• Histoire de la Folie - III - La Renaissance et le début des temps modernes

    A la fin du XVème siècle, la Folie envahit le monde des Lettres et des Arts. Le fou et le Bouffon deviennentHistoire de la Folie - III - La Renaissance et le début des temps modernes les symboles d'un monde à l'envers.

    Le temps est en effet à l'inquiétude avec les famines, les épidémies et les crises religieuses. Dans ce contexte, le monde est bel et bien déréglé !

    c'est dans ce contexte qu'est publié en 1494, Das Narrenshiff (La Nef des fous) par son auteur Sebastian Brant qui enseigne le droit et la poésie à l'université de Bâle. Cet érudit humaniste s'adresse avec cet ouvrage au public laïque et le succès est fulgurant.

    Le thème de la nef des fous est donc la folie et le livre se veut moralisateur : la lecture des Saintes Ecritures ne corrige plus les vices des humains et Brant en dresse le catalogue sévère à travers 110 courts poèmes versifiés. Chaque vice a son fou et tous sont embarqués sur un navire qui vogue vers une improbable terre promise. Ce best-seller de l'époque a par ailleurs bénéficié de superbes éditions tardives avec des gravures sur bois "coloriées" qui en font une véritable BD avant l'heure !

    L'allégorie de la folie a également inspiré les peintres tels Hans Holbein, Jérôme Bosch ou Pieter Bruegel.

    Une autre œuvre majeur de la Renaissance est L'Eloge de la Folie d'Erasme où Dame Folie parle à la première personne. C'est un plaidoyer pro domo où la Folie dénonce l'ingratitude des hommes. Dans ce contexte, le savant est peut-être bien le plus fou !

    Du point de vue purement médical, cette période voit la première apparition, à partir de Naples en 1495, de la "grande vérolle", la syphilis...

    Paracelse (1493 - 1541) rompt dans ses écrits avec la théorie des quatre humeurs de Galien. Les maladies seraient déclenchées par des influences extérieures, des poisons, par les astres ou Dieu. Le traitement est alors alchimique. Alors que l'Eglise considère les maladies mentales comme des maladies naturelles, Paracelse les traite avec des médicaments dont l'opium.

    Le médecin Johann Weyer (1515 - 1588) s'oppose aussi à la vision religieuse et à la chasse aux sorcières et écrit plusieurs ouvrages médicaux dont Dialogues en trois livres sur la tromperie des démons qui est mis à l'index. Weyer attribue les symptômes d'un possédé à des psychoses qu'il décrit avec soin.

    Au XVIIème siècle, Georg Ernst Stahl (1660 - 1734) peut être considéré par ses oeuvres comme le père de la psychosomatique. Il décrit les relations entre l'âme et le corps et anticipe Freud en supposant un inconscient. John Gottfried Langermann (1768 - 1832), un de ses successeurs, postule des causes psychiques à de nombreuses maladies physiques.

    Enfin, au XVIIème siècle des "maisons pour les fous" se construisent mais qui deviennent vite des prisons si la guérison tarde à venir ! Dans les villages, les fous sont enfermés dans des donjons dès qu'ils se montrent violents et subissent moqueries et violences. En 1656, est promulgué un édit qui vise à l'enfermement de tous les indigents. Ce sera le temps de Bicêtre, la Salpêtrière et Charenton.

    On parlera certainement à un moment donné de la thèse de doctorat de Michel Foucault, Histoire de la Folie à l'Age Classique, paru en 1961 !

    Mais bientôt viendra, du temps de la Révolution française et du XIXème siècle, Pinel, Esquirol et la loi du 30 juin 1838.

    A bientôt !

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  • Commentaires

    1
    Florian
    Lundi 20 Janvier 2014 à 09:51
    C'est drôle je viens de finir la lecture de la thèse de Foucault
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