on ne le fait pas tout le temps) et des accidents inséparables comme être Noir (pour un corbeau ou un Ethiopien) car on l'est tout le temps  - ou plus encore être mortel.

    Parmi les attributs importants, il y a être mortel ou immortel et être raisonnable ou pas. L'Homme est un mortel raisonnable (quoi que ? Sur le fait qu'il ait toujours sa raison, on peut douter).

    Le Néo-Platonicien étudie aussi le cas du Propre. C'est à dire ce qui appartient à une espèce, à elle seule ou à d'autres espèce aussi. Là encore, il y a quatre modalités/possibilités/configurations.

    Il y a donc en tout cinq termes : espèce, genre, différence, accident et propre. Puis il étudie leurs rapports et leurs différences entre eux - selon dix cas possibles - mais là, ça devient un peu trop technique et compliqué pour moi !

    Je reviendrais sur tout cela dans mon futur article sur les Catégories d'Aristote lui-même, le texte commenté par Porphyre ici !

    Ces questions de genre et d'espèces vont aussi conduire à la Querelle des Universaux au Moyen âge, avec la Scolastique - ligne de fracture entre réalistes et nominalistes ! En résumé, les mots qui désignent des termes généraux comme "chevaux" ont-ils une existence ou ne sont-ce que des mots où il n'y aurait que des individus particuliers ? Sur la question que les idées n'auraient pas d'existence réelle contrairement à ce qu'affirmait Platon pour qui elles étaient ce qu'il y avait de plus réel, le monde sensible n'étant qu'un reflet (voir les ombres de la Caverne du Livre VII de la République) - mais c'est un autre débat, cela nous mènerait trop loin et je ne suis pas encore compétent !

    A bientôt !

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