• Histoire de la Folie - II - Le Moyen-Âge

    Le visage de la Folie au Moyen-âge est pluriel et souffre de lieux communs.

    Il y a tout d'abord l'image du fou possédé par le démon et qu'il faut exorciser. Il y a ensuite le cas du fou amuseur et révélateur de vérité tel le fou du roi, le bouffon qui porte un bonnet à grelots et manipule une marotte en livrée bariolée à losanges jaunes et verts.

    Histoire de la Folie - II - Le Moyen-ÂgeOn a donc deux opposés : une image inquiétante et une image amusante ! Mais cela reste des stéréotypes et la réalité est - comme toujours - bien plus complexe. D'autant que le Moyen-âge est une période assez étendue.

    En réalité, donc, le sort du fou oscille entre l’Église, l'hospice et la prison.

    Parlons tout d'abord du fol à la marotte ! Le fou apparait dans la littérature vernaculaire (en langue française) dans la deuxième moitié du XIIème siècle. Citons l'exemple de Tristan, de Lancelot ou d'Yvain.

    En effet, dans Yvain ou le chevalier au lion de Chrétien de Troyes, le héros est déchu de son statut de chevalier, abandonne son épée pour la massue et se réfugie tel un sauvage dans la forêt. Le fou apparait aussi dans le Psaume 52 avec ses attributs : massue, tonsure et fromage. La tonsure est un signe d'humiliation - appliqué notamment à la femme adultère. Mais ce premier signe s'inscrit aussi dans une optique pénitentielle (figure biblique de Job), marque du clerc et du renoncement. Fou et clerc sont à leurs façons des marginaux, oscillant entre malédiction et bénédiction.

    La deuxième image est celle d'une folie-possession, l'aliéné, qui doit recourir au prêtre.

    Mais la médecine continue de s'intéresser à la folie et c'est toujours la théorie des quatre humeurs, héritée de l'Antiquité, qui a cours. Il y a par ailleurs de nombreux sanctuaires au Moyen-âge, consacrés à la guérison de la folie où les malades se rendaient en pèlerinage, comme Saint-Dizier-l’Évêque près de Belfort ou Saint-Acaire d'Haspres dans le Nord. On croit au pouvoir de guérison des reliques. La petite localité de Geel, à côté d'Anvers, est un autre exemple de lieu de pèlerinage où se réfugia au VIème siècle, Dymphne, fille d'un roi Irlandais violentée par son père et ayant perdu la raison.

    Le Moyen-Orient, Bagdad, sont des centres de connaissances médicales à cette époque, de même dans le traitement des maladies mentales. Parmi les médecins arabes les plus renommés, il y a le perse Ibn Sina (980 - 1037) connu en Occident sous le nom d'Avicenne. Parmi les acquis de la médecine arabe, on trouve la construction d'hospices, ainsi à Damas, en 800, une institution spécialisée dans les pathologies de l'esprit. Plus tard, le mouvement de construction de ce genre de lieu se poursuivra à l'Ouest dans les églises. Ce fut le cas chez les Bénédictins. Mais, on a gardé, jusque dans les années 1970 - et l'antipsychiatrie -, l'image d'un fou au Moyen-âge, d'un fou considéré comme dangereux et enfermé dans une cage en fer suspendue au plafond.

    Voilà, nous continuerons prochainement cette histoire de la Folie avec la Renaissance et le début de l'époque moderne !

    A bientôt !

    « La Maison des Traditions Normandes de Saint Maclou La BrièreVie de Ian Fleming - II - La carrière d'espion »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :